Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Huitième partie: Honda CB 500 X, ma petite Africa Twin - Le rodage se poursuit

 

 

 

Vendredi 12 avril 2019. Je quitte Tarbes. La nuit est tombée. Il règne une douceur qui donne envie de rouler. Je sors de la ville, il n'y plus d'éclairage public. Je constate avec satisfaction que le pinceau lumineux diffusé par mon phare est efficace. Quel changement par rapport à ma Transalp 600! C'est aussi une nette amélioration en comparaison avec le phare de la Transalp 700. Nul besoin d'être en plein phare, le code remplit déjà très bien son office.

Dans l'obscurité qui s'installe, mes sens sont exacerbés et je sens poindre une douce harmonie. Je ne suis plus en train d'apprécier les qualités objectives de ma moto, je me sens tout simplement bien, protégé par le pare-brise, percevant l'environnement revêtu de son manteau nocturne. Je commence à m'attacher à ma petite Honda. Le tableau de bord lumineux me donne les informations nécessaires. Je navigue entre 100 et 110 kilomètres/heure. Heureux. J'arrive bien trop vite à Pau, j'aurais envie de continuer ma route en cette nuit si douce.

Samedi, j'emmène ma moto voir une de ses copines. Pas jalouse pour un sou, elle me laisse aller faire un tour avec elle. Au retour, alors que je me dirige vers le centre ville, je la sens toute fière de me montrer ses qualités de citadine. Elle se faufile dans un trou de souris, fait un demi-tour dans un mouchoir de poche et se gare avec facilité dans un recoin de trottoir. Ses petites dimensions, son poids mesuré et son équilibre naturel sont un régal pour une utilisation en ville. Même si mon véhicule citadin est le vélo, je trouve très agréable d'avoir une monture aussi facile à conduire. Tout se fait naturellement à son guidon.

Le dimanche après-midi de disponible est l'occasion de "parfaire" le rodage, c'est du moins l'excuse que je donne pour quitter la maison! Les 1500 kilomètres sont dépassés et je m'autorise quelques dépassements plus volontaires pour tester et libérer le bicylindre. Il répond bien et me permet d'avaler les voitures moins rapides en restant en sixième. Nul besoin de rétrograder, le couple du moteur est largement suffisant. Sur le chemin du retour, je me dis qu'un détour par le col du Soulor s'impose. J'ai de la chance, il pluviote, cela va être l'occasion de tester les pneus sur sol mouillé. Bilan positif, aucune amorce de décrochage, et un sentiment de sécurité qui ne se dément pas. Cela avait l'air d'être moins le cas du motard au guidon de sa VFR 1200 que je rattrape sans coup férir. Avant de le dépasser, je perçois beaucoup de tension dans son corps. Sur une route glissante et sinueuse, ce n'est sûrement pas la machine idéale. Quant à moi, je ne regrette vraiment pas mon choix même si mon rythme en constante augmentation a généré une consommation plus élevée. Je vous rassure, cela reste modéré, 14,07 litres pour 419,6 kilomètres parcourus soit 3,35 litres/100. 

Cela fait quinze jours et 1700 kilomètres que je roule sur ma Honda. Il faudrait peut-être que je me calme mais c'est plus fort que moi, j'ai la boulimie des kilomètres avec elle. D'ailleurs, demain, j'ai une journée de RTT et je vais aller rendre visite dans le Gers à une moto qui m'a l'air bien sympathique avec son beau V-twin....