Quasar, la moto du futur

Elle avait un nom bizarre, une esthétique étrange,une position de conduite spéciale. Elle arrivait de l'autre côté de la Manche.

 

 

 

En 1979, je ne savais pas encore, que, un an plus tard, j’entrerais dans le monde fascinant de la moto en achetant ma première 125 .

Pour autant, cela faisait quelques années que ce milieu du deux roues me passionnait et je dévorais, toutes les semaines, les rubriques de Moto Journal.

Et, en ce début d’été, mon hebdo mettait en couverture une moto futuriste au nom étrange, la Quasar.

En plus, elle roulait et était commercialisée dans son pays d’origine, l’Angleterre.

Le journaliste de l’époque Paul Salvaire, dit « Paulo les bretelles » était allé à la rencontre de son concepteur,  un certain Malcolm Newell, aéronauticien.

Esthétiquement, avec son toit ( !), son avant effilé, et son châssis tubulaire, elle interpelait, cette « mauto ».

Et la lecture de l’essai montrait, qu’à la conduite, les surprises se poursuivaient ; notamment avec un démarrage plutôt laborieux. En fait, l’expérience de la moto était handicapante et le conducteur devait oublier tout ce qu’il avait appris.

Un guidon qui actionne la direction via un jeu de biellettes ,  une sélection des vitesses par deux pédales et une position de conduite que je qualifierai sobrement de « particulière » en voyant les photos du pilote sur le « siège-hamac », comme il le surnommait, un  moteur de voiture avec seulement quatre rapports, un poids à sec de 310 kilos, une ceinture de sécurité proposée en option, un coffre comme sur les scooters actuels, ce véhicule bouleversait le monde de la moto.

Paul Salvaire raconta, avec humour, cet essai hors normes et notamment comment il s'emmêla les pinceaux avec le double sélecteur de vitesses et se retrouva, après avoir appuyé à deux reprises sur la mauvaise pédale, dans un virage, en première, roue arrière bloquée à 80 km/h, sur l'angle.  Un beau travers à la clef et une remise en ligne immédiate après un contrebraquage , il en fut quitte pour une bonne frayeur.

 Au final, l'essayeur de Moto Journal semblait séduit par cet étrange véhicule auquel il attribuait de nombreuses qualités: simplicité mécanique, raffinement, protection, réelle, volume à bagages, confort, sobriété.

Il annonçait malgré tout qu'elle n'aurait pas de succès, mais cela, je m'en doutais un peu.

 

Elle rompait trop avec les standards de l'époque et surtout, pour moi, il y avait cette position de conduite qui, combinée avec la présence du toit, la rapprochait trop de la voiture.

 

D'ailleurs, côté moteur, on trouvait celui d'une voiture, elle aussi un peu spéciale, la Reliant.  Ah! Ces Anglais! J'adorais cette façon si différente de la notre de concevoir les choses.

 

  Reliant

 

 

 

Quant au prix,  il se situait aux alentours de 35 000 francs, soit 5335 euros actuels, ce qui correspondait au prix d’une BMW 100 RS de l’époque.

PS : je n’en ai jamais vu rouler, étonnant, isn’t it ?

 

Quasar Moto Journal 26 juillet 1979

Quasar Moto Journal 26 juillet 1979

Quasar Moto Journal 26 juillet 1979

Quasar Moto Journal 26 juillet 1979

Quasar Moto Journal 26 juillet 1979

Quasar Moto Journal 26 juillet 1979

 Quasar Moto Journal 26 juillet 1979