Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Huitième partie: Honda CB 500 X, ma petite Africa Twin - Le nirvana à portée de main.

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Mercredi 10 juin. 11 heures.

 

Je viens d'essayer la Triumph Tiger 900 Rallye Pro et j'ai été sous le charme de cette très séduisante moto anglaise.

J'ai un peu de temps avant de rentrer à Pau et j'envisage d'aller chez le concessionnaire Suzuki de Bayonne pour voir la nouvelle V-Strom 1050. Manque de chance, je me perds dans les rues de la ville jusqu'à ce qu'un panneau indiquant "Hasparren par la route des cimes" finisse par me faire de l'œil. J'y vois là comme un signe, c'est la route qui m'appelle. Je n'ai pas ma carte routière sur moi et je décide de me laisser guider par mon instinct.

La route s'élève, le revêtement est superbe. Je me sens bien. Après Hasparren, je me dirige vers Saint Jean Pied de Port. Est-ce mon état d'esprit d'aujourd'hui ou un léger vent favorable, je trouve que le bicylindre pédale bien.

Il y a soudain comme une évidence sur le parcours que j'emprunte. Les rares véhicules rattrapés ne me gênent pas longtemps, je les dépasse d'un coup de gaz. Progressivement, ma conduite devient pilotage. J'ai ce sentiment merveilleux que tout coule de source.

Mes trajectoires sont d'une précision totale, je joue avec la boîte de vitesses avec la rapidité et la précision d'une boîte DCT de dernière génération. Je réagis au quart de tour au moindre événement extérieur (gravillons, virage qui se referme, cassure dans le revêtement).

 

Ma moto répond au doigt et à l'œil, c'est habituel chez elle mais, aujourd'hui, il y a ce petit quelque chose en plus qui s'appelle le pilote aux commandes. Je sens bien que je domine entièrement le sujet.

Une douce extase m'envahit d'autant que je sens que je ne mets pas en danger. Non, je maîtrise la situation. La montée du col d'Iraty est une véritable jouissance, la descente l'est tout autant. Les pneus me donnent l'impression d'avoir chaussé les gommes tendres; pas un décrochage, ni même une glissade mal contrôlée. Ils semblent me dire que je peux compter sur eux.

Il y a ensuite la montée sur le col de la Pierre Saint Martin par Sainte Engrâce. Il y a quelques semaines, c'est dans l'autre sens avec Yann que je faisais le parcours. Je suis sur mon petit nuage. J'aperçois dans un virage deux motards arrêtés sur le bord de la route en train de grignoter, je leur fais un petit signe de la main mais je ne m'arrête pas, ce que je suis en train de vivre est trop intense.

Longue descente sur Arette  avec la moto qui virevolte avec légéreté dans les enfilades de virages. Là, je tourne à droite et me retrouve sur une route étroite et sinueuse plus piégeuse mais je suis toujours en état de grâce. Pas question de s'arrêter, sauf pour quelques photos. La nature est belle.

 

 

Au tour du col de Marie Blanque. La fatigue a décidé de ne pas intervenir et je poursuis sur ma lancée. Mon moteur manifeste sa joie avec son sympathique vrombissement. Mes freinages sont ajustés juste comme il faut, appuyés mais pas violents et laissant suffisamment de vitesse dans le virage. A aucun moment, je me dis "j'aurais pu mieux faire". Tout me parait facile, évident.

15H30, j'arrête la moto devant le garage familial. J'enlève le casque, les bouchons d'oreilles. J'ai la tête rempli du bonheur de ces heures à tutoyer le nirvana sur ma moto. 

Que la journée fut belle!