Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Huitième partie: Honda CB 500 X, ma petite Africa Twin - Envie de rouler...

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Vendredi 21 février 2025.

Ce jour-là, je ressens comme une envie. Celle de rouler, de m'éloigner de mon quotidien, de voir des paysages. Aucun programme, juste le désir de quitter notre maison pour quelques heures. 

Le temps est incertain, après de belles journées ensoleillées et chaudes, étonnantes en cette fin du mois de février. 

Naturellement, c'est vers le sud que je me dirige. Saint Faust est le premier village traversé. Comme à mon habitude, je vais exclure les axes principaux de mon itinéraire. Je laisse la moto se mettre en température, en fait c'est surtout moi qui ai besoin de m'échauffer avant de hausser le rythme.

Le parcours jusqu'à Lasseube devient d'ailleurs plus soutenu. J'ai le sentiment que la journée va être belle sur le plan du pilotage tant je me sens en symbiose avec ma moto. Les mises sur l'angle sont déterminées, mes trajectoires précises. J'aime quand je sens cet état de félicité m'envahir, cela annonce de beaux moments de pilotage. 

Et c'est ce qui se produit sur la route sinueuse qui va de Lasseube au haut de la cote sur l'axe menant à Oloron. Les virages n'en finissent pas et ma moto s'y engouffre avec gourmandise, c'est en fait moi qui fait corps avec ma machine et la mène sur un tempo soutenu.

Buzy m'accueille puis Arudy où je retrouve pour un moment l'axe principal. Les Pyrénées se rapprochent et j'ai hâte d'entamer la montée du col du Pourtalet.

Par chance, elle est déserte et je peux insuffler mon rythme qui va crescendo sans être gêné par des voitures trop lentes. Le froid gagne du terrain et mes poignées chauffantes sont les bienvenues.

Je bascule coté espagnol et rejoint Biescas puis Broto.

Peu après, un panneau indiquant la direction de Fanlo attire mon regard. Je n'ai jamais emprunté cette petite route et je la soupçonne rejoindre la région d'Ainsa.

Allez, je tente le coup, on verra bien! Très vite, je comprends que je me suis engagé sur un axe très peu fréquenté ... et aussi peu entretenu. Le revêtement est vraiment "cassé", un véritable champ de mines. En outre, quelques traces de gravillons s'invitent parfois et je reste concentré pour affronter tous les pièges d'autant que des traces d'humidité surgissent parfois. Peu à peu, je prends la mesure de cette route ultra sinueuse et étroite, avec d'importants dénivelés. Le temps est gris et je ne profite que modérément du paysage grandiose.

Progressivement, je rentre en phase avec ce tronçon. J'apprécie une fois de plus les qualités de ma fourche. Avec ses cartouches EMC, elle est devenue vraiment excellente et, malgré tous les chocs générés par les innombrables cassures du revêtement, le train avant de ma moto reste imperturbable, sans mouvements intempestifs, d'autant que l'amortisseur Fournalès est toujours aussi onctueux et rigoureux dans son comportement. Les deux font la paire!

Rien de tel pour me mettre en confiance et parcourir avec le sourire les 40 kilomètres avant d'arriver à Escalona. J'imagine combien j'aurais été secoué avec ma moto munie de ses suspensions d'origine. Et préfère ne pas penser au calvaire que doit représenter ce tronçon au guidon d'un roadster. Vive le trail! 

A Escalona, je prends la direction de la frontière sur une route en bien meilleur état.

Après avoir traversé le tunnel de Bielsa-Aragnouet, c'est la descente où je me régale de trajectoires tendues, précises. Après 162 000 kilomètres parcourus à son guidon, ma CB 500 X est devenue mon prolongement et plus encore aujourd'hui où tout semble couler de source. 

La montée du col d'Aspin me tend les bras à Arreau et je m'empresse de l'entamer pour mon plus grand bonheur. Le revêtement refait récemment est superbe et la moto virevolte dans les multiples virages égrenant les 11 kilomètres de la montée. 

Aujourd'hui, tout semble évident et le bicylindre tracte avec une vigueur réjouissante peut-être aidé par un léger vent favorable. Personnellement, j'ai noté un renforcement de ses prestations depuis quelque temps que je mets sur le compte d'un moteur complètement libéré. Je suis persuadé qu'un passage au banc confirmerait mes impressions. En haut du col, je m'autorise un arrêt photo, le seul de la journée. Il fait frisquet et je ne m'attarde pas.

 

 

La descente jusqu'à Payolle est rapide, mais toujours "propre". C'est ainsi que je prends le maximum de plaisir au guidon.

Mon parcours se poursuit comme dans un rêve jusqu'à Tarbes où je fais une petite halte chez mon concessionnaire. Bonne idée car Lucas, le mécano, me dit qu'il a un petit créneau pour m'installer une nouvelle couronne arrière. Celle-ci s'est effectivement usée de manière très rapide après 13 000 kilomètres.

Avant la tombée de la nuit, il est temps pour moi de rentrer à Pau. J'ai envie de poursuivre ce beau moment et j'opte pour mon itinéraire le plus long mais pas le moins intéressant. Je ne le regrette pas car je me sens toujours en pleine forme pour cette dernière heure de route à soigner mes trajectoires, à peaufiner mes freinages progressifs, à écouter le bicylindre rugir sous le réservoir.

Et, au final, je coupe le moteur après 370 kilomètres de bonheur sur deux roues.