Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Huitième partie: Honda CB 500 X, ma petite Africa Twin - Petite comparaison avec la Honda NCX 750

 

 

 

 

Mercredi 25 septembre 2019. Fin de journée. Je laisse ma Honda chez mon concessionnaire. Elle vient de franchir les 12 000 kilomètres et doit passer en révision. Ce sera également l'occasion d'installer les poignées chauffantes constructeur que j'avais commandées lors de l'achat de la moto il y a bientôt six mois. Mais, il y avait eu un problème de disponibilité heureusement levé car on ne va pas tarder à rentrer dans les jours plus froids.

Sébastien me propose une NCX 750 comme véhicule de prêt. Je suis content de retrouver cette moto dont j'avais envisagé l'achat il y a quelques années. Coup de démarreur, le moteur s'ébroue dans ce bruit feutré que j'aime beaucoup. J'actionne le mode S1 dont je sais qu'il correspond à ma manière de conduire et accélère doucement. Qu'elle est lourde! J'effectue deux cents mètres et fais demi-tour pensant que le pneu avant manque de pression. Je vérifie cela à l'atelier. Non, tout va bien de ce côté.

Nouveau départ avec difficulté pour faire demi-tour dans la cour; le rayon de braquage n'est pas terrible. Je suis interpelé par mes premiers tours de roues. Je trouve la moto pesante dans les rues de Tarbes. Quelle différence comparée à ma CB 500 X! Je sors de la ville. Le duo moteur-boîte DCT me réconcilie avec cette moto; l'ensemble est un petit bijou; ça tracte tout en douceur, les vitesses passent avec rapidité et douceur. Je surveille ma vitesse car je me retrouve sans m'en rendre compte à une allure pas très réglementaire! Le tableau de bord est petit et je m'y perds un peu dans toutes les informations données.

Dans les virages, c'est toujours le même constat, la moto nécessite un certain effort pour la mettre sur l'angle, la différence avec ma moto est flagrante. Je n'avais pas ce souvenir du comportement routier de cette NCX. Est-ce le résultat des années qui passent et d'un corps plus sensible aux efforts? Ou tout simplement le fait que mon corps a intégré la facilité extrême avec laquelle je manie ma nouvelle Honda? Je ne sais pas mais cela me trouble de ne pas me sentir plus à l'aise sur cette moto dont je garde pourtant un excellent souvenir. Aujourd'hui, j'ai le désagréable sentiment qu'elle a pris 30 kg! Dès que j'aborde un virage un peu accentué ou un rond-point, je ressens nettement cette résistance à la mise sur l'angle; je la trouve "lourdaute". Dans les courbes moins prononcées, je retrouve cette stabilité impériale que j'avais louée à l'époque.

Jeudi, je ramène la moto. Comparée à ma moto, cette NCX réagit plutôt sèchement sur les inégalités de la route. Je me souviens pourtant que, lors de mon premier essai, je reprochais au contraire à la CB 500 X de suspensions trop dures ("Par contre, il se confirme la relative fermeté de l'amortisseur sur les revêtements fripés que je rencontre; la NCX s'était révélée plus prévenante."). La petite Honda a bien progressé dans ce domaine et sa grande sœur est restée au même niveau. La position de conduite me convient moins avec un guidon un peu bas ( je suis vraiment un adepte des positions caractéristiques des trails). Heureusement, ce moteur bourré de couple me rend le sourire. Il est toujours aussi discret mais quelle efficacité! 

Tarbes. Je récupère ma petite Honda. Au premier virage, j'ai dû la retenir car j'avais l'impression qu'elle tombait! Oui, la différence entre les deux motos est impressionnante. La CB 500 X est un véritable vélo à côté de la NCX.

Cette redécouverte de la NCX fut une expérience intéressante même si je reconnais avoir été déçu. Je ne m'attendais pas à un tel ressenti de ma part alors que j'avais adoré cette moto essayée à quatre reprises sur des longs parcours. En même temps, cela a mis en valeur les très grandes qualités de ma CB 500 X dont je ne doutais pas mais qui me paraissent encore plus évidentes. Honda a vraiment fait fort avec cette moto et il est réjouissant de constater que l'on peut acquérir une excellente moto à un prix modéré. Bravo au constructeur d'avoir conçu une moto aussi homogène. Plus je roule avec et plus je l'aime.

 

 

Mercredi 23 octobre 2019.

Je me suis réconcilié avec la NCX 750 ! Je dois reconnaître que mes retrouvailles avec cette moto m’avaient chagriné. Je n’avais pas retrouvé celle avec laquelle j’avais passé de si beaux moments sur les routes pyrénéennes.

Hier, j’ai de nouveau eu l’occasion de rouler avec et, cette fois-ci, tout s’est bien passé. Je n’ai plus pensé à ma CB 500 X que je venais de laisser et j’ai juste profité des qualités de cette NCX 750. Je crois également que j’ai cessé de la mener au guidon comme je le fais habituellement avec ma moto. Le train avant plus lourd, la roue de 17 pouces plus large n’aiment pas trop cette manière de faire. J’ai mis plus à contribution mon bassin pour inscrire la moto dans les virages et j’ai retrouvé cette moto facile que j’avais découverte il y a quelques années. Six mois d’utilisation intensive de ma petite 500 avaient imprimé des réflexes de conduite qu’il convenait d’effacer pour apprécier une autre façon de concevoir la moto.

Car elle est atypique, cette NCX. Il y a tout d’abord ce moteur longue course qui fonctionne à des régimes si bas tout en délivrant un couple solide, tout cela dans un bruit feutré que j’adore. Et il est idéalement secondé par une boîte DCT douce, rapide qui assure un travail de haute volée en laissant au conducteur la possibilité d’intervenir à tout moment s’il le désire. On ne peut rêver mieux ! Cet ensemble mécanique hors norme est une réussite totale. Bien sûr, les adeptes des montées en régime interminables passeront leur chemin, mais tous ceux qui, comme moi, adorent cette poussée solide dès les plus bas régimes, se délecteront du bruit sourd qui s’échappe du pot d’échappement alors que les chiffres du compteur s’affolent. Car, sous son air sage, c’est la douce réalité au guidon de cette moto, elle permet une conduite enlevée en toute décontraction, des démarrages « canon »en toute discrétion. J’en ai surpris quelques-uns quand le feu est passé au vert !

Il y a aussi ce coffre, à la place du réservoir, qui m’a bien dépanné hier pour embarquer mes affaires. Une belle idée.

Excuse-moi, petite NCX, de t’avoir si durement critiqué il y a quelques semaines….

Pour autant, Honda serait bien inspiré de la faire évoluer. Un tableau de bord plus grand et plus lisible, une petite perte de poids peut-être. Pour ma part, je verrais bien une évolution dans le sens de la CB 500 X, avec un train avant revu pour plus d’agilité (roue de 19 pouces, pneu plus fin) et de confort (légèrement plus de débattement). La base est excellente, il suffit de la peaufiner.

 

 

 

 

 

Samedi 12 octobre 2019: 13,86 litres pour 442,3 km soit 3,13 litres/100.

Dimanche 20 octobre 2019: 16,10 litres pour 489,3 km soit 3,29 litres/100.