Kawasaki Versys 300

 

Mercredi 11 mai 2017. 19 heures. Je quitte mon concessionnaire. Cent mètres plus loin, sous le pannonceau Kawasaki, il y a la nouvelle petite Kawasaki Versys 300 garée sur le trottoir.

Je m’arrête à côté d’elle pour la regarder. J’entends une voix derrière moi qui me dit : « C’est un modèle  que l’on a rentré ce matin. Vous pouvez venir l’essayer si vous le voulez ».

Voilà une proposition que je ne peux qu’accepter, moi l’adepte des trails. En plus, j’apprécie la démarche de mettre sur le marché autre chose que des trails de plus en plus gros, d’une puissance inexploitable et dotés d’une électronique d’airbus.

Vendredi 16H45. Le concessionnaire démarre la petite Kawa (très) verte. Ce n’est pas ma couleur préférée mais je ne suis pas venu jouer au critique d’art!

Je m’équipe tout en examinant la moto. Elle est très fine et donne l’impression d’une moto assez imposante malgré tout, avec une hauteur importante.

Allez, c’est parti ! Je l’enfourche. La position de conduite est naturelle, comme j’aime, un vrai trail à ce niveau ;

Je débraye, passe la première et relâche l’embrayage. Houla ! il n’y a quasiment pas de garde au levier et j’ai du mal à ressentir le travail de l’embrayage.

Je quitte la ville en mode tranquille, sans monter les rapports. Sur les premiers rapports, c’est plutôt mou et la petite cylindrée se fait sentir. Le bruit à la sortie de l’échappement ne me plait pas beaucoup. Pour rester dans les petites cylindrées, je préfère de beaucoup celui de la VTR 250 que je connais bien.

Le tableau de bord est lisible avec un indicateur de rapport qui m’est bien utile car mes premiers rétrogradages sont approximatifs. J’ai du mal avec la boîte de vitesses. La route se dégage et je prends ma vitesse de croisière en sixième, 107 km/h à 7000 tours/minute. La bulle protège plutôt bien et la position détendue semble promettre des horizons lointains. Par contre, au niveau selle, c’est dur de chez dur et pourtant, j’ai des fesses en béton en ma qualité de  « roule toujours ». Sur la route un peu fripée, je trouve que les suspensions réagissent bien.

Enfin, j’arrive dans une série de virages. Dans la montée de Pietat, la moto se balance très facilement, elle est agile mais pas trop vive en bon trail qui se respecte. Je sens bien l’influence positive du pneu avant fin.  En haut, je tourne à gauche pour aller trouver les routes sinueuses et bosselées qui devraient convenir à la petite verte. J’ai toujours du mal avec cette boîte de vitesses et ça me contrarie car c’est pour moi un élément essentiel sur une moto. J’adore passer en douceur et rapidement les vitesses ; là, je suis obligé de me concentrer et cela ne suffit pas toujours. Premier freinage appuyé avant une épingle. L’attaque au levier est un peu molle mais si on insiste, on sent la puissance qui est là. Pour ma part, je ne serais pas contre un levier un peu plus ferme. A l’arrière, comme trop souvent, c’est un peu aux abonnés absents.

Quant au bicylindre, si je trouve qu’il manque d’allant sur les premiers rapports, il est ensuite beaucoup plus plaisant avec la vitesse qui augmente. Même en sixième, il tracte convenablement. Il y a un bémol, ce sont ces vibrations qui apparaissent dans les repose-pieds (pas très gênant), mais aussi au niveau de la selle (et c’est beaucoup moins agréable !) vers 90-100 km/h.

La moto est neuve et mon respect naturel pour la mécanique m’interdit de tutoyer les hauts régimes. La zone rouge est à 12 000 tours/minute et je me limite à 8000 tours/minute maximum. Vers 5-6000 tours/minute, je sens que le moteur prend de la rondeur et il permet d’amener la moto à un bon rythme. La puissance semble quand même assez haut perchée, ce qui est assez normal sur une petite cylindrée, mais je m’attendais à un peu mieux. La VTR 250 qui n’a que 30 chevaux (10 chevaux de moins que la Kawasaki) me parait plus alerte à bas et moyen régime. Est-ce dû au poids inférieur ou bien ne s’agit-il que d’une impression ? En effet, on est plus protégé sur la Kawasaki et cela peut altérer le jugement.

Je fais demi-tour avec facilité.

Sur le chemin du retour, je me lâche un peu plus et la moto est très agréable dans les enfilades de virages. Elle prend de l’angle sans résister et le grand guidon fait un bon bras de levier pour la diriger.

Sur les ralentisseurs à l’entrée de Séméac, je suis surpris d’une (relative) fermeté des suspensions. Je m’attendais à des débattements plus importants, car c’est l’impression que la moto donne quand on la regarde, et cela vient de la roue avant de 19 pouces. En fait, Il y a 130 mm à l’avant, 150 mm à l’arrière, soit l’équivalent de la CB 500 X qui fait plus routière avec sa roue avant de 17 pouces sans rayons.

A faible vitesse, je reste volontairement en sixième et le moteur accepte de reprendre en souplesse à 40 km/h.

Je ramène la moto à la concession et fait part de mes remarques sur la boîte de vitesses. La réponse est qu’elle a besoin d’un rodage.

Au final, mon sentiment est un peu mitigé. Je pense que le moteur montre tout son potentiel à haut régime (c’est confirmé dans les essais de la presse), et je n’aime pas rouler de cette manière.   Je viens de vérifier son prix :5799 euros, cela se rapproche du prix de la Honda CB 500 X (6399 euros) qui possède un moteur (et une boîte de vitesses!) autrement plus agréable.

Mais cet essai m’a conforté (si besoin était …) dans l’idée que le trail est pour moi la monture idéale.