Prendre la route avec sa moto pour deux semaines, tel est mon programme en ce début de mois de septembre 2025. Moto chargée de la veille, un solide petit déjeuner me permet de partir en pleine forme alors que le soleil est en train de monter dans le ciel. Pas de chance pour moi, c'est vers l'est que je me dirige et il va falloir composer avec cet astre parfois bien éblouissant. C'est bien le seul moment où je regrette de ne pas être au volant d'une voiture en abaissant le pare-soleil. En fait, même pas, je préfère nettement affronter les éléments naturels au guidon de ma Honda.

Comme d'habitude, c'est en dehors des grands axes routiers que va se dérouler ma virée. Je sais donc qu'il me faudra pas loin de trois heures et demi pour arriver à Toulouse où j'ai prévu une petite halte chez Jean-Pierre Fournalès.
La moto est assez lourdement chargée mais les 3 bars rajoutés hier à mon amortisseur oléopneumatique ont compensé le poids supplémentaire en conservant l'assiette originelle de ma Honda. Au fil des kilomètres, comme souvent, mon esprit absorbe l'environnement et devient plus léger. J'oublie peu à peu les problèmes de ces derniers jours, mon corps se détend. Rouler à moto est vraiment source de bien être et d'équilibre. Inconcevable pour moi de me passer de ce bonheur.

Les virages se succèdent, les traversées de villages à allure modérée me permettent de relâcher un peu mon attention avant de retrouver cette rythmique que j'aime instiller à mes parcours à moto. Sur ma droite, je peux apercevoir les Pyrénées qui m'accompagnent dans ces premières heures de route. Une présence bienfaisante pour un haut pyrénéen...


Un peu avant midi, c'est l'heure de la rencontre avec Jean-Pierre dont l'entreprise ne va pas tarder à connaître un beau développement. Rien ne pouvait me faire plus plaisir tant j'apprécie les hautes qualités de ses amortisseurs.
Un bon repas asiatique plus tard, c'est de nouveau la route. Mon cerveau est tout entier tourné vers cette étape ensoleillée. Le moteur semble encore mieux fonctionner que d'habitude; est-ce dû à un petit vent favorable ou simplement à la joie de rouler?


Halte chez André dans la banlieue de Montpellier pour une nuit récupératrice.
Le lendemain, je me dirige vers les Alpes. J'arrive en fin d'après-midi au camping situé à quelques kilomètres de Barcelonnette où doit se dérouler à partir de demain le Alpes Aventure Moto Festival, un très bel évènement consacré au voyage à moto.



J'ai opté pour du confort en louant une tente "de luxe" avec kitchenette intégrée et lit surélevé. J'ai comme voisins dans leur enclos une truie et son petit, quelques moutons et poules. Ambiance campagnarde bienvenue d'autant que le camping est dominé par les montagnes proches.


Vendredi 8 heures. Je gare ma moto dans la rue longeant le parc municipal où sont installés les nombreux stands des constructeurs, équipementiers et voyagistes.

C'est le début de deux jours intenses partagés entre essais de motos, visites des stands et rencontres pour mes futurs reportages. Car, depuis quatre ans, j'assure quelques piges pour la revue Trail Adventure (rubrique Flash Back consacrée aux vieux trails) et je suis à la recherche de vieilles motos n'ayant jamais été traitées dans la revue. Quoi de mieux que cet évènement en espérant y faire la "bonne" rencontre pour un futur reportage.









































Dimanche matin. C'est l'heure du départ. J'ai rendez-vous avec un motard passionné dans le département de l'Isère et, sur ses conseils, je vais me rendre chez lui via de beaux cols déserts où je vais prendre énormément de plaisir. La descente du col du noyer est jouissive avec une moto répondant au doigt et à l'oeil. Un véritable état de grâce comme la moto m'en réserve parfois.




Après un bon repas chez Raphaël, nous nous mettons au "travail" pour une longue séance photos en statique et en dynamique.
Petit indice sur la moto concernée...

La fin d'après-midi approche et j'ai pas mal de kilomètres pour rejoindre un autre motard passionné et sa rare moto. Je n'ai pas le choix et une fois n'est pas coutume, c'est en grande partie par l'autoroute que j'effectue cette fin de parcours.
Thierry me reçoit dans le petit village de Savoie où est garée sa moto. Au moins aussi belle (et impressionnante!) que ce qu'il m'avait annoncé; la journée de demain devrait être sympathique... Elle l'est car Thierry m'emmène sur une route sinueuse qui part à l'assaut des montagnes. Mes Pyrénées sont belles, mais je reconnais que les Alpes, ce n'est pas mal non plus!
Nous avons bien fait de commencer assez tôt la journée car la pluie s'invite alors que la séance photos vient de se terminer. Ouf! Les discussions se prolongent avec cet authentique passionné qui connaît sa moto sur le bout des doigts.
Petit indice sur la moto concernée...

Avant de quitter ce village savoyard, j'ai l'occasion d'essayer son side-car à deux roues motrices hors du temps. Une chose est sure, ce n'est pas demain que j'achèterai un tel piège!

Après une bonne nuit, c'est la pluie qui m'accueille au sortir du lit. Manchons installés sur la moto, combinaison de pluie, sur-bottes, je suis prêt à affronter les éléments. La route se révèle piégeuse au départ avec un véhicule qui a bien "repeint" la route avec du gazole. La montée du premier col est un brin tendue. La journée se révèle malgré tout intéressante car je franchis des cols dont je ne connaissais que le nom ( Petit et Grand Saint Bernard) et parce que, progressivement, le pluie de fait de plus en plus discrète jusqu'à laisser la place au soleil quand je pénètre en Suisse.



Je rejoins le lac Léman en empruntant la très belle route entre Chexbres et Cully qui traverse le vignoble du Désaley. Une belle touche finale à cette étape montagneuse.





Halte chez Stéphane que j'avais rencontré en Iran en... 2002 et avec qui j'avais roulé trois semaines durant sur les routes "suicidaires" du Pakistan. Un énorme plaisir de le revoir.

Dans trois jours, j'ai rendez-vous avec Mario en Alsace pour un nouveau reportage sur un vieux trail. Quoi de mieux qu'une petite visite de la Suisse en attendant. Sur les conseils de Stéphane, je vais faire le tour du glacier, après une nuit au bord du lac de Thoune à Spiez. Un régal sur cette route de haute montagne avec des paysages grandioses à couper le souffle. Quel beau pays que la Suisse! Dommage que les prix y soient si élevés...



























Je rejoins la France. Je n'ai rendez-vous que vendredi soir dans le nord de l'Alsace et je profite de cette journée pour visiter les Ballons d'Alsace et faire une petite halte dans la paisible ville de Belfort, après une nuit passée au camping d'Altkirch. Encore de belles routes incitant à user les flancs des pneus!













Nouvelle rencontre avec un passionné et sa moto tant recherchée. Ô surprise, Mario en a acquis une autre, encore plus rare, jamais importée en France. J'aurai donc le loisir de prendre le guidon de ses deux motos et d'en admirer une troisième beaucoup plus imposante.
Petits indices sur les deux motos concernées...


La séance photos se prolonge, la journée tire à sa fin et j'ai un dernier rendez-vous à plus de deux heures de là... à condition de prendre l'autoroute. La fin justifie les moyens, je me résous à emprunter ce monotone ruban de bitume. En récompense de mon effort, à la pompe à essence où je m'arrête, j'ai comme voisine une magnifique Bugatti. La première fois que j'en vois une autrement qu'en photo. Un bijou!
Vingt heures. Cédric et sa famille m'accueillent chez eux. Je mets à l'abri ma moto dans le garage où se côtoient des motos plus belles les unes que les autres. Magnifique endroit dans lequel respire la passion à plein nez. Les motos sont toutes superbes, dans un état irréprochable. La journée de demain s'annonce bien!
Effectivement, entre anecdotes de ce motard tombé très tôt dans la restauration de motos et surtout de vieux trails, séances photos et essai d'une rare (unique?) Honda, la journée est bien remplie d'autant que le soleil un peu timide de la veille a laissé sa place à un astre plus généreux.
Petit indice sur les deux motos concernées...


La partie "travail" est terminée, il ne me reste plus qu'à rentrer à la maison. Par chance, ce n'est pas la porte à coté et cela va nécessiter trois jours via les routes du Doubs avec une nuit à Pontarlier, du Jura, du Puy de Dôme.








Une belle halte à Billom chez mes amis Anne Cécile et Richard avec un petit boeuf musical très sympathique en soirée; j'avais bien fait d'emporter mon accordéon diatonique un peu encombrant (vive la capacité de mes sacoches Touratech!). Cela me permet de repartir en pleine forme pour un autre bel endroit, en Dordogne, dans un hameau au dessus de Cénac et Saint Julien.














Un dernier détour par Bordeaux et je rejoins ma ville de Pau après un peu plus de 4000 kilomètres parcourus. Intenses mais d'une grande richesse, j'ai adoré ce mélange de voyage et d'activité professionnelle, de roulage en solitaire et de belles rencontres avec, comme fil conducteur, ces vieux trails racontant, chacun à leur manière, l'histoire de la moto.
Une bien belle virée!
