Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

France-Pakistan

Tarbes (22 février 2002)

Il y a d’abord le départ dans la fraîcheur hivernale du matin, après une très courte nuit. Ma Transalp m’attend dans le garage familial, chargée depuis trois jours. Puis, ce sont les adieux toujours difficiles, avec le regard des proches dans lequel on lit toute l’inquiétude que l’on peut éprouver pour la personne que l’on aime et qui part, seule, quatre mois, sur les routes du monde.
Enfin, les premiers tours de roues, la gorge serrée, l’estomac noué.

Pont à Ispahan

 

 

Puis, la route, et l’esprit qui s’allège au fur et à mesure que les kilomètres passent. Les premiers arrêts pour faire le plein d’essence, avaler une boisson chaude, et la première rencontre avec une dame très distinguée et très intriguée par le chargement de la moto. Son étonnement teintée d’un certain scepticisme quand je lui annonce ma destination : Katmandou. Je la laisse avec ses doutes et je commence enfin à sourire dans ma tête; mon voyage prend forme.


Arrêt chez le frangin et sa petite famille dans le massif de l’Estérel. Je décide de rester une journée car je me sens épuisé. Etrange ce besoin que j’ai eu de quitter immédiatement Tarbes dès le lendemain de ma dernière journée de travail, comme si je m’élançais pour une course. Etait-ce pour oublier cette sourde angoisse qui m’étreignait avant de m’élancer seul dans cet long périple ? Peur de passer à l’acte après ces longs mois de préparation ?


Peut-être, mais il y avait aussi cette mauvaise nouvelle venue du consulat Iranien trois jours avant mon départ : mon visa avait été refusé par les autorités du pays. Gloups ! Cela remettait en question mon voyage. Car, aller à Katmandou sans passer par l’Iran compliquait sérieusement l’itinéraire. Un simple coup d’œil sur une carte du monde situait l’ampleur du problème.


Alors, parce que j’ai l’espoir d’obtenir un feu vert au consulat d’Iran d’Ankara, j’entame un véritable marathon en traversant l’Italie dans la journée jusqu’à Ancone. J’embarque dans la foulée à bord d’un ferry en partance pour Igoumenitsa, en Grèce.

 

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