Carnet de piste d'Alex

 

 23 novembre 2013:

Il fait nuit noire quand je quitte la maison. Il crachine et il fait froid, ce n’est pas aujourd’hui que je vais prendre un coup de soleil derrière la visière de mon casque.

Soixante dix petits kilomètres m’attendent jusqu’au circuit de Nogaro. Car, aujourd’hui, je m’en vais assister au baptême de la nouvelle monture d’Alex Sarrabayrouse. Après avoir « essayé » la Honda CBF 500 du champion de France Promosport 2013, l’envie m’est venue de m’intéresser un peu plus à ce monde de la compétition.


 
Jusqu’à présent, depuis mes débuts dans le domaine du deux roues, j’ai assimilé la moto au voyage, à la découverte de nouvelles contrées, que ce soit dans les régions françaises ou à l’étranger.

 

 


Bien sûr, j’ai suivi les courses motos et j’ai même assisté à quelques épreuves, mais c’était avec une vision extérieure, un peu éloignée de ce milieu. Et, aujourd’hui, j’ai envie pénétrer dans la "maison" .

Alors que je parcours les premiers kilomètres, j’ai un doute ; la pluie glaciale qui m’accompagne permettra-t-elle le déroulement des essais ?

Mais pour l’instant, j’ai surtout à me préoccuper de l’adhérence incertaine, de la visibilité nulle derrière la visière …. et de la chouette qui s’envole à mon approche et frôle mon casque. Un peu plus loin, c’est un marcassin écrasé que j’évite de justesse.

Puis, l’arrivée imminente du jour élargit mon champ de vision ; le noir et blanc de la nuit s’efface au profit du vert des près, des couleurs chatoyantes de quelques façades de maisons. La pluie disparait, le rythme s’accélère. J’ai pris la mesure de l’adhérence de la route et je prends plaisir à enchaîner les virages le plus proprement possible. Dans les villages traversés, les devantures éclairées des premiers commerces ouverts, les boulangeries et marchands de journaux, annoncent le début de la journée. J’aime ces instants où la vie s’éveille sous mes yeux pendant que je roule.
 

Voilà le circuit de Nogaro, celui où j’ai assisté à ma première course de motos, en 1974, après m’y être rendu au guidon de mon Peugeot 102, où j’ai vu mon premier Grand Prix en 1978 avec Kenny Roberts et Barry Sheene, puis en 1982 et où j’ai tourné en 1985 et 1986 lors des journées organisées par Yamaha qui présentait sa gamme.