Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Huitième partie: Honda CB 500 X, ma petite Africa Twin - Les effets de la moto sur la santé (étude et exercice pratique!)

 

 

 

 

 

Une étude récente effectuée par des chercheurs américains a démontré ce que je ressens depuis de très nombreuses années; pratiquer la moto, c'est bon pour la santé. Ainsi ,faire de la moto augmente les niveaux de battements cardiaques et de production d'adrénaline, et réduit ceux de cortisone : exactement comme quand on fait un exercice physique léger. Sur une durée de 20 minutes de roulage, le rythme cardiaque augmente en moyenne de 11 % et les niveaux d'adrénaline de 27 %. Faire de la moto réduit les biomarqueurs hormonaux du stress de 28 %. Faire de la moto augmente l'acuité des sens. Faire de la moto augmente le niveau d'alerte du cerveau, exactement comme si l'on absorbait une dose de caféine.

Voilà une étude très intéressante qui ne peut que m'encourager à rouler encore plus au guidon de ma moto!

C'est donc ce que j'ai fait ce mardi 21 mai 2019,  nouvelle journée de grève dans la fonction publique pour protester contre la destruction programmée de notre Administration. Rien de tel qu'une journée de route pour oublier les contrariétés causées par mon ministère!

Je sors la moto du garage. C'est lors de cette opération que je loue la facilité de maniement de ma Honda. Pas trop lourde, pas trop haute, aisée à maintenir avec le large guidon.

C'est parti. On commence à bien se connaître, tous les deux. J'apprécie ses qualités et je sais maintenant anticiper ses quelques défauts. C'est en fait dans la circulation citadine que je la sens la moins à son avantage. Pas parce qu'elle n'est pas maniable, au contraire elle se faufile avec aisance dans la circulation. Mais, habitué à l'onctuosité totale de ma Transalp, j'ai dû me faire au caractère un peu plus "rugueux" du bicylindre en ligne. C'est surtout à basse vitesse que je sens le plus ce manque de rondeur. Peu à peu, j'ai adapté ma manière de conduire à cette caractéristique. Heureusement, la conduite en ville n'est qu'exceptionnelle pour moi. Le vélo est mon moyen de transport bien plus adapté. Bien sûr, le moteur n'est pas caractériel comme peut l'être un gros bicylindre supportant mal les bas régimes. Et je reconnais être très sensible à la douceur mécanique.

Par contre, dès que l'on s'éloigne des rues de la ville, tout baigne. La moto se révèle excellente, d'une grande homogénéité. A son guidon , je me sens bien, prêt à affronter les kilomètres, comme ce mardi ensoleillé. 

Après une trentaine de kilomètres à faire monter en température la moto et son pilote, je fais le plein. La réserve s'est allumée à 440 kilomètres et j'apprécie cette autonomie confortable. 3,17 litres aux 100, la moto confirme une nouvelle fois sa sobriété.

Les Pyrénées, majestueuses, sous un beau soleil matinal, semblent m'inviter alors que je me dirige vers Laruns. La route commence à s'élever. Il y a peu de circulation et je hausse le rythme au fur et à mesure que j'enchaîne les nombreux virages. C'est un peu ma manière de conduire, une montée progressive de la cadence. Les freins répondent présent mais je les sollicite en fait assez peu; je préfère nettement un bon tempo dénué de toute brutalité dans le pilotage. En outre, le bicylindre possède un bon frein moteur. Au fil de la montée, l'horizon s'élargit et je quitte la partie encore ombragée. Je rattrape un Suisse et son Africa Twin 1000.

 

Nous attaquons la descente du col du Portalet ensemble et c'est l'occasion de constater que nos trajectoires sont très différentes. Ma moto agile me permet de plonger à la corde alors que le motard devant moi semble plus à la peine dans les virages les plus serrés. Le résultat de 45 kilos de différence (c'est un modèle DCT) et d'un plus gros gabarit.

 

 

J'abandonne mon compagnon de route car j'ai repéré une petite route à l'aspect sympathique qui m'amène dans un petit village espagnol niché dans la montagne.

 

A Biescas, je prends la direction de Broto et je retrouve avec grand plaisir un tronçon désert, une route sinueuse à souhait et un revêtement accrocheur, des conditions idéales pour ma 500. Dans cet environnement, elle est comme un poisson dans l'eau et je ne me lasse pas de jouer avec le sélecteur de vitesses doux et précis, de basculer de droite à gauche la moto, d'écouter le bicylindre chanter sa joie dans un beau vrombissement.

Je m'engage dans un chemin et parcours quelques kilomètres. Tant que le terrain n'est pas trop accidenté, la moto passe sans mal et la position de conduite est plutôt bonne debout, même si je souhaiterais alors un guidon un peu plus haut. Mais, quand ça devient plus cassant, on touche alors les limites de la moto. Je m'en doutais mais c'est mieux de faire le test; la Transalp 600 épousait les obstacles avec  la douceur, voire la mollesse de ses suspensions à grands débattements. Ce n'est pas tout à fait la même chose avec la CB 500 X, d'autant qu'il n'y a aucun sabot de protection ( j'ai hâte que SW Motech sorte le sien).

Je retrouve donc avec grand plaisir son terrain de prédilection, les routes bitumées et sinueuses.

 

 

Peu après, le Mont Perdu me fait de l'œil et j'emprunte la route de la vallée d'Ordessa, très défoncée dans les derniers kilomètres, ce qui me permet de constater une nouvelle fois les progrès dans le domaine des suspensions par rapport à l'ancien modèle.  L'amortisseur manque toutefois de retenue hydraulique mais il n'y a plus la fermeté excessive que j'avais notée en 2013 .... ou sur ma fugitive Transalp 700.

 

 

 

J'arrive à Aïnsa, puis je rentre en France par le tunnel de Bielsa-Argnouet. Dans la descente parfois raide, la moto s'inscrit toujours aussi facilement dans les virages les plus serrés. C'est vraiment une de ses plus belles qualités, cette faculté à se laisser mener sans aucun effort. La partie cycle de la moto est excellente et reposante car elle est associée à une position de conduite naturelle et des suspensions prévenantes. Cela fait plusieurs fois que je "m'offre" des  journées entières de roulage et je note à chaque fois ce haut niveau de confort. Ce dernier est conforté par un poids réduit qui génère un relâchement de celui qui est au guidon. Les demi-tours se font sans y penser, mettre la moto sur sa béquille s'opère sans effort. La moto ne génère aucune  tension car on se sent maître à bord et c'est notamment cela  qui la rend si confortable.

 

 

Plus je roule avec ma CB 500 X et moins les gros trails m'attirent. Je me faisais cette réflexion tout à l'heure en suivant avec facilité la belle Africa Twin que je sentais plus résistante dans le sinueux. Pour ceux qui, comme moi, ne sont pas demandeurs de puissance, l'équilibre d'une petite 500 cm3 peut être une bonne alternative. Personnellement, elle me satisfait totalement. Bien sûr, elle n'a pas le couple généreux et si agréable de la NCX 750, ni sa boîte DCT géniale mais je le savais en l'achetant. Elle offre en contrepartie ce poids réduit et cette agilité phénoménale qui me donne le sourire à chaque instant sur les routes de montagne ou de campagne.  Cela fait maintenant 4300 kilomètres que je roule avec cette moto et je n'ai pas le souvenir de la moindre chaleur à son guidon malgré  des conditions de route propices à ce type de situation (routes étroites, sinueuses avec beaucoup de dénivelés et des changements de revêtements permanents). Elle met en confiance et accepte sans sourciller une conduite débridée.

D'ailleurs, j'ai complètement oublié mon moral en berne et mes douleurs musculaires de ce matin, ce qui confirme l'exactitude de l'étude américaine sur le lien entre la moto et la santé. Rien de tel qu'un bon exercice pratique pour vérifier le bien fondé d'une étude....

Une dernière montée (celle du col d'Aspin) achève sur une note positive ma journée montagnarde. J'alterne les moments de quiétude à jouir des superbes paysages et ceux un peu plus "enlevés".

 

Le retour à la maison s'effectue en évitant les grands axes car j'ai envie de profiter jusqu'au bout de ces petites routes humaines et si charmeuses.

 

Le deuxième plein de la journée confirme l'indication de l'ordinateur de bord: 10,43 litres consommés en 386,3 kilomètres, soit 2,86 litres aux 100! C'est la deuxième fois que je descends sous les 3 litres, et là encore après une étape montagneuse, ce qui prouve le très bon rendement de ce moteur.

J'arrive à la maison en pleine forme après ces sept heures de route. J'ai juste un petit regret, ne pas avoir la possibilité actuellement d'une virée de plusieurs jours. Rien de tel pour rentrer un peu plus dans l'intimité de la moto. C'est dans ce genre de situation qu'elle se révèle entièrement. Euréka! Je viens de trouver une excellente excuse pour organiser un petit voyage que je pourrais intituler "Approfondissement de la connaissance de la Honda CB 500 X"....