Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Il était une première fois en Algérie - L'épreuve de la piste

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Plus tard, nous pénétrons dans les majestueuses gorges d'Arak, sur un bitume soudainement excellent. Mais, dix kilomètres plus loin, la route est fermée pour cause de remise en état par les militaires. Nous sommes à Arak ; n'imaginez pas un village avec sa place, son épicerie, ses rues et sa mosquée. Non, Arak, c'est un poste à essence, un camping et un café-restaurant perdus dans un cadre grandiose. La chaleur est écrasante et nous décidons de nous reposer avant de nous lancer sur la piste. Dans cet endroit si éloigné de tout, le couscous du soir est à l'image de l'aridité environnante ; nous cherchons vainement sous la semoule le moindre morceau de viande. Ce repas rustique est largement compensé par la chaleur humaine du restaurateur.

Le lendemain, il fait encore nuit quand nous quittons Arak. Les premiers kilomètres ne se passent pas trop mal sur une piste caillouteuse où notre moto ne s'en sort pas trop mal ( à 20 kilomètres de moyenne quand même !).

 

 

Sortie des gorges d'Arak

 

Piste d'Arak

 

Panneau algérien

 

Mais, peu à peu, les passages de sable font leur apparition et sont les témoins d'une scène identique : la roue avant de la moto s'enfonce , Corinne doit alors descendre pour la pousser pendant que j'accélère à fond, le moteur hurle sa désapprobation et l'embrayage patine. Quand ce ne sont pas les bancs de sable, c'est l'horrible tôle ondulée qui nous attend, usante, destructrice. L'aiguille du thermomètre d'eau se rapproche dangereusement de la zone rouge. Progressivement, le découragement s'installe et Corinne finit par craquer nerveusement quand notre jerrican en plastique crève et déverse ses 10 litres d'essence sur nos duvets ! Je me sens un peu désemparé et le doute s'insinue doucement en moi.

Piste Arak-In Ekker

Soudain, deux motos tout-terrain nous doublent avec facilité ce qui finit de nous décourager. C'est à ce moment qu'apparaît notre ange gardien, en l'espèce une Land Rover avec à bord trois personnes en provenance de Lyon. Le conducteur, témoin de nos ensablements, nous propose d'emmener Corinne qui prend place à bord. Je poursuis seul cette piste. La conduite est moins périlleuse qu'en duo mais je n'en mène pas large ; tout mon corps est tendu, tentant désespérément de diriger ma Honda ; le ventilateur est maintenant constamment en marche et je suis obligé de m'arrêter à de nombreuses reprises pour laisser refroidir le moteur. La piste me semble interminable. A la nuit tombante, nous rejoignons enfin la route et nous nous arrêtons quelques instants après à In Ekker. Le repas du groupe s'organise sous les étoiles, les discussions vont bon train, chacun racontant ses impressions après cette journée. Le repas du soir mijote mais je n'ai pas le loisir de l'apprécier ; épuisé après cette difficile journée, je m'endors comme une masse au milieu de mes compagnons.

Après une nuit réparatrice, j'ouvre un œil et aperçois notre moto posée sur sa béquille latérale. Repeinte couleur sable, la plaque d'immatriculation et un clignotant pendant misérablement, elle semble avoir pris un coup de vieux et je suis inquiet en pensant aux milliers de kilomètres qui nous séparent encore de Tarbes. Près de notre campement, nous sommes surpris de trouver des barbelés. Un Algérien nous apprend que la zone au delà des barbelés est contaminée et interdite d'accès suite aux essais nucléaires français effectués dans les années 60. Charmant endroit pour camper !

 

In Ekker