Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Huitième partie: Honda CB 500 X, ma petite Africa Twin

Depuis 1980, date de mon entrée dans le monde de la moto, je suis un gros rouleur mais un petit consommateur. Je n'ai ainsi "consommé" que sept motos malgré un kilométrage conséquent qui doit avoisiner le million de kilomètres. Et seulement deux étaient neuves. J'ai très vite privilégié l'achat de motos d'occasion car cela me permettait de ne jamais engager un crédit et d'économiser de l'argent .... que je n'hésitais pas à investir dans des voyages au long cours, véritable bouffée d'oxygène pour moi.

Cette année 2019 sera l'exception qui confirme la règle.

 

 

Après avoir découvert il y a trois ans la nouvelle Honda Africa Twin et en être tombé amoureux, j'ai attendu patiemment que cette moto inaccessible financièrement voit ses prix baisser sur le marché de l'occasion. Tout au fond de moi, je savais que ce n'était pas raisonnable, que je n'avais pas besoin d'une moto de 1000 cm3 et de 95 chevaux. Mais, quand je regardais les motos disponibles, je n'en voyais aucune pouvant prendre le relais dans la continuité de ma Transalp 600. Honda ayant décidé de ne pas produire une Transalp nouvelle génération, seule l'Africa Twin répondait à mes attentes.

A partir du mois de septembre 208, j'ai donc commencé à fréquenter quotidiennement Le Bon Coin pour avoir une idée des prix pratiqués. Ce fut la douche froide; l'Africa Twin tenait bien la cote et mon budget prévisionnel était en dessous des prix demandés. J'ai donc attendu l'entrée de l'hiver propice à une baisse des prix, mais, malheureusement, ce n'était pas vraiment le cas. Et voilà que notre brave vieille Toyota nous fit comprendre qu'il était plus que temps de la changer. Aie! L'affaire se compliquait.

Début décembre. Tout s'emballe.Voiture de remplacement en vue, de faible coût, et achat d'une cinquième Transalp, sur un "coup de tête". Moto très peu kilométrée, état exceptionnel et désir de poursuivre ma relation privilégiée commencée en 1993 avec cette moto mythique. Tout allait bien. Avec moins que le budget initialement prévu, la maison familiale accueillait deux véhicules au lieu d'un.

Hélas, la joie fut de courte durée. Malgré tous mes efforts, je dus me rendre à l'évidence, cette Transalp 700 ne me convenait pas. Il fallait trouver une solution, et vite. Rouler sur une moto sans éprouver le moindre plaisir, c'était une sensation nouvelle pour moi .... et très désagréable!

J'ai donc commencé à m'intéresser de près à une nouveauté de la marque présentée en novembre au Salon EICMA, la Honda CB 500 X. Son orientation plus trail, avec une roue de 19 pouces et un pneu plus étroit, des débattements de suspensions augmentés, me plaisait et je savais que la base était bonne vu que j'avais essayé cette moto cinq ans auparavant.

1er février 2019. C'est décidé, je me sépare de ma Transalp 700. Je suis chez mon concessionnaire et je négocie la reprise de la moto pour l'achat de cette CB 500 X. Sebastien, prudent, me dit qu'il me préviendra dès qu'ils auront la moto afin que je la rode et me fasse une idée précise sur cette nouveauté. Le jour J, il m'envoie un message et j'arrive dare-dare à la concession. 650 kilomètres plus tard, je reviens le sourire aux lèvres. Je ne me pose plus de questions, j'ai juste envie d'en avoir une et de rouler avec. Je me souviens avoir eu ce même sentiment ô combien agréable lorsque j'avais essayé ma première Transalp 600. J'étais revenu en sachant que cette moto était faite pour moi.

Vendredi 29 mars 2019. 17 heures. Mon passage à ma concession favorite a un goût particulier. Dans l'atelier, Fred s'occupe d'une moto sur le pont. Elle est blanche, je la trouve très belle, c'est la mienne! C'est la première fois que je peux l'examiner de visu avec ce coloris et je ne regrette vraiment pas mon choix. Je trouve qu'il la valorise. Le graisseur de chaîne est installé, ainsi que la béquille centrale. Pour les poignées chauffantes, il faudra attendre encore un peu, une partie du matériel n'est pas arrivée.

Samedi matin. Je ne risquais pas d'oublier de me réveiller aujourd'hui! J'ai le cœur léger en parcourant les quarante kilomètres qui me séparent de Tarbes. La moto est fin prête. Elle a enfilé son sac à dos appelé plus communément top case dans le milieu motard, la plaque d'immatriculation est fixée. Sébastien limite au maximum les conseils, peut-être de peur vexer le vieux motard que je suis! Je lui en demande toutefois sur le tableau de bord car j'ai un peu de mal avec cette nouvelle génération numérique.

 

Il est 11H30 quand je quitte la concession. j'ai annoncé à Marie de ne pas m'attendre pour le repas de midi car j'ai surtout envie de bouffer du kilomètre!

Je conduis ma moto avec beaucoup de prévenance. Elle va avoir droit à un rodage soigné. J'emprunte les petites routes sur les coteaux qui se dirigent vers les montagnes. Je suis à l'écoute de ma petite CB 500 X; on est là pour faire connaissance. Je laisse le moteur ronronner entre 2 et 4000 tours/minute.  Un peu plus tard, j'entame la montée du col d'Aspin. Le bicylindre tracte gentiment, je suis heureux. Dans la descente, j'apprécie le caractère instinctif de ma monture; elle se manie avec une facilité totale.

 

 

Petite halte à Saint Lary où je fais un "repas" rapide, au soleil sur une terrasse. Je regarde ma moto posée sur sa béquille. Esthétiquement, elle s'est "trailisée" comparée à l'ancien modèle, au point que je la verrais très bien avec un pot d'échappement haut, dans le style de ma Transalp 600 (au hasard!).

J'attaque la montée du col d'Azet. Dans les épingles, je goûte à son agilité qui permet de la basculer à droite à gauche sans effort, mais sans vivacité excessive. Un excellent compromis entre les deux. La descente sur Loudenvielle est un régal. Nul besoin de solliciter le moteur en rodage, j'enchaîne les virages avec gourmandise tant la moto semble les apprécier, les freins répondent présent.

 

 

 

C'est maintenant le col de Peyresourde qui me tend les bras. Le soleil est de la partie pour fêter mes premiers tours de roues avec ma moto. Je me sens bien installé, la position est naturelle. Les suspensions me confirment leur progression. Finie la dureté excessive qui m'avait chagriné en 2013. Là, je sens que l'amortisseur absorbe bien les chocs et la fourche est également prévenante. Tous ces points font que je me sens au guidon d'un trail et non pas au guidon d'un roadster surélevé. La nuance est d'importance pour moi. Je continue d'enfiler les virages d'une simple impulsion sur le guidon et la moto suit mon regard sans l'ombre d'une hésitation. J'aime le ressenti au niveau du train avant; l'adoption de cette roue plus fine de 19 pouces est une excellente idée, Monsieur Honda!

J'ai repéré sur la carte un itinéraire sympa avant d'arriver à Luchon. Je bifurque à gauche sur la route du port de Balès. Un peu plus haut, à Bourg-d'Oueil, un panneau indique que la route est fermée mais les deux barrières très espacées sont une incitation à tenter le passage. Mais, à quelques centaines de mètres du sommet, la neige envahit la route. Il reste bien une mince trace libre mais si près du précipice que je ne m'y risque pas.

Je rejoins donc Luchon et emprunte la route de l'Hospice de France. Pas de chance, elle est fermée elle aussi. J'en suis quitte pour attaquer une nouvelle fois le col de Peyresourde.

A chaque arrêt, j'ai du mal à trouver la béquille latérale. Pour l'attraper, assis sur la moto, il faut contourner le repose-pied par l'arrière et trouver l'ergot du bout du talon. Vraiment pas évident.  Puisque l'on en est au chapitre des défauts, par moment, je trouve que le sélecteur est un tout petit peu bas; je n'avais pas eu cette impression avec celle que j'avais essayée il y a trois semaines. Il faudra que je vérifie s'il est possible de le régler. A part ces petits points de détail, je suis heureux à son guidon. Elle me donne envie de rouler, et c'est bon signe!

Avant de rentrer à la maison, je m'offre les douze kilomètres de montée du col d'Aspin. Je ne m'y ennuie pas même en limitant mon régime à 4000 tours/minute car le moteur tracte bien.

Bagnères de Bigorre, Loucrup, Ossun, Bénéjacq. J'évite les grands axes pour rejoindre Pau.

320 kilomètres parcourus aujourd'hui et une consommation vérifiée de 3,2 litres aux 100. Sur cette moto, l'ordinateur de bord se révèle moins juste que sur la moto d'essai car il m'indique 2,9 litres.

Aujourd'hui, c'était le hors d'œuvre. Demain, place au plat de résistance, j'ai toute la journée devant moi!

Dimanche. 8 heures. La Honda m'attend, sur sa béquille centrale. Celle-ci est facile à manier, cela me change de ma (fugitive) Transalp 700 qui paraissait très pesante lors de cette opération. 

Démarrage au quart de tour. Avant de rejoindre la montagne, je profite de la campagne environnante. Morlaàs, Vic en Bigorre,Rabastens de Bigorre. Un léger brouillard s'est invité mais le soleil a fini par prendre le dessus. Je rejoins ensuite Trie sur Baïse sur des routes sinueuses à souhait et désertes. Arrivé à Lannemezan, j'opte pour une petite route qui longe la Neste et m'amène à proximité de Saint Bertrand de Comminges. Il est si facile de quitter les axes routiers principaux monotones; c'est devenu pour moi une habitude d'aller à la rencontre des départementales sur lesquelles mon taux de plaisir motocycliste augmente considérablement. Ma CB 500 X se révèle une compagne de route idéale dans ces conditions où je suis parfois obligé de chercher mon chemin en alternant les arrêts pour consulter la carte ( je suis un motard à l'ancienne, dépourvu de GPS) et les demi-tours. Son petit gabarit et son rayon de braquage autorisent ces errements tant elle est facile à manier. Et j'apprécie tout autant sa souplesse permettant d'oublier parfois le maniement du sélecteur.

 

 

Col des Ares. cela fait 160 kilomètres que je roule et hausse naturellement le rythme dans cette montée. Je ressemble aux vieux moteurs diesel, il me faut un peu de temps pour m'échauffer! Droite, gauche, je n'en finis pas de balancer la moto. Elle est légère à manier et permet d'improviser sur cette route que je ne connais pas. Un virage qui se referme? Pas de problème, le frein arrière est un précieux allié dans ce cas et une impulsion un peu plus forte sur le guidon suffit à inscrire la moto. C'est simple, j'ai ce sentiment très agréable que la moto va là où mon regard porte et que je peux modifier à tout moment ma trajectoire.

Col de Buret, col de Portet d'Aspet, la route prend de la hauteur. La saison hivernale n'est pas tout à fait finie car je ne peux pas  emprunter le col de la Core malheureusement fermé. Qu'à cela ne tienne, je rejoins Saint Girons et prend la belle route de Massat. Je fais une petite halte dans le village. Sur la place, il y a un petit restaurant. Je décline le menu et me contente d'une tarte aux oignons et d'un thé. C'est que j'ai un rodage à terminer!

Direction les cols de Caougnous et Port. La route est bosselée et je constate avec plaisir que les suspensions sont efficaces. Je suis bien sur un trail. Je place les roues avec précision sur les trajectoires mais, au-dessus, c'est moins rigoureux,dans le bon sens du terme. Je veux dire par là que les chocs provoqués par les inégalités de la route ne se répercutent pas directement sur moi. Il sont absorbés par les suspensions prévenantes et un châssis pas trop rigide. En outre, je suis bien installé au guidon, j'ai de la place, je peux facilement bouger, changer de position de conduite, voire me relever ( la position debout est plutôt naturelle mais je vais peut-être essayer de  mettre le pontet rehausseur destiné à ma Transalp 700 pour la parfaire). C'est la différence avec une sportive ou un roadster, il y a plus d'espace. Un trail, c'est comme l'appartement T2 comparé au studio, on y vit plus à son aise dedans....

Le cap des 500 kilomètres est dépassé et je m'autorise 500 tours/minute de plus. Comme je l'avais déjà remarqué sur la moto d'essai, le regain de couple à 4000 tours/minute est  sensible. Je note avec plaisir que les barrettes de la jauge à essence descendent régulièrement, mais doucement.

A Tarascon sur Ariège, puis Foix, je retrouve une route un peu plus droite. C'est l'occasion de constater que la bulle en position haute me protège suffisamment. Elle forme une bonne barrière contre le vent sans pour autant m'isoler totalement, un bon compromis pour moi.

Saint Girons. Cette route droite me permet de récupérer un peu mais je m'ennuie. A Mane, je tourne à gauche et m'en vais rejoindre la route d'Aspet avant de m'attaquer une nouvelle fois au col d'Ares. Dans ces enfilades de virages, ma moto est comme un poisson dans l'eau. Elle a cette facilité que j'aimais tant sur ma Transalp 600 mais elle ajoute une efficacité bien plus grande. Sur ma CB 500 X, il est beaucoup plus aisé de basculer la moto de droite à gauche. C'est d'une facilité inouïe et je ne m'en lasse pas. C'est vraiment son terrain de prédilection.

A Lannemezan, au kilomètre 437, je tombe sur la réserve. Sur le tableau de bord, mon kilométrage disparait ainsi que la consommation moyenne pour laisser la place au kilométrage à parcourir et au litrage consommé à partir de cette mise sur la réserve . Très pratique une fois vérifié le contenu de la réserve. Je ne tarde pas à le faire en m'arrêtant cinq kilomètres plus loin dans une station d'essence. Je rajoute 13,77 litres après 442,5 kilomètres parcourus, ce qui fait une excellente moyenne de 3,11 litres/100! La réserve fait donc environ 4 litres, ce qui laisse une grande marge de manœuvre. Et au total plus de 500 kilomètres d'autonomie.

Après avoir brièvement hésité à faire un petit détour par le col d'Aspin, je me dis que ce n'est peut-être pas  très raisonnable et "je me contente" de traverser les Baronnies, l'endroit de mon département d'origine que je porte le plus dans mon cœur. Trente kilomètres de bonheur. Un grand coup de fatigue me tombe dessus; je m'arrête et mange quelques noix pour requinquer le bonhomme. 

 

Encore soixante-dix kilomètres jusqu'à Pau. Pas de courbatures, ni de mal aux fesses. Mon corps remercie ma nouvelle moto d'être si facile à conduire. Elle ne fatigue pas son conducteur. Depuis hier, j'ai parcouru 900 kilomètres et j'ai confirmation que nous allons faire une bonne équipe, tous les deux. Nous sommes en phase. Elle aime ma manière de conduire et j'apprécie ses qualités. C'est bien un trail, même si ses débattements de suspensions et son pot bas disent le contraire. En tout cas, elle se comporte de la même manière et ses capacités forcément limitées en tout-terrain ne me gêneront pas.

Oui, j'en suis sûr maintenant, elle sera ma petite Africa Twin.

 


 

 

 

 

7 avril 2019.  Voilà huit petits jours que j'ai commencé à découvrir ma nouvelle moto. J'ai ressenti une grande frustration de ne pouvoir rouler avec elle au cours de la semaine du fait de mes obligations professionnelles et familiales. Sur sa béquille centrale, contre le mur du garage, elle semblait me dire, alors que je prenais mon vélo pour aller au travail: "Emmène-moi sur les routes!".

Heureusement, j'ai pu me rattraper vendredi soir en allant chez mon concessionnaire pour la révision des 1000 kilomètres.

Et, hier, elle a eu droit à un test en duo. Bilan positif. Marie était bien installée, les repose-pieds ne sont pas trop hauts et l'amortisseur arrière fait preuve de souplesse. Elle a apprécié le confort. Pour ma part, je n'étais pas gêné, la selle est suffisamment spacieuse. Au niveau moteur, j'ai senti que ce n'était qu'un 500 cm3 dans ces conditions de duo. Il faut anticiper un peu plus lors des dépassements, mais cela reste correct, d'autant que le rodage n'est pas terminé et que je limite les montées en régime.

Les qualités du châssis et des suspensions sont marquantes. Je ne me tracasse pas en voyant les grosses inégalités que l'on trouve de plus en plus fréquemment sur les routes. D'ailleurs, je ne cherche pas à les éviter systématiquement, preuve d'un amortissement très satisfaisant. C'est vraiment dans ce dernier domaine que cette moto a le plus évolué; elle a gagné en homogénéité.

En tout cas, elle me donne envie de rouler. Aujourd'hui, après le repas de midi, je n'ai pas pu résister, en prétextant un rodage à peaufiner, et je suis parti pour une petite virée de 150 kilomètres sur les routes sinueuses qui pullulent autour de Pau. C'est un terrain où la moto excelle. Les nombreuses traces d'humidité dans le bois de Bager n'ont pas entamé ma confiance dans cette moto qui n'a provoqué aucune chaleur malgré un rythme soutenu. Elle est rassurante dans ces conditions.

La frugalité du bicylindre se confirme bien que je roule plus vite et accélère plus vivement. 13,63 litres pour 427,3 kilomètres parcourus, soit une consommation de 3,19 litres aux 100.

1350 kilomètres effectués et toujours la même envie, continuer à rouler!

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Vendredi 12 avril 2019. Je quitte Tarbes. La nuit est tombée. Il règne une douceur qui donne envie de rouler. Je sors de la ville, il n'y plus d'éclairage public. Je constate avec satisfaction que le pinceau lumineux diffusé par mon phare est efficace. Quel changement par rapport à ma Transalp 600! C'est aussi une nette amélioration en comparaison avec le phare de la Transalp 700. Nul besoin d'être en plein phare, le code remplit déjà très bien son office.

Dans l'obscurité qui s'installe, mes sens sont exacerbés et je sens poindre une douce harmonie. Je ne suis plus en train d'apprécier les qualités objectives de ma moto, je me sens tout simplement bien, protégé par le pare-brise, percevant l'environnement revêtu de son manteau nocturne. Je commence à m'attacher à ma petite Honda. Le tableau de bord lumineux me donne les informations nécessaires. Je navigue entre 100 et 110 kilomètres/heure. Heureux. J'arrive bien trop vite à Pau, j'aurais envie de continuer ma route en cette nuit si douce.

Samedi, j'emmène ma moto voir une de ses copines. Pas jalouse pour un sou, elle me laisse aller faire un tour avec elle. Au retour, alors que je me dirige vers le centre ville, je la sens toute fière de me montrer ses qualités de citadine. Elle se faufile dans un trou de souris, fait un demi-tour dans un mouchoir de poche et se gare avec facilité dans un recoin de trottoir. Ses petites dimensions, son poids mesuré et son équilibre naturel sont un régal pour une utilisation en ville. Même si mon véhicule citadin est le vélo, je trouve très agréable d'avoir une monture aussi facile à conduire. Tout se fait naturellement à son guidon.

Le dimanche après-midi de disponible est l'occasion de "parfaire" le rodage, c'est du moins l'excuse que je donne pour quitter la maison! Les 1500 kilomètres sont dépassés et je m'autorise quelques dépassements plus volontaires pour tester et libérer le bicylindre. Il répond bien et me permet d'avaler les voitures moins rapides en restant en sixième. Nul besoin de rétrograder, le couple du moteur est largement suffisant. Sur le chemin du retour, je me dis qu'un détour par le col du Soulor s'impose. J'ai de la chance, il pluviote, cela va être l'occasion de tester les pneus sur sol mouillé. Bilan positif, aucune amorce de décrochage, et un sentiment de sécurité qui ne se dément pas. Cela avait l'air d'être moins le cas du motard au guidon de sa VFR 1200 que je rattrape sans coup férir. Avant de le dépasser, je perçois beaucoup de tension dans son corps. Sur une route glissante et sinueuse, ce n'est sûrement pas la machine idéale. Quant à moi, je ne regrette vraiment pas mon choix même si mon rythme en constante augmentation a généré une consommation plus élevée. Je vous rassure, cela reste modéré, 14,07 litres pour 419,6 kilomètres parcourus soit 3,35 litres/100. 

Cela fait quinze jours et 1700 kilomètres que je roule sur ma Honda. Il faudrait peut-être que je me calme mais c'est plus fort que moi, j'ai la boulimie des kilomètres avec elle. D'ailleurs, demain, j'ai une journée de RTT et je vais aller rendre visite dans le Gers à une moto qui m'a l'air bien sympathique avec son beau V-twin....

 

 

 


 

 

 

 

Je voudrais rendre un hommage à mes Transalp en leur offrant un essai comparatif avec ma nouvelle moto.

Cela me permettra de tourner la page. Non, le terme est impropre. C'est un gros livre qu'il me faut fermer après ces longues années à rouler au guidon de cette superbe moto. Cela commença en 1993 et s'arrêta en 2007, pour reprendre en 2014 et se terminer définitivement (?) fin 2018. Des centaines de milliers de kilomètres, des traversées de pays magnifiques, des souvenirs à jamais gravés dans ma mémoire, des émotions d'une intensité extraordinaire, mes Transalp m'ont fait vivre des années incomparables.

Je crois que c'est un peu pour cela que j'ai accumulé les kilomètres avec ma CB 500 X dès son acquisition. Tout au fond de moi, il y avait, au delà de l'envie de rouler, ce besoin de m'en imprégner rapidement pour tenter d'oublier ma Transalp.

En ce dimanche 28 avril 2019, je crois pouvoir dire que c'est le cas. Hier, après huit jours sans avoir pu me mettre à son guidon, j'ai enfin pu m'offrir un peu plus de cent kilomètres avec elle et ce fut un moment de bonheur. Il y avait comme une évidence, je la conduisais sans réfléchir, tout se déroulait naturellement, l'osmose entre nous deux était totale. Freinage, mise sur l'angle, passage des vitesses, accélération, tout était harmonie. J'écoutais le moteur, qui  tour à tour, ronronnait à bas régime, rugissait lors d'un dépassement dynamique ou se stabilisait à 5500-6000 tours/minute dans les lignes droites. Et,ce matin, un réveil matinal m'a donné envie d'aller voir mes montagnes. 200 kilomètres.Col du Soulor, Luz Saint Sauveur et route de Gavarnie au programme avant le repas de midi. Là encore, beaucoup de plaisir à la clef.

Il aura suffi de 2500 kilomètres pour m'approprier ma nouvelle monture.

 

La différence la plus évidente entre la Transalp 600 et la CB 500 X, c'est le moteur. Le V-twin est d'une onctuosité exceptionnelle et le bicylindre de 471 cm3 n'offre pas le même velouté. Je ne pense pas que ce sont les 112 cm3 de plus qui font la différence; d'après moi, cela vient plus de la conception même du moteur, le bicylindre en V qui offre un équilibre parfait, grâce aux manetons du vilebrequin décalés. En tout cas, même si le moteur de la CB 500 X se révèle souple, j'ai un ressenti différent avec lui. C'est surtout à faible vitesse que je le ressens, il est plus "râpeux" (cela risque de faire rire les propriétaires de motos de caractère comme les Ducati ou les KTM) et le frein moteur plus important participe à cette impression. C'est un peu ce qui distingue les deux motos. C'est d'ailleurs toujours à faible allure, au démarrage, que le bicylindre vertical fait le plus ressentir sa plus faible cylindrée. Puis, avec la vitesse, cette impression disparait. 

En ce qui concerne le couple moteur, mon impression initiale était que la Transalp possédait de meilleures reprises. Maintenant que le rodage est bien entamé, je suis moins formel. Je trouve que le petit bicylindre tracte vraiment bien, notamment à partir de 4000 tours/minute. Pour dépasser une voiture qui roule à 80 km/h, nul besoin de rétrograder, il suffit de solliciter la poignée de gaz pour se retrouver très rapidement à 6000 tours/minute à 125 km/h avec un moteur qui ne demande qu'à continuer à monter dans les tours. J'ai multiplié ces dépassements, ce qui a fini par avoir une incidence sur la consommation. Les deux derniers pleins  ont révélé une consommation moyenne de 3,48 litres et 3,40 litres, ce qui reste malgré tout très raisonnable! En moyenne, comparée à celle de ma Transalp, la consommation moyenne a diminué de 33%, un excellent résultat. Du côté de la boîte de vitesses, je mets les deux motos à égalité; elles sont précises, douces et rapides sur les deux motos. La petite dernière fait juste la différence avec son levier d'embrayage d'une douceur incroyable.

En ce qui concerne le châssis, avec la CB 500 X, j'ai le sentiment à faible vitesse d'une moto plus petite. Elle se révèle d'ailleurs plus maniable, plus vive dans les changements de direction. Est-ce seulement dû à la roue de 19 pouces au lieu de 21 pouces avec une inertie moindre? Je pense que la géométrie joue aussi son rôle. Par contre, avec ma nouvelle moto, j'ai perdu l'exceptionnelle auto-stabilité de la Transalp qui permettait de rester un bref moment à l'arrêt en gardant les bottes sur les repose-pieds.

Quand le rythme augmente, c'est la "petite" qui se montre la plus efficace. J'ai pu comparer sur certaines portions de route que je connais par coeur. Ce sont notamment les endroits où je ne me sens pas complètement à l'aise qui sont révélateurs. Je ne sais pas d'où ça vient, mais il y a quelques kilomètres, ça et là, sur lesquels je n'arrive pas à me lâcher. Je suis toujours sur la réserve. Ainsi, après Lembeye, il y a cette descente que, même dans mes meilleurs jours, je n'arrive pas à aborder complètement relâché. Lorsque je suis revenu de Lectoure où j'étais allé essayer la très séduisante Moto Guzzi V 85 TT, j'ai tout de suite vu que tout était plus facile au guidon de la CB 500 X; je n'avais pas la retenue habituelle, je laissais la moto prendre de la vitesse, l'inscrivait avec autorité dans les courbes, quitte à freiner si celle-ci se refermait et cela sans aucune appréhension.

Avec ma nouvelle moto, j'ai ce sentiment de pouvoir enchaîner des successions de virages sous contrôle total de ma part. La Transalp faisait cela très bien mais la CB 500 X a haussé le niveau. Elle permet encore plus l'improvisation, accepte avec plus de facilité d'alterner les virages gauche-droite. L'impression de sécurité s'en trouve grandie et c'est très confortable pour le pilote. J'ai noté que les débattements plus faibles de ma nouvelle monture n'avaient pas d'incidence sur les portions de route accidentées. Bien sûr, dans de telles conditions, les inégalités sont un peu moins absorbées, mais dans des limites raisonnables. L'amortissement reste bon et c'est d'ailleurs ce domaine dans lequel la moto a le plus progressé et c'est entre autre ce qui m'a convaincu d'acquérir cette CB 500 X. Sur l'ancien modèle, c'était franchement plus ferme.

A cela s'ajoute une faculté à freiner en virage sans réaction parasite de la moto. Au final, cela donne un comportement routier de haut niveau sur les routes sinueuses que j'aime fréquenter. Je tire quand même mon chapeau à la Transalp 600 dont la conception remonte à plus de trente ans et qui est loin d'être larguée par la jeunette. Elle s'incline mais avec les honneurs, preuve de la justesse de sa conception générale. Ce n'est pas un hasard si elle a pu traverser les années (jusqu'en 1999) avec juste quelques modifications mineures.

En ce qui concerne le freinage, il est plus réactif sur la CB 500 X donnant ainsi une plus grande sensation de sécurité, d'autant que la plongée de la fourche est beaucoup moins forte que sur la Transalp. Et il y a bien sûr l'ABS comme garde-fou dans les cas d'urgence sur sols glissants.

La grande soeur se rattrape quand on s'intéresse aux aspects pratiques: garde-boue avant très protecteur, sabot enveloppant, larges pare-mains très efficaces pour dévier le vent et les gouttes d'eau quand il pleut, selle spacieuse, repose-pieds du passager bas. Pour la CB 500 X, c'est moins bien; je vais devoir installer des pare-mains et un sabot de protection, j'envisage aussi l'achat d'un prolongateur de garde-boue. J'ai également trouvé des soufflets de fourche (provenant d'une Royal Enfield Himalayan pour faire plus Transalp (!), mais surtout pour protéger les joints spis de fourche.

Au niveau de la robustesse, la Transalp a fait ses preuves, elle est exceptionnelle.Quand je pense à ce que j'ai fait subir à mes motos, je reste admiratif devant un tel degré de solidité. La CB 500X a une très bonne réputation. Je n'ai plus qu'à accumuler les kilomètres avec elle pour me faire une idée plus précise.

Enfin, il est clair que la Transalp emporte haut la main la manche dédiée au tout-terrain. Je ne l'ai pas beaucoup utilisée dans de telles conditions, sauf en 1996, et elle avait montré de véritables prédispositions aux pistes marocaines.

 

 

 

Quelle est la gagnante de ce comparatif? Je les mets à égalité car aussi bien l'une que l'autre génère beaucoup de bonheur à la conduite.

 

 

 

 


 

 

 

 

 Jeudi 9 mai 2019. Pas de travail aujourd'hui. C'est journée de grève que j'ai légèrement transformée. Plutôt que de défiler dans les rues, j'ai décidé de rouler sur les routes; c'est un nouveau concept! Et même si cela n'apporte pas plus au niveau des résultats, je peux garantir que le taux de plaisir est nettement plus élevé!

Pour commencer, je rejoins Bagnères de Bigorre par les petites routes, celles qui tournent; c'est l'apéritif et il est déjà très bon.

Ensuite, c'est un excellent plat de résistance que j'entame, en laissant le pilote monter en température. La température est douce, le soleil joue à cache-cache avec quelques nuages, ici et là. La montée vers la Hourquette d'Ancizan est un régal. Il n'y a que moi et la nature s'offrant à mon regard.

 

 

 

Puis, j'ai droit à une belle descente avec la vallée au loin.

 

Peyresourde est avalé en trois coups de gaz tant cette CB 500 X excelle dans l'exercice des virages à n'en plus finir. Elle semble n'être jamais rassasiée de virevolter à gauche et à droite. Le col du Portillon impose ses nombreuses épingles à cheveux serrées et des portions parfois mouillées mais il en faut plus pour nous déstabiliser. C'est dans ces moments-là que j'apprécie la légèreté de ma moto qui répond au doigt et à l'oeil devant les pièges de la route qui se révèlent au dernier moment. Je fais demi-tour juste avant l'entrée en Espagne.

 

 

De nouveau la montée du col de Peyresourde. Le moteur "pédale" bien sans qu'il soit nécessaire de monter les régimes. J'ai trouvé le rythme que j'aime tant, celui dans lequel tout s'enchaîne naturellement sans avoir besoin de forcer inutilement. La descente sur un revêtement parfait m'incite à augmenter la cadence. A plusieurs reprises, je me dis qu'il faudrait m'arrêter pour manger un peu mais l'envie de rouler est la plus forte. 

Arreau. J'entame la montée du col d'Aspin sur le versant le plus sympa pour un motard (un peu moins pour le cycliste vu sa longueur!). Ma confiance grandit et j'inscris la moto avec délectation dans les virages serrés. Sa partie cycle est vraiment excellente. 

Par chance, le col du Tourmalet vient d'être ouvert et, après avoir brièvement hésité à m'arrêter à l'auberge de Sainte Marie de Campan, je prends la direction de La Mongie. Après Artigues, le dénivelé devient important mais le bicylindre ne rechigne pas à la tâche et il confirme ses bonnes dispositions malgré ses "seulement" 47,5 chevaux.

 

Descente sur Barèges, je note avec plaisir que l'ordinateur de bord annonce une consommation mesurée. Elle augmente modérément dans les montées et diminue sensiblement dans les descentes.

A Luz Saint Sauveur, il y a un groupe de motos près des restaurants mais je continue ma route. 

Argelès Gazost. Allez! Un dernier petit col avant de rentrer à la maison. Cela fait six heures que je roule et je choisis ce moment pour en "rajouter" au niveau du rythme. C'est bien le signe d'une moto reposante. Sa facilité de conduite préserve mon corps et je suis encore très lucide pour enquiller les derniers kilomètres avant le sommet en mode "sportif" (je mets des guillemets pour éviter de me faire moquer par des amis motards proches!).

Arbéost. Ferrières. La route est sinueuse et je continue ma moisson de passages de vitesses. Cela se fait si rapidement et si facilement sur cette CB 500 X; ce serait dommage de s'en priver!

Je retrouve la plaine de Nay et je me laisse glisser jusqu'à Pau en respectant les limitations de vitesse (enfin, presque, celles d'avant, à 90 km/h).

Avant d'arriver à la maison, je m'arrête à la station d'essence. J'aimerais vérifier l'exactitude de l'ordinateur de bord qui m'indique une consommation moyenne très basse de 2,8 litres. Je rajoute 8,08 litres pour 286,1 kilomètres parcourus depuis le dernier plein effectué tout à l'heure à Bagnères de Bigorre, soit 2,82 litres aux 100! J'ai le sentiment que le vent m'a été favorable dans certaines montées où je sentais un moteur particulièrement vivace et je n'ai pas explosé les chronos mais il y a eu quand même sept ascensions au programme! Ce moteur m'épate! Il m'a comblé pendant ces 365 kilomètres montagneux.

Pour ceux qui ne me trouvent pas assez objectif, qu'ils sachent que j'ai rencontré un possesseur de CB 500 X, lundi soir. Il a passé la nuit à la maison alors qu'il revenait d'un voyage au Portugal, une excellente manière de la roder. Nous avons discuté de sa moto et il en est aussi ravi que moi. Et comme il est à la retraite, il a du temps pour voyager. Sa moto a dépassé les 7000 kilomètres et je pense que ce n'est qu'un début. Bons futurs voyages, Jan-Jac!

 

 


 

 

 

 

 

Une étude récente effectuée par des chercheurs américains a démontré ce que je ressens depuis de très nombreuses années; pratiquer la moto, c'est bon pour la santé. Ainsi ,faire de la moto augmente les niveaux de battements cardiaques et de production d'adrénaline, et réduit ceux de cortisone : exactement comme quand on fait un exercice physique léger. Sur une durée de 20 minutes de roulage, le rythme cardiaque augmente en moyenne de 11 % et les niveaux d'adrénaline de 27 %. Faire de la moto réduit les biomarqueurs hormonaux du stress de 28 %. Faire de la moto augmente l'acuité des sens. Faire de la moto augmente le niveau d'alerte du cerveau, exactement comme si l'on absorbait une dose de caféine.

Voilà une étude très intéressante qui ne peut que m'encourager à rouler encore plus au guidon de ma moto!

C'est donc ce que j'ai fait ce mardi 21 mai 2019,  nouvelle journée de grève dans la fonction publique pour protester contre la destruction programmée de notre Administration. Rien de tel qu'une journée de route pour oublier les contrariétés causées par mon ministère!

Je sors la moto du garage. C'est lors de cette opération que je loue la facilité de maniement de ma Honda. Pas trop lourde, pas trop haute, aisée à maintenir avec le large guidon.

C'est parti. On commence à bien se connaître, tous les deux. J'apprécie ses qualités et je sais maintenant anticiper ses quelques défauts. C'est en fait dans la circulation citadine que je la sens la moins à son avantage. Pas parce qu'elle n'est pas maniable, au contraire elle se faufile avec aisance dans la circulation. Mais, habitué à l'onctuosité totale de ma Transalp, j'ai dû me faire au caractère un peu plus "rugueux" du bicylindre en ligne. C'est surtout à basse vitesse que je sens le plus ce manque de rondeur. Peu à peu, j'ai adapté ma manière de conduire à cette caractéristique. Heureusement, la conduite en ville n'est qu'exceptionnelle pour moi. Le vélo est mon moyen de transport bien plus adapté. Bien sûr, le moteur n'est pas caractériel comme peut l'être un gros bicylindre supportant mal les bas régimes. Et je reconnais être très sensible à la douceur mécanique.

Par contre, dès que l'on s'éloigne des rues de la ville, tout baigne. La moto se révèle excellente, d'une grande homogénéité. A son guidon , je me sens bien, prêt à affronter les kilomètres, comme ce mardi ensoleillé. 

Après une trentaine de kilomètres à faire monter en température la moto et son pilote, je fais le plein. La réserve s'est allumée à 440 kilomètres et j'apprécie cette autonomie confortable. 3,17 litres aux 100, la moto confirme une nouvelle fois sa sobriété.

Les Pyrénées, majestueuses, sous un beau soleil matinal, semblent m'inviter alors que je me dirige vers Laruns. La route commence à s'élever. Il y a peu de circulation et je hausse le rythme au fur et à mesure que j'enchaîne les nombreux virages. C'est un peu ma manière de conduire, une montée progressive de la cadence. Les freins répondent présent mais je les sollicite en fait assez peu; je préfère nettement un bon tempo dénué de toute brutalité dans le pilotage. En outre, le bicylindre possède un bon frein moteur. Au fil de la montée, l'horizon s'élargit et je quitte la partie encore ombragée. Je rattrape un Suisse et son Africa Twin 1000.

 

Nous attaquons la descente du col du Portalet ensemble et c'est l'occasion de constater que nos trajectoires sont très différentes. Ma moto agile me permet de plonger à la corde alors que le motard devant moi semble plus à la peine dans les virages les plus serrés. Le résultat de 45 kilos de différence (c'est un modèle DCT) et d'un plus gros gabarit.

 

 

J'abandonne mon compagnon de route car j'ai repéré une petite route à l'aspect sympathique qui m'amène dans un petit village espagnol niché dans la montagne.

 

A Biescas, je prends la direction de Broto et je retrouve avec grand plaisir un tronçon désert, une route sinueuse à souhait et un revêtement accrocheur, des conditions idéales pour ma 500. Dans cet environnement, elle est comme un poisson dans l'eau et je ne me lasse pas de jouer avec le sélecteur de vitesses doux et précis, de basculer de droite à gauche la moto, d'écouter le bicylindre chanter sa joie dans un beau vrombissement.

Je m'engage dans un chemin et parcours quelques kilomètres. Tant que le terrain n'est pas trop accidenté, la moto passe sans mal et la position de conduite est plutôt bonne debout, même si je souhaiterais alors un guidon un peu plus haut. Mais, quand ça devient plus cassant, on touche alors les limites de la moto. Je m'en doutais mais c'est mieux de faire le test; la Transalp 600 épousait les obstacles avec  la douceur, voire la mollesse de ses suspensions à grands débattements. Ce n'est pas tout à fait la même chose avec la CB 500 X, d'autant qu'il n'y a aucun sabot de protection ( j'ai hâte que SW Motech sorte le sien).

Je retrouve donc avec grand plaisir son terrain de prédilection, les routes bitumées et sinueuses.

 

 

Peu après, le Mont Perdu me fait de l'œil et j'emprunte la route de la vallée d'Ordessa, très défoncée dans les derniers kilomètres, ce qui me permet de constater une nouvelle fois les progrès dans le domaine des suspensions par rapport à l'ancien modèle.  L'amortisseur manque toutefois de retenue hydraulique mais il n'y a plus la fermeté excessive que j'avais notée en 2013 .... ou sur ma fugitive Transalp 700.

 

 

 

J'arrive à Aïnsa, puis je rentre en France par le tunnel de Bielsa-Argnouet. Dans la descente parfois raide, la moto s'inscrit toujours aussi facilement dans les virages les plus serrés. C'est vraiment une de ses plus belles qualités, cette faculté à se laisser mener sans aucun effort. La partie cycle de la moto est excellente et reposante car elle est associée à une position de conduite naturelle et des suspensions prévenantes. Cela fait plusieurs fois que je "m'offre" des  journées entières de roulage et je note à chaque fois ce haut niveau de confort. Ce dernier est conforté par un poids réduit qui génère un relâchement de celui qui est au guidon. Les demi-tours se font sans y penser, mettre la moto sur sa béquille s'opère sans effort. La moto ne génère aucune  tension car on se sent maître à bord et c'est notamment cela  qui la rend si confortable.

 

 

Plus je roule avec ma CB 500 X et moins les gros trails m'attirent. Je me faisais cette réflexion tout à l'heure en suivant avec facilité la belle Africa Twin que je sentais plus résistante dans le sinueux. Pour ceux qui, comme moi, ne sont pas demandeurs de puissance, l'équilibre d'une petite 500 cm3 peut être une bonne alternative. Personnellement, elle me satisfait totalement. Bien sûr, elle n'a pas le couple généreux et si agréable de la NCX 750, ni sa boîte DCT géniale mais je le savais en l'achetant. Elle offre en contrepartie ce poids réduit et cette agilité phénoménale qui me donne le sourire à chaque instant sur les routes de montagne ou de campagne.  Cela fait maintenant 4300 kilomètres que je roule avec cette moto et je n'ai pas le souvenir de la moindre chaleur à son guidon malgré  des conditions de route propices à ce type de situation (routes étroites, sinueuses avec beaucoup de dénivelés et des changements de revêtements permanents). Elle met en confiance et accepte sans sourciller une conduite débridée.

D'ailleurs, j'ai complètement oublié mon moral en berne et mes douleurs musculaires de ce matin, ce qui confirme l'exactitude de l'étude américaine sur le lien entre la moto et la santé. Rien de tel qu'un bon exercice pratique pour vérifier le bien fondé d'une étude....

Une dernière montée (celle du col d'Aspin) achève sur une note positive ma journée montagnarde. J'alterne les moments de quiétude à jouir des superbes paysages et ceux un peu plus "enlevés".

 

Le retour à la maison s'effectue en évitant les grands axes car j'ai envie de profiter jusqu'au bout de ces petites routes humaines et si charmeuses.

 

Le deuxième plein de la journée confirme l'indication de l'ordinateur de bord: 10,43 litres consommés en 386,3 kilomètres, soit 2,86 litres aux 100! C'est la deuxième fois que je descends sous les 3 litres, et là encore après une étape montagneuse, ce qui prouve le très bon rendement de ce moteur.

J'arrive à la maison en pleine forme après ces sept heures de route. J'ai juste un petit regret, ne pas avoir la possibilité actuellement d'une virée de plusieurs jours. Rien de tel pour rentrer un peu plus dans l'intimité de la moto. C'est dans ce genre de situation qu'elle se révèle entièrement. Euréka! Je viens de trouver une excellente excuse pour organiser un petit voyage que je pourrais intituler "Approfondissement de la connaissance de la Honda CB 500 X"....