Honda NCX 750: la NCX s'étoffe

Vendredi 20 décembre 2013: demain, c'est le premier jour de l'hiver. C'est surtout, pour moi, ma rencontre prévue avec la nouvelle NCX 750.
Je suis impatient, un brin excité à l'idée de m'installer au guidon de cette moto, suite logique de la NCX 700 qui m'avait tant séduit, il y a presque deux ans jour pour jour.

 

Décidément, la moto est une source de plaisir, à chaque fois renouvelée. Trente trois ans après mes débuts en 125 cm3,  je ne me lasse pas, j'ai même parfois l'impression que le bonheur est plus intense, plus profond.


J'ai hâte de constater les effets réels des modifications apportées par Honda  sur le comportement de la moto.


J'ai eu juste une impression furtive quand Philippe l'a démarrée dans le magasin, la semaine dernière et que j'ai donné quelques légers coups de gaz. La "voix" du moteur avait changé, il semblait plus plein.


Qu'en sera-t-il sur la route?

 

Vivement demain!  

 

 

Samedi 21 décembre. Elle semble m’attendre, garée devant la concession Honda de Tarbes. D’un très beau rouge.
C’est un modèle DCT et cela me fait plaisir. J’ai envie de faire plus ample connaissance avec cette boîte de vitesses à double embrayage que j’avais adorée il y a deux ans mais que j’avais surtout utilisée en mode manuel.

Une pression sur le démarreur, le moteur se réveille dans un bruit plus sourd, différent de celui de la NCX 700. Pour ma part, j’aime.

Je pars tranquillement en empruntant la route des coteaux pour rentrer à Pau, un peu plus longue, mais plus variée, plus sinueuse.

 

 Je retrouve immédiatement cette facilité extrême dans la conduite de cette moto et une position de conduite idéale. Le moteur est doux et je ne le brusque pas. Il est quasiment neuf.

Je suis parti sur le mode D, les vitesses passent dans un clic quasi imperceptible, le progrès est réel comparé à la boîte DCT de la 700. Je note par ailleurs une rapidité totale dans le déclenchement des rapports. Honda semble avoir bien travaillé pour améliorer une boîte déjà très agréable.

La moto tire toujours très long et je me retrouve à 98 km/h à 3000 tours/minute. Je trouve que la moto est plus souple alors que je craignais l’inverse avec l’augmentation de la cylindrée. Je me retrouve régulièrement à 65 km/h en 6ième et le moteur ne renâcle plus comme avant et il reprend bien, sans à coups

Les premiers virolos arrivent et c’est avec une confiance totale que je les aborde. On parle souvent de cette moto pour mettre en avant son moteur atypique et sa faible consommation, mais elle a aussi un châssis exemplaire qui permet d’enquiller les virages, serrés ou non, avec enthousiasme et un sentiment de sécurité total.

 

Les suspensions me paraissent un peu plus moelleuses. Serait-ce le revêtement différent de la selle qui me donne cette impression ?

Mon seul regret à ce moment là est de constater la disparition du freinage couplé que j’adore.

Par respect pour cette jeune mécanique, je la sollicité modérément mais, malgré tout, j'ai le sentiment que les reprises en 6ième sont meilleures lors des dépassements que j’effectue. Les chiffres du compteur semblent défiler plus vite.

Cinquante petits kilomètres plus tard, bien que frigorifié, je n’ai qu’une envie, aller me geler dès demain matin le long des Pyrénées pour mieux comprendre cette moto.

 

 

8 heures le lendemain. J’ai consciencieusement enfilé les couches de vêtements avant de sortir. Bien m’en a pris car le froid me saisit. Avant de quitter Pau, je fais une petite visite au château pour une séance de photos matinale.

 

 

 

 

 Comme hier, je me force à rester en mode automatique que j’avais négligé il y a deux ans. La route est parsemée de plaques de givre sur la petite route entre Gan et Lasseube. J’apprécie alors la douceur de la moto dans de telles conditions.

 

 

 

 

Peu avant Oloron, le soleil apparait, la campagne s’illumine et la morsure du froid sur mes mains devient plus supportable. Un écureuil traverse la route devant moi, et j’envie sa fourrure sûrement plus efficace que mes vêtements !

 

 

La boîte de vitesses est d’une rapidité exceptionnelle ; le progrès est réel comparé à la NCX 700. C’est un régal et, même en mode auto, on peut, à tout moment, intervenir. C’est ce que je fais à l’approche des virages, quand j’estime que la boîte rétrograde un peu tard. Il faudra que j’essaie le mode S plus sportif .
Avec un surcoût en baisse de 200 euros par rapport à la boîte manuelle, je pense que le succès de cette boîte va se confirmer. Sur l’année 2013, elle représente déjà près de 41% des ventes totales de NCX 700. D’ailleurs, Philippe, mon  concessionnaire y croit dur comme fer et ce n’est pas un hasard si sa moto d’essai a une boîte DCT. Il m’a d’ailleurs dit qu’aucun de ses clients n’avait regretté d’avoir choisi cette transmission.

 

 

 

 

 Je rejoins Saint Jean Pied de Port. Trompé par le bruit feutré du pot, c’est à 125-130 kilomètres que je passe les grandes courbes, le moteur en dessous de 4000 tours/minute. La stabilité de la moto participe également  à  ce sentiment de rouler moins vite que la réalité. Heureusement, les radars n’ont pas encore trop poussé dans ces coins là ! 

 

 Plus loin, j’entame la montée du col d’Ispéguy. Route étroite, parfois bosselée. La moto se pilote à l’instinct, réactive, facile, obéissant immédiatement aux ordres de son pilote. Le couple généreux du moteur permet à la moto de bien s'arracher des virages serrés.

 

 

J’ai franchi le cap des 200 kilomètres. Le moteur est bien rempli, sûrement plus que celui de la 700. Roulons un peu plus pour en être sûr !

Premier plein en Espagne. Je suis surpris de voir le pompiste sortir alors que je me sers. Et lui  parait étonné que je ne l’ai pas attendu ! En France, nous avons perdu cette habitude avec nos self-services permanents.


8.52 litres pour 237 kilomètres parcourus, soit 3,59 litres/100.

Bonne nouvelle, l’augmentation de cylindrée n’a pas eu d’incidence sur la consommation. C’est ce que je craignais un peu, d’autant qu’avec le deuxième balancier d’équilibrage, cela fait quelques pièces mécaniques de plus en mouvement.

 

Justement, parlons en, des vibrations … pour dire qu’elles sont pour ainsi dire inexistantes, tout au moins juste là pour le plaisir car, quand même, on est pas dans une voiture où tout est feutré. Non, aucune gêne, les centimètres cubes supplémentaires auraient pu  générer des vibrations supplémentaires mais ce balancier n’est pas arrivé là par hasard et il joue bien son rôle.

Je poursuis ma route, croisant quelques rares voitures et je souris en pensant au point route entendu ce matin sur France Inter qui annonçait des gros ralentissements compte tenu des vacances. J’ai parfois l’impression d’être seul sur certaines portions.



Alors que je cherche mon chemin sur la carte, un homme vient me renseigner. Il est motard, et, devant mon souhait de trouver des petites routes sinueuses, il abandonne l’idée de me faire prendre la voie à grande circulation et m’indique un itinéraire qu’il emprunte souvent avec ses copains motards.  Un bon choix avec d’abord une route à l’espagnole, dotée d'un revêtement accrocheur et en bon état. J’ai envie de hausser le rythme et je me mets en mode manuel. Je me régale. En conduite sportive, cette boîte est un plus. Il n’y a pas besoin d’appuyer sur la gâchette, il suffit de l’effleurer, de l’index pour monter les rapports, du pouce pour les rétrogradages. Ainsi, on est entièrement concentré sur le seul pilotage et le résultat est que je mène un bon rythme en toute sérénité. J’adore ces passages de vitesses immédiats, sans aucune brusquerie. Pas de levier d’embrayage à actionner, pas de sélecteur à aller chercher, la main gauche reste bien agrippé au guidon, le pied bien appuyé sur le repose-pied et le pilotage en devient encore plus facile, reposant …. mais pas triste pour autant. Au contraire !


C’est vraiment du bonheur à l’usage et je conseille aux réticents d’aller essayer  cette boîte pour se faire une idée. Ils risquent d’être surpris.   

Plus tard, je bifurque à droite comme me l’a conseillé l’Espagnol. La route boisée, étroite, suit fidèlement la rivière. Elle tourne à n’en plus finir ; cela tombe bien j’adore ça ! Parfois, c’est mouillé, mais les cristaux de sel qui scintillent rassurent. Il serait déraisonnable de rouler trop vite ici et je ralentis la cadence .


Onctuosité, c’est le terme auquel je pense alors que que je me laisse glisser. La douceur est la marque de fabrique de cette moto et cela me convient. Deux ans après l’avoir découverte, elle me fait toujours autant d’effet, cette NCX.


La selle, au revêtement plus accrocheur, me parait également plus moelleuse.

Une courte halte sandwich s’impose mais quinze minutes plus tard, je me remets au guidon ; c’est trop bon de rouler avec cette moto !

 

 J’arrive sur l’autoroute que j’emprunte durant 15 petits kilomètres.
Je me cale à 130 kilomètres/heure. Je trouve que le moteur a plus de coffre mais Honda a tellement travaillé sur la douceur du fonctionnement qu’il faut regarder le compteur pour vraiment s’en rendre compte.

Je retrouve, pour mon plus grand plaisir du sinueux, qui devient fripé à l’entrée en France. La moto se révèle plutôt confortable, avec des suspensions bien amorties. Je trouve qu’elle se rapproche de la Transalp 700. C’est moins moelleux qu’une Transalp 600, mais il n’y a pas cet  effet de cheval à bascule que cette dernière avait, avec une fourche qui s’écrasait au freinage.  Non, le comportement est bien plus rigoureux et permet une conduite débridée.

 D’ailleurs, j’ai de nouveau l’envie de me lâcher sur cette route déserte. Mode manuel tant cette commande au guidon est jouissive, comme si l’ordre du cerveau allait directement au changement de rapport. C’est d’une efficacité redoutable au point que j’ai imaginé que cette transmission irait très bien à une moto sportive en utilisation circuit.

Peu après Saint Palais, le soleil qui m’a accompagné toute la journée se cache derrière les nuages et le froid s’installe.

 

 

 

Pour compenser la disparition du freinage couplé, j’ai opté pour le couplage manuel, celui qui doit normalement être appris dans les auto-écoles, avec un appui sur la pédale de frein pour asseoir la moto aussitôt suivi de la prise du levier de frein avant. Le freinage répond bien mais je regrette la disparition de ce système dont Honda s’était fait le spécialiste. Je suppose que ce sont des considérations économiques qui ont dicté la décision. Et, chez Honda, on a dû se dire avec pragmatisme que le client séduit par la moto n’allait pas s’en détourner pour cette seule raison. Et, en ce qui me concerne, c’est vrai !

La circulation de fait plus dense et je dois effectuer de nombreux dépassements. Le couple important du moteur me permet d’avaler les voitures trop lentes en deux temps trois mouvements. Silencieuse, mais pas anémique, cette NCX 750 !
 
Les pneus Dunlop installés sur la moto se sont fait oublier, ce qui un compliment pour moi. Aussi bien dans les conditions délicates du petit matin froid et givré que plus tard plus à l’attaque, ils ont bien fait leur boulot et ont parfaitement secondé la moto.

Je rentre à la maison après 10 heures sur la moto ponctuées par de brefs arrêts pour les photos. Même si j’ai les fesses tannées par de longues années en moto, je déclare la selle bonne pour le service car je ne ressens aucune douleur, même naissante.

 


Avant de rincer la moto pour enlever les traces de sel, je fais un deuxième plein : 9,17 litres pour 263 kilomètres parcourus, soit 3,48 litres/100. La frugalité de ce moteur est confirmée.

Alors que je rentre la moto au garage, je me surprends à déjà rêver d’une suite. J’aimerais avoir confirmation des progrès réalisés sur cette NCX 750. Et, tout simplement, elle me donne envie de rouler.

Le 25 décembre approche,disons que ce sera mon (beau) cadeau de Noël, même si la météo n'est pas très engageante.