Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Voyage dans le temps: le petit mono au Maroc - Le Tizi N'Tichka

 

 

Lever de bonne heure. Abdelatif nous a préparé le petit déjeuner et, délicate attention, a allumé le chauffage dans la petite pièce. C'est parti. Les couleurs du levant sont magnifiques. La route est étonnamment déserte, il en est de même lors du contournement de Ouarzazate. Où sont les Marocains? Le soleil nous accompagne, le ciel est d'un bleu très pur. Nous sommes euphoriques au moment d'entamer la montée du célèbre col.

 

Nous faisons une halte dans un petit village où Yacoub nous reçoit dans sa maison qu'il a joliment bâtie. Il nous parle des pierres qu'il va chercher plus haut dans la montagne. On discute et je lui en achète une pour Manon. Il nous donne l'explication de cette route désertée; c'est aujourd'hui le jour anniversaire du prophète.

La route s'élève. Le petit mono ne rechigne pas trop. Bien sûr, je dois le solliciter mais son fonctionnement est maintenant plus régulier. Serais-je devenu un spécialiste de la carburation? J'ai comme un doute.... 

La route est mouillée , une averse a dû tomber il y a peu. La pente devient plus rude et je dois maintenir le moteur dans les hauts régimes. Soudain, nous rentrons dans les nuages et c'est la vision libératrice du panneau indiquant le col Tizi N'Tichka. Je dresse le poing. Ma brave Honda est montée jusqu'au sommet, bravo à elle! Nous ne nous attardons pas car il fait très froid.

 

C'est ensuite une descente à n'en plus finir avec des travaux heureusement à l'arrêt en ce jour férié. Malheureusement, la boue est quant à elle très présente et, avec mon garde-boue racing riquiqui, je suis rapidement repeint de marron. Je sens que Jean-Roland n'est plus dans le rythme et je l'attends régulièrement. Après plus d'une heure, nous sortons enfin de ce passage difficile. Les motos sont méconnaissables, les pilotes aussi!

La chaleur est revenue et nous nous autorisons un arrêt repas tardif à 15 heures. De nouveau, la descente, Jean-Roland a retrouvé la pêche et nous sortons la (petite) attaque. Avec de tels poids plumes entre les mains, c'est un plaisir d'enchaîner les virages.  Nous contournons Marrakech, effectuons 75 kilomètres supplémentaires et terminons notre étape, un brin épuisés, à Ben Guerrir. L'hôtel vers lequel le gendarme nous a dirigés est tout neuf .... mais pas pour longtemps. On sent déjà un début prématuré de vieillissement et un manque de rigueur certain dans la construction. Ce soir, nous trouvons une nouvelle fois un petit resto accueillant où nous mangeons pour la somme de 100 dirhams à nous deux (moins de 10 euros). Nous optons régulièrement pour des tajines qui mijotent sur le charbon de bois; c'est bon, nourrissant et les préparations divergent.