Suzuki 750 GSXR: à toc!

 La Suzuki 750 GSXR est sûrement la moto la plus célèbre de la marque.

 C'est elle qui a initié, en 1985, les motos véritables répliques  des modèles de compétition.

Bien que très peu tourné vers les motos sportives, je dois reconnaître que cette GSXR a su attirer mon regard.

Après plusieurs années avec l'endurant moteur à air, la Suzuki était passée au refroidissement liquide et, paradoxalement, sa fiabilité avait diminué.

C'est ce que disait en préambule l'article de Moto Journal. Or, Suzuki avait revu ce modèle et indiquait qu'il n'y avait plus aucun problème.

Chez les journalistes de mon hebdo, il n'en fallait pas plus pour décider de lancer un défi à savoir un essai ( une torture?) de 8 heures poignée dans le coin.  

Il a d'abord fallu trouver un endroit où l'on peut rouler à fond sans couper pendant des heures. Comme il n'existe pas d'autoroute assez longue pour cela (!), Moto Journal a trouvé un anneau de vitesse, celui de Valéo, fabricant français d'accessoires automobiles.

Après, rien de plus simple, il suffisait d'enfourcher la moto, de passer les six rapports et d'attendre que ça se passe.

Dans la réalité, ce fut un peu compliqué. Avec des sensations énormes pour les essayeurs peu habitués à ce genre d'exercice. Même Jean-Marc Deletang, pilote pourtant habitué aux hautes vitesses indiqua que "A un moment, tu es hypnotisé, tu es obligé de décoller ton regard pour voir plus loin et ne pas être saoulé"  

Bruno Gillet résumait ainsi: "A un moment, on a cru entrer dans un monde irréel. Imaginez vous assis sur une moto, avec rien d'autre à faire que maintenir les gaz à fond et vos yeux pour vous guider parce que tout défile trop vite, et ça dure pendant une demi-heure avec les compressions, le réservoir qui tape dans le thorax et le casque dans le réservoir, le hurlement de la mécanique" 

Quant à Laurent Cochet: " Au bout de quelques tours, la confiance s'installe et j'arrive à tout prendre sans couper. Les tours s'enchaînent à vitesse grand V quand tout d'un coup je sors de la trajectoire, et c'est en glisse des deux roues que je me retrouve. Sans avoir eu le temps de faire quoi que ce soit, ni même de couper les gaz, la moto se remet instantanément en ligne. Ouah, quelle chaleur! Bon sang, reste concentré ou sinon...." 

Bref, j'avais l'impression que c'étaient les journalistes qui souffraient le plus, car la Suzuki semblait se satisfaire de ce régime spécial, même quand Bertrand Sébileau oublia de passer la sixième et parcourut plusieurs tours à fond de cinq, dans la zone rouge, à 235 km/h!

Résultat: 1697 kilomètres à 212 de moyenne, arrêts compris et un démontage qui révélera une usage négligeable.

Un essai de barjots qui, paradoxalement m'a plu, moi l'adepte d'une conduite coulée et respectueuse de la mécanique.

Peut-être parce que, enfoui dans mon inconscient, il y a ce désir non avoué de pouvoir, un jour, maltraiter une moto.

Allo, docteur Freud.... 

 

 

Moto Journal 17 décembre 1992

 

Moto Journal 17 décembre 1992

 

Moto Journal 17 décembre 1992

 

Moto Journal 17 décembre 1992

 

Moto Journal 17 décembre 1992

 

Moto Journal 17 décembre 1992

 

Moto Journal 17 décembre 1992

 

Moto Journal 17 décembre 1992

 

Moto Journal 17 décembre 1992