Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Huitième partie: Honda CB 500 X, ma petite Africa Twin - Premier bilan des 10 000 kilomètres

 

 

 

 

Dimanche 1er septembre 2019. Un ami espagnol est venu nous voir hier. Il reprend la route aujourd'hui et l'envie est trop forte de l'accompagner jusqu'à la frontière; ça lui évitera d'avoir à programmer son GPS (oui, je sais, l'excuse n'est pas très bonne!) et je ne suis pas contre une petite virée en sa compagnie. Je lui fait découvrir les beautés de notre région. Nous arrivons à Saint Jean Pied de Port. Plus que 30 kilomètres jusqu'à Roncesvalles mais pas les moins intéressants. Un revêtement de rêve, des virages à n'en plus finir et d'une variété infinie, peu de circulation, c'est  une portion de route sur laquelle je n'ai pas encore réussi à rouler à un rythme paisible. Il y a une invitation à pencher plus que de coutume; une fois de plus je n'y résiste pas. Ma petite CB 500 X adore ce type de terrain très sinueux. Le compte tours oscille entre 4 et 6000 tours/minute; pas besoin de grimper plus haut, il tracte suffisamment dans cette plage de régime. Comme toujours, le plaisir est au rendez-vous.

Derrière, je vois que la BMW F 800 GT de mon ami a plus de mal à s'inscrire dans les virages serrés. Le trail est vraiment dans son élément et une routière, avec ses pneus plus larges, sa longueur supérieure et sa géométrie de partie-cycle semble moins à la fête. Cela me rappelle le comparatif de Moto Journal, il y a de nombreuses années entre la Transalp 600 et la 650 Deauville. Cette dernière nécessitait un effort de tous les instants pour s'accrocher à sa petite sœur qui virevoltait avec facilité sur les routes sinueuses.

Je laisse Santi rejoindre la région des Asturies et rentre à la maison non sans avoir fait un petit détour par le col d'Iraty. Je n'ai pas pu résister!

 

J'arrive à la maison. Le compteur indique .... 10000 km, pile!

 

J'y vois comme un signe, l'occasion de faire un premier bilan après cinq mois de vie commune.

Il est bien sûr positif mais, la moto, comme l'homme d'ailleurs, n'est pas parfaite et ma Honda ne fait pas exception à la règle.  Je vais donc commencer par les défauts.

Rayon de braquage. J'ai été sûrement mal habitué avec mes Transalp qui étaient parfaites sur ce point. Avec ma petite dernière, je souhaiterais, parfois, pouvoir braquer plus court. Heureusement, la moto est plutôt légère et facile à manier.

Embrayage. Ce dernier est d'une douceur exquise mais, je regrette parfois de ne pas sentir comme c'était le cas sur mes motos précédentes, le point d'accroche, de patinage. J'aime être précis dans ma conduite et le dosage de l'embrayage participe à mon plaisir. Pour l'instant, je n'ai pas développé assez de sensibilité dans les doigts de la main gauche pour ressentir avec une extrême précision le dosage de ce levier si doux au toucher. Cela reste cependant du domaine des sensations et n'empêche nullement un passage des vitesses doux et ultra-rapide.

Adepte des mécaniques discrètes, j'aimerais que s'échappe du pot d'échappement le bruit si feutré de la NCX 750 que j'adore. Je roule systématiquement avec des bouchons d'oreilles et le bruit arrive atténué mais je souhaiterais un peu plus de discrétion.

Amortisseur. Même si ce dernier a notablement évolué comparé à l'ancien modèle, je lui reproche certaines réactions un peu vives, notamment sur les ralentisseurs que j'aborde en position debout. C'est globalement un manque de retenue hydraulique que je ressens à la détente dans quelques rares situations avec une route bien défoncée où je ne rends pas trop la main. Il faut ajouter que, dans la grande majorité des cas, l'amortisseur fait très bien son boulot mais puisque on est dans la partie critique .... je critique!

Repose-pieds passagers. Je les trouve un peu hauts. Je roule quasiment qu'en solo mais Jan-Jac, un autre possesseur de cette machine, m'a confirmé le défaut. Il a rabaissé les repose-pieds.

 

 

Au rayon des qualités, il n'y a a pas pénurie....

En premier lieu, la partie-cycle d'un rare équilibre. Elle donne une sérénité totale à celui qui officie au guidon, elle réagit au quart de tour, sans violence, sans trop de vivacité. Et elle peut être jouissive quand on se met à hausser le rythme en donnant l'impression que l'on a une maîtrise totale de son environnement. C'est vraiment le point fort de cette moto. J'ai d'ailleurs rattrapé (et rapidement doublé!) un motard au guidon de sa Triumph Tiger 1200 sur la route piégeuse et mouillée qui descendait sur Larrau. Cela m'a confirmé une chose: un gros trail, aussi moderne soit-il avec toutes les assistances électroniques possibles, reste une moto pesante qui trouve ses limites sur de tels terrains. Je ne regrette vraiment pas mon achat.

Le moteur, quant à lui, n'est pas en reste. Bien sûr, ce n'est qu'un 500 cm3 et limité aux 47,5 chevaux légaux (destiné aux nouveaux permis). Mais, il possède de nombreuses qualités avec un couple sympathique, et notamment un apport très sensible à 4000 tours/minute. Il offre également de belles envolées vers le haut du compte-tours, même si, pour ma part, je me limite naturellement à 6000 tours/minute. Il présente également une souplesse agréable au quotidien mais (je suis, je le reconnais très exigeant sur ce point) j'aurais aimé encore plus de souplesse à très bas régime.

Il y a aussi ce côté un peu "rapeux" qui m'a un peu gêné. Comparée à mes Transalp, pour imager mes propos, il y en a une qui se racle la gorge avant de parler pendant que l'on entend juste la respiration de l'autre. Un pignon de 16 dents plus tard, j'ai complètement adhéré au comportement adouci de ma petite CB 500 X. C'était la modification qu'il me fallait.

Cerise sur le gâteau, il est très sobre (13,18 litres pour 449,7 km parcourus lors de mon dernier plein d'hier, soit 2,93 litres/100!). Cela donne une autonomie confortable de plus de 500 km, autant que les gros trails et leur énorme réservoir. Sur la CB 500 X, il fait juste 17,7 litres.

Confort. C'est une des grandes qualités de la moto. Avec des suspensions prévenantes, une position de conduite naturelle, un pare-brise (réglable) qui est un bon rempart contre le vent, une douceur générale des commandes, un poids mesuré, une maniabilité excellente, le résultat donne une moto peu fatigante. Niveau selle, je ne me plains pas mais je sais que j'ai un fessier tanné par des dizaines d'années sur la route et certains peuvent ne pas avoir le même avis. Seul petit bémol, c'est un niveau de vibrations qui tend à augmenter, mais heureusement à des régimes que je côtoie peu (vers 6000 tours/minute). En outre, avec l'installation du pignon de 16 dents, le régime a baissé d'environ 400 tours/minute pour la même vitesse et cela va dans le sens d'un meilleur confort.     

Le freinage ne paie pas de mine avec son simple disque mais il répond présent quand on a besoin de lui. En 10 000 km, je n'ai eu que deux freinages "réflexe" mais ils m'ont rassuré sur leur puissance. Une caractéristique qui rajoute de la sérénité au conducteur.

Tableau de bord. Cela fait des années que suis réfractaire aux tableaux de bord numériques (il faut dire que les précédents de la gamme Honda n'étaient pas terribles). Mais j'aime bien celui de la CB 500 X modèle 2019. Il est simple, lisible avec un sympathique compte-tours circulaire (et un rappel en chiffre du régime en bas à droite ); il donne suffisamment d'informations (double totalisateur, montre, consommation moyenne qui se transforme en litrage consommé et kilométrage parcouru quand la moto tombe en réserve. Il se pare d'une jolie teinte bleutée quand la lumière du jour diminue. 

Au delà de toutes ces qualités objectives, il y a ce sentiment d'avoir fait le bon choix en étant au guidon d'une moto accessible. Une électronique basique, aucune assistance électronique, une commande de gaz par câble, pas de suspensions pilotées. Cette simplicité me rassure, à une époque où les motos deviennent de plus en plus inutilement équipées. Il y a ainsi une sorte de continuité avec mes Transalp et cela me convient tout à fait!

Enfin, au niveau de l'équipement, il y en a un qui n'apparait pas dans la fiche technique de la moto et qui est pourtant bien présent. Cette petite Honda possède un .... diffuseur de bonheur.    

 

PS: dernier plein le 11 septembre: début de réserve après 491 kilomètres! 14,08 litres à remettre dans le réservoir soit 2,86 litres/100!