Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Voyage dans le temps: le petit mono au Maroc

Juillet 1982. La chaleur est suffocante. Un vent venu du sud souffle sur le camping d'Argelès sur mer et amène avec lui un air surchauffé, inquiétant même, alors que la nuit est tombée. A cette heure, la température devrait logiquement baisser mais c'est l'inverse qui se produit. C'est dans ces conditions que nous partons, le lendemain matin, sur le petit CG 125. Nous franchissons la frontière espagnole, le thermomètre bat tous les records et affiche 45 degrés. Par endroit, le goudron a fondu et les camions espagnols Pegaso nous envoient le souffle brûlant et noirâtre de leur pot d'échappement.

 

Nous arrivons épuisés dans la banlieue de Madrid où un camping nous tend les bras. Je suis malade et m'engouffre dans la tente canadienne à la recherche d'un repos bien mérité. Dehors, un poste de radio diffuse la demi-finale de la coupe du monde de football entre l'Allemagne et la France. J'ai la tête prête à exploser, j'implore le silence mais le match n'en finit pas. Je finis par trouver le sommeil. Le lendemain, j'ai retrouvé quelques forces et nous arrivons à Algéciras pour embarquer sur un ferry qui nous amènera sur le continent africain. Après la Tunisie l'année précédente, c'est le Maroc qui va être la destination de notre deuxième voyage à moto. Un voyage intense, intensif parfois avec cette chaleur estivale trop forte dont je garde le souvenir quelques décennies plus tard. Mais, si physiquement ce fut un voyage difficile (avec une perte de poids de cinq kilos au passage!), j'en retins surtout un immense bonheur. Pays magnifique et varié, accueil chaleureux des Marocains, émotion de notre première incursion sur la piste entre Erfoud et Merzouga.