Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Il était une première fois en Algérie - Retour au bercail

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In Ekker : un peu tendu, je pénètre dans le bureau du commandant de gendarmerie. L'enjeu est de taille ; je vais tenter d'obtenir l'autorisation d'emprunter la route fermée en cours de rénovation. J'ai le sentiment que notre moto serait incapable d'encaisser une nouvelle fois les 250 kilomètres de piste. Pendant des heures, c'est une véritable partie d'échecs qui se joue. Mon adversaire est coriace, soufflant le chaud et le froid, parfaitement conscient que notre sort ne dépend que de sa décision. Pour tromper mon impatience, je m'attaque à nettoyer mon radiateur colmatée par le sable, un beau jeu de patience. A la fin, je sors mon va tout ; je jette les clefs de la Honda sur le bureau de notre interlocuteur en lui expliquant que dans quelques kilomètres sur la piste, elle tombera en panne et qu'il est préférable qu'il la garde. L'homme se lève, un sourire aux lèvres, et nous demande de le suivre . C'est gagné ! Nous allons pouvoir rejoindre Arak!

Le soir, alors que nous installons notre campement à l'écart de la route, près du Marabout Moulay Hassan, un routier va se garer un peu plus loin. Plus tard, il vient nous demander de lui prêter un tire-bouchon ; nous discutons longuement de son travail. Il nous apprend que les chauffeurs ont 4 jours pour rejoindre Alger à Tamanrasset (2000kilomètres), ce qui n'est pas une mince affaire compte tenu de l'état de la route, quand elle existe. Il nous raconte ses dix années passées en France comme chauffeur routier, une véritable promenade de santé en comparaison des conditions de route algériennes.

La nuit est tombée quand nous nous glissons dans nos duvets, les yeux grand ouverts sur les milliers d'étoiles et la voie lactée ; le silence est total, notre émotion intense. C'est ce moment que choisit notre voisin routier pour mettre en marche son auto-radio ; Vivaldi et ses quatre saisons nous emporte encore plus loin dans le bonheur.


C'est avec un certain plaisir que nous retrouvons notre petit café à l'entrée des majestueuses gorges d'Arak.

La route entre In Salah et El Goléa est toujours aussi éprouvante mais, l'habitude aidant, nos organismes supportent mieux ces conditions de route difficiles. Et le paysage est tellement beau qu'il nous fait oublier notre fatigue.

 

Passage sablonneux

Au camping d'El Goléa, nous récupérons les bagages laissés à l'aller. Nous ne regrettons pas d'avoir suivi les sages conseils du propriétaire du camping en allégeant notre monture. Sans cela, je pense que nous aurions été dans l'impossibilité de rejoindre Tamanrasset.

La fin du mois approche à grands pas et il est temps pour nous de songer au retour. Nous passons de longues heures sur la moto à aligner les kilomètres sur les interminables lignes droites algériennes avec heureusement un revêtement de qualité et une beauté de paysage dont on ne se lasse pas..

Nous pénétrons de nouveau en Tunisie et filons sur l'île de Djerba pour y goûter un repos bien mérité. La tente est montée au bord de l'eau et nous passons trois jours de farniente à nous baigner et à déguster les poissons fraîchement pêchés.
sPour conclure en beauté notre voyage, nous passons une journée à déambuler dans la très belle médina de Tunis où règne une atmosphère paisible, propice à la flânerie et à la rêverie.

Médina de Tunis

Médina de Tunis

 

Lever de soleil près de Tunis

Puis, c'est la longue traversée de la méditerranée et une dernière étape à l'énergie pour arriver dans la nuit à Tarbes. Il est temps, le boulot recommence demain !