Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Il était une première fois en Algérie


Devant nous, la Peugeot 504 croule sous le poids de ses innombrables bagages. La pauvre voiture, écrasée par la charge, semble se demander ce qu'il lui arrive. Peu à peu, le hangar se remplit de véhicules aux chargements aussi impressionnants; les vélos côtoient les réfrigérateurs, les cuisinières…. et les tapis. L'ambiance est électrique, un mélange de joie et d'impatience. Le long du quai, à quelques encablures, le ferry attend paisiblement l'envahissement programmé de ces centaines de voyageurs. Le soleil s'élève lentement dans le ciel et Marseille s'embrase. Je contemple notre moto en tenue de baroudeuse, Corinne discute avec nos voisins Tunisiens impatients de revenir au pays. En attendant l'embarquement, nous partageons leur repas dans une ambiance chaleureuse.

Route désertique

 

 

 

 

 

 

 

Quelques heures plus tard, sur le bateau, nous faisons la rencontre d'un couple de motards, Michel et Caroline avec lesquels les discussions se prolongent tard dans la nuit. Le lendemain, l'émotion est à son comble lorsque nous approchons des côtes africaines. Le débarquement se déroule dans une joyeuse cohue qui nous met immédiatement dans l'ambiance tunisienne. Nous nous rendons dans l'unique camping de la capitale où nous sommes refoulés par un militaire qui nous apprend que cet endroit sert de logement à des palestiniens ( nous apprendrons quelques semaines plus tard que l'armée israélienne a bombardé ce qui était le PC de l'OLP !).Nous nous mettons en quête d'un hôtel. Peine perdue, ils sont tous complets. Au quinzième établissement, devant notre insistance, le réceptionniste nous propose de nous loger sur la terrasse, solution de fortune approuvée à l'unanimité par les quatre motards épuisés après cette fastidieuse recherche. Pour nous remettre de nos émotions, nous dénichons un petit resto où nous dégustons un délicieux couscous. L'ambiance est au beau fixe.

Descente vers le sud tunisien. Le lendemain, nous quittons Michel et Caroline et filons, plein sud, en direction de Tozeur. Progressivement, la végétation se raréfie pour laisser la place à un paysage désertique. Lors d'un arrêt sur le bord de la route, nous faisons la connaissance d'un Tunisien qui nous invite à partager son thé ; paisiblement assis à l'ombre des arbres, il garde la propriété de son patron. Il nous fait découvrir la douceur de vie à la tunisienne.

Plus loin, quelques chameaux déambulent à la recherche d'un peu de nourriture.

Soudain, apparaît la magnifique palmeraie de Tozeur, véritable îlot de verdure au milieu de ce paysage aride. La tente est rapidement montée à l'abri de quelques palmiers. J'entame une petite séance de mécanique avec Mabrouk, le gardien du camping, qui connaît quelques soucis avec sa mobylette. Plus tard, une longue discussion s'engage et nos idées parfois opposées nous font prendre conscience de nos différences et nous enrichissent mutuellement.

 

 

Palmeraie de Tozeur

Sur ses conseils, nous nous dirigeons vers Tamerza, oasis de montagne située à quelques kilomètres de la frontière algérienne ; ce sont les premiers tours de roues de notre moto sur la piste et, ma foi, elle ne s'en sort pas trop mal. Une superbe montée en lacets nous élève au dessus du Chott El Djerid dont la croûte recouverte de sel étincelle sous le soleil; les mirages s'en donnent à cœur joie dans cet univers irréel. Nous entamons une marche dans la palmeraie et le l'impressionnant canyon en contrebas.

Oasis de Tamerza

Piste de Tamerza (Chebika)