Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Balade écossaise

 Au départ, il y a eu une très forte envie de retourner en Iran, magnifique pays avec une population si accueillante. J’avais encore en souvenir les cinq semaines que j’y avais passées en 2002 lors de mon voyage jusqu’au Pakistan et la perspective d’y retourner me remplissait de joie.

 

Trois années à doucement préparer ce beau projet. La vente du side-car qui nous avait permis de faire le tour de la mer noire après avoir constaté que notre Manon ne voulait plus se faire secouer dans cette petite caisse il est vrai peu confortable ! Puis l’achat d’un fourgon aménagé d’occasion. Quant à la moto, il était prévu que la VTR 250 de Marie ferait très bien l’affaire et que nous nous en partagerions le guidon. Un jour au volant, l’autre sur la selle de la Honda, une sorte de voyage à moto à mi-temps….

Malheureusement, à quelques semaines du départ, il a fallu annuler ce beau projet. Les quinze semaines à parcourir les routes turques, géorgiennes, arméniennes et iraniennes s’envolaient. Oublié le départ du 7 mai.

On n’allait pas se lamenter. Dans la foulée, c’est une petite virée en Ecosse qui fut décidée. Un peu moins exotique comme voyage. Quoique…. Il parait que certains se promènent en kilt là-bas !

Durée du voyage réduite de moitié, mais sept semaines devraient suffire.

 

Départ sous un beau soleil. L’esprit s’allège au fil des kilomètres. Je tire le rideau derrière moi, il n’y a plus que ce voyage à trois qui m’intéresse. Dans cette alternance moto-fourgon, je dois reconnaître que je préfère nettement les journées durant lesquelles je suis au guidon ! Mais, haut perché sur le siège du Master, j’ai un peu l’impression d’être un routier au volant de son camion. Depuis que je voyage à moto, j’ai toujours ressenti un lien avec ces routiers qui sillonnent les routes. Cela se traduit parfois par un petit geste de sympathie à leur encontre.

L’avantage de notre Cap Andreas, c’est son autonomie. 100 litre d’eau, une batterie auxiliaire performante, un frigo, un réchaud et de quoi dormir, c’est un palace comparé à la toile de tente que j’ai utilisé pendant quelques dizaines d’années. Et pour passer la nuit, il ‘y a rien de plus simple. On quitte l’axe principal et l’on arrive dans un village où l’on cherche l’endroit le plus approprié. Le premier soir, c’est près du terrain de foot, en bordure d’un petit bois. Très calme et il suffit d’une petite marche de dix minutes pour acheter le pain et les croissants le matin venu. Le deuxième soir, peu avant Dieppe, nous faisons une halte près de l’église ; très silencieux là aussi, sauf que l’horloge très sonore se manifeste toutes les heures ! 

 

 

 

 

 

Nous avions décidé de ne pas passer par Calais car nous avions la crainte que l’endroit soit un peu trop fréquenté. Un bon choix car le départ de Dieppe se passe dans le calme. En traversant la ville, la vision des nouvelles Alpine devant l’usine qui a récemment repris son activité me réchauffe le coeur. Elle est très réussie esthétiquement, la nouvelle voiture de la marque.

Quatre heures de traversée nous attendent sur une mer d’huile. Alors que j'assiste à l'embarquement, je crois un instant assister à l'arrivée de Patrick McGoohan, alias le numéro 6 à bord de sa Lotus Seven ( souvenir de la série Le prisonnier) suivi quelques instants après par Monsieur James Bond en personne avec Sean Connery au volant de son Aston Martin DB5!