Sortie de mon premier roman : L’araignée et les volets de bois

Yamaha Tracer 7 Y-AMT. L'auto Tracer

 

 J'ai deux souvenirs précis de la gamme Tracer du constructeur japonais.

Un excellent après avoir pu essayer la dernière génération de la Tracer 7 en septembre 2025. J'avais effectivement pu me rendre compte des progrès énormes réalisés par rapport à la première Tracer 700 qui ne m'avait pas laissé une impression très favorable.

Le deuxième est plus mitigé car la journée passée au guidon de la Tracer 9 GT Y-AMT avait révélé une très bonne machine mais aussi une boîte robotisée très perfectible.

 

J'avais donc hâte de vérifier ce que donnait cette nouvelle boîte installée sur la petite soeur de la gamme ayant lu qu'elle paraissait plus adaptée au bicylindre équipant la moto.

Chez Yam 65, le concessionnaire de Tarbes, la Yamaha est disponible à l'essai et Adrien peut nous la prêter une demi-journée. Ces quatre heures devraient être amplement suffisantes pour se faire une idée de la machine.

 

 

Adrien me montre brièvement le mode de fonctionnement de la boîte Y-AMT. Il y a le mode automatique où on laisse la boîte gérer au mieux les choses (mode D) avec un mode D+ qu'il me déconseille vivement! Il y a ensuite le mode manuel où le passage des rapports se fait via une gâchette située sur le commodo gauche.

 

 

Il est temps de prendre la route. J'enfourche la moto et la hauteur de selle est raisonnable (830 mm). Le large guidon me parait idéalement positionné. Il y a un réglage aisé du pare-brise et sa faible taille m'incite à la laisser en position haute.

 

 

 Il ne faut pas longtemps pour savoir si l'on  va se sentir bien sur une moto. Sur cette Tracer 7, il me suffit des quelques mètres pour sortir du parking. Moteur discret, poignée de gaz très douce et stabilité impressionnante de la machine alors que je roule au pas. Je sais avant de m'engager sur la route que j'ai affaire à une moto facile.

 

 

J'ai engagé le mode automatique, celui qui m'avait laissé sur ma faim lors de l'essai de la Tracer 9. Adrien m'a signalé que cette boîte avait besoin d'un rodage pour se montrer sous son meilleur jour. Or ce modèle vient de passer les 1000 kilomètres.

Les quelques kilomètres jusqu'à Juillan m'apportent un début de réponse. Transmission rodée ou mieux adaptée à cette motorisation? Je la trouve en tout cas beaucoup plus agréable que sur la Tracer 9. Le 6ième rapport est passé vers 70 km/h alors que je suis en mode découverte avec une poignée de gaz peu sollicitée. Comparée à la boîte DCT du concurrent Honda, il y a des claquements qui accompagnent les passages des vitesses mais je les trouve moins présents que sur la Tracer 9.

Alors que nous nous dirigeons vers Bénac, c'est un sentiment d'équilibre qui m'envahit. Je retrouve cette homogénéité générale qui m'avait séduit l'an dernier et le fonctionnement cohérent de la boîte participe à mon ressenti. 

Nous bifurquons sur l'étroite route grimpant sur Averan. Le village est traversé à 45 km/h avec la boîte positionnée sur le quatrième rapport. J'aime particulièrement ce bicylindre qui cumule bien des qualités. Souple, coupleux mais sans violence, avec une sonorité très agréable, il est en outre commandé par une poignée de gaz extrêmement douce et la connexion de cette dernière avec l'injection est tout simplement parfaite. C'est simple, je me sens "comme à la maison" à son guidon alors que l'essai débute tout juste.

 

 

La partie cycle joue son rôle dans cet environnement favorable car la moto se manie sans y penser avec des mises sur l'angle aisées, un train avant neutre bien aidé par une fourche bien amortie. Le levier de frein est réactif sous la pression des doigts, avec un freinage mordant mais facile à doser. Dans ce concert de satisfaction, il y a un petit bémol, c'est l'amortisseur qui réagit trop fermement sur les cassures nettes.

Bref, je retrouve avec plaisir une machine qui respire une certaine harmonie d'ensemble. Je suis sensible à ces motos qui montrent une cohésion assurant un bien être immédiat à leur guidon et cette Yamaha en fait partie. A son bord, je ne me pose pas de questions, j'ai juste envie de continuer à profiter du parcours sinueux que j'ai choisi pour la tester.

 

 

 

 

 

Dans la descente jusqu'aux Granges,dans la première épingle, la moto rétrograde en première; j'aurais aimé qu'elle conserve le deuxième rapport. Mais cela ne déséquilibre pas la moto. C'est sur les plus bas régimes que la boîte se révèle la moins discrète dans ses claquements mais ces derniers sont malgré tout moins sonores que sur la grande soeur.

Après Julos, nous attaquons la cote de Loucrup. La moto se pilote à l'instinct et elle accepte les changements de rythme sans rechigner. Le train avant sécurisant incite à mettre de l'angle et la moto se balance aisément bien aidée par un poids raisonnable (206 kilos tous pleins faits).

Sous les yeux, j'ai un tableau de bord qui ne m'enthousiasme guère avec son fond blanc (avec Bruno, mon fidèle accompagnateur, nous avons en vain cherché à installer un fond noir offrant plus de contraste) et son compte-tours illisible.

 

 

Lors des séances photos nécessitant un demi-tour sur des routes étroites, je constate que le rayon de braquage est moyen mais la faible hauteur de selle et une masse modérée facilitent l'opération. Voilà une moto accessible comme je les aime!

A Germs sur l'Oussouet, la vision d'ensemble sur les vallées, nous incite à nous diriger vers Argelès Gazost où le soleil semble vouloir prendre le dessus sur les nuages un peu trop omniprésents.

 

 

Je suis toujours à l'écoute de cette boîte Y-AMT et, signe de sa meilleure adaptation sur la Tracer 7, je n'ai pas encore testé le mode manuel. Bien sûr, je trouve de temps en temps qu'elle n'est pas assez "à mon écoute". C'est parce que je ne peux m'empêcher de la comparer à la boîte double embrayage de Honda sur laquelle il est aisé de trouver le mode qui convient à sa manière de piloter ( c'est le mode S1 pour moi) et aussi parce que cette dernière est plus silencieuse et rapide. Mais, globalement, elle donne satisfaction.

Avant d'arriver à Juncalas, la route est un peu plus large et, instinctivement, j'augmente le rythme avec l'envie de prendre la main; j'actionne donc le mode manuel ( très aisé avec une commande sur le commodo droit) et ce sont dorénavant mon index et mon pouce qui donnent le tempo. En mode manuel, les passages des rapports à bas régime restent sonores mais ils le deviennent de moins en moins quand on met une certaine tension sur la poignée de gaz. Le bicylindre montre toutes ses qualités dans cette rythmique soutenue que j'imprime; il répond présent aux injonctions de la poignée de gaz, sans brutalité, mais avec une réelle efficacité. Et nul besoin de monter haut en régime, les 5000 tours/minute maximum suffisent amplement pour rouler en mode dynamique sur cette D7 aux virages variés où le plaisir de pilotage est toujours présent. La montée des rapports est évidente avec la gâchette naturellement accessible par mon index, par contre, mon pouce la trouve moins instinctivement au rétrogradage; je trouve la parade en utilisant le dos de mon index pour descendre les vitesses.

Petite remarque ergonomique, la commande de clignotant est étrange et, comme lors de mon essai de 2025, j'ai parfois du mal à la trouver instinctivement. Elle n'est pas directement accessible avec le pouce.

Après Argelès-Gazost, nous prenons la direction du col du Soulor et nous y retrouvons une circulation plus dense en cette fin de mois d'août. La vivacité de la machine, la bonne réponse du moteur et le passage des rapports d'une impulsion rapide de l'index sont des atouts précieux pour se débarrasser rapidement de ces véhicules un peu trop lents à mon goût.

Le haut du col est bouché et, à Arrens, j'opte prudemment pour le petit col des Bordères afin d'assurer une dernière séance photos en dynamique. Route plus étroite et bosselée mettant en valeur les qualités du châssis si facile à mener d'une légère impulsion sur le guidon. La moto doit se révéler reposante sur les longs parcours.

Je teste un instant le mode D+ que j'abandonne bien vite! Le moteur reste alors à des régimes inutilement hauts.

 

 

 

 

C'est aussi l'occasion pour l'amortisseur de manifester sa mauvaise humeur en me gratifiant de quelques sèches réactions sur certaines cassures. Le frein avant continue à me ravir avec sa puissance dosable et il est secondé par un frein arrière efficace pour gérer au mieux les virages serrés quand je veux garder la corde.

 

 

 

Le moteur volontaire participe à ce sentiment d'équilibre; Bruno me demande d'ailleurs jusqu'à quel régime je suis allé lors de cet épisode dynamique. 5000 tours/minute maximum; ce bicylindre est vraiment bien rempli.

 

 

 

L'heure tourne et, après une halte dans le superbe cadre du lac d'Estaing, il nous faut rebrousser chemin pour ramener la moto à son propriétaire. 

 

 

Après une belle descente jusqu'à Argelès-Gazost où je continue à me régaler dans les enchaînements de virages variés, nous sommes contraints de prendre la quatre voies jusqu'à Lourdes. C'est l'occasion de constater que la protection contre le vent, même avec le pare- brise en position haute, est insuffisante. La démultiplication me parait judicieuse avec un moteur qui tourne à 5000 tours/minute à la vitesse de 123 km/h; une fugitive accélération montre un 149 km/h à 6000 tours/minute. Pour ceux qui fréquentent l'autoroute, cela veut dire qu'ils pourront rouler longtemps à un régime raisonnable (à noter l'absence de vibrations gênantes). Il conviendra juste d'investir dans un pare-brise plus protecteur (ou opter pour le modèle GT...)

 

 

A Lourdes, j'apprécie une nouvelle fois l'excellente auto stabilité de la moto quand on roule au pas. Très confortable d'autant que la gestion de la poignée de gaz est excellente permettant de doser finement l'arrivée de la puissance.

L'essai se termine. La traversée de Juillan me montre une nouvelle fois que c'est à faible vitesse, dans la circulation, que la boîte Y-AMT révèle sa sonorité avec des claquements qui perturbent l'amateur de douceur que je suis. J'ai le souvenir de mon essai de la Tracer 7 avec la boîte de vitesses traditionnelle et mes changements de rapports gérés avec le levier d'embrayage et le sélecteur étaient parfaitement silencieux. Je souhaiterais qu'il en soit de même quand la boîte robotisée est aux commandes. Ce sera peut-être le cas au fur et à mesure que Yamaha améliorera cette transmission. Wait and see...

 Sur l'ordinateur de bord, la consommation moyenne affichée est 3,6 litres/100. Encore un atout pour ce bicylindre qui se révèle économique à l'usage. A noter que la Honda 750 Transalp de Bruno affichait la même résultat. Les motos modernes montrent de beaux progrès dans le domaine de la consommation.

Il est l'heure de faire le bilan. Sans surprise, il est aussi favorable que celui que j'avais eu l'an dernier. Il montre la cohérence d'une moyenne cylindrée d'autant plus quand elle est motorisée par un bicylindre CP2 très réussi. Rien de plus agréable au quotidien qu'une moto accessible, facile à manier et avec une puissance largement à la hauteur. Cet essai n'a fait que me conforter dans l'idée que les grosses cylindrées et leur puissance ne sont pas faites pour moi car les 73,4 chevaux de cette Tracer 7 assurent plus que bien leur travail et en distillant en outre beaucoup de plaisir.

Le petit bémol pour moi concerne la fonctionnalité. Arrière très fin,  petit garde boue avant, cela promet des séances d'arrosage du pilote sous la pluie; de même, je trouve le bas moteur bien exposé, notamment le filtre à huile et un sabot protecteur me parait justifié.

Le but aujourd'hui était surtout de juger de la pertinence de cette boîte Y-AMT après ma déception lors de mon essai de la Tracer 9. Bien qu'elle ne rivalise pas avec le DCT Honda (la technologie du simple embrayage ne le permet pas), j'ai pu constater qu'elle était plus adaptée au bicylindre de 689 cm3 qu'au trois cylindres de 890 cm3. Il me faut préciser qu'Adrien n'a pas ressenti une telle différence entre les deux motos. Il pense que c'est un moteur insuffisamment rodé lors de mon essai de la Tracer 9 (il avait 200 kilomètres) qui en est la cause. Il a en effet constaté que cette boîte avait besoin de kilomètres pour donner son meilleur ( au moins 800 kilomètres).

Il ne me reste donc plus qu'à solliciter l'essai d'une Tracer 9 rodée pour affiner mon point de vue!

 

 

Caractéristiques techniques

 

Type de moteur

Quatre temps, Deux cylindres, Refroidissement liquide, Double arbre à cames en tête, Quatre soupapes

Cylindrée

689 cm³

Alésage x course

80,0 x 68,6 mm

Taux de compression

11,5 : 1

Puissance maximale

54 kW à 8 750 tr/min

Puissance de la version bridée

35,0 kW à 7 750 tr/min

Couple maximal

68,0 N.m (6,9 m.kgf) à 6 500 tr/min

Lubrification

Carter humide

Embrayage

À bain d'huile, Multidisque

Allumage

Allumage électronique (TCI)

Mise en route

Démarreur électrique

Transmission

Prise constante, Six vitesses

Transmission finale

Chaîne

Consommation de carburant

4,2 L/100 km

Émission de CO₂

97 g/km

Admission

Injection électronique

 

 

 

Cadre

Diamant

Angle de chasse

25°10′

Chasse

99 mm

Suspension avant

Fourche télescopique inversée de 41 mm de diamètre

Suspension arrière

biellettes de suspension, Ressort hélicoïdal/Amortisseur hydraulique à gaz, Bras oscillant

Débattement avant

130 mm

Débattement arrière

139 mm

Frein avant

Double disque de 298 mm de diamètre à commande hydraulique

Frein arrière

Simple disque de 245 mm de diamètre à commande hydraulique

Pneu avant

120/70 ZR 17 M/C (58W)

Pneu arrière

180/55 R 17 M/C (73W)

Longueur hors tout

2 135 mm

Largeur hors tout

875 mm

Hauteur hors tout

1 330 mm à 1 390 mm

Hauteur de selle

830 mm - 850 mm

Empattement

1 495 mm

Garde au sol minimale

140 mm

Poids tous pleins faits

Mécanique standard à 6 rapports : 203 kg ; Y-AMT : 206 kg

Capacité du réservoir d'essence

18 L

Capacité du réservoir d'huile

3 L

Connectivité smartphone

MyRide

Régulateur de vitesse adaptatif

Non

Navigation à l'écran

Garmin StreetCross

 

Prix10 499,00 €

 

Il existe un modèle GT mieux équipé pouvant convenir aux gros rouleurs:   réglage déporté de la pré contrainte de l'amortisseur, paire de valises de 30 litres de série associée au coloris de la machine, présence d’une béquille centrale ayant nécessité la refonte de sa forme et de celle de l’échappement afin de ménager la garde au sol, poignées chauffantes d’origine, selle confort rehaussant légèrement la hauteur et bulle prenant de la hauteur (90 mm), plus couvrante et réglable en hauteur sur 60 mm.

Prix: 11 999,00 €

A noter que l'on peut acquérir la moto sans la boîte robotisée avec un prix revu à la baisse de 500 euros.