Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Huitième partie: Honda CB 500 X, ma petite Africa Twin - L'essai du Michelin Anakee Adventure

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Le 12 août 2022, j'abandonnai mes pneus Michelin Road 6

Alors que je quittai ma concession avec ma moto équipée d'un train de pneus Michelin Anakee Adventure, j'ai été étonné par la différence de comportement avec le Road 6.  Il m'a fallu un peu de temps pour apprivoiser un train avant très réactif. A plusieurs reprises, je me suis surpris à retenir le guidon tant la mise sur l'angle me paraissait vive. Terminé le coté "paresseux" du Road 5 et du Road 6 (que j'appréciais car il s'accompagnait d'une stabilité sans faille). Là, c'est beaucoup plus réactif et il va me falloir être moins volontaire dans les mises sur l'angle. Sinon, en ligne droite, c'est le frottement du pneu dur le goudron que j'ai noté. Les pavés du Michelin émettent un petit son alors que le Road 5 et 6 plus routiers étaient très silencieux. 

Je n'ai effectué que 50 petits kilomètres mais je note mes impressions car je sais que je vais très vite m'adapter aux nouvelles caractéristiques de ces nouveaux pneus.

J'ai retrouvé avec plaisir une moto gardant son cap en lâchant le guidon. Je me demande si je ne suis pas tombé sur un mauvais numéro avec le Road 6 entre cette propension à tirer vers la gauche guidon lâché et ce pneu arrière "cherchant sa route" en ligne droite. Le Road 5 m'avait enchanté tant au niveau de ses qualités routières que de sa longévité, le Road 6 m'a laissé sur ma faim.

Sur les 20 derniers kilomètres effectués sur une route sinueuse et accidentée,  la carcasse du pneu avant m'a paru moins rigide que celle du Road 5 et 6 et les inégalités ont été mieux absorbées.

Sous une chaleur torride, je n'étais pas en état de me lâcher et il va me falloir attendre encore un peu pour tester le grip de ces Anakee Adventure. J'ai quelques projets de virées dans les mois qui suivent, je ne devrais pas tarder à me faire une idée précise sur ces pneus...   

 

 Samedi 13 août 2022:  la nature est bien faite. Après une nuit de repos, mon cerveau a semble-t-il enregistré les caractéristiques de mes nouveaux pneus. Ce matin, dès le départ, j'ai sans y réfléchir donné la bonne impulsion sur le guidon pour mettre la moto sur l'angle. Mon corps tout entier a intégré ce moindre effort pour franchir les virages. Sur la rocade de Pau, je perçois le "frémissement" des pneus et le moindre angle génère un léger bruit de roulement. C'est la rançon d'un pneu moins routier.

Lors du passage des trois ralentisseurs de Serres-Morlaàs, je remarque la meilleure absorption du choc par le pneu avant. Il y a plus de souplesse dans ce dernier et, logiquement, il va apprécier les routes au revêtement incertain. Cela tombe bien, je fréquente très peu les grands axes et préfère nettement les itinéraires hors des sentiers battus. Entre Andoins et Limendous, sur un revêtement plus approximatif, je ne fais plus attention au bruit de roulement.

Il va falloir que je m'habitue à ce train avant devenu beaucoup plus réactif. Avec les Road 5 et 6, je m'étais habitué à cette mise sur l'angle progressive et terriblement rassurante tant le pneu semblait vouloir garder sa trajectoire. Je dois reconnaître que je n'ai pas le même sentiment de sérénité absolue avec ce nouveau pneu tout en sachant que c'est du domaine du ressenti. J'ai d'ailleurs progressivement augmenté le rythme et je suis passé aussi vite dans mes virages "test" que je fréquente assidument. En tout cas, l'effort est réellement moindre pour inscrire la moto dans les virages et j'ai hâte de voir ce que cela va donner sur les routes de montagne. Je pense que je ne vais pas tarder à gravir le col du Soulor par la face nord pour vérifier tout cela!

Bref, ces 100 kilomètres supplémentaires m'ont permis de mieux comprendre ce pneu Michelin. Pour approfondir tout cela, il n'y a plus qu'à rouler... 

L'envie était trop forte. J'ai "légèrement" rallongé le parcours Pau-Tarbes en y mettant le col du Soulor entre les deux villes. Cela fait passer le kilométrage de 42 km à 114 km mais le plaisir est tout autre. C'est un choix que je fais régulièrement tant j'aime cette ascension du col du Soulor en passant par Ferrières. Et aujourd'hui, j'avais vraiment envie de tester mes nouveaux pneus sur ce terrain varié.

Dès la sortie de Pau, la vallée heureuse puis la route jusqu'à Pardies Piétat me mettent en appétit. Les virages se succèdent pour mon plus grand plaisir et le rythme soutenu que j'imprime me permet de constater que, coté pneumatiques, ça fonctionne plutôt bien. La vivacité du train avant qui m'avait un peu gêné hier au soir devient mon alliée. Avec l'Anakee Adventure, le train avant plonge avec délectation dans les virages les plus serrés et il permet de rajouter un peu d'angle en cas de besoin. Cela se fait naturellement avec une moto qui suit sans coup férir le regard du pilote. La confiance s'est installée et les 29 kilomètres entre Asson et le col du Soulor furent un régal. Sur ce tronçon au revêtement rugueux et parfois accidenté, je me suis senti comme un poisson dans l'eau. Comparé au Road 5 et 6, l'Anakee Adventure accepte mieux l'improvisation, les changements d'angle impromptus. Sur ce type de terrain, il excelle et, de mon coté, je me suis régalé en enchaînant les multiples virages dare-dare en toute facilité. Une ascension placée sous le signe du bonheur. 

Après ces 250 kilomètres, j'ai une idée plus précise de ce pneu. Moins rigoureux que le Road 5 et 6, il offre en contrepartie plus de polyvalence. Rien d'étonnant. L'un est routier, l'autre est destiné aux trails. L'un est impérial sur les routes avec sa stabilité, l'autre semble préférer les routes plus incertaines. Je fréquente très peu les chemins mais le dessin de cet Anakee Adventure me donne envie de l'emmener sur quelques pistes.... pourquoi pas marocaines.   

31 août 2022. Cela fait maintenant 1000 kilomètres que je roule avec ces nouveaux pneus. Mes premières impressions se confirment, ils sont plus polyvalents en ce sens qu'ils sont vraiment à l'aise sur les routes "approximatives", vous savez celles où l'on est toujours les sens en éveil pour faire face à une déformation soudaine, quelques gravillons ou branches, un virage en aveugle qui se resserre, un changement de luminosité parce que l'on passe dans un sous-bois. Sur un tel terrain, il répond présent, il aime le pilotage à l'instinct nécessaire dans de telles conditions et sa carcasse moins rigide absorbe très bien toutes les imperfections de terrain. Les Road 5 et 6 préféraient les routes plus lisses où ils pouvaient faire étalage de leur stabilité exemplaire, avec cette mise sur l'angle progressive et terriblement sécurisante mais ils étaient moins à leur avantage sur des terrains plus variés. 

Je me suis maintenant habitué aux prises 'angle "instantanés" de l'Anakee Adventure. Mais il m'a fallu un peu de temps pour oublier la stabilité sur l'angle des Road 5 et 6 très rassurante. Avec mes nouveaux pneus, il y avait au début comme une réserve de ma part avec ce pneu qui se jette sur l'angle avec gourmandise. Progressivement, j'ai appris à lui faire confiance et, à ce jour, il a été à la hauteur. Dans six jours, je pars pour l'Alpes Aventure Motofestival (dédié au voyage à moto) à Barcelonnette. Autoroute exclue et léger détour par la Dordogne puis par Grasse, ce qui devrait aboutir à une petite virée de 2000 kilomètres. Un bon test pour mon nouveau train de pneus.

 

 

Il y a des journées plus intenses que les autres. Ce fut le cas ce 2 septembre 2022.

A 10 heures, j'ai décidé de prendre la route. Je ne sais pourquoi. Une envie de tester mes nouveaux pneus mais aussi l'état du pilote au dessus par la même occasion. Gourde remplie, quelques dattes dans la poche et c'est parti. Les coteaux de Jurançon pour commencer puis la descente sur Nay et direction les Hauts de Bosdarros et Lys. Que du sinueux.

Je suis parti tranquillement comme souvent. J'aime laisser le rythme s'installer en moi sans que je ne le force. Je laisse tout mon corps décider du moment. Aujourd'hui, la progressivité sera le maître mot. Je laisse ma moto se balancer à droite, à gauche dans les multiples virages qui se présentent. Peu avant Louvie-Jouzon, je sens que le rythme s'intensifie; je ne l'ai pas décidé, il s'est invité. Mes angles sont plus prononcés, ma gestuelle plus précise. Je retrouve l'axe principal menant à Laruns. je fais un bref arrêt dans une boulangerie, avale rapidement une chocolatine et quelques rasades d'eau.

J'entame la montée du col d'Aubisque. Mes velléités d'augmenter le rythme sont réfrénées lorsque j'aperçois le bitume mouillé. C'est ce que j'aime le moins, un revêtement de ce type alors qu'il ne pleut pas. Il y a une envie de ne pas trop diminuer l'allure mais une petite voix au fond de mon cerveau me recommande d'en garder sous la main. Je l'écoute. Ce n'est pas le cas des deux motards espagnols en Triumph qui me rattrapent. Le premier me fait un beau freinage avant le virage serré sur la gauche; seul problème, il est sur la partie gauche de la route, sans visibilité! Un peu inconscient l'animal!  Le second est un peu moins "sauvage" dans son dépassement mais c'est quand même limite. Je pense que notre notion du danger doit être assez différente...

Le brouillard s'invite jusqu'au sommet et se poursuit jusqu'au col du Soulor.  Cela faisait longtemps que je n'avais pas branché les poignées chauffantes! Dans la descente sur Arrens, la route s'assèche et ma Honda commence à virevolter dans les virages. Elle adore les descentes dans lesquelles ses 47,5 chevaux se révèlent toujours amplement suffisants et, à ce moment-là, je commence à lâcher la bride. Mieux vaut tard que jamais... 

Après Argelès-Gazost, c'est de nouveau au tour des routes étroites, bosselées et sinueuses. Celles où le sens de l'improvisation est primordial. Et j'aime ça. Aujourd'hui peut-être encore plus que d'habitude. C'est un moment magique, avec le sentiment d'une lucidité décuplée. 

Je réagis au quart de seconde à tous les imprévus, plaque de gravillons, virages se refermant brusquement, voiture hors trajectoire en face. Tout me parait alors évident. Mes pneus suivent la cadence avec une grande efficacité. ils aiment ça, l'improvisation. Leur vivacité qui m'avait surpris au début devient mon alliée dans de telles circonstances. Elle me permet de réagir promptement pour garder la corde en me plongeant dans un virage serré.

Vingt kilomètres en état de grâce motocycliste. Je sens l'amortisseur Fournalès épouser les inégalités du terrain et ma fourche avant ne m'a jamais paru aussi efficace. Quand le pilote se sent bien, forcément, sa moto devient meilleure... Après réflexion, je pense que la carcasse plus souple de mes nouveaux pneus participent  à cette absorption plus efficace des chocs. Les Road 5 et 6 avaient cette faculté à tirer des trajectoires millimétrées sous la protection d'une stabilité sans faille mais ils étaient moins bons dans le pilotage "improvisé". Les Anakee Adventure limitent l'effort dans le mise sur l'angle et, maintenant que j'ai assimilé cette caractéristique qui m'avait un peu freiné au départ, ce n'est que du bonus avec une facilité évidente à basculer la moto sur l'angle. Un élément important pour moi qui fréquente essentiellement les routes avec beaucoup de virages!

Il m'aura fallu plus de 1000 kilomètres pour me rendre compte que j'étais encore plus en phase avec les Michelin Adventure. Le plaisir s'est poursuivi car j'ai continué à emprunter les chemins détournés vers Vielle Adour, Hitte, Barbazan-Dessus... Ma moto me semblait collée au sol et j'étais dans un état de confiance extraordinaire. Je n'ai pas voulu rompre le charme et j'ai rallongé le parcours jusqu'à Pau pour ne plus quitter ces routes à plaisir tant elles offrent de la variété. 

Au total, 250 kilomètres d'une intensité exceptionnelle. 

Cela fait quelques heures que j'ai laissé ma Honda au garage et je suis encore sous l'effet de cette balade au goût unique.

Plus d'un million de  kilomètres au guidon et une envie toujours intacte de poursuivre la route.

Merci à mes neufs motos de m'avoir apporté autant de bonheur sur deux roues. 

 

J'étais dans un tel état de plénitude que je n'ai fait qu'un arrêt photo. J'avais trop peur de rompre le charme.

 

 

26 septembre 2022.    Après 5000 kilomètres parcourus avec ces nouveaux pneus Michelin Anakee Adventure, je peux faire un premier bilan. Il se révèle très positif. Oubliés les balbutiements des premiers pas avec des pneus que je trouvais trop réactifs comparés aux Road 5 et Road 6. Non seulement je me suis très vite habitué à ces caractéristiques mais, en outre, j'ai rapidement apprécié cette facilité à mener la moto sur les routes sinueuses où les pneus permettent, à tout moment, de modifier sa trajectoire lorsqu'un virage se referme brutalement ou une plaque de gravillons l'impose. La facilité avec laquelle cela se fait est très reposante.

J'ai pas mal roulé ces derniers temps, notamment avec 2400 kilomètres pour un très bel aller-retour Pau-Barcelonnette et ma confiance pour ces pneus a grandi. Je les trouve particulièrement sécurisants sur l'angle et ils se comportent vraiment bien sur les routes incertaines que je fréquente beaucoup en ce moment. Ils sont dans leur élément sur ce type de revêtement changeant. Ils aiment l'improvisation qui en découle. Bref, je les trouve adaptés aux itinéraires que je choisis quasi systématiquement désormais, ceux qui rallongent le kilométrage en s'éloignant des axes principaux tout en augmentant le taux de plaisir que j'éprouve au guidon de ma moto en enchainant des virages en permanence.

Depuis ma retraite récente, je suis beaucoup moins pris par le temps et ces parcours sinueux sont devenus mon quotidien et conviennent donc parfaitement à mes Anakee Adventure. Un motard fréquentant plutôt les routes principales avec un bon revêtement se satisfera plutôt d'un Road 6.   

Ma seule interrogation concerne leur longévité. Pour le moment, à 5000 kilomètres, ils ne montrent pas une usure trop prononcée mais cela me semble la moindre des choses avec si peu de kilomètres. Je trouve toutefois qu'ils semblent un peu marqués et je me demande si cela ne vient pas de ces revêtements plus abrasifs qui sont le lot quotidien des routes hors des sentiers battus sur lesquelles je pose mes pneus dorénavant.

Wait and see... 

 

 

 

5 octobre 2022. Je viens d'effectuer un aller-retour Pau-Reille (en Dordogne) avec notamment une étape du retour au goût de plaisir intense.

L'itinéraire que j'ai improvisé au fil des kilomètres a donné ce résultat:

 

Cet exemple d'itinéraire illustre parfaitement ce qui a été le quotidien de mes nouveaux pneus Anakee Adventure depuis maintenant 6000 kilomètres et cela me semble important de le souligner car nous n'avons pas tous et toutes la même utilisation de notre moto. Il est important de préciser que mon avis après cette première partie de vie de mes pneus, concerne donc une fréquentation quasi exclusive de routes sinueuses.

Mon sentiment est que les pneus ont gagné en performance et je me dis que cela vient peut-être d'un rodage immédiat et permanent sur les flancs, résultat des virages que je fréquente systématiquement. C'est ainsi qu'ils me donnent un sentiment de sécurité élevé avec notamment un pneu avant générant un train avant facile, réactif et stable à la fois. J'ai eu au cours de ces 650 kilomètres l'impression d'aller plus vite que je n'aurais pensé si je n'avais pas jeté un oeil au compteur; un peu comme ces motos si sécurisantes et faciles à piloter qu'elles permettent de rouler à bon rythme en toute sérénité. Mes pneus ont gardé leur rondeur initiale tout en augmentant leur grip sur l'angle. 

Hier, mon taux de jouissance motocycliste fut au plus haut, quel que soit le revêtement rencontré. Il faut dire que lorsque la route devient "secouante", je loue les qualités de mon amortisseur qui absorbe les inégalités de terrain. 

Bref, je crois que j'ai commencé une relation durable avec ces pneus au point que j'ai déjà  passé commande du prochain train compte tenu de la pénurie actuelle sur ce produit. J'ai quelques longues virées qui se profilent à l'horizon avant la fin de l'année et les milliers de kilomètres plutôt que les centaines risquent de devenir la norme...

 

 

12 novembre 2022.  J'ai pas mal roulé depuis l'achat de mes pneus fin août puisque je viens d'atteindre les 11 000 kilomètres avec eux après une belle virée jusqu'au salon EICMA de Milan 

Ils ont été une nouvelle fois à la hauteur sur les 3000 kilomètres quasi exclusivement effectués sur des routes secondaires avec beaucoup de virages et une partie montagneuse magnifique par les cols de la Madeleine et d'Allos.

Voilà leur état après ces 11 000 kilomètres. A vue de nez, je leur donne encore 3000 kilomètres de vie. En espérant que je me montre pessimiste...

 

 

 

A suivre....