Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Moto Guzzi V85 TT, le trail à l'italienne

 

Moto Guzzi est une marque qui a beaucoup compté dans ma vie de motard, alors que je découvrais ce monde merveilleux du deux roues motorisé. A la fin des années 70, alors que je chevauchais mon modeste cyclomoteur, je dévorais chaque semaine Moto Journal et les essais des motos de Mandello del Lario me paraissaient toujours dignes d'intérêt. J'étais sensible à leur personnalité.

 

 


 

A l'époque, elles revendiquaient des qualités de tenue de route, de freinage et de confort que pouvaient lui envier les japonaises. J'ai d'ailleurs un souvenir très précis du petit bout de route que je partageai en 1984 avec une Moto Guzzi 1000 SP, près de Lannemezan. Ce fut bref car le V-twin italien s'échappa dans l'enfilade de virages, imperturbable, alors que ma Honda VTE 500 me faisait sentir ses limites. Peut-être que le motard devant moi avait également un autre niveau de pilotage que le mien! 

La présence systématique du cardan, le freinage intégral unique au monde à cette époque, le carénage intégral et les sacoches d'origine sur certains modèles, tout cela démontrait que les motos italiennes étaient de grandes routières.

Pourtant, quelque chose me chagrinait. C'était cette finition parfois à la limite de l'acceptable et une qualité de fabrication parfois douteuse. Je crois que c'est cela qui a fini par me détourner de la marque. Elle possédait pourtant tous les atouts pour séduire le gros rouleur que je devenais. C'est ainsi que je basculai dans le monde de la marque ailée, j'ai nommé Honda. J'y ai trouvé une sérénité permanente si précieuse quand on est constamment sur la route ( ou sur la piste) dans des pays parfois éloignés. 

D'ailleurs, dans les essais de la presse moto, c'est souvent ce qui était reproché à ces motos italiennes attachantes. Je suis parti à la pêche en fouinant dans mes anciens Moto Journal qui me sont souvent très utiles pour vérifier si ma mémoire ne me fait pas défaut .

 

 

En voilà quelques extraits retrouvés dans la cave parentale:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et une belle publicité de 1979 qui donnait envie de prendre la route à son guidon....

 

 

 

 

 

 

 

 

Moto Guzzi était considéré comme un concurrent de la marque bavaroise BMW. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je n'ai jamais cessé de m'intéresser à la moto, à toutes les motos, mais je me suis peu à peu détaché de Moto Guzzi au fil des ans. Les modèles n'étaient pas renouvelés, ou bien à dose homéopathique. Pendant ce temps, BMW,l'autre marque européenne prenait son envol, osait concevoir d'autres types de moteur que le bicylindre à plat, puis réinventait ce dernier en repartant d'une feuille blanche. La marque italienne se limitait aux passionnés qui lui pardonnaient beaucoup mais elle ne renouvelait pas sa gamme, répétant à l'infini la même partition, avec juste quelques arrangements. Elle donnait le sentiment de stagner. 

 

 

De mon côté, je découvrais en 1990 le trail routier avec une Honda XLV 750 d'occasion et ce fut la révélation. Cette catégorie était celle qu'il me fallait, celle dont l'homogénéité permettait de passer des autoroutes aux pistes marocaines. Et je ne l'ai plus quittée depuis.

Moto Guzzi continuait sa longue descente aux enfers avec des chiffres de production de plus en plus faibles.

 


 

 

Son rachat par Aprilia en 2000 semblait annoncer un renouveau, mais c'est lors d'un nouveau rachat par le groupe Piaggio en 2005 que j'ai eu le sentiment d'un nouveau départ possible. Depuis, la gamme semble se structurer, la finition me parait être à la hausse et la fiabilité également. Je connais un motard très satisfait de sa Norge avec laquelle il roule énormément.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais je dois reconnaître que je ne m'y suis pas beaucoup intéressé, peut-être parce que j'ai peu l'occasion d'en croiser et aussi parce que le concessionnaire le plus proche se trouve à 150 kilomètres de chez moi.

Il y a pourtant un trail dans la gamme mais son côté haut sur pattes et massif ( avec un poids tous pleins faits de 290 kg...) ne m'a pas vraiment attiré.

 

 

Mais, il y a un an, la présentation d'un prototype au salon EICMA de Milan a produit sur moi un sacré effet. Il s'agissait du Concept V85. Il me paraissait si abouti que je ne doutais pas de sa sortie prochaine. Est-ce cela qui m'a donné envie d'aller essayer une moto de la marque en mars 2018? Peut-être. 

Bonne nouvelle, il y a quelques semaines, Moto Guzzi annonçait officiellement de l'arrivée de ce trail prometteur. Je fonctionne au coup de coeur pour alimenter mon site et ce fut le cas avec cette moto. J'ai donc eu envie de lui consacrer un petit article .... en attendant de pouvoir me mettre au guidon! 

 


 

 

 

 

 Les photos présentées à la presse montrent une moto très proche du concept de l'an dernier. Je la trouve très belle, avec une personnalité qui lui est propre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a aussi l'inévitable modèle avec les sacoches en aluminium. C'est devenu incontournable. Je me souviens encore des Allemands que je croisais lors de mes virées en Afrique du Nord et au Moyen Orient; ils me faisaient rêver avec leurs sacoches alu alors que je me contentais de mes Bottelin Dumoulin en plastique. Enfin, en 2002, je pus en acquérir en m'arrêtant chez Touratech à Orange, lors de mon retour du Pakistan. A l'époque, ces sacoches étaient utilisées par les voyageurs, aujourd'hui, elles semblent surtout destinées à  vendre du rêve. Le monde change, les sacoches des motos aussi! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Le moteur sera dérivé de celui présent sur la V9, mais il semblerait qu'il ait subi pas mal de modifications puisqu'il devrait développer aux alentours de 80 chevaux au lieu des modestes 55 chevaux actuels. Nouveau vilebrequin, des bielles renforcées, des injecteurs plus "libres", des soupapes d'admission changées. Bref, de grosses modifications sur ce moteur. Le tableau de bord suit la tendance actuelle, il est entièrement digital. 
 
Le cardan est tout naturellement de la partie. Difficile d'imaginer une Moto Guzzi avec une chaîne, ce serait sacrilège! A priori, la boîte de vitesses a également fait l'objet d'améliorations, ce qui n'est pas pour me déplaire, moi qui suis très sensible sur le sujet. Une boîte de vitesses douce et précise, c'est vraiment essentiel pour moi, cela participe grandement au plaisir de conduire une moto. 

Moto Guzzi annonce une réservoir de 21 litres, une bonne  capacité.

Aucune information sur les débattements des suspensions mais les photos semblent montrer qu'ils seront entre ceux parfois limités des trails (trop) routiers et ceux des trails plus orientés vers le tout-terrain comme la BMW 850 GS ou la Honda Africa Twin.

A l'avant, pas de roue de 21 pouces comme les deux trails cités, mais une 19 pouces.

Les freins Brembo inspirent confiance, il ne devrait pas y avoir de mal à s'arrêter prestement.

J'espère ne pas me tromper car l'examen des photos m'a donné l'impression d'une moto soignée. Elle respire la qualité, cette Moto Guzzi.

Ce trail marquerait-il le véritable renouveau de la marque italienne? C'est tout le mal que je lui souhaite. 

Pour ma part, l'arrivée d'un trail à la puissance raisonnable, doté d'un cardan et d'un moteur à la personnalité attachante ne peut que m'enchanter. 

Je vous souhaite la bienvenue, Mister V-twin. Si j'ai bien compris, on ne devrait pas tarder à le voir sur nos routes (février 2019). "Allo, la concession Salles, je voudrais réserver un petit essai...."  

 


 

 

Moto Guzzi a donné plus d'informations sur les caractéristiques techniques de ce nouveau modèle lors du salon national qui se déroule à Milan.

 

  • Moteur : V-Twin transversal à 90°, deux soupapes par cylindre, refroidissement à air
  • Cylindrée : 853 cm3
  • Alésage x course : 84 x 77 mm
  • Rapport volumétrique : 10.5:1
  • Puissance : 80 ch à 7.750 tr/min
  • Couple : 80 Nm à 5.000 tr/min
  • Alimentation : injection électronique, papillon de 52 mm, Ride-by-Wire
  • Réservoir : 21 litres, dont 5 litres de réserve
  • Homologation : Euro4
  • Consommation : 4,9 l/100 km
  • Emissions CO2 : 118 g/km
  • Embrayage : simple disque à sec
  • Boite de vitesse : 6 rapports
  • Transmission finale : par arbre
  • Cadre : treillis tubulaire en acier
  • Suspension avant : fourche inversée de 41 mm réglable en précharge et détente, débattement 170 mm
  • Suspension arrière : double bras oscillant en aluminium, amortisseur sur le côté droit réglable en précharge et détente, débattement 170 mm
  • Frein avant : double disque flottant de 320 mm, étriers radiaux Brembo à 4 pistons opposés
  • Frein arrière : Disque de 260 mm, étrier flottant à 2 pistons
  • Roues : jantes à rayons
  • Pneu avant : 110/80 - R19", pneu à chambre à air
  • Pneu arrière : 150/70 - R17", pneu à chambre à air
  • Hauteur de selle : 830 mm
  • Poids à sec : 208 kg
  • Poids pleins faits : 229 kg

  Il se confirme que les débattements de suspensions restent relativement modérés avec 170 mm aussi bien à l'avant qu'à l'arrière. J'aurais apprécié environ 30 mm de plus afin de retrouver le comportement que j'aime tant sur les trails. Peut-être y-a-t-il une contrainte technique due à la présence du cardan. Je me souviens que, sur la NTX 650, le constructeur avait volontairement réduit le débattement arrière à cause du cardan. J'ai hâte de vérifier ce que cela donne à la conduite, d'autant qu'il n'y a pas de système de biellettes permettant de démultiplier la course de l'amortisseur. Le poids a été contenu (4 kilos de moins qu'une Africa Twin par exemple). 

Je vois venir les mêmes critiques que celles essuyées par cette dernière en lisant que les pneus sont avec chambre à air. Personnellement, après des centaines de milliers de kilomètres sur des motos avec chambre à air, je dois reconnaître que c'est une caractéristique qui ne m'a pas gêné, ayant crevé .... je dirais trois ou quatre fois. 

 


 

 

 

En sa qualité de revue italienne, Motociclismo  a eu le privilège de prendre le guidon de la nouvelle Moto Guzzi. Elle a pu parcourir 300 kilomètres avec un modèle de présérie. Alors, quelles sont les impressions de Nicolo Codognola? Plutôt positives.

Bonne position de conduite, selle accueillante, bonne protection du buste par le pare-brise ( mais réglage difficile de ce dernier). A 130 km/h, l'air est renvoyé au niveau du casque mais sans provoquer de turbulences.

 Le moteur chauffe peu les jambes, les pieds ressentent par contre de la chaleur en provenance des collecteurs d'échappement à faible allure.

La moto se révèle maniable et montre une rassurante stabilité. Bon châssis mais le train avant nécessite un travail au guidon pour l 'aider à s'inscrire dans les changements rapides de direction. Bonne fourche qui ne plonge pas trop au freinage. L'amortisseur unique sans biellettes lui a semblé plus "soutenu" (plus ferme?) mais il précise qu'il pèse 70 kilos.

Le moteur se révèle souple reprenant dès 1500 tours/minute et avec une allonge jusqu'à 7500 tours/minute. Bonnes reprises dès 4000 tours/minute. Il est parfois nécessaire de rétrograder pour maintenir le moteur dans sa bonne plage de régime. A 130 km/h, le moteur est à 5000 tours/minute. A noter que le constructeur annonce un couple maximum de 80 Nm au régime très bas de 3400 tours/minute. L'essayeur a été favorablement impressionné par la transmission avec une boîte de vitesses douce, précise, silencieuse et une commande d'embrayage par câble onctueuse. Il émet un regret au sujet du bruit du moteur pas assez vrombissant d'après lui.

La consommation devrait être contenue. A l'issue de cet essai à un rythme "enjoué", l'ordinateur indique 19 kilomètres par litre, soit 5,26 litres aux 100, ce qui promet une bonne autonomie avec un réservoir de 21 litres. 

La moto aura à son arrivée sur le marché trois réglages de cartographie (route, pluie, tout terrain) et un régulateur de vitesse n'ayant pu être essayés sur ce premier modèle pas complètement finalisé.

 

En conclusion, l'essayeur trouve la moto très belle et indique qu'elle plait beaucoup dans l'équipe de rédaction du journal. De même, un sondage réalisé auprès des lecteurs a montré que beaucoup envisageaient de l'acquérir.

 

 

 

Elle me fait vraiment envie, cette Moto Guzzi, qui semble avoir trouvé un équilibre avec un certain modernisme tout en gardant la simplicité et le caractère des motos du constructeur italien.

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

12 décembre 2018. Moto Guzzi vient d'annoncer les prix de cette nouveauté très attendue. Il sont raisonnables et devraient contribuer au succès de ce trail bien sympathique.

11699 euros ( + 200 euros pour la version avec cadre rouge et peinture jaune et blanche).  

 

Première publicité dans le Moto Journal du 13 mars 2019. La moto arrive....

 

 

 


 

 

 

Le Repaire des Motards dégaine le premier en publiant l'essai de cette Moto Guzzi tant attendue.

Dès le début de l'essai, le journaliste confirme les impressions de la revue italienne Motociclismo en mentionnant la douceur des commandes et de la boîte de vitesses, un net progrès par rapport aux motos de la marque. La position de conduite est "naturelle" et la moto se révèle facile à vivre avec des demi-tours aisés. J'ai presque l'impression de lire l'essai d'une japonaise! 

Bonne souplesse du moteur entre 1500 et 3000 tours/minute. Par contre, le V-twin ne semble pas à l'aise dans les hautes régimes. C'est pour moi accessoire sur une moto de ce type qui n'incite pas à la cravacher comme on le ferait sur une sportive.

La consommation semble un peu élevée, 6,5 litres indiqués sur le tableau de bord.

"Le freinage est parfait, puissant mais dosable".

Sur voies rapides, il s'avère que la bulle n 'offre qu'une protection limitée. Le journaliste met en avant la qualité des suspensions qui offrent un bon confort. Le train avant est également loué et a donné une grande confiance à l'essayeur. Décidément, cette Moto Guzzi semble très aboutie, la preuve avec cette comparaison: "Son agilité, favorisée par le pneu arrière de 150 de large, rappelle celle d’une AfricaTwin 1000." Il y a pire comme référence!

Le journaliste a vraiment été séduit par la moto italienne: "La partie-cycle induit un confiance absolue, aidée de pneus de très bon niveau. Les suspensions encaissent avec progressivité et surtout, incroyable pour un trail, un sentiment de rigidité de la partie-cycle inonde la confiance de sérénité."

En conclusion, le constructeur italien ne s'est pas loupé avec sa V85TT.

Cet essai m'a mis l'eau à la bouche et il me tarde d'aller rendre visite à la concession Salles dans le Gers pour faire un petit tour avec. Je suis heureux de voir que Moto Guzzi a réussi à concilier les qualités d'une moto moderne sans perdre son authenticité. Le mélange des deux est très alléchant. 

 

 

 

 


 

 

 

L'essai de Moto Net confirme que Moto Guzzi a changé d'ère. "La sélection s’avère douce, précise, et l’embrayage fait parfaitement oublier qu’il s’agit d’un monodisque à sec". Terminée la période obligatoire d'acclimatation aux caractéristiques si spécifiques des motos italiennes. Ah, si! Il y a toujours le fameux couple de renversement, bien que réduit, qui fait basculer la moto de droite à gauche à chaque coup d'accélérateur donné au point mort. Je trouverais d'ailleurs dommage qu'il disparaisse car il est la signature du V-twin transalpin.

Le bruit aussi a été réduit, ce qui n'est pas pour me déplaire. Pour moi, un beau bruit se suffit à lui-même sans avoir besoin d'augmenter les décibels.

Le moteur accepte les bas régimes, un bon point, mais l'essayeur trouve qu'il manque un peu de nerf en dessous de 3000 tours/minute. Il se réveille à partir de 3500 tours/minute. Connaissant les goûts immodéré des journalistes pour les moteurs à fort caractère, je me demande si ce n'est pas plutôt une qualité, un moteur doux permettant de rouler sur le filet de gaz et reprenant sans violence. A vérifier par moi-même.

Ce V-twin semble posséder beaucoup de qualités: "La puissance s’exprime de façon linéaire, efficace sans se montrer débordante". Ce sont des caractéristiques qui me parlent.

Au niveau du châssis, Moto Guzzi ne s'est pas loupé. "Précise, rigoureuse, se montrant neutre à la prise et sur l’angle, l’italienne met en confiance au point de limer ses repose-pieds en virage sans éprouver ni crainte, ni frustration". C'est un sans-faute!

Excellente surprise également, Moto Guzzi a soigné les suspensions, même si l'essayeur aurait souhaité une fourche plus ferme. Pour les motards qui ont un rythme tranquille, il se peut que cette orientation vers une fourche confortable plaise.

Mention très bien pour le freinage progressif et puissant.

Bien sûr, il y a eu l'inévitable partie tout chemin dans l'essai concocté par Moto Guzzi. La moto s'y révèle correcte, mais il convient de ne pas oublier le poids de 229 kilos. De toute façon, je vois mal la très grande majorité des possesseurs de cette machine s'aventurer en tout-terrain avec.

Cette V85 TT est assurément une réussite. D'ailleurs, ce soir, un de mes lecteurs m'a écrit pour me dire que les 45 kilomètres qu'il a parcourus au guidon de cette moto ont suffi pour le convaincre. Il a signé le bon de commande. Je pense que Moto Guzzi va, avec cette moto, sortir du cercle fermé des passionnés de la marque.

 

 

 


 

 

 

 

Moto Services va dans le même sens que Moto Net en indiquant que les suspensions perdent un peu pied en conduite soutenue, tout en précisant qu'il est possible de les régler en précontrainte et en détente et que, en conduite "normale", elles donnent satisfaction. Tout dépendra donc du rythme des futurs propriétaires.

Là aussi, le journaliste reproche au moteur "un manque de gniaque sous les 4000 tours et d’allonge au delà de 7000 tr.mn". Est-il vraiment nécessaire d'aller au delà de ce régime sur ce trail plutôt destiné à une conduite en souplesse? J'ai (encore une fois) l'impression que je n'ai pas les mêmes attentes que tous ces essayeurs! Par contre, j'applaudis des deux mains le fait que "il reprend sans broncher sous les 1500 tr.mn en 6ème".

Bon point pour la maniabilité alliée à un rayon de braquage assez court, avec l'aide d'un guidon offrant "un bon bras de levier".

Les excellentes qualités routières sont mises en avant: "La facilité à la mise sur l’angle est étonnante, presque perturbante de prime abord, puis, lorsque l’on découvre l’excellent grip des Michelin Anakee Adventure sur le bitume sec, on en vient à beaucoup apprécier la vivacité de ce train avant qui remonte beaucoup d’informations et semble rivé au sol". L'essayeur trouve cependant que la fourche est trop souple et que la garde au sol est insuffisante.

Le bilan du journaliste est positif même s'il fait part des limites de la machine en conduite sportive et en tout-terrain, bref des conditions à priori à mille lieux du style de conduite que devraient avoir les futurs propriétaires de cette sympathique machine.

 

 

 


 

 

 

Le titre de Moto Caradisiac ( "La très bonne surprise" ) annonce la couleur. Cette Moto Guzzi nouvelle génération a plu à Matthieu Brotel, le chanceux essayeur chargé de prendre le guidon sur les routes ensoleillées de Sardaigne.

Il met l'accent sur la très bonne finition de la V85 TT, ce qui n'était jusqu'à présent pas le sujet où les motos de la marque étaient le plus à l'aise. C'est effectivement le sentiment que n'avais eu en regardant les photos de cette nouvelle Moto Guzzi mais rien en vaut un examen devant la moto.

Le tableau de bord tout numérique (une constante désormais) est très lisible, même sous le soleil.

La selle est accueillante et la position de conduite très bonne grâce à une ergonomie travaillée. Par contre, la petite bulle n'offre pas une protection suffisante. Il va falloir piocher dans les options du constructeur.

Le moteur a montré ses qualités de souplesse ( "Il est ainsi possible de repartir sur le sixième rapport autour de 45 km/h en ville sans que la belle ne pilonne de trop."). Le journaliste (éternelle rengaine dans les essais) trouve que le bicylindre est un poil linéaire entre 3000 et 4800 tours/minute alors que c'est plutôt une qualité pour moi car cela génère un confort de conduite. Toute la puissance se manifeste entre 5 et 7000 tours/minute. Bonne nouvelle avec un cardan qui se fait oublier. Car, il ne faut pas oublier que cette V 85 TT est un des très rares trails possédant un cardan, ce qui signifie une absence totale d'entretien; c'est un atout comparé aux chaînes à graisser et retendre et qui ont tendance à vieillir un peu trop vite lorsque l'on roule régulièrement sous la pluie.

D'ailleurs, j'attends désespérément depuis de nombreuses années, qu'un fabricant propose des carters de chaîne étanches adaptables sur les motos. J'ai pu vérifier à quel point ce type de matériel pouvait prolonger la durée de vie d'une chaîne sur ma Honda 125 CG. Fin de la parenthèse, revenons à cette séduisante moto italienne.

L'essayeur a beaucoup aimé l'ensemble partie-cycle/suspensions. "Les suspensions de marque Kayaba réalisant un très bon travail. Elles apportent à cette V85TT un bon équilibre et de la précision en trajectoire"."A plus vive allure dans les portions de routes sinueuses, le bon accord avant/arrière assure une étonnante tenue de cap lorsqu’on est en charge et en appui dans une grande courbe. Une fois mise sur l’angle, cette V85TT paraît presque imperturbable et trace son sillon sans broncher".

La conclusion est sans appel: "Au final, cette Moto Guzzi relève haut la main le défi et apparaît comme une moto bien née, rassurante et attirante". 

 

 

 

 

 


 

 

 

Après avoir lu l'essai de Moto Station, je n'ai plus aucun doute. Cette Moto Guzzi est vraiment réussie.

Cet essayeur insiste plus que les autres sur les spécificités de la moto: "Elle vibre un peu, elle tangue lors des coups de gaz en raison de l’implantation de son moteur, elle s’élève (un peu) lors des accélérations en raison de la transmission finale par cardan".

Le moteur est là encore loué mais l'a trouvé creux sous les 3500 tours/minute.Par contre, au delà , il a une belle plage de 4000 tours disponibles. L'essayeur lui a trouvé un côté moteur longue course. Ce qui m'a fait rire, c'est la réaction de l'essayeur indiquant que "le bicylindre est capable de se montrer vif si l’on ouvre en grand l’accélérateur électronique dans la zone des 5 000 trs/min. Là, ça avance sérieusement compte tenu de la faible puissance".  Oui, j'ai bien lu que 80 chevaux représentaient une faible puissance et cela me conforte dans l'idée que je n'habite pas sur la même planète que les journalistes de la presse moto!

Celui de Moto Station précise que "Moto Guzzi a, sciemment, voulu faire de sa V85TT une moto confortable et très stable, notamment en terme de tenue de cap en ligne et de stabilité en courbe"et parle d'un " caractère globalement souple des suspensions". Je trouve judicieuse la démarche du constructeur pour une moto qui n'est pas destinée à limer les repose-pieds dans les virages .... sauf pour la plupart des journalistes qui ont fait part d'une garde au sol limitée.

Au final, le bilan est très positif pour Moto Station:

 

"Points positifs
  • Ligne très réussie
  • Bonne qualité de fabrication
  • Agrément du moteur
  • Confort (suspensions, position...)
  • Assistances suffisantes
  • Polyvalence avérée (quotidien, voyage, tout chemin)
Points négatifs
  • Arcade et hauteur de la selle pour les petits
  • Bulle standard trop courte pour voyager
  • Valises passables (clé distincte du contacteur)"

 

Un détail me chiffonne, il concerne l'efficacité de ce garde-boue haut perché lors d'une conduite sous la pluie. Cela peut paraître un détail pour certains, mais pas pour ceux qui roulent pendant les douze mois de l'année.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Le lendemain de mon petit essai de cette belle moto italienne qui n'a eu aucun mal à me séduire, j'ai acheté Moto Revue d'Avril 2019 dans lequel est publié l'essai de la Moto Guzzi.

La conclusion du journaliste est parlante. Lui aussi est tombé sous le charme!

"Mignonne comme tout, vivante, parfaitement équilibrée, douée d'un niveau de qualité et de finition flatteur, proposée à un prix contenu,La V 85 TT ne manque pas d'atouts pour charmer son monde".