Carnet de piste d'Alex

 

 23 novembre 2013:

Il fait nuit noire quand je quitte la maison. Il crachine et il fait froid, ce n’est pas aujourd’hui que je vais prendre un coup de soleil derrière la visière de mon casque.

Soixante dix petits kilomètres m’attendent jusqu’au circuit de Nogaro. Car, aujourd’hui, je m’en vais assister au baptême de la nouvelle monture d’Alex Sarrabayrouse. Après avoir « essayé » la Honda CBF 500 du champion de France Promosport 2013, l’envie m’est venue de m’intéresser un peu plus à ce monde de la compétition.


 
Jusqu’à présent, depuis mes débuts dans le domaine du deux roues, j’ai assimilé la moto au voyage, à la découverte de nouvelles contrées, que ce soit dans les régions françaises ou à l’étranger.

 

 


Bien sûr, j’ai suivi les courses motos et j’ai même assisté à quelques épreuves, mais c’était avec une vision extérieure, un peu éloignée de ce milieu. Et, aujourd’hui, j’ai envie pénétrer dans la "maison" .

Alors que je parcours les premiers kilomètres, j’ai un doute ; la pluie glaciale qui m’accompagne permettra-t-elle le déroulement des essais ?

Mais pour l’instant, j’ai surtout à me préoccuper de l’adhérence incertaine, de la visibilité nulle derrière la visière …. et de la chouette qui s’envole à mon approche et frôle mon casque. Un peu plus loin, c’est un marcassin écrasé que j’évite de justesse.

Puis, l’arrivée imminente du jour élargit mon champ de vision ; le noir et blanc de la nuit s’efface au profit du vert des près, des couleurs chatoyantes de quelques façades de maisons. La pluie disparait, le rythme s’accélère. J’ai pris la mesure de l’adhérence de la route et je prends plaisir à enchaîner les virages le plus proprement possible. Dans les villages traversés, les devantures éclairées des premiers commerces ouverts, les boulangeries et marchands de journaux, annoncent le début de la journée. J’aime ces instants où la vie s’éveille sous mes yeux pendant que je roule.
 

Voilà le circuit de Nogaro, celui où j’ai assisté à ma première course de motos, en 1974, après m’y être rendu au guidon de mon Peugeot 102, où j’ai vu mon premier Grand Prix en 1978 avec Kenny Roberts et Barry Sheene, puis en 1982 et où j’ai tourné en 1985 et 1986 lors des journées organisées par Yamaha qui présentait sa gamme.

 

 

 

 

 

 

 


ll y a déjà quelques rares camionnettes et certains s’affairent autour de leur moto. Le vent est glacial.

Alex arrive avec son père Bruno et ils sortent la moto avec laquelle il va participer à la catégorie 600 Promosport en 2014.

Hier au soir, ils ont monté un carénage et réservoir d’occasion. Avec sa nouvelle moto, une Yamaha R6, on rentre dans une autre dimension après la Honda CBF 500. Elle respire la course quand on la détaille. Compacte, elle donne une impression de puissance à l’arrêt et sa zone rouge à 16 500 tours/minute annonce la couleur.

 

Quand Alex la démarre pour le passage au sonomètre, un beau son rauque sort de l’échappement Akrapovik.

C’est parti ! Enfin, presque, car le passage de la première provoque un calage du moteur. La béquille latérale a été enlevée et le capteur interdisant le démarrage béquille dépliée fonctionne bien. C’est l’occasion de voir la différence entre un piètre mécano comme moi et Alex et Bruno qui, en quelques minutes, localisent le problème et shuntent le capteur.

 

Enfin, Alex peut s’élancer. Il parait calme mais son regard qui brille me fait dire que, sous le casque, l’émotion est bien présente. 130 chevaux, des vitesses inversées, une piste mouillée et froide, je pense que cela doit quand même un peu gamberger dans sa tête. Le thermomètre de sa moto indique 3 degrés.

 

 

Je me demande ce qui se passe dans la tête de Bruno à ce moment là. Peut-être songe-t-il à cette époque pas si lointaine où il fréquentait les circuits avec sa Ducati. Il est certain qu’avec un père comme lui, la probabilité était faible pour qu’Alex se mette au chant baroque !

 

 

Nous montons sur la butte pour voir ses premiers tours de roues. Le vent nous glace les os. Bruno semble rassuré, le fiston ne prend aucun risque sur cette piste piégeuse, d’autant qu’il n’a pas les pneus adéquats. Une quinzaine de motos est en piste et les hurlements des quatre cylindres à hauts régimes sont entrecoupés par le grondement sourd de la seule bicylindre en piste, une KTM RC8.

Fin de la session. Alex nous raconte ses premières impressions : ça pousse fort et il a pris 240 km/h en bout de ligne droite, mais l’adhérence très faible l’a incité à ne pas s’emballer. Un pneu qui patine à l’accélération dans la ligne droite, ça calme les ardeurs ! Et il reconnait avoir encore le réflexe, parfois, de mettre le pied sous le sélecteur pour passer les vitesses. Difficile de perdre les automatismes.

 

 

J’aime cette ambiance hivernale. Il y a peu de monde, mais les contacts sont chaleureux. Je discute avec deux motards qui inaugurent leurs pneus slicks ; ils s’interrogent sur les pressions, sur le comportement de ces gommes sur une telle piste froide.

A côté, il y a une vieille Ducati Pantah dont les carbus n’ont pas l’air d’apprécier le froid et une magnifique 900 SS. Tiens, j’entends un bruit qui se fait rare, celui d’un deux temps, une Yamaha RDLC 350.

Alex discute avec un jeune motard qui lui parle de modifications en cours dans le règlement. Je réalise qu’il faut s’occuper de tout quand on est amateur.

C’est parti pour une deuxième séance d’essais. Les couvertures chauffantes ont surtout servi à chauffer les gants d’Alex…. D’ailleurs, je lui avais proposé auparavant mes manchons, mais il peut-être avait-il eu peur de défigurer sa belle moto!

 

Ce dernier reste prudent et cela me rassure. Il fait connaissance avec sa nouvelle monture, aujourd’hui, en essayant de la comprendre.

Le petit resto installé sur le circuit a des allures d’oasis après une traversée de désert. Il y fait chaud, la viande et les frites réchauffent le corps. Nous nous y attardons, avant d’affronter le froid qui a décidé de passer la journée ici.

Troisième séance, la piste a séché par endroits et j’ai l’impression qu’Alex se lâche un peu plus. D’autres pilotes, sûrement plus aguerris, malmènent un peu plus leur monture.

 

6 heures, c’est l’heure de rentrer pour moi.

 

Alex me donne une petite plaquette qu’il a fait éditer à l’attention des sponsors éventuels. Car, cela coûte cher, une saison, même en Promosport ; son budget prévisionnel fait état de plus 12 000 euros pour les courses et de 6000 euros pour les entraînements.

 

 

Cette journée de découverte m’a mis l’eau à la bouche. Il me tarde d’assister à la prochaine séance d’essais, avec un peu plus de soleil et de chaleur.


Et, vu comment Alex a adopté sa nouvelle monture, je me dis que c’est une belle histoire qui se prépare….

 

 

 


 

 

 

 

14 décembre 2013.

Le brouillard ne m’a quitté depuis mon départ de Pau.
Toutes les 30 secondes, je balaye avec l’index gauche de mon gant la visière de mon casque. Dans ma voiture, j’actionnerais la commande d’essuie glace, réglerais le niveau de la radio et augmenterais un peu le chauffage. Mais je ne donnerais ma place pour rien au monde.

Je n’ai croisé aucun motard. Cette matinée au goût hivernal ne les a pas inspirés. Ils ne savent pas de quoi ils se privent. D’un plaisir différent de celui des balades printanières ou estivales ensoleillés. Plus intérieur, plus profond et plus intense aussi.
Ah, si, en voilà un, un petit jeune volontaire sur son petit scooter. Un signe de la main. Je me revois sur mon Peugeot 102, si heureux quand un motard me saluait.

J’imagine les pensées noires d’Alex qui devait espérer une belle piste sèche, alors que le soleil brillait depuis une semaine dans la région.

Je traverse le petit village de Sarron, clin d’œil à mon pilote favori, lors de ma jeunesse motarde, celui qui me faisait vibrer à chaque course par ses exploits …. et ses chutes.

 

Nogaro m’accueille sous un ciel bas ; l’humidité est bien présente.

Alex et son père arrivent en même temps que moi.

L’ambiance n’est pas à la franche rigolade avec cette piste mouillée qui attend les pilotes. Sans pneus pluie, la tâche risque de s’avérer délicate. Mais, à plus de 400 euros le train de pneus, ce n’est pas l’achat principal d’un jeune pilote Promosport.

Déchargement de la moto qui prend fièrement la pose sur sa nouvelle béquille d’atelier.

 

Alex règle ses nouveaux guidons. La moto n’a subi aucune autre modification. La priorité, pour le moment, c’est le roulage. Il lui faut s’habituer à la puissance de sa nouvelle moto, la comprendre.

 

Max, le copain de son équipe, le Kawito Racing Team, arrive. Un grand gaillard rempli de joie de vivre.

Les deux pilotes du Team vont « sécher » la première séance. J’en profite pour faire un petit tour du parc. Il y a une belle Ducati 900 SS qui me fait de l’œil. Je discute avec son sympathique propriétaire de son V-twin. Nous parlons aussi des Grands Prix, ceux des années 80 avec les moteurs deux temps à l’intérieur desquels les mécanos s’en donnaient à cœur joie pour y apporter leurs modifications, afin de trouver le cheval supplémentaire qui ferait la différence en course, les moteurs que les pilotes éteignaient en pleine puissance dans la ligne droite du dernier tour des essais, avec le mécano venant démonter les bougies pour déterminer la meilleure carburation. Une autre époque !

 

 

 

Plus loin, c’est une moto magnifique, tout de vert vêtue, qui attire mon regard. Fourche Fior, cadre maison, du beau boulot.

 

 

 

 

Je continue ma visite en m’attardant sur une Yamaha deux temps bleue superbe, puis une Aprilia 125 dans le cadre de laquelle a été installé un moteur de 650 Pegaso. C’est sa première sortie.

 

 

 

Je m'attarde sur d'autres motos.

 

 

Deuxième séance d’essais. Max, qui a des pneus pluie, sort sa moto. Alex prend son mal en patience mais je le sens un peu désabusé. Il n’est pas venu pour être spectateur.

 

 

 

 

 

 

Heureusement, les discussions entre les deux copains apportent quelques rayons de soleil. Derrière leur implication dans la compétition moto, il y a surtout le plaisir de rouler, dans une ambiance conviviale et chaleureuse.

Fin du repas de midi. Le soleil se montre. Enfin ! La prochaine séance est prévue pour 15 heures, la piste devrait avoir le temps de s’assécher un peu.

 

 

 

 

 

Départ d’Alex, Max et deux de leurs copains en Kawasaki et Suzuki.

J’ai le cœur qui bat un peu plus fort. Par la pensée, je demande à Alex de faire gaffe à lui. Je n’avais pas encore réalisé que c’était cela la course vue de l’intérieur, des moments d’euphorie et d’angoisse quand on assiste, impuissant, du bord de la piste, aux tours de circuit de « son » pilote.

 

 

 

 

 

Comme à son habitude, Alex part prudemment et prend peu à peu la mesure de la piste. Il suit un long moment Max et le passe. 
 
  
Le rythme reste modéré, du fait des nombreuses parties encore mouillées de la piste.
Malgré tout, je suis impressionné par la puissance actuelle des motos et les montées en régime fulgurantes des quatre cylindres.

Alex rentre aux stands. Il semble satisfait. Son père trouve que son moteur fait « poumon » dans la ligne droite et que le rodage est encore à parfaire. Alex parle d’une moto saine.
Trois chronos relevés en fin de séance font état de 1.50, 1.49.5 et 1.47.6.

 

 

Deuxième et dernière séance d’essais pour Alex. Je vais m’installer à l’entrée de l’ancienne ligne droite des stands, avant que le circuit ne soit modifié. Je suis seul là-bas. 
 
  
Alex part doucement, prend son rythme, remonte sur Max.
Je le vois mieux sortir de la courbe précédant la ligne droite, remonter sur son copain et le passer au freinage. J’en oublierais presque que ce n’est qu’une séance d’essais. Je l’encourage comme s’il était en train de se battre pour un podium !

 Je me régale à le voir passer. J’aime son style coulé, cette impression qu’il donne de ne pas forcer. Je le trouve doux avec sa moto, avec des gestes précis, sans aucune brusquerie dans les gestes. Ses trajectoires varient peu, c’est propre. Pourtant, je le trouve plus incisif, comme s’il commençait à prendre la mesure de sa monture.La lune assiste au spectacle et le soleil bascule derrière le bosquet d’arbres, derrière moi.

Le froid s’installe.

Heureusement, c’est la fin de la séance.



Luc, un copain venu assister à la séance, m’annonce un 1.44.5 au tour. Cela confirme ce que je ressentais ; Alex a progressivement augmenté le rythme, sans prendre de risques. La piste, encore bien humide par endroits était piégeuse et ce n’était pas une journée à claquer une pendule.

Alex livre brièvement ses impressions. Il parvenait à prendre la courbe avant la ligne droite à fond en évitant la partie mouillée, la moto a pris 267 km/h. Il a été surpris d’être autant secoué quand il roulait en paquet.

Pendant la trêve hivernale, il prévoit de s’occuper de la moto. En priorité, ce sera l’installation d’un amortisseur EMC et un réglage de fourche adapté. Et sûrement une foule de petits détails à peaufiner.



Pour ma part, je suis heureux de cette journée. J’ai déjà ressenti de belles émotions lors de cette simple séance d’essais, j’ai aimé l’atmosphère particulière de ce circuit désert fréquenté par des passionnés de la piste.

C’est donc l’esprit léger que je rentre à Tarbes, pour fêter l’anniversaire d’un ami motard.Ce dernier possède le plus beau couloir que je n’ai jamais vu, avec cinq motos qui lui donnent une ambiance très particulière et très Ducati aussi !

 

 

 


 

 

 

Faire un rapide aller-retour Pau-Angers en janvier n’est pas, à priori, une perspective réjouissante.

C’est pourtant avec plaisir que j’ai répondu à l’invitation d’Alex Sarrabayrouse afin d’assister à la remise des trophées des différents championnats de France de vitesse sur route et circuit.

L’idée de parcourir ces 1200 kilomètres dans l’habitacle d’un monospace ne me tentait guère et j’ai opté pour un voyage plus vivant …. et plus frais, voire plus froid !

C’était le bon choix, d’autant que Bruno m’a prêté sa « vieille » BMW qui lui semblait plus apte à assurer le service que la petite VTR 250. Ce fut pour moi l’occasion de faire connaissance avec cette 1150 GS Adventure sur un long parcours. Une fois passées les difficultés des manœuvres à l’arrêt dues au poids et à la hauteur imposante de l’engin et après une courte adaptation à cette boîte qui nécessite un minimum de savoir faire et d’application pour des passages de vitesses en douceur, j’ai effectivement pu rejoindre la ville angevine à un bon rythme et dans un bon état de fraîcheur. En plus, mes oreilles ont pu se délecter de la musique dispensée par le pot Remus qui remplace avantageusement l’échappement d’origine.

 

Soirée sympathique organisée par la FFM et ce fut l’occasion pour moi de découvrir les multiples disciplines présentes, notamment celle réservée aux « pitchouns » ; le podium des trois garçonnets et du champion de France de 9 ans était touchant. Et les photos projetées montraient déjà une belle attaque prometteuse pour la suite de leur carrière!

Pour Alex, c’était le point final à sa belle saison 2013, d’autant que son déclassement suite à ses deux victoires à Magny Cours avait été annulé et le résultat final du championnat de France Promosport 500 modifié.

Alex termine donc la saison avec une avance très confortable de 55 points sur le second Florian Pellegrin (291 points et 236 points).

 

 

J’en ai profité pour avoir quelques nouvelles de sa nouvelle monture. Sa Yamaha R6 est maintenant équipée d’un amortisseur EMC et la fourche a fait l’objet d’un réglage approprié. Il a finalisé la décoration de la moto.
Il a pu tourner une journée sur le circuit de Pau-Arnos mais, là encore, la piste humide ne lui a pas permis de pousser la moto (et lui-même !) dans ses derniers retranchements. Il a toutefois pu constater l’amélioration de l’amortissement.

Sinon, une partie de son énergie est consacrée à la recherche difficile en ces temps de crise, de partenaires pouvant l’aider financièrement. Le budget pneus est le plus lourd (4500 euros sur l’année !).

J’ai profité de cette belle virée hivernale pour m’arrêter chez Albert Choin, le Géo Trouvetou du side-car. Quand je lui ai parlé de mon rêve de traverser, en famille l’Amérique Centrale et l’Amérique du Sud, il m’a dit qu’il avait réalisé un side-car, il ya une dizaine d’années, pour deux femmes désirant accomplir ce même voyage. La base était une Honda 900 CBR ( !), l’engin réalisé avait 300 mm de débattement de suspensions (!!) et il était à deux roues motrices (!!!). Le voyage de six mois s’est déroulé sans problème….

 



Avec un tel magicien dans le monde du trois roues, la tentation serait grande, après une première expérience autour de la mer noire (Balade en famille autour de la mer noire (version en différé par Christian), d’envisager de longer la Cordillère des Andes au guidon d’un side-car Choda « spécial voyage au long cours ».

PS: malgré une attention de tous les instants, un radar a remarqué mon rythme soutenu durant ces deux jours et m'a pris en photo. Cela ne m'était jamais arrivé avec mes Honda, malgré des centaines de milliers de kilomètres avec. Elle sont à priori plus furtives que les BMW! Une raison de plus pour continuer à m'intéresser à la NCX 750! (Essai de la Honda NCX 750)

 


 

 

 

Jeudi 6 février 2014 : je viens de lire avec grand plaisir les résultats des trois jours des essais hivernaux des motos GP à Sepang. Je le reconnais, j’ai un faible pour Valentino Rossi, qui m’a fait tant rêver.
D’abord lors de ses courses en 125 avec des batailles d’une âpreté rare jusqu’au dernier virage souvent entre une ribambelle des pilotes tous plus fous les uns que les autres et notamment ce jeune italien fantasque qui leur réglait leur compte très souvent.
Enfin ses années en 500 2 temps puis en GP 4 temps au cours desquels il a montré tout son talent.
L’an dernier, j’avais compris qu’il était presque arrivé au bout de son incroyable carrière et le voilà, après s’être remis en question à la fin de la saison, qui tient tête à son équipier, l’excellent Lorenzo qui est resté derrière au cours de ces trois jours d’essais.
Quel battant,ce Rossi!


C'est le moment que choisis Alex pour m'envoyer un message m’annonçant des essais à Nogaro.

Chouette, j’espère qu’enfin il va pouvoir tourner avec sa moto sur sol sec car il n’a pas encore eu cette opportunité.



Un coup d’œil à la météo me laisse dubitatif, et la journée de samedi, sous une pluie persistante finit de me décourager.


Au petit matin, c’est pourtant un froid sec qui m’accueille à la sortie du garage. La route est encore mouillée et j’aborde avec une certaine retenue les premiers virages. L’adhérence est limitée et la prudence est de mise. Plus tard, la nuit tire sa révérence et fait place au jour naissant. J’aime cette transition, cette nouvelle journée qui s’annonce ; ma vision s’élargit, mon rythme suit le même chemin.

J’arrive de bonne heure sur le circuit de Nogaro. Il y a déjà plus d’activité que lors de mes deux passages précédents. Le début de la saison approche et il est temps pour les pilotes de tester le matériel.
Alex n’est pas encore là et je me promène dans le parc admirant quelques belles machines.

 

 

 

Un bruit de moteur deux temps m’attire. Je m’approche de la Yamaha 350 RDLC du pilote qui change les bougies de sa moto. Opération tombée aux oubliettes à l’heure actuelle. Le début de sa séance d’essais sur piste très glissante a été effectué trop lentement au goût du moteur qui a noyé ses bougies. Sa monture malgré ses 30 années, développe 82 chevaux pour un peu plus de 120 kilos. Belle performance !

 

 

 

Puis, je discute avec le père et le fils déjà rencontrés lors de deux autres séances. Eux sont là pour le plaisir, avec leur CBR 600.

Enfin, Alex et Bruno arrivent. La Yamaha a un peu changé depuis la dernière fois avec son amortisseur EMC aux multiples réglages et son amortisseur de direction tout de jaune vêtu. Et, enfin, Alex a des pneus pluie.

Sage précaution vu l’état de la piste !

 

 

C’est l’heure de sa séance d’essais. Faux départ ; Alex s’arrête au bout de deux tours. La moto est inconduisible. Il règle l’amortisseur de direction, fait un tour de plus et s’arrête. Le diagnostic est vite fait, c’est l’amortisseur de direction, faisant plutôt office de frein de direction, qui est déclaré coupable à l’unanimité. Son démontage s’impose.

 

 

Deuxième séance d’essais, toujours en pneus pluie. Alex revient avec de bonnes sensations, semble-t-il. Quelque chose le chiffonne, c’est l’adhérence des pneus qui semble sans limite, ce qu’il avait déjà constaté avec les pneus sur sol sec. Il conclut en disant que peut-être, on ne connait la limite qu' une fois à terre. Je reconnais que ce n’est pas très confortable, comme sensation !

 

 

Dans le parc, Alex discute avec Max, en lui disant qu’il avait regardé les meilleurs temps en 600 Promosport sur ce circuit et qu’ils étaient aux alentours de 1.34. Et qu’il faudra viser les1.37 pour être bien qualifié lors de l'épreuve de Nogaro ouvrant la saison. « On va y arriver » conclut-il.

Après le repas de midi, le soleil timide finit par faire son œuvre en asséchant la piste. C’est la valse des pneus dans le parc. Alex va pouvoir enfin tester sa nouvelle moto dans des conditions normales. Je m’installe sur la butte en bout de l’ancienne ligne droite des stands. Alex prend son rythme, c’est propre et cela commence à être rapide.

 

 

Soudain, tout va très vite, la roue arrière se soulève au freinage et en reposant par terre, déséquilibre la moto, empêchant Alex de s’inscrire dans la courbe. Il tire tout droit en ralentissant la moto qui arrive dans l’herbe. Je devrais plutôt dire les marécages après les pluies diluviennes de ces derniers temps !

Je vois Alex qui tente de maintenir la moto sur ses roues, cette dernière finissant par avoir le dernier mot et se couche, à faible vitesse. Retour aux stands prématuré.

La moto est maculée de boue et les robinets d’eau du circuit sont inopérants, sûrement à cause du froid. Nous entamons donc un lavage succinct et rapide à l’aide de nos bouteilles d’eau. Inutile de dire que le rendement n’est pas terrible mais la motivation est là !

 

 

Alex reconnait que son expérience en cross l’a bien aidé pour gérer au mieux sa sortie « tout terrain ».

Il trouve que les freins perdent rapidement de leur efficacité, et c’est un paramètre dont il va falloir tenir compte en course. Car, aucune modification n’est autorisée sur les freins et les pilotes devront composer avec cette petite faiblesse.


Après une petite pause, deuxième séance d’essais sur sol sec.

 

 

Je croise les doigts pour que tout se déroule au mieux. Max passe plusieurs fois devant nous, mais pas de trace d’Alex.

 

 

Enfin le voilà pour une séance écourtée. Avec la boue, la poignée côté embrayage tournait et se démanchait et il a dû la sécher avant de pouvoir s’élancer. Décidément, la journée est fertile en rebondissements. Je trouve d’ailleurs Alex étonnamment calme face à toutes ces petites contrariétés !

L’après-midi touche à sa fin et nombreux sont les pilotes sur le départ. Le soleil a lui aussi plié bagage et le froid devient plus présent.

17H20 : dernière séance d’essais. Ils sont peu nombreux sur la piste.

J’avais senti, dans son regard, un Alex déterminé. Je le suis avec une petite appréhension mais, cette fois-ci, tout se passe bien. Il aligne les tours régulièrement et j’aime toujours autant son style tout en finesse. C’est coulé, il ne donne pas l’impression de forcer et pourtant, les temps commencent à descendre, malgré la piste froide.

 

 

Mince, j’ai parlé trop vite, il prend la voie des stands. Il descend de sa moto et ajuste son amortisseur avant de reprendre la piste. Ouf !

 

 

J’aime cette atmosphère de fin de journée, avec ces quelques pilotes courageux qui tournent malgré le froid . Le bruit de la moto d’Alex n’est plus noyé dans la masse et je me délecte de ses montées en régime rapides dans la ligne droite et de la descente des rapports avant d’aborder l’épingle.

Moment de plénitude quand, enfin, tout semble couler de source. Je suis heureux d’être là.

Alex termine sa séance, je le salue brièvement et prends la route. Il est temps pour moi de rentrer. Je n’ai pas eu le temps de recueillir ses impressions mais je pense qu’il a dû être rassuré après cette journée. Je l’ai senti dans son élément, dans le rythme par rapport aux autres pilotes.

En tout cas, c’est tout guilleret que je rentre à Pau, juste avant la tombée de la nuit. Au point de solliciter plus que de coutume le petit V-twin, manière très personnelle de manifester ma joie.

Vivement les prochains essais….

 


 

 

 

Mardi 18 mars 2014: la pression monte.

Dans quelques jours, c'est la première course de la saison.

Aujourd'hui, ont lieu les premiers essais libres auxquels je ne peux assister.
J'ai pu voir la Yamaha sous ses nouvelles couleurs; j'ai trouvé que c'était plutôt réussi.

Alex devrait avoir la visite de FR3 Midi Pyrénées pour un petit reportage, suite à son titre de Champion de France Promosport 500 en 2013. C'est bien de voir que la télé s'intéresse parfois au sport moto.

La saison est lancée. Voilà le calendrier de l'année 2014:

Nogaro : 22 et 23 mars

Lédenon : 12 et 13 avril

Carole : 8 au11 mai

Croix en Ternois : 7 et 8 juin

Pau Arnos : 5 et 6 juillet

Bugatti Le Mans : 19 et 20 juillet

Magny Cours : 1er au 3 août

Lédenon : 6 et 7 septembre
 
 
 
Le printemps a frappé à la porte il y a dix jours et je quitte Pau sous une douce
fraîcheur, ce vendredi 21 mars 2014.

Je tente d’oublier les prévisions de la météo pour ce week-end qui semble annoncer l’arrivée de la pluie et du froid.
Je me rassure en me disant que le pilotage coulé d’Alex pourrait être un atout dans de telles conditions et compenser quelque peu son inexpérience dans la
catégorie 600.

On se rassure comme on peut….


J’arrive à 10 heures sur le circuit de Nogaro, qui ouvre la saison de la coupe Promosport.

Il est trop tard pour assister aux essais matinaux d'Alex et de Max. Je rejoins les deux amis sous l'auvent. Je prends des nouvelles de leur
séance d'essai. Max a tourné régulièrement en 1.41 et Alex en 1.39. Les pilotes les plus rapides sont à 1.34. Une sacrée différence.

"On voulait aller jouer dans la cour des grands,nous y sommes" conclut Max.

Sous l'auvent la petite équipe de copains s'affaire. Mathieu en organisateur rigoureux, Kevin, le préposé aux pneumatiques qui me parait touche à tout et les deux pilotes qui
mettent la main à la pâte. Max change son braquet pour un plus adapté au circuit, Alex peaufine certains détails sur sa moto.

 

 

Je les laisse et assiste au départ en essais de petites vieilles. Beaucoup de moteurs deux temps qui fument à qui mieux mieux. A faire mourir d'une crise
cardiaque foudroyante un écologiste qui passerait dans le coin pour profiter de la campagne gersoise!

 

Je vais ensuite faire un petit tour dans la partie est du paddock où sont installés les pilotes et leurs belles anciennes. Je me régale en furetant à
droite à gauche, admirant au passage quelques Kawasaki 3 cylindres et autres Ducati monocylindres, Triumph Trident, etc...
.
L'ambiance est sympathique et aussi très mécanique car ces motos font l'objet de soins attentifs de la part
de leurs propriétaires. La vue d'un moteur complet à proximité de l'une d'entre elles me fait dire que la vie à leurs côtés ne doit pas être tous les jours
facile. Mais, quand on aime....

 

 

Les pneus ont pris la bonne température sous les couvertures chauffantes et Kevin ajuste avec précision la pression. "Cela se joue à 100 grammes près. Trop
ou pas assez et ils se détruisent très vite. Le technicien d'EMC, présent sur les circuits, apporte son conseil. Mais, il faut également prendre en compte le
poids du pilote, son style de pilotage" me dit Kevin. Un vrai casse-tête!


Je réalise à quel point les motos et les pneus ont évolué et combien les réglages deviennent pointus.

14 heures: Alex et Max s'élancent pour deux séances d'essais libres d'une durée totale de 40 minutes. Je m'installe d'abord dans le
fond du circuit, le tire-bouchon. Les styles de Max et Alex sont diamétralement opposés.

Le premier semble dominer sa moto qui parait minuscule sous sa grande carcasse et je le trouve si volontaire dans son comportement. Quant à
Alex, je retrouve cette attitude aux gestes mesurés. Il me donne l'impression de ne pas forcer. Pourtant, à priori, il semble dans le rythme. En outre, je trouve
qu'il sollicite peu la mécanique comparé à certains pilotes qui malmènent leur moteur.

Je me dis qu'il aurait tout à fait à sa place en endurance.

 

 

Avec Bruno, nous allons de l'autre côté du circuit d'où nous avons une vue plus générale. En connaisseur, il apprécie les sorties de virage d'Alex et trouve
qu'il est dans le rythme.Difficile de se faire une idée précise avant de voir les temps au tour.

Fin de la séance d'essais; Kevin et Mathieu contrôlent immédiatement la pression des pneus.

 

Les motos rentrent sous l'auvent et font l'objet d'un changement de pneus pour demain, début de l'épreuve. Le pneu arrière d'Alex est usé "proprement", ce qui
est bon signe.Cela révèle une moto à priori bien équilibrée.C'est un point essentiel car chaque pilote n'a qu'un seul train de pneus pour tout le week-end
de course. Une usure trop rapide et c'est de facto l'impossibilité de rouler à son maximum.

.Le modernisme a parfois du bon. Les motos ont un chrono installé à gauche du tableau de bord et qui indique les temps au tour. Par
malchance, le support de celui de Max a cassé et il n'a aucun résultat. Pour Alex, cela donne des temps régulièrement dans les 1.37 et 1.38 avec un meilleur
tour en 1.35.91. Cela commence à être rapide!

J'entends Alex qui loue les qualités du pneu qu'il trouve très progressif et dont il est facile de sentir les limites.

Preuve de la confiance qu'il semble avoir dans cette bande de caoutchouc, c'est la marque de la piste qui ressort sur le slider.....du
coude gauche.

"J'ai bien fait d'en mettre un" conclut Alex.

 

Je rentre à Pau et arrive juste à temps pour regarder FR3 Midi Pyrénées qui a réalisé un beau petit reportage sur Alex mardi. Bien fait, ce qui n'est pas
toujours le cas quand la télé s'intéresse à la moto. Une belle conclusion à cette riche journée.

Demain, les choses sérieuses commencent avec les essais qualificatifs à 9H45 . Et, sous la pluie, d'après la météo locale.

On fera avec.

 

 

Départ sous le signe de la pluie, ce samedi matin. J'installe les manchons après avoir constaté le déluge qui s'abat sur le quartier.

Soixante quinze kilomètres plus tard, je retrouve l'équipe du Kawito Racing Team.

Les pneus pluie sont installés sur les deux motos. Je suis étonné par le dessin très "tout chemin" du pneu. J'espère que nos pilotes n'en profiteront pas pour aller
explorer les bas côtés de la piste....

 

Bruno semble tendu; il est vrai que je n'aimerais pas être à sa place. Pas toujours facile d'être le père d'un motard et, en même temps, passionnant quand
on est soi-même motard.

Bientôt, vont se dérouler les essais qualificatifs. Une séance de vingt minutes et rien d'autre. Cela me semble très court et ne pardonne pas le droit à l'erreur.

En plus, elle aura lieu sur sol mouillé. Malgré cela, Alex et Max ne semblent pas trop tendus, à moins qu'ils n'en laissent rien paraître.

 

Pour ma part, dès les motos lâchés, je ne tiens plus en place sur la butte d'où nous avons une large vision du circuit. Je scrute "nos" pilotes. Alex roule bien, 
dépasse quelques motos mais le drapeau rouge est agité après 6 minutes d'essais.

 

L'interruption est de courte durée et c'est reparti. Peu de temps après, Max chute après le droite-gauche sous nos yeux, la moto fait un tonneau et il se
relève aussitôt, indemne. Ouf!

 

Alex est dans le rythme, cela se voit, il reste moins de deux minutes de séance quand nous ne le voyons pas réapparaître.
Je cours jusqu'à l'extrémité est du circuit. La dépanneuse est là, charge la moto et Alex. Chute sans gravité, mais
chute quand même. Dans quel état sont les deux motos?

 

Je questionne deux spectateurs. A la sortie du double droit, la moto a décroché violemment. Je dois avoir l'air inquiet car ils me rassurent sur l'état de santé
d'Alex et de la moto!


Je file à l'auvent où les deux motos sont l'objet de toutes les attentions pour panser leurs plaies.


J'apprends qu'Alex a le sixième temps de sa séance d'essais, ce qui est inespéré.

Mais cedernier est un peu contrarié. Il m'explique qu"à aucun moment de la séance, il n'a pu avoir un tour clair et quand il a vu qu'il lui restait un tour avant la
fin, il a décidé de doubler ce pilote qui le gênait. Devant lui, il n'y avait plus personne et il allait pouvoir s'exprimer. Il a accéléré un peu plus tôt à
la sortie du virage serré pour le dépasser dans la ligne droite et la piste glissante a rendu son verdict. Chute.

Je réalise alors à quel point il y a cette envie de bien faire chez lui; il aurait pu se satisfaire d'une séance plus que satisfaisante mais il y a eu ce besoin

de progresser, d'aller chercher les limites, parce qu'il s'en sentait capable. Rien d'étonnant pour quelqu'un qui fait de la compétition, cette soif de se

dépasser, mais cela m'épate malgré tout!

Max, quant à lui, a réalisé le 22ième temps. Il ne comprend pas sa chute à un endroit où il n'attaquait pas plus fort que d'habitude.

Sous l'auvent, c'est un véritable ballet des abeilles dans une ruche. Les gestes sont précis, il n'y pas de signe d'énervement apparent.

Je reste en retrait pour ne pas gêner et j'assiste en spectateur à la remise en état des deux machines. Carénages endommagés,

araignée cassée sur la moto de Max, demi guidon à changer pour Alex etc... Le gros ruban de scotch gris fait office de pansement; les
motos seront sûrement un peu moins fringantes pour la course....

 

Max, toujours positif, conclut: " Voilà, c'est fait, ma première chute en 600".

Peu à peu, les motos reprennent des couleurs et repartent au contrôle technique, obligatoire après une chute.

La feuille des temps nous parvient: après les deux séances d'essais qualificatifs, Alex se retrouve
en dixième position en 1.49.377, assez près des pilotes entre la cinquième et neuvième temps. C'est bien!

Je me dis qu'il a une marge de progression et cela me rend optimiste.

 

 

Une heure trente avant le départ. Alex est un peu raide. Il se sent mâché après sa chute.

Quelques minutes avant la mise en pré-grille, Max et Alex font un peu de vélo pour s'échauffer. Il est vrai qu'il fait frisquet aujourd'hui.

Nous les accompagnons en pré-grille. J'ai le coeur qui bat fort.

 

La pluie a cessé depuis un moment et le vent a bien asséché la piste. Comment vont se comporter les pneus pluie dans ces conditions?

 

Mauvais départ d'Alex qui se fait dépasser par un groupe de pilotes. Il se retrouve 8ième,et rapidement 13ième.

Puis, il remonte une moto dans la ligne droite au 4ième tour. A la fin du 5ième tour, il est 10.


Il ressort très bien du virage qui commande l'entrée de la ligne droite et cela lui permet de remonter sur les motos qui le précèdent.

Max, en arrière du peloton, a en ligne de mire quatre motos mais ne parvient pas à les dépasser.


Pour Alex,
c'est la 7ième position à trois tours de l'arrivée.

Je serre les poings, priant pour qu'il ne fasse pas d'erreur. Pas de problème, il remonte même très
fort sur le sixième dans le dernier tour.

Je rejoins les deux pilotes sous l'auvent. Max est déjà descendu de sa moto et discute.

 

Alex reste assis sur sa moto, un peu grimaçant, se frottant le poignet. Séquelles de sa chute de tout à l'heure.

 

Il explique sa course. Il a trop accéléré au départ et n'a pas voulu tenter le diable dans le premier tour avant d'avoir pu juger du comportement des pneus
pluie sur sol sec. Je le retrouve dans sa retenue que j'avais notée lors des essais hivernaux. Il n'a vraiment rien du chien fou.

Il a l'air assez satisfait de sa course et ,surtout, il a compris certaines choses , analysé le pilotage de certains. Je l'entends parler de relâcher de freins en entrée de
virage, de tel virage sacrifié pour mieux aborder la courbe d'avant ligne droite.Cela m'étonne cette faculté de rouler à la limite tout en analysant la course.

Cerise sur le gâteau, il a réalisé le troisième meilleur temps en course. Pour une première, c'est une belle performance.

Max est un peu renfrogné. Alex le rassure en lui disant que, demain, il a toutes ses chanceslors de la "consolante" au cours de laquelle 8 pilotes seront retenus pour la
finale de dimanche après-midi.

Les pneus pluie sont bien marqués et il faut passer par la case "camion Dunlop" pour acheter un nouveau train dans laperspective d'un dimanche qui s'annonce pluvieux

et froid. Bilan: 400 euros à débourser. La course coûte cher, même en promosport.

Je laisse nos pilotes alors qu'ils assistent à la course des 500, peut-être avec un brin denostalgie.

Je rentre à Pau sous la pluie, un brin fatigué. C'est que ça pompe de l'énergie la fonction de spectateur!

Je vais finir par envisager de me mettre à la compétition....

 

En attendant, j'ai un nouveau rendez-vous demain matin à Nogaro.

 

 

Pas besoin de thermomètre, ce dimanche matin. Mon corps m'indique que la température a chuté. Une pluie diluvienne m'accompagne dans mes

premiers tours de roues de la journée alors que je quitte Pau. Peu après, sur les coteaux, les toits des maisons sont saupoudrés de blanc, tels les

gâteaux garnis de sucre glace. L'hiver a décidé de refaire un passage avant de se retirer complètement.

J'arrive sur le circuit. Max est tout seul sous l'auvent, avec sa moto. Je le questionne sur sa course d'hier. Il se croyait dans les
profondeurs du classement et n'a pas voulu prendre de risques en doublant les quatre motos qui le précédaient.

Dans une heure, c'est le repêchage et je n'ai jamais vu Max aussi tendu. Seuls les huit premiers seront retenus pour la
finale de cet après-midi, et il sent qu’il ne sera pas évident de se qualifier.

 

Il arrive le premier sur la pré-grille. Au loin, plein ouest, de gros nuages menaçants. Alex est là pour soutenir son copain.

 

La pluie s'abat brutalement avant que les pilotes ne rejoignent la grille de départ.

 

 

Compte tenu des conditions climatiques, la course est réduite à 9 tours.

C'est parti! J'encourage par la pensée Max qui boucle son premier  tour en 10ième position.

 

Au deuxième tour, 6 pilotes se sont détachés, suivis un peu plus loin par trois autres. Max s'est fait doubler, il; est onzième. Aie ! Cela s'annonce mal.
Il glisse à la douzième place au troisième passage.
Je me dis alors que c'est râpé.

 

Quatrième tour. Max est onzième, j'ai l'impression qu'il a pris la mesure de la piste mouillé avec un rythme plus soutenu.

Il se maintient dans cette position dans les trois tours suivants.
Soudain, l'espoir revient quand, coup sur coup il dépasse un pilote alors qu'un autre chute au freinage de l'école.


Neuvième, il ne lui manque qu'une place pour se qualifier. Il remonte peu à peu sur le huitième, au guidon d'une MV Agusta, se rapproche de lui au
freinage en bout de ligne droite dans le dernier tour.

Il est tout près sous la passerelle Dunlop. Dernier enchaînement droite-gauche, Max sort plus rapidement, mais la MV Agusta réaccélère très fort et

passe sous le drapeau à damier devant lui.

Fin du week-end pour Max que je sens profondément déçu.

 

 

 

La finale du 600 Promosport est prévue à 16 heures. Il nous faut donc patienter. Le temps est une alternance de grosses giboulées et de soleil furtif. Avec le
concours du vent, la piste semble s’assécher rapidement alors. Je me dis que ce n’est pas bon, de telles conditions, pour le choix des pneus. Autant avoir du
franchement mouillé.

La catégorie Promosport 500 entre en piste. Alex assiste au départ. Cela doit lui rappeler quelques très bons souvenirs de sa saison passée vu qu’il avait

décroché la victoire dans les deux manches ici en 2013. C’est peut-être aussi une façon d’évacuer le stress avant son entrée en piste juste après. La course est spectaculaire avec des changements de leader incessants et des attaques très chaudes.

Nous y voilà. Il faut aller en pré-grille. La pluie a abandonné le terrain depuis un grand moment déjà et l’hésitation est permise quant au choix des pneus. Les pneus pluie sont
installés sur la moto depuis ce matin mais les pneus pour sol sec sont sur le chariot, dans leur couverture chauffante au cas où. Tous les concurrents ont agi
de la même manière.

 

 

La tension est palpable.

 

Soudain, je vois Mathieu et Kevin qui commencent à démonter la roue arrière. Le choix est fait : ce sera pneu sec à l’arrière et pluie à l’avant.

 

 

Bruno est inquiet. « Je n’aurais pas fait ce choix » me dit-il « Alex ne connait pas le comportement de cette machine avec une telle configuration ».

C’est une véritable fourmilière sur la pré-grille avec la valse des pneus. Les petits groupes électrogènes qui alimentent les couvertures
chauffantes ronflent à qui mieux-mieux, les moteurs s’emballent sous les coups de gaz des pilotes.

 

 

L’attente s’éternise et je scrute le ciel changeant. Les nuages ne sont pas très loin.
Je me demande ce qui se passe dans la tête d’Alex à ce moment là; Bruno discute avec lui. Les derniers conseils de son père ?

 

 

 Je n’en peux plus. « Lâchez-les » ai-je envie de crier aux organisateurs.


Enfin, la grille s’ouvre.

Les motos, après leur tour de chauffe, s’installent sur la grille de départ. C’est parti, les 40 pilotes
s’élancent dans le hurlement des moteurs.

 

L’incertitude est totale sur l’état de la piste.

Au deuxième tour, Alex est 16ième.
Dans la ligne droite, au cinquième tour, il est 15ième. Au freinage de l’école, il passe un concurrent alors qu’un autre chute devant lui :
13ième !

Sixième tour, il est toujours 13ième, sans concurrent direct devant lui. « C’est bien » dit Bruno, « Alex est bon lorsqu’il roule seul ».

Septième passage, le voilà 11ième. Peut-être que certains commencent à fatiguer. « Alex m’a dit qu’il n’était pas éprouvé à la fin de sa course hier »
me dit Bruno .

 

Au neuvième tour, un pilote très rapide remonte et dépasse Alex. 12ième. Puis 11ième au onzième tour.
Le vent se lève, et une petite averse survient. La tension remonte d’un cran.


La piste doit être piégeuse. D’ailleurs, le leader, chute en attaquant le freinage en bout de ligne droite. Glissade
impressionnante du pilote et de sa machine. Alex se retourne dans la ligne droite ; il doit voir que ses deux poursuivants sont loin.

Il rend un peu la main, je crois percevoir une glissade de l’arrière dans l’enchaînement qui suit la fin de la ligne droite.

J’ai le cœur qui bat très fort. Bruno est rassuré de voir qu'Alex a baissé le rythme.

Plus qu’un tour interminable et il franchit la ligne d’arrivée en 9ième position.

Bravo Alex, pour ta première épreuve dans de telles conditions, tu as assuré comme un chef, sans faire d’erreurs.


Et, pour la première fois de la journée, je vois Bruno vraiment souriant!

 

 

J'ai beaucoup aimé l'ambiance de cette première course Promosport. Il y règne
une atmosphère détendue, on peut se promener partout .... et l'entrée est
gratuite.

Le mélange des motos modernes avec les plus anciennes qui ont
leur course elles aussi est très sympa et ce fut un plaisir d'aller examiner les
petites vieilles le vendredi. Les deux autres jours, je dois reconnaitre que
j'étais trop concentré sur la course de "nos" pilotes.

En voilà quelques unes:


 

 

 


 

 

Après une première course à Nogaro riche en émotions, j’avais très envie d’assister à la deuxième manche, d’autant qu’elle se déroulait sur un circuit où je n’étais jamais allé.

Vendredi matin, à 9 heures, je quitte donc  le quartier juste au moment où une forte averse s’abat sur moi. Arrêt d’urgence sur les bas-côtés et enfilage rapide de la combinaison de pluie. La journée commence bien !

Je m’empresse de gagner du terrain sur les nuages en filant plein ouest et, effectivement, je sors rapidement de la zone pluvieuse.

500 kilomètres m’attendent, ce qui n’est pas pour me déplaire mais il ne va pas falloir chômer  pour arriver de bonne heure sur le circuit. A Villefranche de Lauragais, je me résigne donc à emprunter le monotone ruban autoroutier.

Une rencontre avec ceux motards sur une aire de repos est l’occasion de poursuivre le trajet accompagné par deux Suzuk,i une vieille 1200 Bandit et  une pimpante 750 GSR.  

Après  Nîmes, je retrouve enfin une route avec des virages, bref un endroit où la moto et son pilote se sentent nettement plus à l’aise !

La montée sur le circuit est très agréable, avec une végétation méditerranéenne, le petit village de Lédenon à traverser et une belle grimpette  pour terminer. Le circuit est installé sur une colline. L’endroit me plait.

J’arrive juste avant la séance d’essais libres d’Alex. Il m’apprend que Max n’est pas là, car il ne participera qu’à quelques courses dans la saison.

Il a manifestement du mal à apprendre ce circuit très vallonné avec beaucoup de virages en aveugle.

« Quel changement par rapport à la 500 » me dit-il «  la roue avant part en wheeling, il est difficile de s’y retrouver ».

 

 

 

 

 

 

Je me poste dans la ligne droite, le long du muret.  Des panneaux de verre y sont disposés car la piste est juste derrière.

Quelques ouvertures entre les panneaux permettent de passer la tête pour voir et surtout entendre les moteurs hurlant en pleine charge. Impressionnant !

 

 

Demain, c’est la séance d’essais qualificative qui risque de s’annoncer difficile.

Je m’installe en bout de ligne droite avec un triple gauche à négocier. Michel, un ami du KRT, assiste comme moi aux essais d’Alex.

Nous trouvons qu’il aborde très proprement cette courbe avec une trajectoire continue qui contraste avec  celle, plus heurtée d’autres pilotes.

Mais qu’en est-il au niveau de l’efficacité ?

 

Vingt minutes plus tard, le bilan est mitigé avec le 30ième temps. Alex  fait le point en reconnaissant qu’il a du mal dans certains virages en aveugle où tous ses points de repère de l’an dernier avec la CB 500 sont à oublier. Il s’est retrouvé un moment derrière le détenteur de  la pôle-position, un habitué du circuit mais il lui était impossible de le suivre sans se sortir. Sur ce circuit uniquement constitué de montées et descentes, l’apprentissage se révèle long et difficile.

 

En outre, son pneu avant avait tendance à dribbler et il n’était pas en confiance. Kevin vérifie la pression des pneus. Résultat : 1,1 bar ! Le pneu a perdu presque la moitié de sa pression. Pas étonnant qu’Alex ait eu un peu de mal avec son train avant. La roue est démontée pour un diagnostic au camion Dunlop. En fait, il s’avère que la roue a tourné sur la jante d’un demi-tour ! Cela provient peut être de la peinture de la jante.

Je consulte la feuille des temps. Alex est en 1.30.729, 30 ième. Le 23ième est à moins d’une seconde devant lui, le 12ième à moins de deux secondes. Les temps sont resserrés et cela me rend optimiste. Hier, il était en 1.32.56, les progrès sont sensibles.

Plus tard, nous assistons aux essais de 500. La descente jusqu’au virage serré qui commande la ligne droite est impressionnante et les pilotes s’arsouillent sur leurs motos de 25 ans d’âge avec un enthousiasme certain !

Je suis avec Alex au moment des essais des 1000. J’ai l’impression d’assister à une séance de domptage de chevaux sauvages avec ses motos de 200 chevaux qui ne demandent qu’à se cabrer dans ces descentes et montées vertigineuses.  Les motos bougent pas mal, mais cela n’a pas l’air de gêner les pilotes qui essorent la poignée de gaz avec un entrain réjouissant. Dans la montée de la ligne droite, au dénivelé impressionnant, les pilotes se penchent en avant pour limiter les wheelings.

 

Je demande à  Alex si ça l’aide de voir passer les autres pilotes. «  Je vois que ça peut passer vite, mais quant à le reproduire, c’est une autre histoire ».  

Juste après, c’est un autre monde qui s’offre à moi avec les courses des Yamaha YZF 125 R. Quinze chevaux, pas un de plus pour ces motos qui peinent dans la montée. Il faut dire qu’elle grimpe dur, avec un dénivelé que j’estime à 15% environ.

 

Puis, c’est l’attente. Kevin ponce l’intérieur de la jante pour éviter que le pneu ne bouge une nouvelle fois. Le soleil s’est installé, avec un petit vent pour rafraîchir l’atmosphère.

 

Avant l’épreuve d’Alex, j’assiste au départ de la course des Promo découverte. Quatorze pilotes seulement, la conséquence de la crise.

La course d’Alex est programmée en fin de journée. Progressivement, l’atmosphère détendue, un brin débridée parfois, dans l’équipe, devient moins légère. On plaisante un peu moins, les discussions sont moins animées. Les couvertures chauffantes sont en place.

 

Alex part en pré-grille.

 

Nous montons tout en haut du circuit au fer à cheval. De là, la vision du circuit est plus générale et cela permet de suivre la course.  Tour de chauffe. Alex passe devant nous, je suis tendu comme un arc.

 

Départ. Nous voyons la meute des motos s’élancer dans un bruit assourdissant. Premier passage.  Je compte les pilotes pour noter la position d’Alex … mais il ne passe pas. Stupeur !

Bruno saute sur son scooter pour aller aux nouvelles. Abasourdi, je n’ai même pas le cœur à suivre la course et je rentre à pied au paddock après quelques photos rapides.

 

 

Quand j’arrive, la roue avant est démontée. Brno m’explique que les bagues de roues en aluminium ont surchauffé  et il me montre l’étendue des dégâts. Alex semble dépité. Il raconte que lors du premier freinage, il a failli chuter car le frein ne répondait pas puis il a senti la roue avant se bloquer progressivement jusqu’à la ligne de départ.

L’amertume  est totale. J’essaie de relativiser en  pensant à la chute qui aurait pu survenir s’il avait tout bloqué au premier freinage après le  départ mais les mines sont sombres au sein de l’équipe. La petite séance de mécanique qui s’ensuit permet aux esprits d’évacuer la déception.

Il ne reste plus qu’à penser à la journée du lendemain. La soirée  est malgré tout joyeuse avec nos voisins, de sympathiques Bretons. Le père est tombé dans la course du temps de la coupe Yamaha quand elle se courait avec les 350 RDLC, ce qui nous ramène un paquet d’années en arrière ! Maintenant, ce sont les deux fils qui s’y mettent au guidon de CB 500 un brin fatiguées. Le petit frère participe à sa première course et il a réussi à se qualifier juste derrière son aîné. Les deux font plaisir à voir avec leur joie d’être ici, en famille.

 

Dimanche matin. La journée commence avec les Promosport 500 et nous sommes là pour encourager les deux frangins. Ils vont batailler ensemble pendant toute la course et c’est le plus jeune qui taxe son frère. Devant, une splendide bataille oppose six pilotes. Je suis impressionné par le rythme qu’ils réussissent à imposer à leurs motos qui ressemblent à tout sauf à des motos de course. Fantastique !

 

Alex n’a sa course qu’à 15H30. Je déambule dans le paddock. Il règne une atmosphère paisible et bon enfant. La vie s’organise avec les enfants qui font de la patinette, en roue arrière pour les plus téméraires ; certains promènent leur chien au milieu des tentes et des camping-cars.

Je regarde ces nomades qui vont de circuit en circuit, assouvir leur passion, ça bricole à droite, à gauche. Quelques- uns donnent un coup de main au voisin en difficulté sur sa moto.  

 

 

Une heure avant le départ, Alex s’échauffe sur le vélo alors que le vent fait valser la toile de l’auvent et surprend par de soudaines bourrasques. Je le questionne sur  cet élément nouveau et il me répond qu’il est très gênant ici, obligeant à adapter sa trajectoire qui peut varier de manière importante.

Je le trouve bien calme alors qu’il s’est installé sur la moto d’un des deux Bretons et qu’il l’aide à changer son levier de frein juste avant  le début de la course des 500 Promosport. Ce n’est en tout cas pas le cas de leur père qui semble bouillir intérieurement. « Ce n’est pas un truc à faire au dernier moment, » me glisse-t-il, « s’il y a le moindre problème, il n’y aura plus de temps pour réagir ». Partagé entre l’envie d’intervenir et celle de laisser son fils gérer sa course, il s’éclipse sous l’auvent pour ne pas assister au bricolage de dernière minute.

Alex enfile son cuir et  s’en va assister au début de la course des Promosport 500.

 

 

Pour ma part, je file d’un coup de vélo vers le haut du circuit. J’encourage les deux frangins pendant toute la course. L’aîné a montré au petit frère qui était le chef en terminant juste devant lui, de vrais jumeaux ces deux-là !

Mon esprit est déjà ailleurs. Je trépigne. Je vois enfin les motos entrer en piste. Alex passe devant moi puis les motos  s’alignent le long du mur longeant les stands.  Le tour de chauffe débute. J’ai le cœur qui bat à tout rompre.

Enfin, c’est le déchaînement des moteurs et le paquet qui s’engouffre dans cet impressionnant triple gauche. Ouf ! Aucun accrochage.

Alex passe devant moi en 32ième position.

Deuxième tour, il est 29ième.

 

 

Troisième tour, je le vois au loin qui fait un beau freinage au pilote qui le précède à l’entrée du triple gauche : 28ième !

Quatrième tour : 25ième.

Cinquième tour : il pique au freinage avant la ligne droite la Triumph .  24ième.

Au sixième, il est 23ième et, vu son rythme, je le vois pouvoir remonter le paquet de cinq pilotes qui le précède à quelques secondes. Je pense alors à ses pneus forcément moins usés suite à son abandon lors de la première course et je me mets à espérer une belle remontée.

Las ! Plus d’Alex. Je vois sa moto garée en bas, contre un muret. Je me précipite pour voir s’il a chuté. Apparemment non, il est juste à côté et regarde passer ses adversaires.

Quelle poisse !

Une camionnette les embarque, lui et sa moto et je rejoins le paddock.

 

 

Cause de l’abandon : chaîne cassée. Moi qui pensais que cela n’arrivait plus sur les motos modernes. 

Alex arrive, sort la moto. Surprise, sur le pneu arrière, en plein milieu, trône une vis !

 

 

Décidément, ce n’était pas le week-end d’Alex qui a accumulé les déboires. Heureusement, il n’est pas tombé, mais le peu de roulage effectué ne lui a pas permis  d’apprendre les secrets de ce sacré circuit.

Il revient de la douche et s’assoit. Je l’entends lâcher un laconique « Là, je suis énervé ». J’en connais plus d’un qui aurait manifesté plus violemment leur désappointement !

 

Je laisse l’équipe et rentre à Pau en compagnie de Jean Henri, venu des Hautes Pyrénées avec sa belle  Yamaha FZ 1 rouge. 500 kilomètres dont 60 beaux kilomètres de départementales et 5H40, plus tard, arrêts compris, je range la moto au garage. Qui a dit que ça ne roulait pas une 250 ?

Je viens d’examiner les feuilles des résultats et, malgré l’avalanche de problèmes, mon côté optimiste trouve qu’il y a du positif. Alex a en effet tourné régulièrement en un peu plus de 1.30 pendant sa (courte) prestation.

Les dix pilotes devant lui au moment de son abandon ont tourné dans des temps similaires ou à peine plus rapides entre 1.29 et 1.30. il était donc dans le rythme. Compte tenu du peu de roulage, j’en conclus que ce n’est pas mal du tout pour sa deuxième course en 600.

 

Quand tout voudra bien se mettre en place, je suis sûr qu'il sera dans le rythme et que j'aurai alors le plaisir de le voir encore plus souvent souriant!

 

 


 

 

 

 

Cela fait une demi-heure que je roule et je me régale. Il y a d’abord le pot Remus qui gratifie chaque accélération d’un beau bruit rauque, il y a ensuite cette partie cycle qui se joue des nombreux virages (quelle belle invention, le Telever !).





Le parcours s’annonce long, tant mieux, vu le plaisir que j’éprouve au guidon de la BMW de Bruno. J’ai mis un pneu neuf à l’avant et j’ai le sentiment très agréable de pouvoir guider la moto au centimètre.

La route est déserte, et les radars aux abonnés absents. Résultat : 86 kilomètres la première heure, 91 la deuxième. Lors de la traversée du Lot, le soleil dispense une belle lumière, les paysages sont magnifiques. Je suis dans un rythme soutenu, avec une sensation de liberté totale.

Les voitures ne sont que des obstacles ambulants que j’avale sans coup férir, pendant que le moteur joue une partition du concerto en Remus mineur.

Je me demande parfois pourquoi certains s’obstinent à emprunter les grands axes si monotones.

L’arrivée en Corrèze se fait sous un crachin qui rend la route glissante. Je rends un peu la main et je me résigne à emprunter la morne autoroute. C’est qu’il me faut être à Paris ce soir.

100 kilomètres avant la capitale, la circulation se densifie et l’entrée sur le périphérique à 18H30 se solde par des embouteillages. Le quotidien ici, mais pas pour un gars du Sud-Ouest. Je me rassure en me disant que, après avoir connu les affres de la circulation au Caire ou à Téhéran, cela ne devrait quand même pas me poser problème !

Enfin, j’arrive au circuit Carole à 19 heures. J’y retrouve l’équipe du Kawito Racing Team. Il fait beau et nous parcourons à pied le court circuit parisien.



Alex ne semble pas être un adepte de ce tracé étroit, avec des lignes droites et quelques virages serrés. Il me dit que la sortie avant la ligne droite n’est pas évidente à gérer au niveau de la puissance.




Les avions passent sans discontinuer au-dessus de nos têtes. Cela change des circuits de Pau-Arnos et de Lédenon, perdus dans la campagne.

Tôt le matin, je fais un tour du paddock. L’atmosphère est vraiment différente de celle que j’ai pu rencontrer sur les autres circuits. L’espace est compté et cela génère une certaine concentration humaine.

Les camping-cars et caravanes, les auvents sont les uns sur les autres. A cela s’ajoute le bruit incessant des avions au décollage.

 





Une demi-heure avant les essais qualificatifs, le temps demeure incertain. Juste avant l’entrée en piste, une pluie fine s’invite. Tout le monde est en pneus secs. Alex discute avec d’autres pilotes qui attendent impatiemment une décision de la direction de course .

 





Enfin, la piste est déclarée mouillée.

 





Branle-bas de combat, chaque concurrent monte les pneus pluie dans l'urgence. L’énervement est palpable d’autant que, cinq minutes plus tard, la piste est ouverte pour les vingt minutes d’essais qualificatifs. Je regarde Alex qui met la main à la pâte. Pas évident de se concentrer dans de telles conditions.

 

 






Ce matin, au petit déjeuner, il m’avait dit qu’il était difficile d’apprendre ce circuit atypique, avec un revêtement rendu glissant par les particules de kérosène des avions.

Il avait du mal à sentir le grip dans la parabolique. En outre, il avait noté le manque de puissance à l’accélération dans les deux lignes droites. Il s’interrogeait sur l’intérêt d’équiper sa Yamaha du boîtier YEC que possèdent certains. Avec cet équipement, le moteur est plus rempli à moyens régimes.


Je m’installe dans « le virage de l’étang », qui commande la deuxième ligne droite. Certains pilotes passent en force, confiants dans les pneus. Alex est plus prudent, très doux, comme toujours dans son pilotage.

Je sens que ce circuit nécessite beaucoup de roulage avant de pouvoir se lâcher. Résultat : 12ième temps de sa session. Et 25ième temps au classement général. L’apprentissage se révèle difficile.



 



Cet après-midi, il y a la demi-finale. Seuls les 12 premiers seront qualifiés pour la finale. Ce n’est pas gagné !

C’est sur piste mouillée que les concurrents s’élancent. Alex fait un bon départ et se retrouve 14ième au premier virage. Sa moto fait une légère embardée et mon cœur prend quelques battements/minute !

Au deuxième tour, il est toujours 14ième avec un paquet de 3 pilotes devant lui.

 




Au 5ième tour, il effectue un beau dépassement au freinage juste avant la ligne droite des stands : 12ième.

7ième tour : le 11ième est 3 secondes devant lui. Alex semble avoir pris son rythme et, effectivement, il prend la 11ième place au 9ième tour.

Il me fait une belle frayeur avec une glissade de l’arrière dans la courbe juste avant la descente.

Fin de la course. Mission accomplie, il est 11ième. La finale s’offre à lui sans avoir à passer par la consolante.



Plus tard, j’assiste à deux superbes manches de la 500 Cup. Quelle attaque à tous les niveaux de la course! Les pilotes n’arrêtent pas de se piquer au freinage, de se doubler à l’intérieur, à l’extérieur, dans un style parfois débridé.

C’est un régal pour le spectateur d’autant que les pilotes semblent prendre du plaisir, de la tête de course, jusqu’au dernier. Cela me donnerait presque envie de m’y essayer, c’est tout dire !

 

 




Enfin, voilà la course des 1000 sur une piste quasiment sèche, mais avec de gros nuages autour du circuit. Ces motos sont arrivées à un niveau de puissance impressionnant.

La maîtrise de certains pilotes me laisse pantois, avec notamment des freinages d’une rare violence et l’arrière de la moto balayant la piste et, juste derrière, des accélérations brutales. Bonne condition physique indispensable !
 


Le soir, je regarde notre voisin. Il est arrivé avec sa voiture et sa remorque. Pas de tente, ni même un auvent pour sa BMW. Quand il pleut trop fort, il met une bâche en plastique transparent pour la protéger. La nuit dernière, il a dormi sur la banquette arrière de sa voiture.

Nous l’invitons à partager notre repas et faisons une petite place pour sa moto sous l’auvent. Il court en catégorie Promosport découverte. C’est cela aussi la course, des passionnés qui, avec les moyens du bord, arrivent à participer à quelques épreuves. Pour Fred, il y aura, en plus de Carole, Magny Cours et Le Mans.






Dimanche matin, je m’en vais assister, de bonne heure, à la consolante des 125. Hier, la course fut d’une grande intensité avec cinq pilotes se bagarrant sous la pluie.

 





La jeune Estelle dont nous avons gardé la moto sous l’auvent fait sa course en queue de peloton, en se battant contre l’autre féminine du groupe. Ce sera chaud entre les deux jusqu’au drapeau à damiers et le geste d’Estelle qui a réussi à taxer sa copine est révélateur de l’état d’esprit de beaucoup en Promosport. Le plaisir de la compétition à tous les niveaux de la course.





Je parle avec Alex de sa prochaine course. Il s’est inscrit en wild-card dans la catégorie stock des 600 Supersport pour l’épreuve de Nogaro. Là, il va jouer dans la cour des grands, mais rien de tel que de côtoyer les meilleurs pour apprendre.

Plus tard dans la matinée, j'aperçois Fred qui revient dare-dare avec sa voiture et un pneu arrière pour sa moto. Il vient d’acheter au tout dernier moment un pneu pour sol sec car la pluie se fait oublier depuis un long moment.

Un peu affolé, il nous annonce qu’il doit être en pré-grille dans vingt minutes. Il sollicite un coup de main. Avec mes deux mains gauches, je tente de ne pas commettre l’irréparable en me cantonnant à des travaux ne touchant pas aux organes de sécurité. Je ne voudrais pas être responsable d’un accident !

Tout est enfin prêt et Fred file en pré-grille. J’admire son moral après une nuit inconfortable et froide dans sa voiture.



Je vais dans la ligne droite assister à sa course. Coup du sort, la pluie survient au moment même du tour de chauffe ! Et s’arrête comme elle est arrivée alors que les pilotes viennent de s’installer sur la grille de départ.

Le départ est donné, les pilotes sont sur des œufs mais Fred passe au premier virage de la 9ième à la 5ième position. La piste s’assèche rapidement et je vois Fred, dans un style très touriste, qui donne une impression de lenteur, remonter peu à peu jusqu’à la 2ième position. Inespéré !



Dans le dernier tour, il s’en est fallu de 5 dixièmes qu’il ne taxe le premier à qui il reprenait entre 2 et 4 secondes dans les quatre derniers tours.
Fred arrive sur le podium, les yeux rieurs, tout étonné de se voir remettre une coupe.



 


Dans trois heures, ce sera le tour d’Alex et le temps continue à user les nerfs des concurrents avec une alternance de pluie et de soleil, et même une mini-tempête pendant dix minutes que nous passons accrochés à l’armature de l’auvent pour éviter qu’il ne s’envole.

Trente minutes avant la pré-grille, une nouvelle averse détrempe le circuit au moment où les 500 vont s’élancer ; leur course est retardée.

Alex se repose à l’arrière du camping-car ; il m’a dit qu’il espérait une course sur sol sec; ce circuit lui semble assez compliqué sans qu’on y rajoute des difficultés supplémentaires.

Il se lève, visiblement agacé par ce temps changeant. J’assiste au rituel de l’habillage, qui se rapproche de celui du motard routard comme moi, avant le départ d’une longue étape. C’est aussi une manière de se préparer mentalement avant de se mettre au guidon de sa machine.




Les motos viennent de se ranger sur la ligne de départ. La pluie a cessé, mais la piste est mouillée et ce sera une course en pneus pluie.

C’est parti, Alex passe un concurrent au premier freinage, 21ième. Ouf ! Aucun accrochage.



Deuxième tour, il est 22ième, alors qu’un pilote chute juste devant lui au freinage en bout de ligne droite. Il a 9 pilotes devant lui.

Au sixième tour, le pilote devant lui fait une équerre à la réaccélération et Alex le dépasse au freinage suivant.



Au 8ième tour, il est 20ième alors que le soleil s’installe.

19ième au 13ième tour.

18ième au tour suivant.

 





Hélas, juste devant nous, il finit en roue libre dans le virage avant la ligne droite des stands. Rageant, il ne lui restait plus que 2 tours.

Motif de l’abandon. J’ose à peine l’écrire : la chaîne qui a sauté….



L’humeur est donc un peu morose, mais il convient de préparer le retour. 850 kilomètres au programme.

Après la vitesse, je m’attaque à l’endurance en quittant le circuit Carole, à 17 heures. Seul problème, je n’ai pas de coéquipier et c’est moi qui vais devoir assurer tous les relais !

9H30 plus tard, après avoir lutté contre un fort vent, puis contre la fatigue, c’est avec délice que je m’engouffre sous la couette.

 

Deux jours après, malgré un bilan mitigé, je reste optimiste. Qualification directe pour la finale, et, surtout, des temps au tour durant la course proches des 12 pilotes devant lui. Il était dans le rythme sur ce circuit qu’il n’affectionne pas particulièrement. Même s’il a abandonné, il a accompli la quasi- totalité de la course, et c’est important pour lui de faire du roulage avec sa nouvelle monture.

Quant à notre voisin, Frédéric Nogues, j'ai vu qu'il avait fait un nouveau podium dans sa seconde course (3ième). Bravo Fred!

j'ai hâte de me retrouver à Nogaro, dans une ambiance sûrement plus sérieuse, avec des machines et des pilotes affutés.

Rendez-vous donc le 25 mai.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Alex a profité de la manche française du Superbike et du Supersport à Nogaro. Il s’y est inscrit en wild card.

Sur sa page Facebook, j’ai pu lire ceci « Ma première participation Supersport en wild-card, un rêve de gosse !!! ».

Vendredi après-midi, je m’en vais à Nogaro pour assister à la deuxième séance d’essais libres.
Je retrouve l’équipe pour cette course au goût particulier.

Après l’épreuve de Carole, la moto d’Alex a été amenée au lycée professionnel de Kévin afin de mieux comprendre son problème de chaîne. Lors du passage au banc, cette dernière s’est détendue très rapidement et a surchauffé. L’explication : la chaîne envoyée par le fournisseur était une chaîne de cross….

Ce fut l’occasion de vérifier la puissance de sa moto : 117 ou 121 chevaux au vilebrequin en fonction de la chaîne utilisée.

Ce matin, Alex s’est classé 19ième à la séance d’essais qui s’est déroulée sous des trombes d’eau. Luca Mahias a survolé la séance.

L’atmosphère est différente de celle du Promosport avec quelques semi-remorques parqués devant les stands. Ce sont les équipes officielles.

D’ailleurs, à leur arrivée, un gars de l’organisation est venu « faire la leçon » en demandant que soient cachées certaines remorques pas à son goût, à priori. Il ne fallait pas choquer le public venu voir du beau matériel.

Encore un qui pense que le paraître est plus important que l’être….





Je pars m’installer dans le double gauche qui précède la passerelle Dunlop. L’occasion de voir un Luca Mahias au style volontaire qui semble dominer sa moto et en faire ce qu’il en veut. Alex est toujours aussi coulé dans son style, et la différence avec les bons pilotes de Supersport est flagrante.

Je me dis que, peut-être, quand il aura pris en main cette nouvelle monture, il devra en passer par là pour progresser. Etre plus « violent » avec sa monture. A moins qu’il n'arrive à gagner de la vitesse de passage en courbe sans perdre ce style de pilotage que j’aime beaucoup pour ma part.







Samedi, une longue journée musicale me retient à Tarbes et je me précipite le soir venu sur mon ordinateur pour regarder les résultats des essais chronométrés du matin et de la course de l’après-midi.

18ième temps des essais : avec une moto stock et vu le niveau du Supersport, je trouve que c’est bien. Par contre, quelque chose me chagrine, Alex n’a effectué que 7 tours. Je croise les doigts pour qu’il n’ait pas rencontré de problème.

Quant aux résultats de la course, stupeur, il n’a accompli que deux tours. Décidément, la scoumoune le suit en ce moment.




Dimanche, sous un ciel gris et une atmosphère qui passe du franchement humide au tout mouillé, je me rends à Nogaro au guidon de la petite VTR.

Je gare la Honda près de la passerelle Dunlop. Là, au moins, elle ne s’ennuiera pas en regardant passer les motos toute la journée.

 





Alors que je rejoins l’équipe, en longeant le circuit, je regarde les side-cars en piste. Celle-ci est mouillée et je suis stupéfait de voir à quel point ces engins ont l’air piégeux, avec une adhérence très limitée malgré leurs énormes pneus. Cela patine fort dans la ligne droite et les pilotes rattrapent des décrochages violents en sortie de virage.





A mon arrivée, j’apprends qu’Alex a chuté lors des essais d’hier. Il était alors 13ième temps, vraiment dans un bon rythme et il a perdu l’avant dans le gauche du virage de la ferme.

Il m’explique qu’il y a deux petites bosses et la fourche a réagi sur la première et il a perdu l’avant sur la deuxième. Le problème, c’est que la moto a fait plusieurs tonneaux et a été ramenée dans un piteux état. Carénage, carter, araignée, tableau de bord, il y avait du dégât.

Ce fut alors le branle-bas de combat avec le copain Max qui s’en va chercher de la pièce chez lui à Gimont. Bruno avoue qu’il pensait que le week-end était alors terminé.

Mais non, après avoir remonté la moto, Alex a pu s’aligner en course. Malheureusement, une petite fuite d’huile l’a contraint à l’abandon. Un des pas de vis était foiré.



Résultat, il partira en dernière ligne pour la deuxième course. « Au moins », me dit Bruno « il n’aura pas de pression ».

Le warm-up débute.



Il ne pleut plus mais la piste est encore bien mouillée. Je trouve Alex très prudent. J’ai l’impression qu’il cherche à reprendre confiance après sa chute d’hier qui l’a bien remué.







De retour, il dit que la piste était très piégeuse. La puissance de la moto de Mahias l’a impressionné. Ils étaient côte à côte au ralenti devant un drapeau jaune agité et ils ont accéléré ensemble. « Un coup de fusil », voilà comment il me résume l’impression produite par cette moto.

Quant à lui, il a le 20ième temps.

La course des Supersport n’est prévue que dans plusieurs heures et j’en profite pour faire un tour dans le parc concurrents.

 



J’y retrouve Philippe, mon concessionnaire, au milieu des CB 500 R de la coupe Honda. Il trouve qu’il y règne une bonne ambiance, et la compétition n’empêche pas l’entraide.



Plus loin, je tombe sur les side-cars. Une catégorie qui m’a toujours impressionné, avec notamment le singe dont j’admire les performances, posé sur un minuscule plancher, avec juste quelques poignées où s’accrocher.

On sent la passion qui transpire, et j’ai l’impression que ça mécanique beaucoup. L’âge des participants étonne. A priori, les jeunes ne sont pas particulièrement intéressés par ces trois roues. Beaucoup de couples aussi forment l’équipage.

Je m’approche d’un des pilotes qui parle du Tourist Trophy avec le regard qui brille , insistant sur les contraintes énormes que les châssis subissent sur ces routes. «Mon châssis, tel qu’il est, ne pourrait y concourir, il se plierait tout de suite ».

L’esthétique de ces engins est étonnante, à mille lieux de mon Paneuropéan 1100 attelé. D’ailleurs, une amie de Bruno, néophyte en matière de motos et présente sur le circuit, a même trouvé une drôle d'allure à ces automobiles ….

 






Peu après, je m’installe au bout de la ligne droite pour regarder les CB 500 R. Le silence de ces motos est étonnant. C’est presque trop, au point que le frottement du carénage dans l'épingle couvre le bruit de l'échappement.

Par la suite, je regarde la catégorie Superbike. Je suis époustouflé par la maîtrise qu’ont les pilotes de ces monstres de puissance. Chacun à son style particulier et je remarque la fluidité de Sébastien Gimbert dans le virage à droite qui suit l’épingle de l’école, au bout de la ligne droite.

 


Puis, c’est au tour des motos de L’European Bike. L’ambiance sonore change avec les grondements sourds qui se mélangent agréablement aux miaulements aigus des quatre cylindres.

Je retrouve un peu plus tard Philippe sous l’auvent du Kawito Racing Team. Il est comme à la maison sur ce circuit et il me propose d’aller voir Sébastien Gimbert, qu’il connait bien, dans son stand. Et comment donc !

Ce dernier est tranquillement assis. Le contact avec lui est simple et chaleureux, et je me sens tout de suite bien en sa compagnie. J’ai devant moi un pilote heureux d’être revenu dans la maison Honda après une longue période chez ce premier constructeur mondial entre 1995 et 2001. Il nous dit que sa moto est en pleine évolution et qu’il croit en son potentiel.

Philippe lui fait remarquer qu’il est le seul à rester sur le même rapport entre la double courbe Claude Storez et le virage à droite suivant. Il nous répond qu’il reste effectivement en deuxième, que sa Honda a des rapports de boîte très longs et qu’il ne passe pas la sixième dans la ligne droite. Le but est d’avoir une première très longue utilisable dans de nombreux endroits sur circuit ; elle génère du frein moteur indispensable pour bien mettre la moto en tension. Il explique alors simplement que c’est la même chose qu’une voiture qui aborde un rond-point sur un rapport trop élevé, elle aura du mal à la négocier.

Devant mon interrogation sur les réactions trop brutales de la moto en première, il me dit qu’il n’y a pas de problème,et que sa Honda n’a pas de contrôle de traction. « C’est elle » dit-il, souriant, en montrant sa main droite, « qui en fait office ».

Il nous laisse ensuite aller regarder ses deux motos. Le stand est impeccable, les motos superbes. On sent le professionnalisme. Je n’ose imaginer ce que cela doit être en catégorie GP.





Pendant ce temps, Sébastien Gimbert nettoie son casque, calmement, détendu. Nous le laissons à sa préparation, il est temps pour moi de rejoindre « mon » pilote.



C’est décidé, c’est au virage de l’école que je vais me poser. J’aime bien cet endroit car les motos passent près des spectateurs. On ressent mieux le bruit, la puissance, le travail du corps des pilotes, les contraintes qui leur sont imposées.

Pendant le tour de chauffe, je croise les doigts pour, qu’enfin, Alex aille au bout de sa course. Je n’attends plus un quelconque résultat vu son départ en dernière ligne et le niveau du Supersport.

C’est parti, pour 18 tours.

Immédiatement, c’est la fusée Mahias qui arrive détaché en bout de ligne droite et il nous gratifie d’un freinage spectaculaire avec la moto qui bouge dans tous les sens. Quelle fougue ! Ce n’est qu’un début, il continue son festival tour après tour. Vraiment impressionnant, ce pilote. En fin de course, il exhorte même les spectateurs à un peu plus d’enthousiasme, avec force gestes de la main gauche, alors qu’il enquille plein angle le virage à droite après l’épingle de l’école ! Un véritable acrobate.

Quant à Alex, il a gagné une place à ce premier freinage. Pendant quatre tours, je le sens un peu sur la réserve, puis il me parait augmenter le rythme, avec six pilotes devant lui.

Les tours défilent, je le vois gagner des places mais je ne sais plus son classement. Peu importe, il me donne l’impression de maîtriser son sujet, sans se mettre dans le rouge.

Enfin, j’aperçois le drapeau à damiers qui s’agite, au loin.

Quand Alex passe en saluant pendant son tour d’honneur, je suis ému. Cela valait le coup que l’équipe se crache dans les mains, hier, pour reconstruire la moto. Il a pu réaliser son rêve d’une course en Supersport menée jusqu'à son terme.

Je rejoins l’auvent. J’apprends qu’il est 18ième et qu’il marque donc 2 points. Superbe !

Alex me dit qu’il a été un peu long à se mettre en température et qu’il a trouvé les 18 tours un peu longs. Il était difficile de doubler car le niveau est relevé, même derrière.

Je le sens quand même heureux et, comme il le précise : « Avec le même train de pneus depuis vendredi et après la grosse chute d’hier, ce n’est pas mal ».


C’est tout guilleret que je rentre à Pau, après avoir regardé la course des Superbike. Malheureusement, le temps changeant a rendu la course peu intéressante. Les choix de pneus différents ont faussé la donne. Dommage, j’aurais bien aimé voir Sébastien Gimbert être en mesure de se battre à armes égales, après son beau warm-up du matin.

Mais, j'ai du soleil plein la tête pendant que la pluie m'accompagne sur le chemin du retour.

Vivement l'épreuve de Pau-Arnos des 5 et 6 juillet.

 


 

 

Durant ce week-end du 5 et 6 juillet 2014, la manche Promosport a eu la bonne idée de faire une halte sur la circuit de Pau-Arnos. Cela tombe bien, j'ai un début de week-end un peu chargé et la proximité du circuit arrange mes affaires.

La région a connu de fortes pluies vendredi mais je me dirige vers la circuit par une douce matinée ensoleillée, après avoir accompagné, quelques kilomètres durant, l'acheteur de notre side-car, parti confiant pour 650 kilomètres de routes jusqu'à sa maison. Je croise les doigts pour que tout se passe bien; en effet, il a eu son permis moto à l'armée, il y a 50 ans et il n'a pas conduit de moto depuis....

J'arrive juste à temps car Alex et tous les concurrents sont en piste pour la séance d'essais qualificative. J'abandonne ma moto et me précipite sur les bords de la piste. Par endroits, de larges trainées d'eau se font un malin plaisir de perturber les pilotes dans leurs trajectoires.

 

 

La séance prend fin, Alex a le cinquième temps de sa série avec un temps de 1.26.064. Son copain Max, qui participe à cette manche proche de chez lui, réalise le 15ième temps avec 1.28.464.

 

 

Alex m'apprend que, hier, le circuit s'est retrouvé inondé avec pas loin de 60 centimètres d'eau sur la piste, eau qu'il a fallu pomper. Mais, il y a toujours des remontées d'eau qui rendent la piste piégeuse.

Au classement général des deux séances d'essais, il est 11ième; Max 32ième.

J'assiste ensuite à la séance qualificative des 500 Promosport au cours de laquelle, comme d'habitude, je note le caractère généreux des pilotes. Ces motos, de vingt ans d'âge, tournent dans des temps incroyables, vu leur faible puissance et leur rusticité.

 

Les deux demi-finales n'auront lieu que l'après-midi, et j'ai du temps devant moi. J'en profite pour faire un petit tour du paddock. Je m'attarde chez les "vieilles". J'aime beaucoup l'ambiance qui s'en dégage, avec des passionnés de mécanique autant que de pilotage. Certaines machines sont vraiment superbes.

 

Je m'arrête devant une Suzuki aux couleurs de celle de Barry Sheene et discute un peu avec le pilote, trop jeune pour avoir connu ce grand monsieur de la compétition moto.

 

Je retrouve Alex. Il me dit que ce circuit est très exigeant physiquement; il ne permet aucun temps de relâchement, avec une ligne droite très courte et de nombreux dénivelés.

Première demi-finale. Alors qu'il se prépare, Alex lance un " ça va être dur".

Il est vrai qu'il règne une lourde chaleur qui semble vouloir annoncer de proches orages.

 

 

Le départ est donné, Alex boucle le premier tour en sixième position.

 

 

Le pilote derrière lui tente un freinage dans le gauche en montée.

Deuxième tour, il est 5ième et se détache un peu en compagnie du sixième des poursuivants. Il perd une place au freinage en bas de l'impressionnante descente.Toujours en sixième position dans les tours 4 et 5 mais je vois que ça remonte derrière. 7ième au trou suivant, puis une place de moins au tour suivant. Alex semble avoir du mal dans l'entrée du long virage à gauche de la montée.

Neuvième au huitème tour. Aïe!

 

Tour suivant, il se retrouve 9ième, avec toujours la même difficulté à s'inscrire dans ce virage.Heureusement, il ne perd plus rien jusqu'à la fin de
la manche et termine donc à la dixième place.

Les 13 premiers sont  qualifiés pour la finale, mais je suis un peu déçu du déroulement de sa course.

Alex arrive sous l'auvent, enlève son casque. Il a le visage rougi et marqué par
l'effort.

 

 

Il dit qu'il ne sentait pas trop le train avant dans ce long gauche. Pourtant, il trouve que ses pneus présentent une usure "propre", signe d'un bon équilibre de la machine. Bruno arrive et analyse sa course. "Tu étais bien partout sauf dans l'entrée de ce grand gauche où tu t'es fait systématiquement remonter".

Pas de temps à perdre, c'est au tour de Max qui court dans la deuxième demi-finale. Avant dernier au départ, il passe un pilote au freinage en bas de la ligne de la descente. 16ième, puis 15ième au cinquième tour. C'est insuffisant pour se qualifier. Heureusement, deux chutes surviennent, qui lui permettent d'éviter de passer par l'éprouvante consolante du dimanche matin.

 

La chaleur est étouffante et je ressens une grosse fatigue après trois courtes nuits. Je quitte donc mes amis et leur dit à demain pour la finale.

 

 

Dimanche, j'arrive sur le circuit au moment où les vielles motos rentrent en piste. Les bruits de ces ancêtres sont sympas et variés: vieux flat-twin BMW au son assourdissant,V-twin qui grondent, quatre cylindres dans un registre moins grave. J'assiste à la nette victoire de la Suzuki que j'avais admirée hier. Vraiment une belle moto et un beau style de son pilote qui sait envoyer du gaz!

 


Ensuite, c'est le tour de la consolante des 600. Deux femmes sont présentes et je note leur style beaucoup plus coulé.

 

 

Enfin, c'est une belle course où se mélangent les quatre cylindres 400 cm3 et les bicylindres 2 temps. Il y a de belles bagarres, notamment les deux premiers: c'est le 4 temps qui finit par prendre le dessus, mais ce fut disputé. Parfois, le bruit si caractéristique du V4 Honda vient couvrir les miaulements stridents des quatre cylindres en ligne.

Pour terminer, les 1000.Quelle violence avec des accélérations vives et des pilotes qui semblent peu impressionnés par la puissance redoutable de ces machines.Sur un circuit aussi sinueux et exigeant que celui de Pau-Arnos, l'exercice ne doit quand même pas être évident.J'aime le son rauque des Yamaha R1 qui tranche avec celui des quatre cylindres en ligne.

 

 

Plus tard, je discute avec Alex de sa course. Hier, il ne comprenait pas les difficultés rencontrées dans l'entrée de ce gauche rapide. Aujourd'hui, il met ça tout simplement sur le compte de la fatigue. Il me parle des 140 kilomètres qui parcourt chaque jour pour aller et revenir du boulot, sur des petites routes. Je réalise combien la compétition moto peut être exigeante physiquement et qu'il n'est pas facile de concilier la vie professionnelle et la course. D'ailleurs,Alex appréhende la finale qui se court sur 21 tours. Heureusement, la chaleur torride de samedi a quitté les lieux.En prévision des orages annoncés, la direction de course a intelligemment revu le programme et avancé les épreuves. Tout se terminera à 14 heures.

En attendant, j'ai droit au très beau spectacle de l'arrivée d'une Suzuki à cadre Martin.La base est une Suzuki Katana, moto ô combien rare. Et le résultat est vraiment exceptionnel. Un bijou!

 

 

L'heure de la finale approche. Le vent s'est levé, et les nuages s'installent peu à peu. Alex m'annonce, en rigolant, qu'il souhaite la pluie ... après le 15ème tour qui provoquerait un arrêt de l'épreuve, car il craint vraiment la longueur de la course.

Il y a toujours une certaine gravité dans les moments qui précèdent le départ en pré-grille. Les visages sont plus tendus, les paroles plus rares. Parfois, je me mets à la place d'Alex et j'ai le sentiment que je serais submergé par les émotions, sans réellement pouvoir maîtriser ces derniers instants.

 

 

Les pilotes entament leur tour de formation. Je regarde tout autour de moi. L'environnement de ce circuit est de toute beauté. C'est un plaisir à chaque fois renouvelé lorsque je m'y rends. c'est même le seul circuit où j'aurais vraiment envie de tourner, peut-être parce que son tracé sinueux et rempli de dénivelés ressemble un peu aux routes que j'ai l'habitude de fréquenter.

 

 

Enfin, c'est le départ. Alex est dans le paquet , 16 ième.

 

 

Au deuxième tour, il se fait passer au freinage, en bas de l'impressionnante descente. Soudain, au 3ième tour, chute d'un pilote dans la parabolique, avec la moto qui glisse longuement et reste au milieu de la piste.

Heureusement, elle est rapidement dégagée par les commissaires de piste. Il reste une trace d'humidité dans ce virage piégeux. Max est en 27ième position.

Au cinquième tour, Alex fait un bel intérieur au freinage du bas de la descente. Après ce dépassement, il se dégage sur groupe de poursuivants. Je trouve qu'il a pris un bon rythme, mais ça roule fort devant.

Au 7ième tour, nouvelle chute dans la parabolique, décidément très piégeuse.

 

 

Alex reste 15ième et commence à être talonné de près par le 16ième. A eux deux, ils remontent sur le 14ième.

 

 

13ième tour, il tombe quelques gouttes! Au tour suivant, je vois le 17ième dans un très bon rythme , qui double le 16ième et remonte sur Alex.Il le pique au freinage, en bas de le descente.

Heureusement, Alex prend sa roue; il est beaucoup plus volontaire et agressif que la veille. Ils remontent tous les deux sur le concurrent devant eux, mais la pluie devient plus forte et les drapeaux rouges sont sortis.

La course est arrêtée au 15ième tour et c'est le classement du tour précédent qui est pris en compte. Alex est 16ième, Max 26ième.

Enfin, un week-end de course sans problème mécanique et sans chute. Alex a pu rouler, et c'est ce qui compte dans cette première année où il découvre une catégorie bien plus pointue que les 500 Promosport.

 

 

 

Dans deux semaines, c'est le circuit du Mans qui accueillera les concurrents. Alex avait adoré courir là-bas, l'an dernier, et pas seulement parce qu'il y avait remporté deux victoires. Ce circuit chargé d'histoire l'avait marqué.

J'espère pouvoir y aller. C'est que j'ai une nouvelle moto dans le garage et un rodage s'impose pour cette jeunette de 16 ans....

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vendredi 18 juillet 2014, mon départ, en vue d’assister à la prochaine manche du Promosport a une saveur toute particulière. Car, elle se déroule sur le mythique circuit du Mans, là où se sont affrontés les pilotes les plus célèbres, aussi bien sur deux que sur quatre roues, lors d’épreuves renommées.

J’ai d’autant plus de raisons de me réjouir que je pars au guidon de ma toute nouvelle moto, achetée une semaine avant, une Honda 600 Transalp. Sept ans après avoir vendu ma troisième Transalp,après avoir vécu d’incroyables moments au guidon de cette moto.

Je suis impatient de rouler, avec malgré tout la crainte que la magie du souvenir ne se soit altérée avec le temps. Deux cents kilomètres plus tard, dans la région des vignobles bordelais, je suis rassuré. J’ai retrouvé cette douceur, cette onctuosité qui la caractérise. Confortablement installé, voilà qu’elle me donne de nouveau des envies de grands espaces.

 

 

Je sais que la route sera belle avec elle et j’arrive frais comme un gardon aux abords du circuit. C’est qu’elle a bigrement bien vieilli, l’ancêtre !

J’aperçois au loin les grandes tribunes, j’ai le visage de Steve Mac Queen en tête, dans le film « Le Mans » tourné en 1971. L’émotion est bien présente alors que je pénètre dans l’enceinte du circuit. Alors que je longe le Chemin aux bœufs, je vois Alex sur la piste ! Freinage d ‘urgence, je gare la moto et assiste à la fin de sa séance d’essais.

 

 

Je rejoins un peu plus tard l’équipe. Max est présent sur cette épreuve. Il me parle de l’impressionnante courbe Dunlop et du freinage violent qui suit.

Alex est en sueur, il ; vient d’enchaîner deux séances d’affilée. Il confirme que ce circuit n’est pas évident à apprendre et qu’il est un peu perdu dans ces repères de freinage. Tout va tellement plus vite qu’avec la CB 500.

Max a tourné en un peu plus de 1.51 et Alex en 1.49.07.

Je monte tout en haut de la tribune de la ligne droite. Les hurlements des moteurs résonnent de manière assourdissante. Il est difficile d’avoir une vue générale du circuit.

Vu d’ici, la courbe Dunlop a l’air effectivement d’être un gros morceau et certains pilotes sont sur la réserve au moment de l’attaquer.

 

 

 

Le temps est lourd ; plus tard le vent se lève, annonçant peut-être du changement. Effectivement, une averse violente s’abat sur nous pendant 10 minutes puis la moiteur revient.

Alex et Max font un peu de mécanique, purgent les freins. Jordan, du haut de ses 17 ans, apprend le métier. Hier, il a fallu changer l’amortisseur dont un réglage semblait inopérant. EMC l’a contrôlé et en a donné un nouveau à Alex.

C’est la fin de journée, le paddock retrouve un certain calme. Terminés les bruits des moteurs hurlant sur la piste ou sur le banc de puissance installé à proximité.

Mais, tranquillement, tout le monde s’affaire dans son coin, peaufine les détails, ajuste les réglages. Demain, ce sont les essais qualificatifs, le week-end de course commence vraiment.

 

 

Assis sous l’auvent, je regarde ma Transalp. Soufflets de fourche, garde-boue enveloppant, pare-mains imposants, tête de fourche bien dimensionné, large sabot : à l’époque, on n’oubliait pas le côté fonctionnel et je trouve que cela ne s’est pas fait au détriment de l’esthétique.

Je la trouve encore belle, cette moto ! 4,8 litres, 4,7 litres et 5 litres sur la partie autoroutière en fin de parcours, cela reste raisonnable comme consommation.

Bon, je crois que je m’égare, je suis ici pour parler de motos de course….

 

 

Samedi matin, je me réveille difficilement après une nuit mouvementée, ponctuée par de violentes averses. L’humidité est encore bien présente. Je vais assister aux essais des attachantes vieilles motos mais la pluie redouble et la séance est interrompue.

 

 

L’ambiance est bonne sur le paddock. On se prête du matériel. On discute avec un pilote du Promosport 500.

Pendant le petit déjeuner, on parle de Bruno, le père d’Alex qui participe en ce moment au rallye du Dourdou. La compétition est chevillée au corps des Sarrabayrouse !

La séance d’essais qualificative arrive. Max s’installe en pré-grille.

 

 

 

J’aime ces minutes qui précèdent l’entrée sur la piste. On sent une certaine tension chez certains, d’autres ont l’air concentrés, dans leur bulle. La piste est encore mouillée mais elle est en train de sécher, ce qui ne peut que créer un peu de stress supplémentaire.

Mais, comme ce fut systématiquement le cas depuis le début de la saison, en dehors de Lédenon, les pilotes doivent commencer à être habitués. C’est presque devenu routinier !

 

Elles m’impressionnent ces tribunes imposantes. Ici, on sent un grand professionnalisme. De même, les véhicules d’intervention sont très éloignés de ceux que l’on trouve à Lédenon par exemple. Au Mans, il y a de superbes Audi haut de gamme. On ne joue pas dans la même catégorie !

 

 

 

Je me suis installé contre le muret de la ligne droite des stands.

Si près de la piste, tout change. Les sensations de vitesse, d’accélération sont décuplées. Je peux voir les pilotes à la lutte sur leur moto, car c’est bien un combat qu’ils mènent, tour après tour.

En les voyant passer, je réalise à quel point, du premier au dernier, il y a cette recherche permanente de la performance quel que soit le niveau et je ressens à l’attitude de chacun sur sa moto cette détermination à aller chercher ses limites.

Et, avec ces 600, ça va quand même très vite !

 

 

Le soleil s’invite au cours de cette première séance d’essais. Alex vient jeter un coup d’œil, sûrement pour apprécier l’état de la piste qui s’assèche.
Max en termine avec sa séance d’essais. C’est au tour d’Alex.

 

 

Après dix minutes, alors qu’il est 7ième temps, il s’arrête le long des stands, fait un rapide réglage de suspension et repart.

 

 

 

 

La séance se termine. Alex et Max livrent leurs impressions. Max a vu deux pilotes qui se sont « envolés » devant lui et ça l’a calmé, comme il dit.

Pour Alex, il a eu confirmation de ce qu’il pensait de ces pneus pluie. Difficile de savoir jusqu’à quelle limite on peut aller, sauf si on envie de jouer. Sinon, il a trouvé que la moto bougeait beaucoup sur cette piste séchante.

Résultat, au classement général des deux séances d’essais, Alex est 12ième à 2.22 de la Pôle position et Max plus loin derrière, en 51ième position, car sa séance a été réalisée sur une piste plus mouillée.

Les deux demi-finales sont prévues en début d’après-midi. Juste après le repas, voilà que les nuages refont leur apparition. Décidément, la météo est changeante dans la région !

Les pneus pluie sont préparés au cas où….

 

 

Max court dans la première demi-finale.

Je vais m’installer dans la tribune située à la sortie de la courbe Dunlop. J’ai envie de voir les différences de pilotage. J’ai le souvenir d’Alberto Puig, pilote à l’attaque ô combien généreuse, qui avait fait une chute spectaculaire lors des essais du Grand Prix en 1995.

Je croise les doigts car Max m’a parlé d’un départ assez « chaud » avec cette courbe qui suit la ligne droite. J’ai le palpitant qui s’accélère.

C’est le départ.

Trente moteurs en furie rugissent.

Mince, Max passe en 29ième position à la chicane.

Deuxième tour, il est 27ième, ça va être dur car ça roule fort devant.

Tour suivant, il est 26ième avec quatre pilotes à sa portée juste devant, car je trouve qu’il passe mieux cette chicane. Allez Max, il te faut terminer 18ième pour être qualifié !

25ième puis 23ième aux deux tours suivants. Il a trois pilotes devant lui à deux secondes.

Au sixième tour, il est 22ième.

Malheureusement, son classement ne varie pas jusqu’à la fin de la course. Il sera donc contraint de passer par la consolante demain matin pour espérer pouvoir participer à la finale.

 

 

 

C’est maintenant au tour d’Alex. Quelques nuages menaçants s’installent au-dessus du circuit, le vent se lève. Pitié, pas de pluie !

Les pilotes rentrent en piste. Je ressens l’impuissance du spectateur condamné à assister au déroulement de la course sans pouvoir intervenir. Ne te fais pas mal, surtout, Alex !

Je suis tendu comme un arc.

Enfin, le départ !

Sortie de la courbe Dunlop, Alex est 11ième.

 

 

Deuxième tour, Alex est juste derrière l 10ième et je le sens bien sur sa moto, en confiance.

Troisième tour, il est 9ième avec trois « furieux » juste derrière lui.

Quatrième tour, Alex remonte sur le 8ième au freinage.

Cinquième tour, il est 8ième, il a réussi à le passer, mais il y a du monde derrière. Je le trouve bien incisif. Il a passé Jérôme Hazard.

 

 

Au tour suivant, il est toujours 8ième, mais Guilhem remonte fort.

Septième tour, il n’est plus que 10ième.

 

 

Neuvième tour, il se rapproche de Guilhem au freinage de la chicane où je le trouve plutôt bon.

Pas de changement au dixième tour, mais il se rapproche des deux concurrents devant lui. La lutte est serrée entre les trois !

Ligne d’arrivée, il termine 9ième juste derrière Jérome Hazart. Bravo !

C’est pour moi la plus belle course d’Alex depuis le début de la saison. Combatif, mais toujours propre dans son pilotage, il m’a fait vibrer en ne lâchant rien du début jusqu’à la fin de la course.

Son meilleur tour en course fut de 1.47.327. Pour Max, ce fut 1.50.834.

 

 

Nous partons ensuite au Chemin aux bœufs où les freinages sont violents. C’est vraiment un circuit où il faut savoir se servir du levier droit !

Je me régale toujours autant du bruit rauque du moteur des Yamaha R1 et de cette impression qu’ils donnent de tracter avec vigueur la moto en sortie de virage.

Courte rencontre avec Fred, notre voisin de Carole qui, pour sa deuxième course de la saison, est passée en Finale A. Il partira en fond de grille.

Il a toujours ce côté amateur au bon sens du terme. Il dort dans sa voiture et son réchaud est tout simplement posé sur sa remorque.

Quant à sa moto, dehors, je crois qu’elle va de nouveau avoir droit à sa bâche en plastique vu le climat incertain du week-end.

 

 

Je continue mon exploration du circuit en m’installant au virage du raccordement qui commande l’entrée dans la ligne droite.

C’est la fin de la deuxième demi-finale des 1000 et un des trois pilotes de tête mord sur la bande synthétique au-delà du vibreur. Résultat sans appel, un travers généreux de la roue arrière.

Cela ne semble pas trop contrarier le pilote qui garde les gaz ouverts en grand et en quille la ligne droite et la courbe Dunlop comme si de rien n’était !

Plus tard, les petites vieilles font des vocalises, notamment une Laverda 3 cylindres à la voix envoûtante. 

 

Puis, les « moins » vieilles rentrent en pré-grille. Il y a beaucoup de rides sur les visages, les cheveux sont souvent grisonnants et les ventres poussent parfois sous le cuir.

 

 

L’un des pilotes, sur sa Suzuki RG 500 maintiendra son moteur en régime pendant un bon quart d’heure. Difficultés de démarrage, peut-être, pour ce moteur que l’on disait complexe à l’époque de sa sortie ?

 

 

L’ambiance est paisible en cette fin d’après-midi. Je discute avec le père et le fils qui court tous les deux, le jeune en Promosport 500 et le tout aussi jeune (dans la tête !) en Sénior.

 

 

La nuit, très estivale, s’est installée. Nous parcourons un tour du circuit à pied. Très instructif pour un routard tel que moi. Alex m’explique les trajectoires, les énormes différences de repère de freinage entre sa 500 de l’an dernier et la 600 actuelle. Tout va tellement plus vite avec cette dernière.

Quand je le questionne sur les virages, il répond inlassablement par « pas évident ». Sa passion pour la compétition moto transpire lorsqu’il me décrit la trajectoire des pilotes en GP, où la manière acrobatique utilisée par Marquez dans le raccordement franchi au-delà des vibreurs, coude par terre.

 

 

Au matin, je sors de mon sac de couchage. La nuit fut animée avec des trombes d’eau régulières.

Pour l’instant, c’est calme.

Près des douches, un gars m’aborde, simplement, juste pour le plaisir de parler … de moto essentiellement. Sympathique discussion avec cet attachant personnage, ancien judoka de haut niveau dont le fils débute en Promosport 600.

Alex est parti à l’infirmerie, car il a mal à un œil. Il revient soulagé avec du collyre cicatrisant. Espérons qu’il ne sera pas trop gêné en course.

A 10H40, c’est l’épreuve si délicate de la consolante. Seuls 8 pilotes sur les 20 présents seront retenus pour la finale de l’après-midi. Les concurrents sont en pneus secs mais je sens une humidité qui s’installe, annonciatrice d’une pluie prochaine.

Sur la pré-grille, je vois Alex qui discute avec son copain Max. Les derniers conseils et encouragements ?

 

 

Je file d’un coup de vélo à la tribune Dunlop pour assister au départ.

Max est 5ième à la chicane où ça se bouscule pas mal au freinage.

 

 

Deuxième tour : 6ième

Troisième tour : 7ième. Il a trois pilotes devant lui et un qui le colle derrière, puis il y a un petit écart avec le neuvième. C’est bien parti. Allez, Max !

Au tour suivant, il se fait passer au freinage : 8ième, talonné par deux pilotes.

Sixième tour : 9ième. Il résiste bien au sixième tour à la tentative de freinage du dixième.

 

 

Au tour suivant, il est toujours 9ième mais il n’est plus menacé derrière et se tient tout près du 8ième. Je le trouve combatif.

Huitième tour, il remonte au freinage sur le 8ième .

Aie ! Il se fait doubler dans la courbe Dunlop au neuvième tour. Les quatre devant lui sont proches et tout parait possible pour la fin de course.

Malheureusement, il termine 10ième.

Il n’y aura pas de finale pour Max.

Je le rejoins sous l’auvent. Il est déçu, bien sûr, mais heureux quand même d’avoir livré une belle bataille.

Dans le dernier tour, il a fait le freinage au concurrent devant lui qui l’a bien « écarté ».Lui qui recherche avant tout le plaisir dans la course, il a été servi.

Peu après, un déluge (un de plus !) s’abat sur le circuit. Le temps semble durablement s’installer dans l’humide, voire le franchement mouillé.

Dans deux heures, c’est la course d’Alex. Les pneus pluie sont installés sur la moto.

Nouvelle grosse averse qui oblige la direction de course à arrêter une épreuve. Les courses suivantes sont retardées.

Enfin, c’est l’heure d’aller en pré-grille. Une lourde chaleur s’installe. Le temps est fou !

Coup de théâtre, alors que les concurrents sont fin prêts, la direction de course annonce un retard de 30 minutes car un des concurrents de l’épreuve en cours vient de vidanger son carter sur une bonne partie du circuit. Il faut procéder au nettoyage de la piste.

 

 

Tout autour de moi, ça discute, ça regarde le ciel, l’indécision est encore là, mais, peu à peu, ça commence à s’activer.

Avec ce retard, la piste séchante risque d’être complètement sèche au moment du départ. C’est alors la valse des pneus.

La tension est palpable dans cette fourmilière qui s’agite. Les groupes électrogènes donnent de la voix pour alimenter les couvertures chauffantes.

Je vois Alex qui aide à monter les pneus, le casque sur la tête. Il transpire. Ce n’est peut-être pas le meilleur moyen de se concentrer, d’autant que quelque chose bloque au moment de monter les étriers de freins.

Court instant de panique avant que tout rentre dans l’ordre. Enfin, la moto est fin prête … mais l’attente se poursuit, s’éternise.

Je scrute le ciel, aperçoit les nuages qui reviennent à la charge. Surtout pas de pluie !

 

 

C’est enfin la libération du groupe des 44 pilotes. Il était temps !

Je file à la tribune Dunlop.

C’est le départ. Alex reste prudent au premier freinage et se fait passer par deux motos, il est 19ième.

 

 

Au troisième tour, il sort 17ième de la courbe Dunlop mais se fait passer au freinage.

19ième au cinquième tour. Il a quatre pilotes en ligne de mire. C’est serré, je sens qu ’il va falloir se battre.

17ième au sixième tour.

16ième au septième tour.

 

 

Au tour suivant, il fait l’intérieur au 15ième dans la courbe Dunlop, celle qui lui fait si peur. Bravo !

Au neuvième tour, il est 14ième mais se passer au freinage par le n°12 qui le gêne à la réaccélération. C’est chaud !

De nouveau 14ième au tour suivant au coude à coude avec le n°12. Quelle belle bagarre.

La course s’achève sur une 14ième place finale.

Je rejoins Alex, il est tout sourire, heureux du déroulement de la course où il s’est donné à fond.

Manifestement, il a apprécié les bagarres avec ses concurrents directs. Avec Jérome Hazard notamment qu’il a dû éviter en mettant plein angle, sa botte gardant le souvenir d’un contact rugueux avec la piste.

Quant à moi, je suis aux anges. Qu’elle est belle, la course, quand il y a un groupe en pleine bataille.

Merci Max et Alex, chacun dans votre course, vous n’avez rien lâché et je me suis régalé à vous regarder.

D’ailleurs, Alex a réalisé un temps de 1.46.601 dans son meilleur tour en course. Il y a eu une belle évolution comparé au 1.49.007 de vendredi.

L’ambiance est joyeuse sous l’auvent.

 

 

Je dois malheureusement m’éclipser. C’est qu’il y a quelques kilomètres jusqu’à Pau ! 650 exactement au cours desquels je prends des saucées mémorables.

A un moment, j’ai cru que je roulais sur l’eau. Je savais que j’avais une bonne moto, mais de là à ce qu’elle se transforme en bateau….

6H30, plus tard, pas plus fatigué que cela, j’arrive à la maison, peut-être porté par le plaisir intense que m’a procuré ce week-end de course, mais aussi par ma Transalp, quatrième du nom, qui, dans la lignée de ses sœurs, se révèle être une machine à avaler les kilomètres dans un grand confort. Et ne dites pas que je suis subjectif, je suis juste amoureux de cette moto!  

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Je n'ai pas pu  me rendre à la manche de Magny Cours.

Heureusement, sur le site dédié au Promosport, les résultats des essais sont rapidement affichés et, en outre, on peut suivre les courses en direct.

Un tableau avec le classement, le temps au tour et les écarts, permet d'être "dans" la course. 

Ainsi, samedi soir, j'ai pu voir avec grand plaisir qu'Alex avait eu une belle journée. Il décrochait un encourageant quatrième temps dans sa séance d'essais, ce qui le plaçait en septième position au classement général des essais. Dans sa demi-finale, il terminait en sixième position. 

Dimanche, j'ai donc suivi en direct sa course en finale. Douxième au premier tour, il a ensuite bataillé ferme avec un groupe de pilotes. Les écarts étaient faibles entre eux et leurs temps au tour proches, mais Alex a pu, peu à peu, remonter plusieurs pilotes.

J'étais avec lui, devant mon écran, je surveillais les chronos de ses adversaires, je les imaginais tous en train de se dépouiller pour terminer devant. Alex est remonté jusqu'à la huitième place et il s'en est fallu d'un cheveu qu'l "mange" le septième, effectuant même son meilleur chrono dans l'ultime tour!

Une belle bataille pour son meilleur résultat depuis le début de l'année.

C'est comme si l'épreuve du Mans avait servi de déclic.

Magny Cours a confirmé qu'Alex afranchi un cap. Je croise les doigts pour que la série se poursuive.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’entame la montée impressionnante qui annonce l’arrivée sur le circuit de Lédenon.

Je viens de parcourir 500 kilomètres et je me dis « Tiens, je suis déjà arrivé ». C’est quand même bien une moto confortable.

 

 

 

 

 

C’est le début d’après-midi, ce vendredi 5 septembre. Je suis content de retrouver ce circuit que j’avais découvert il y a quelques mois, pour la deuxième manche du Promosport.

Je retrouve Alex au box n°4. C’est le grand luxe, ce week-end ! En fait, il a loué un box, comme le font beaucoup d’équipes, avec quatre autres pilotes pour se partager les frais. Au final, le coût est limité.

Alex me dit qu’il m’a inscrit à la séance des essais libres suivante, celle des séniors, afin que lui mette au point sa machine….

Ma lucidité sur mes capacités de pilotage est suffisante pour que je n’y crois pas une seconde !

Nous parlons un peu de la dernière manche d’Alés où je n’ai pas pu me rendre. Alex n’aime pas ce circuit, le revêtement pourri avec des trous rebouchés succinctement. Il s’est fait plaisir à Magny-Cours (et les résultats ont suivi), mais ce ne fut pas le cas à Alès.

La séance d’essais débute. Je me place au sommet de la côte, dans la ligne droite. Les moteurs passent dans des hurlements stridents, les roues délestent. Cela me met dans l’ambiance, mes oreilles vont être mises à rude épreuve !

 

 

Fin de la séance : Alex rentre avec une impression mitigée, même s’il note une amélioration par rapport à la première course d’avril. Il a le sentiment étrange d’aller vite, sans que cela ne se traduise réellement au chrono, et de ne pas savoir dans quels endroits du circuit il pourrait améliorer.

Il est vrai que, vu de l’extérieur, j’avais noté comme une certaine réserve dans la mise sur l’angle, comme un manque de confiance.

 

 

 

 

Dans le box, il y a Antonin, un sympathique gars du nord qui court en Promo découverte avec sa Kawasaki. Son unique but est le plaisir et il me confirme que c’est ce qu’il éprouve depuis trois ans.

Je sens qu’il a fait des sacrifices financiers mais « cela m’a permis de courir sur les plus beaux circuits de France » conclut-il, avec du bonheur dans les yeux.

A côté de nous, il y a les deux frangins que j’avais rencontrés en avril. Ils roulent avec des CB 500. Très chaleureux, ils ont fait l’épreuve d’Alés de concert, comme cela avait été le cas ici en avril. Une histoire de famille….

Enfin, il y a Pierre Sambardier. Un personnage attachant, généreux dans son pilotage que j’avais pu remarquer cette saison. Pour la première fois, je peux approcher sa moto de près.

Elle est… disons qu’elle a un style unique. Déjà, une Kawasaki dans une catégorie monopolisée par les Honda CBF, c’est inusité, mais avec une apparence aussi spéciale, c’est la preuve d’un long et difficile vécu.

Je reste admiratif devant le rythme que lui impose Pierre. La dureté de l’embrayage est exceptionnelle, une vraie commande à tendinite !

 

 

18 heures. Après le déchaînement des chevaux sur le circuit, le calme est revenu. Une pilote vient demander quelques renseignements à Pierre Sambardier.

Elle roule avec deux « vieilles », une Aprilia RS 250 et une Yamaha RDLC 350. Je les écoute analyser mètre par mètre les difficultés du circuit. Je trouve Pierre très pédagogue et cela me donnerait envie d’aller mettre en application tous ses précieux conseils. Mais je ne crois pas qu’une Transalp, même avec le double-disque, ait sa place sur une piste de vitesse!

Je la trouve intéressante, cette démarche, très féminine, d’écouter ceux qui savent et de demander humblement un avis éclairé pour progresser plus rapidement.

Plus tard, la discussion s’engage avec le père de Pierre Sambardier, qui fait office de mécano également. Il me raconte ses hivernales de l’époque en France avec ses motos, le serrage de la Suzuki T 500, la réparation sur le bord de la route, je lui réplique avec « mes » Eléphants en 1982 par -20 degrés. Oui, je sais, ça fait un peu anciens combattants !

L’ambiance est chaleureuse dans le box avec les deux jeunes Bretons, Antonin qui arrive à mijoter de magnifiques petits plats avec les moyens du bord.

Bruno, le père d’Alex, arrive tard le soir. Sa KTM est un peu gourmande ; 10 litres aux 100 …. à 180 km/h. Je lui dis que j’ai fait du 5 litres à 130 et il me rétorque qu’il n’a jamais essayé à cette allure!  

 

 

Samedi matin, les essais chronométrés ont lieu de bonne heure. Le soleil est omniprésent. Est-ce sa présence, si rare tout au long de la saison, ou le fait que ce soit la dernière épreuve,mais je me sens moins tendu alors qu’Alex rejoint la pré-grille.

 

 

De mon emplacement, je le trouve plus incisif que hier dans les entrées de virage.

Effectivement, il améliore son chrono d’une seconde, avec un temps de 1.29.311.Cela le met en 18ième position.

Jérôme Hazart, un sympathique pilote qui passe souvent voir Alex, est 9ième, avec 6 dixièmes de moins. Les temps sont serrés.

Bruno semble un peu déçu car cela veut dire qu’il ne sera pas dans le bon paquet, et il n’est pas très aisé de doubler ici.

 

 

C’est au tour des 500 de faire les qualifications ; Branle-bas de combat. Benjamin n’a pas de compte-tours sur sa CB et, alors que la séance vient de commencer, Alex lui installe son chrono Alfano.

 

Juste avant, c’est un concurrent qui est passé en catastrophe car on lui refusait l’accès en pré-grille pour deux petits trous dans le sabot. Jérôme Hazart, présent dans le stand, le dépanne dans l’urgence avec une pâte bleue.

C’est ça le Promosport, je trouve, une entraide naturelle. Peut-être qu’au niveau des hommes de tête, cela est moins vrai, je ne sais pas.

Dans le box, il y a un écran sur lequel on peut suivre les temps au tour au fur et à mesure de la séance ; les deux frangins se tiennent dans le dixième, comme d’habitude, pourrais-je dire, puis le petit frère fait parler la poudre ; il améliore d’un coup d’une seconde puis plus tard de cinq dixièmes.

Dans la matinée, je vais jeter un œil en pré-grille des vieilles motos. C’est toujours un plaisir de regarder, d’admirer souvent, ces motos bichonnées. Et elles vont très vite. Allégées au maximum, avec des moteurs travaillés, certaines envoient du gaz dans la ligne droite.

Un des motards annonçait 80 chevaux pour un peu plus de 120 kilos sur sa Yamaha 350 RDLC, ça commence à causer !

 

 

 

 

    14 heures ; La première finale des 600 Promosport va commencer. Il fait très chaud. Les 18 tours vont être longs sur ce circuit très physique.

Je m’installe en haut, au fer à cheval. Je croise les doigts pour qu’Alex fasse un bon départ.

Hélas ! Il passe en 22ième position, puis 24ième au quatrième tour. C’est mal engagé….

Au sixième tour, il est 23ième avec un paquet de pilotes devant lui ; beaucoup perdent l’avant à l’entrée du fer à cheval, mais, heureusement, aucune chute à déplorer.

Neuvième tour : 22ième ;21ième au tour suivant.

 

 

Encore deux places de gagnées au 11ième tour.

17ième au treizième tour et il met la pression sur le 16ième.

Fin de la course, il est 16ième, son meilleur tour est de 1.29.268 au quatorzième tour.

Une légère amélioration de son chrono des essais.

Comme souvent, il lui a fallu un peu de temps pour trouver un bon rythme, gêné, je suppose par son mauvais départ.

A son retour, il m’explique qu’il a fait un bon départ mais qu’il s’est retrouvé trop à l’intérieur à l’entrée du triple gauche et qu’il s’est fait enfermer.

Je vais éviter ça à la prochaine finale, conclut-il.

A priori, il a un peu souffert de la chaleur….

 

 

 

C’est au tour des deux frangins et de Pierre. Comme toujours, la course des 500 est spectaculaire et le rythme imposé à ces pauvres motos pas vraiment prévues pour cela, est impressionnant.

Les deux frères sont ensemble au premier tour, puis Benjamin fait parler la poudre et remonte de la 20ième à la 12ième place au sixième tour.

Il est déchaîné et se bat comme un beau diable. Il en fait même un peu trop et manque de mettre par terre dans le dernier tour.

Quant à Pierre Sambardier, il termine 8ième. Baptiste est 17ième.

 

 

 

Peu après, j’assiste à la course des « missiles ». Cette catégorie des 1000 vaut le coup d’œil, avec des motos surpuissantes.

J’admire le niveau des pilotes qui donnent l’impression, parfois, de dompter leur machine, tel le cavalier sur un cheval sauvage.

Avec les dénivelés du circuit, la roue avant parait vouloir s’envoler à tout instant.

Romain Maitre est au-dessus du lot. La veille, après les essais libres il avait dit à Alex que les autres pilotes ne le verraient pas pendant la course. Une confiance totale et justifiée dans son pilotage.

En quelques virages, il a déjà fait le trou dans le premier tour. Son pilotage est beau, il provoque les glissades en entrée de virage, comme le fait un certain Luca Mahias. Et l’efficacité est au rendez-vous.

 

 

 

C’est la fin de journée. Antonin nous prépare des frites succulentes pour l’apéro. Un vrai chef cuistot !

 

 

   Dimanche, de bonne heure.

J’aime les petits matins.

Le silence de la nuit y est encore présent mais, çà et là, on perçoit des bribes de vie.

J'ai eu un peu de mal à me sortir du sac de couchage, mais je ne le regrette pas.

Le paddock ne va pas tarder à se réveiller. La lumière du jour s’installe doucement.

Dans la salle du petit déjeuner, il ‘y a qu’une personne. J’engage la conversation. Il est mécano de Romain Maitre. Il me parle de son pilote qui s’entraine tous les jours, sur une piste de kart, près de Vezoul avec une moto montée en super motard.

Puis de Vincent Philippe, car il officie au SERT. Huit fois champion du monde d’endurance avec la Suzuki, cela commence à prendre de la place sur une carte de visite !

Il me parle de ce sportif accompli, excellent cycliste, qui n’arrête pas de s’entrainer. Il faut dire que l’endurance, c’est physique, surtout quand on double les relais comme cela lui arrive parfois.

La conversation se poursuit avec son épreuve fétiche, les 8 heures de Suzuka, sur un circuit extraordinaire, avec des écuries japonaises exceptionnelles.

Une anecdote m’a frappé, c’est la description qu’il me fait de l’équipe Yoshimura, dont les mécanos, tous très jeunes, passeront une bonne partie de la journée à être chronométrés …. pour le seul béquillage ! Afin de gagner quelques dizièmes de secondes.

Je ne m’attendais pas à ce qu’un mécano du SERT, dont la réputation n’est plus à faire, m’avouer son admiration pour le professionnalisme de cette équipe.

« A côté, nous faisons club du 3ième âge » conclut-il en riant.

Ce qui m’a le plus étonné, c’est son rêve que l’on passe aux moteurs électriques….

Je rentre au box, en pleine forme après cette belle rencontre matinale.

Plus tard, je vais assister à la course d’Antonin. Il est en fin de groupe et perd quelques places dans la dernière partie de la course. Je m’attends donc à le voir déçu lorsqu’il rentre.

Au contraire, il est heureux, car il a amélioré significativement ses chronos. Jamais il n’a roulé aussi vite ici.

Et cela suffit à son bonheur.

 

 

Je m’arrête un instant au box de romain Maitre et j’y retrouve le sympathique mécano.

 

 

Ce dernier m’annonce qu’il va devoir démonter le moteur après la dernière finale.

« Je dois apporter une bielle, un piston et une soupape pour vérification. C’est normal quand on gagne. Mais je ne m’inquiète pas, je sais ce qu’il y a dans le moteur. Si notre Suzuki marche si bien, c’est que l’on a un pilote exceptionnel dessus. Demain, je remonterai le moteur ».

Bref, c’est une opération de routine pour lui, comme effectuer une vidange et changer les bougies pour moi. « Chacun son métier » me dit-il.

Après le repas de midi, c’est la deuxième finale des 500.

Je regarde « nos » trois pilotes se préparer. Tout devient plus sérieux. Ce n’est pas le moment de les distraire ; ils sont déjà dans leur course.

Pierre m’a paru un peu désabusé, en cette fin de saison difficile pour lui.

Les informations qui circulent font état de motos pas vraiment conformes chez les pilotes de tête.

« La coupe que j’ai eue cette année, je peux la regarder avec fierté », lâche-t-il, un brin amer.

 

 

La course se résume, en tête, à un mano a mano entre les deux premiers du championnat, à égalité de points.

Derrière, je vois Benjamin nous rejouer la partition de la première finale avec un pilotage généreux. Mais, il faiblira un peu sur la fin.

Pierre, lui, remonte régulièrement des places mais on voit qu’il n’a pas les moyens de jouer devant.

 

 

Voilà maintenant les 600.

Sous un soleil de plomb, j’attends avec un peu d’angoisse le premier passage d’Alex.

Appréhension justifiée, hélas, car il est 26ième. C’est fini pour lui, il n’y a plus qu’à espérer une belle remontée.

C’est le cas. Il est 22ième au septième tour, puis 20ième au 13ième tour pour finir à la 17ième place.

 

 

Il raconte sa course, avec de nouveau le premier triple gauche délicat où il s’est fait enfermer et bousculer.

Après, il s’est appliqué à remonter.

A peine la course terminée, il est temps de plier bagage. J’aide au chargement.

Ce départ du circuit a un goût particulier car c’est la dernière course et je réalise que j’ai pris goût à ces week-end intenses sur le plan émotionnel.

Pour Alex, il y a encore une épreuve car la manche de Supersport qui devait se dérouler à Dijon aura lieu à Nogaro, « son » circuit, le week-end prochain.

Il va pouvoir de nouveau côtoyer la catégorie au-dessus, comme il l’avait fait il y a quelques mois.

Il n’y a pas le choix, le retour se fait sur la monotone autoroute. Bruno, qui m’accompagne, vit une expérience nouvelle (enrichissante ?) en conduisant sa belle KTM 5 heures durant à 130 km/h.

Il va falloir que je l’appelle pour savoir s’il s’est remis d’un tel traumatisme….

J’ai regardé les résultats sur le site du Promosport.

Voilà ce qui y est écrit:  « Lors du contrôle technique du vendredi, un premier coup de théâtre vient semer la zizanie lorsque la Honda de Thibaud Doutre est présentée avec un plombage arraché. Thibaud se voit immédiatement disqualifié de l’épreuve d’Alès et des 26 points qu’il avait pu acquérir. Kévin Lavainne a alors le champ libre pour décrocher la Coupe au moment où les feux des deux dernières finales passent au vert. Second puis premier des deux courses du week-end, Kévin est logiquement couronné. Deuxième coup de théâtre ! Refusant le démontage du moteur de sa machine, Kévin Lavainne est à son tour disqualifié, le reléguant ainsi à la 3ème place du classement final ».

Je comprends mieux l'état d'esprit un brin morose de Pierre sambardier tout au long du week-end.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vendredi 13 mars 2015.

Bis repetita. C’est la réflexion que je me fais alors que je sors la moto du garage. Le petit crachin qui m’avait accueilli au sortir de la couette se transforme soudain en pluie drue et froide.

Cela fait dix jours qu’il fait un temps printanier et voilà la pluie qui s’invite pour l’ouverture du Promosport, une sorte de remake de l’année précédente.

Quatre vingt kilomètres détrempés plus tard, j’arrive avec grand plaisir dans le paddock du circuit de Nogaro. 

 

 

 

J’ai hâte de retrouver Alex que j’ai un peu perdu de vue depuis sa fin de saison 2014. Je sais qu’il a installé le boîtier YEK avec le faisceau lui permettant d’avoir une moto au moteur mieux rempli. J’ai aussi appris qu’un nouveau pot d’échappement avait pris place sur sa Yamaha.

J’ai aussi reçu sa plaquette d’information sur la saison à venir.

Aujourd’hui, on rentre dans le vif du sujet. 

Je me pose des questions sur cette nouvelle saison. Va-t-il confirmer sa fin de saison où il avaitcommencé à prendre la mesure de sa moto ? Et cette dernière, aura-t-elle trouvé les chevaux qui lui manquaient l’an dernier ?

Pendant que je gare la moto près de l’auvent du KRT, j’entends les quatre cylindres qui rugissent de l’autre côté de la butte. C’est la fin de la séance  d’essais libres du matin. 

Alex n’a pas pu s’entraîner cet hiver et il s’agit pour lui d’une remise en jambes tardive. Mais, ce n’est pas ça qui m’inquiète, il connait bien ce circuit de Nogaro.

Alex rentre sous l’auvent. Je prends des nouvelles. «  Mis à  part le temps, ça va. ».Manifestement, il apprécie ce moteur mieux rempli qui répond plus fidèlement aux ordres de la poignée de gaz. 

 

 

La prochaine séance d’essais est prévue pour l’après-midi. Je profite de ces quelques heures pourrendre visite aux petites vieilles toujours aussi désirables.

 

 

 

 

13H55. A une demi-heure de la séance d’essais, les gouttes se mettent à frapper le toit de l’auvent qui danse sous les assauts répétés du vent. A priori, Alex ne va pas fusiller ses pneus pluie sur une piste séchante.

Je m’installe sur le bord de la piste. Dans la ligne droite, je constate que sa moto va vite, avec un moteur qui donne l’impression de bien respirer. 

Alex est toujours aussi fin dans son pilotage. Aucune brusquerie, mais un rythme qui me parait bien soutenu.

 

 

 

Drapeau rouge. Une chute provoque l’interruption de la séance.

Quelques minutes plus tard, c’est reparti. Alex est le premier à s’élancer sur la piste. Je le vois comme un signe de sa détermination, à l’entame de sa deuxième saison en 600 Promosport. 

D’ailleurs, il est plus incisif dans ses entrées en virage, plus volontaire dans son comportement général en piste. Je trouve qu’il a « grandi ». Il est vrai que l’an dernier, il découvrait sa Yamaha et surtout une nouvelle catégorie bien éloignée de celle dont il venait. Une quatre cylindres sportive actuelle, cela n’a rien à voir avec une vieille Honda CB 500 des années 90. Il avait fallu passer par un long apprentissage.

A son retour, il semble serein. La moto lui convient. 

Je laisse l’équipe. J’ai 80 kilomètres sous la pluie qui m’attendent. 


Samedi 14 mars 2015. Ma Transalp a eu droit à une longue douche sur le chemin du circuit. Heureusement, elle est équipée du chauffage et j’ai grandement apprécié les poignées chauffantes. L’hiver nous livre ses derniers assauts avec un peu de neige sur les contreforts des Pyrénées. 

Belle surprise en rentrant sous l’auvent. Depuis hier, la Yamaha s’est débarrassé de sa tenue de jogging et a revêtu son smoking , sa livrée de course. Je la trouve magnifique avec ce mélange de bleu et de rouge. Le pot d’échappement participe également à l’esthétique générale, et cela change de l’éternel Akrapovic. En plus, c’est un artisan français qui a fabriqué la ligne complète.

 

 

 

A côté, je revois avec grand plaisir Baptiste et Benjamin, les deux sympathiques frères bretons qui courent en catégorie 500. Chaleureux et remplis d’enthousiasme, ils vont participer à quelques courses dans l’année.

Justement, c’est à eux. Leur séance d’essais qualificatifs s’ouvre. Benjamin, le plus jeune, est chaud d’entrée. Son frère, plus sage, augmente progressivement le rythme. Le temps est froid, la piste mouillée. 

Dernier tour, Baptiste qui avait ralenti pour avoir un tour clair, se lâche : 3ième temps. Ah ! Les Bretons et la pluie, c’est une histoire d’amour ! Et Pierre, le papa, est très content !

 

 

 

C’est ensuite l’attente avant la séance d’essais d’Alex. Hier, je l’ai senti plutôt serein mais, aujourd’hui, c’est la place sur la grille de départ qui est en jeu.

Vingt petites minutes, et rien d’autre, pour se qualifier. Il n’y pas de droit à l’erreur. Je suis admiratif de cette faculté à tout donner, sous la pression, en si peu de temps. Impensable pour  un motard de route, comme moi, qui, parfois, trouve la plénitude de ses moyens après plus d’une heure de roulage et commence alors seulement à sortir la « grosse attaque ».

 

 

 

Je suis tendu. Cette piste mouillée piégeuse ne me dit rien qui vaille, mais je sais qu’Alex n’a rien d’une tête brulée. Du bord de la piste, on voit le « totem » sur lequel s’affichent les 10 premiers. C’est très pratique.

Très vite, le 96 se retrouve 4ième ! Je n’en crois pas mes yeux. Puis, 3ième. Enfin, à mi-séance, 2ième, après un bref 1er temps ! Ce n’est pas possible, je rêve ! 

 

 

 

Je vois Alex qui rentre alors aux stands. Pour un réglage d’amortisseur ? Pour économiser ses pneus pluie alors que la piste est séchante? 

Huit longues minutes plus tard, il rentre de nouveau en piste pour deux tours avant la fin de la séance d’essais. Entretemps, les temps sont tombés et il se retrouve 6ième. Belle performance qui lui permet un départ en deuxième ligne.

 

 

 

Juste derrière, ce sont les 1000 qui rentrent en scène. La Yamaha R1 nouvelle génération est là. Le bruit atypique de son moteur me fait toujours autant vibrer, mais les montées en régime beaucoup plus vives semblent montrer un tout autre caractère.

La violence de ces motos me surprend à chaque fois. J’admire la maestria des pilotes qui semblent dompter un cheval sauvage, prêt à les envoyer en l’air d’une ruade appuyée à la moindre faiblesse de leur part.

D’ailleurs, un concurrent se fait éjecter à la réaccélération devant nous. Sonné, il se traîne jusqu’aux bas-côtés pour ne pas se faire heurter puis attend, étendu, l’arrivée des secours. Oui, la chute n’est jamais loin, et elle peut faire mal.

 

 

 

Le repas de midi s’achève. Cela fait un moment qu’il ne pleut plus. Nous longeons le circuit quasiment sec, sauf dans le droite-gauche avant la ligne droite des stands.

« Cela risque d’être piégeux », me dit Alex. La course des 600 a été retardée de ¾ d’heure car une petite vieille a laissé un peu d’huile sur la piste ce matin. Les inconvénients de l’âge, une incontinence chronique….

Pendant l’attente sous l’auvent, quelques gouttes tombent. L’ambiance est bon enfant mais ce temps incertain de quoi mettre les nerfs à rude épreuve. Alex ne montre pas de signe d’énervement. Il discute tranquillement. 

Ce matin, il a montré sa sérénité en s’arrêtant 8 minutes pour économiser ses pneus. » Un  train de pneus, c’est 420 euros, m’a-t-il dit. Je ne peux pas me permettre une telle dépense ». La réalité de la course, c’est aussi cela, l’argent. 

Je n’ai pas demandé à Alex quelles sont les aides qu’il a pu obtenir, mais il est évident que cela ne couvrira pas, et de loin, les dépenses d’une saison. Il ne s’en plaint pas, il n’en parle d’ailleurs pas, car c’est la passion qui l’anime. Mais, il est clair qu’il faut composer avec ce manque de moyens, dans les choix techniques, dans les séances d’entraînement qui coûtent cher.

On rentre dans le vif du sujet. Alex est parti en pré-grille.

 

 

 

J’assiste à la fin de l’épreuve des « vieilles ». Il va falloir que je me renseigne, car je me mélange un peu dans les nombreuses catégories de ces belles anciennes.

 

 

 

Tour de chauffe. Alex passe devant nous et va se ranger sur la grille de départ. Au niveau de mon cœur, ça chahute pas mal ! 

C’est parti dans le hurlement strident des quatre cylindres.  Dans la ligne droite, je vois Alex en quatrième position !  Inespéré. 

Au deuxième tour, il est toujours 4ième avec le concurrent qui le colle derrière.

Au quatrième tour, il est 3ième !  La moto de tête est détachée devant depuis le début de la course.

Cinquième tour : le n°23, Patrick Mageot colle Alex, toujours 3ième.

Sixième tour : Mageot dépasse Alex à la puissance dans la ligne droite.

Au septième tour ; Alex tiré par le 23, revient sur le 2ième. J’ai du mal à croire qu’il se bat aux avant-postes.

Le leader, Adrien Ganfornina, se fait une belle chaleur, dans le gauche avant la passerelle Dunlop. A priori, il a légèrement mordu sur une bande humide et la roue arrière a fait une énorme virgule qu’il a récupérée in-extremis ! 

Huitième tour. Légèrement gêné par un attardé, Alex perd un peu de terrain sur le 3ième. 

Pendant les trois tours suivants, il arrive à se maintenir au quatrième rang et se détache un peu du 5ième. Je respire un peu mieux !

Jusqu’au dernier tour de course, les positions ne changent pas, mais il recolle un peu au duo devant lui.

Sous le drapeau à damier, il termine à un peu plus d’une seconde du 2ième et du 3ième, Cyril Guignard et Patrick Mageot. 

Quelle course !  Et quelle joie de voir Alex se battre dans le peloton de tête. 

 

 

 

De retour sous l’auvent, il raconte brièvement, comme toujours, sa course.

Au départ, il n'’y avait pas beaucoup de traces de sec et c’est ce qui a avantagé le premier. Cela lui a permis de se détacher d’entrée et de ne plus pouvoir être rejoint par la suite.

Sinon, il semble assez content de sa prestation (on le serait à moins !). Je réalise la marche qu’il a franchie depuis l’an dernier. Son poursuivant immédiat est Erwan Quellet qui a terminé 3ième de la saison 2014 en Promosport 600. Je ne veux pas m’emballer car la saison ne fait que débuter et aussi parce qu’Alex aime ce circuit, mais il y a quelques raisons d’espérer une tout autre saison après les débuts parfois difficiles de l’année 2014.

Son meilleur tour en cours fut 1.35.675. Adrien Ganfornina, le vainqueur est en 1.35.132, Cyril Guignard en 1.35.872 et Patrick Mageot en 1.35.351. Bref, des temps assez proches.

Peu après, c’est au tour de nos voisins bretons de s’élancer. Piste sèche.

Dès le troisième tour, les deux frangins se retrouvent à rouler ensemble en 12 et 13ième position. Décidément, comme l’an dernier, ils sont inséparables, ces deux-là ! La course est passionnante, comme toujours, et cela se bat à tous les niveaux. 

Les derniers tours sont très chauds. Devant,  la victoire se joue dans le droite-gauche avant la ligne d’arrivée avec un intérieur osé de Martial Bellut sur Pierre Grimoux qui ne veut pas céder.

Juste après, j’ai cru que Benjamin allait faire la même chose sur son frère. Il m’avoue à son retour qu’il y a bien pensé un bref  instant ! Devant les parents déjà un peu stressés, un strike dans le dernier tour aurait été peu apprécié, je pense….

 

 

 

Après cette magnifique journée, je rentre la tête remplie d’espoir pour la journée du lendemain.

 

 

 

 

Dimanche 15 mars 2015. C’est la première fois depuis trois jours que je quitte Pau sans la pluie. A la place, une brume matinale m’enveloppe. J’aime ces atmosphères du petit matin. La route est déserte et je dois juste veiller à composer avec l’adhérence incertaine du revêtement encore humide. Le soleil m’envoie même quelques rayons bienvenus. Je me régale dans les enchaînements de virages.

A mon arrivée, l’auvent est désert. Il est encore bien tôt et la course n’a lieu que cet après-midi.

Les vieilles sont sur la piste. Temps froid, piste mouillée, j’admire la dextérité des pilotes. Une Triumph Trident magnifie la piste avec un son exceptionnel, des tonalités qui vont du rauque à l’aigu au fur et à mesure que le moteur prend ses tours. C’est sublime. 

Devant moi, un pilote bloque l’avant à la prise de freins ; sa moto glisse longuement dans une gerbe d’étincelles. Il est un peu sonné, mais finit pas se relever. 

Ensuite, c’est une nouvelle catégorie qui arrive, celle dans laquelle on trouve les motos qui m’ont fait rêver, il n’y pas si longtemps que cela. Les RC 30, les GSXR.

 

 

 

Un pilote est sur la pré-grille avec un FZ 750 magnifique. Il l’a remontée tout l’hiver et semble partagé entre l’émotion et le bonheur avant d’effectuer sa première course à Nogaro.

 

 

 

Cela fait remonter en moi bien des souvenirs. C’était en 1986 et Yamaha était venu présenter et faire essayer sa gamme sur ce même circuit. 

Motivé comme jamais, j’étais dans les premiers arrivés et j’avais essayé le maximum de motos dans la journée, dont cette FZ 750. Quatre cylindres incliné, 5 soupapes par cylindre, 100 chevaux, autant dire que cela m’avait changé de ma Honda 500 VTE.  Ce fut la seule (et unique !) fois où j’ai franchi le cap des 200 km/h. Un souvenir inoubliable. 
 

Enfin, un plateau hétéroclite se présente pour la course des VMA Classic ( ?). Je me mélange un peu avec toutes ces catégories, mais ce n’est pas grave, cela permet d’admirer de belles motos en action. 

Très vite, deux Honda 750 s’échappent en tête et se livrent à un magnifique mano à mano. Je suis étonné par le niveau de performance de ces motos et par les angles pris par les pilotes. Le rythme est élevé. Le n°200 finit par abandonner près une passe d’armes d’une haute intensité. Un coup à toi, un coup à moi.

Plus tard, je m’en vais traîner dans le paddock pour me rincer l’œil devant les anciennes. Je fais la rencontre du mécano qui a préparé la Honda 750 victorieuse.

 

 

 

Un sympathique gars du nord qui prend manifestement un plaisir énorme à préparer la machine et à la voir rouler. Je lui fais part de mon étonnement devant les performances de la moto. Il m’explique que les pneus ont beaucoup progressé et ont transfiguré le comportement.

Pourtant, le cadre est d’origine et la moto semble à des années-lumière des sportives actuelles. La moto développe quand même 80 chevaux à la roue arrière, ce qui n’est pas rien pour un moteur de plus de 40 ans d’âge. 

Le copain du mécano, qui a l’air aussi passionné, parle de  sa fille jouant dans la semi-remorque de Barry Sheene, de son fils qui fréquentait Léon Haslam, le fils du spectaculaire Ron Haslam. On sent un peu la nostalgie d’une époque plus humaine, loin, bien loin des pilotes enfermés dans leur mobil-home, protégés de toute intrusion.

Maintenant, c’est dans le Promosport que l’on retrouve cette ambiance chaleureuse, cette camaraderie, avec les apéros qui servent de débriefing. Je crois d’ailleurs que, outre le plaisir de suivre Alex dans sa découverte du Promosport 600,  c’est cette atmosphère détendue et conviviale qui m’a donné envie de poursuivre cette petite bafouille de week-end de course. 

A chaque épreuve,je sais que je vais faire des rencontres,écouter des gens toujours intéressants me raconter de belles histoires, m’extasier devant le génie mécanique de certains …. ou l’approximation d’autres moins rigoureux.

Je vais voir des gens qui aiment cette période nomade de leur existence, allant d’un circuit à l’autre, pour refaire, en apparence seulement, la même chose. Mais, au fond d’eux, ce sera nouveau, car les surprises ne manquent pas. 

J’aime toujours autant voyager avec ma moto mais j’aime aussi ces quelques jours qui réunissent sur un circuit toutes ces personnes reliées par la même passion.



Deux photos de Ron Haslam et son style atypique

 

 

 

Le repas de midi s’achève. Aujourd’hui, cela devient une certitude, la pluie ne viendra pas perturber la course d’Alex. Le soleil daigne même faire une apparition.

Avant lui, ce sont Baptiste et Benjamin qui s’en vont pour leur deuxième course du week-end. Benjamin a bricolé sa moto, ce matin.  Il s’est en effet rendu compte qu’il avait fini la course d’hier sans eau ! Je savais le moteur de la CB 500 solide, mais pas à ce point !

Stupeur, Baptiste ne passe pas lors du tour de formation. On le voit revenir dans le camion balai, furieux, sa chaîne de transmission à la main. Cela me rappelle quelques mauvais souvenirs de 2014….

 

 

 

Son jeune frère, comme à son habitude, part le couteau entre les dents. Déjà 9ième au premier tour, puis 8ième au troisième tour, il « mange » deux concurrents au freinage en bout de ligne droite au septième tour. 

Par la suite, il baisse un peu de rythme et se fait remonter, mais résiste vaillamment, dans les derniers virages, pour ne pas perdre une place de plus. Je ne sais pas si tous les Bretons ont du caractère, mais Benjamin, c’est certain !  Il revient écarlate, et n’a pas besoin de nous dire qu’il a tout donné dans cette course.

A côté, sous l’auvent, Alex fait un peu de vélo d’entrainement. Bruno, peu avant, vérifiait le serrage de toutes les vis qui passaient à la portée de sa clef allen. Une manière d’évacuer le stress paternel,je suppose !

 

 

 

Pour ma part, je sens bien cette vague d’émotion qui monte en moi. Que va donner cette course ? Va-t-il confirmer ?

  

 

 

Pour cette deuxième course, je m’installe près de la ligne de départ. Les pilotes viennent se ranger.J’ai Alex tout près. La procédure de départ est lancée. Les lumières rouges s’allument, les 36 moteurs hurlent à l’unisson. 

Ces quelques secondes sous les décibels paraissent interminables et soudain, c’est la libération, les motos sont projetées en avant, quelques roues se lèvent. Je remarque qu’Alex est bien parti, proprement, sans brutalité excessive. Je retrouve son respect de la mécanique jusque dans ses départs. 

 

 

 

 

Au premier tour, dans la ligne droite, il est 4ième. Puis 3ième au deuxième tour.

 

 

 

Troisième tour, Patrick Mageot le double dans la ligne droite. Et il fait de même avec Quellet deux tours plus tard.

Alex suit Quellet et ne donne pas l’impression de forcer. Je suis avec Bruno et le podium nous semble envisageable. Dans la partie sinueuse après le freinage de l’Ecole, il parait plus à l’aise et recolle à son adversaire, mais quant à le doubler, c’est une autre paire de manches ! 

De notre emplacement, on voit très bien l’entrée dans le gauche avant la passerelle Dunlop. Alex y a un style superbe, le coude par terre. S’il prend autant de plaisir qu’il m’en donne, cela doit être grandiose ! 

Malheureusement, au douzième tour, il se fait de nouveau passer dans la ligne droite par Clément Fitte.

Au tour suivant, on le voit se décaler au freinage en bout de ligne droite mais il sort un peu large. Aie! 

C’est raté. Il ne pourra plus revenir, mais termine la course à une belle 5ième place. Adrien Ganfornina est une nouvelle fois vainqueur.  

Je le rejoins dans le parc fermé. J’apprends que les 5 premiers doivent y laisser les motos une demi-heure après l’arrivée, le temps imparti pour une éventuelle réclamation d’un concurrent. Il est vrai qu’il n’y avait pas toutes ces formalités l’an dernier, le classement n’était pas le même….

 

 

 

Les pilotes se racontent leur course :

 

 

 

Alex nous explique qu’il était très à l’aise derrière Quellet mais que le moteur de la Kawasaki reprenait très fort en sortie de virage et qu’il ne pouvait l’attaquer. Quant au freinage optimiste, il s’est fait surprendre en étant dans l’aspiration du concurrent devant. Ce dernier a freiné au moment où il se décalait. 

Il me parait entre deux eaux, Alex. Alors que, de mon côté,  je vois son beau week-end, sans heurt, lui semble insatisfait, estimant peut-être qu’il pouvait mieux faire. Je le sens déjà tourné vers la prochaine épreuve. Derrière son calme à toute épreuve, l’esprit de compétition est bien présent !

J’ai vérifié les chronos en course : 1.34.799 pour Alex, 4ième meilleur temps. Pas très loin de la tête.Voilà des chiffres qui font du bien !

Ce week-end m’a donné très envie d’en connaitre d’autres. Je n’ai plus qu’à poser une RTT pour le vendredi précédant les 4 et 5 avril. Au programme, Lédenon et ses montagnes russes ; l’an dernier,Alex avait eu beaucoup de mal à apprendre ce circuit atypique. Espérons qu’il aura trouvé quelques pistes d’amélioration.

Wait and see. 


PS : Je me suis demandé qui était ce double vainqueur, absent l’an dernier. Je suis allé sur sa page Facebook. Il pilote une 1000 depuis 2008. Un pilote d’expérience, donc. C’est pour lui un retour aux sources et je pense qu’il ne doit pas être impressionné par la puissance de sa 600 !  Il a gagné les 24 heures de Barcelone en juillet 2014, a l’air de très bien se débrouiller en enduro et semble être un sportif accompli. Bref, un sacré client et d’après moi, le favori de l’année 2015.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vendredi 3 avril 2015. Je démarre la moto, le cœur joyeux. Même si le matin est froid, je sais que je

vais parcourir les 500 kilomètres qui me séparent du circuit de Lédenon sans une seule goutte de

pluie. Enfin ! Il était temps que le soleil accompagne mes virées diverses au guidon de ma Transalp.

J’ai envie d’une belle étape et j’évite l’autoroute pour le moment. Il sera temps de l’emprunter plus

tard quand la fatigue sera là. Pour l’instant, je profite de la lumière du jour naissant et de la vision de

la chaîne des Pyrénées éclairée par le soleil.

 

 

J’ai hâte d’assister à cette deuxième épreuve du Promosport après la belle prestation d’Alex lors de

la première à Nogaro. En même temps, je suis moins optimiste car j’ai encore le souvenir des

difficultés qu’il avait rencontrées sur ce circuit atypique, avec ses dénivelés impressionnants. Je ne

peux m’empêcher de penser que cela risque d’être un peu plus compliqué, ce week-end.

A mon arrivée, Alex vient de terminer sa séance d’essais libre. Je le retrouve dans le box qu’il a loué

avec Benjamin et Baptiste Vaucher, les deux Bretons engagés en 500 et Cyril Guignard qui court en

600. Le vent est souvent présent ici et cela permet de mécaniquer dans de bonnes conditions, pour

un coût modéré.

 

 

Je trouve Alex plutôt tranquille. Il a tourné à une demi-seconde de ses temps de 2014 avec des pneus

usés.

Juste avant la tombée de la nuit, l’équipe fait un tour du circuit à pied. Impressionnant ! La vision que

j’en avais de l’extérieur était bien loin de la réalité. Les montées et descentes sont pentues, le

revêtement parfois abîmé par endroits.

 

J’écoute avec attention les commentaires d’Alex et de Cyril qui se rejoignent avec parfois quelques

menues différences dans certaines trajectoires. Benjamin et Baptiste leur posent beaucoup de

questions en vue d’améliorer leur pilotage. Quant à moi, j’ai la confirmation qu’il faut un gros cœur

pour rouler fort ici et que, physiquement, cela doit être éprouvant.

Alex se souvient de l’épreuve de 2013 au guidon de sa 500, de ce sentiment de plénitude lors de ses

tours chrono. « Si j’arrivais à un tel degré de sensations avec ma 600, je serais en pôle » conclut-il.

La nuit est froide, voire très froide sous la tente. Heureusement, le soleil fait son apparition et

réchauffe l’atmosphère alors que Cyril et Alex se préparent pour leur séance d’essais qualificative.

Je les observe alors qu’ils s’enferment dans leur bulle, concentrés. Dès le départ, Cyril part devant,

avec un style volontaire. Il se dégage de son pilotage une impression de force, une volonté de «

manger » la piste. Un combattant.

 

Alex est plus fluide, mais je le trouve malgré tout bien plus volontaire que l’an dernier, avec des

mises sur l’angle déterminées.

Je regarde l’écran installé sur le bord du circuit. Cyril est 4ième, Alex 5ième. Bien ! Ils s’arrêtent tous

les deux, descendent des motos et vont dans le box. Ils regardent les temps au tour des concurrents.

Enfin, ils repartent de concert pour la fin de la séance d’essais.

 

 

Résultat : 2ième temps pour Cyril 4ième pour Alex. Inespéré ! Ils ont réalisé leur temps, alors qu’ils

roulaient ensemble. Alex se sentait prêt à améliorer dans le tour suivant mais il y avait trop de

monde sur la piste.

 

 

 

Je suis étonné de voir le vainqueur de Nogaro, Adrien Ganfornina loin au classement, 15ième.

J’apprends qu’il a plié sa jante en roulant sur un vibreur. Cela promet une belle remontée demain.

C’est au tour des side-cars. Ces drôles d’engins m’interpellent et la cohésion de l’équipage doit être

totale. En plus, sur un circuit comme celui de Lédenon, le pilotage, le regard au raz de la piste doit

être plus que délicat. La séance est très vite interrompue suite à la violente sortie de piste d’un

équipage en bout de ligne droite, gaz bloqués à priori. Cela fait froid dans le dos.

 

 

Les 1000 arrivent. Comme toujours, je reste estomaqué devant la maîtrise des pilotes. Car, elles sont

brutales, ces motos. Quelques tours du circuit équivalent à un rodéo sur un cheval sauvage. La

réaccélération après le virage serré commandant la ligne droite des stands est révélatrice. Les motos

bougent, se tortillent et les pilotes soudent la poignée de gaz, les moteurs hurlent en montant dans

les tours.

 

Accoustiquement parlant, les nouvelles Yamaha R1 ont ma préférence. Ce n’est pas le miaulement

strident des quatre cylindres en ligne, mais un grondement rauque, vif, qui me donne le frisson à

chaque passage.

 

 

Je passe au box voir cette nouvelle Yamaha. Superbe dans sa couleur bleu électrique et une

compacité digne d’une 600.

 

 

 

13H15. Le calme avant la tempête. Je longe la voie des stands. C’est l’attente avant la course. Chez

les pilotes, il y a ceux qui sont déjà concentrés, d’autres sont plus volubiles. A chacun sa manière de

préparer mentalement l’épreuve. Alex s’est enfermé dans le camping-car. Je crois qu’il fait la sieste.

Juste avant la course des 600, il y a les essais qualificatifs des 500.

 

 

Comme à son habitude, le fougueux Benjamin part le couteau entre les dents. Dès son premier tour

lancé, il est en pôle …. et sort de la piste à la sortie du triple gauche. Incorrigible ! Malgré cela, il

parvient à décrocher le 7ième temps des essais. Baptiste obtient le 10ième temps.

 

 

Je suis allé m’installer au virage du fer à cheval, d’où l’on peut suivre la course dans les meilleures

conditions.

Au loin, on voit les pilotes sur la grille de départ. C’est parti, je vois la moto de Cyril qui reste

scotchée. Je comprends mieux la raison de la couleur rose fluo, on la voit, même de très loin. Alex

semble s’être bien envolé. Effectivement, il passe en deuxième position devant nous ! Cyril est déjà

remonté à la 6ième position.

 

 

Troisième tour, Alex se fait faire l’intérieur en bas du virage du pont et Cyril le passe au fer à cheval.

On voit Alex le repasser dans la ligne droite. La course promet déjà du spectacle. Devant, Quellet

s’échappe.

Quatrième tour, Cyril tente un intérieur sur Alex au fer à cheval, sans succès. Ils sont 4 et 5.

Cinquième tour, derrière Quellet, détaché, il y a cinq pilotes roue dans roue. Je ne rêve pas, Alex se

bat aux avant-postes, comme à Nogaro !

 

 

 

Sixième tour. Cyril, toujours très incisif à l’entrée du fer à cheval, fait l’intérieur à Alex.

Au huitième tour, Alex repasse Cyril dans la ligne droite. Les deuxième et troisième ont pris un peu

de champ et la bataille est rude pour la quatrième place entre trois pilotes. Erwan Quellet

m’impressionne dans l’entrée du fer à cheval. La moto a un angle incroyable et j’ai parfois le

sentiment qu’il va perdre l’avant. Mais non, ça passe.

 

 

 

Neuvième tour. Devant nous, Erwan Quellet décroche de l’arrière à la sortie du fer à cheval. Il se

retrouve au milieu de la piste, à contre-sens ! Il remonte immédiatement sur sa moto.

Heureusement, la vitesse est lente à cet endroit et la visibilité bonne. Les pilotes passent sans le

toucher et il peut reprendre la course.

 

 

Onzième tour : drapeau rouge. Arrêt de la course. J’imagine l’état d’esprit des pilotes obligés de

couper leur effort, rentrer aux stands, attendre, se reconcentrer. Difficile pour les nerfs.

Nouvelle procédure de départ quelques minutes plus tard. Je suis tendu, je crains que cette

deuxième partie sourie moins à Alex.

 

Départ ! Alex surgit en deuxième position suivi comme son ombre par Cyril. Bravo !

Au tour suivant, Cyril le passe à l’intérieur dans le triple gauche. Alex lui rend la pareille peu après

dans la ligne droite.

Tous les deux parviennent à dépasser le 58 Clément Stoll, à un tour de l’arrivée.

Alex ne lâche rien et je vois sa moto revenir sur celle de Cyril dans la ligne droite d’arrivée. Ils

finissent côte à côte. Alex est 2ième à 7 centièmes de Cyril. Quelle course haletante !

Au cumul des deux manches, Alex monte sur le podium, son premier en 600, juste derrière son

copain Cyril. C’est la joie dans le box 7. Je consulte la feuille des résultats, Alex a réalisé le meilleur

temps de cette seconde manche, en 1.27.786. Quel progrès comparé à ses temps de l’an dernier : 1.5

seconde de gagnée !

Je me souviens m’être posé la question sur son style de pilotage. Très coulé, fluide, je m’étais

demandé s’il pourrait le conserver s’il voulait augmenter son rythme de course. Alex vient de me

répondre. Même au plus fort de sa lutte avec Cyril, il est toujours resté très « propre », avec des

trajectoires régulières tour après tour.

 

Plus tard, je vais assister à la course des side-cars. Les moteurs hurlent histoire de montrer leurs

efforts pour emmener l’équipage à son maximum. Les singes me laissent pantois ; ils dansent sur

leur attelage, pour accompagner le pilote et, soudain, dans la ligne droite, tentent de se faire oublier

en se faisant tout petit, recroquevillés au maximum. Un attelage domine la course, celui des

Delannoy qui avale la ligne droite à une vitesse stupéfiante, avec un moteur survitaminé et des

passages de vitesse d’une rapidité exceptionnelle.

 

 

Pendant ce temps, une grosse séance de réparation a débuté au box n°7. La moto de Benjamin a

souffert dans la chute. Fourche pliée, axe de roue tordu, té de fourche dans le même sale état. Il y a

du boulot pour tout remettre en état. Baptiste revient de Montpellier avec deux tubes de fourche.

Toute l’équipe se met au travail. Quant à moi, vu mes talents en mécanique, je décide qu’il est

raisonnable de m’éclipser et de laisser faire ceux qui savent !

 

 

Je fais un petit tour du paddock. Je revois avec plaisir Pierre Sambardier en compagnie de son père. Il

se fait plaisir au guidon de sa nouvelle monture, même s’il n’a pas encore compris toutes les

subtilités de pilotage.

 

Peu après, je poursuis ma promenade en admirant les petites vieilles.

 

 

Comme d’habitude, ça mécanique pas mal dans le quartier et, très souvent, ce n’est pas pour un

simple changement de bougies. Ô surprise, je tombe sur une Moto Guzzi 650 ; j’avais envisagé d’en

acheter une , il y a bien longtemps, pour succéder à mon petit mono. Après réflexion, c’est plutôt

une Honda 500 VTE qui sera choisi. Je crois que je n’ai jamais aimé prendre de risques en moto et

acquérir une Moto Guzzi 650 à l’époque présentait une part d’incertitude non négligeable !

 

 

Je fais la rencontre d’un side-cariste du Territoire de Belfort. Il me confirme que les moteurs

souffrent plus qu’en solo et nécessitent une révision régulière. C’est qu’il faut emmener un attelage

de 220 kilos et deux passagers à bord.

Il m’autorise à m’installer au guidon de son side.

A genoux, avec le pied gauche difficilement installé dans un espace très réduit, couché en avant pour

atteindre le guidon, avec la chaleur du moteur remontant sur le buste, je réalise que cela n’a rien à

voir avec la moto, et je pense que c’est pour cette raison que certains l’aiment tant. Le jeune pilote

me confirme que, lorsqu’il a débuté l’an dernier sur ce circuit, venant de la catégorie solo, il s’est

demandé ce qui lui arrivait, lors de ses premiers tours de roues en aveugle.

Je crois que je vais encore m’accorder de longues années de réflexion avant d’envisager de faire un

tour dans un tel engin !

 

20H15. La moto de Benjamin est presque remontée. Cela a du bon l’expérience : le père de Cyril,

lorsqu’il a vu toute la direction en cours de démontage, a proposé son aide. Une fois toutes les pièces

remises en place, il a coincé la roue avant entre ses jambes et il a redressé l’ensemble en s’arc-

boutant sur la direction. Un petit coup d’œil pour vérifier l’alignement et la moto est déclarée bonne

pour le service. Simple, rapide et efficace….. à voir malgré tout ce que cela donnera demain !

La nuit s’annonce froide et j’anticipe, comme tout motard sait le faire en me couchant revêtu d’un

pantalon de survêtement ET du sur-pantalon de moto, de deux pulls et d’un bonnet, sans oublier de

garder mes chaussettes. Bien m’en a pris car un vent glacial se met à souffler durant la nuit.

 

Je me lève tôt le matin et déjeune avec Benjamin. Je tente de la raisonner, lui expliquant que le

remontage rapide de sa moto risque de donner un comportement moins sain ; la fourche,

notamment semble plus souple. J’utilise le terme de modération et il semble m’écouter, tout au

moins m’entendre….

 

Pour lui, c’est la course avant la course. Il y a encore plein de petits détails à régler. Il enfile la

combinaison prêtée par son frère ainé car la sienne a souffert dans la chute, hier. Baptiste colle dare-

dare les autocollants obligatoires et Benjamin file au contrôle technique. Il fait très froid, le

thermomètre indique 3 degrés !

 

Je vais m’installer au fer à cheval, d’où je peux suivre la course de bout en bout.

Départ ; Benjamin semble bien parti. Effectivement, il passe devant nous en 4ième position ; Baptiste

est 8ième.

Au deuxième tour, ils sont 5ième et 10 ième .

Au troisième tour, Benjamin se fait passer au freinage et réplique immédiatement.Il a mangé du lion

!

Au tour suivant, il passe en 4ième position. Et il se détache peu à peu de ses poursuivants.

 

Au neuvième tour, il passe en 3ième position en faisant l’intérieur dans le triple gauche. Maintenant,

j’en suis sûr, il ne connait pas la définition du terme « modération ». Baptiste est alors 8ième.

 

 

Onzième tour. Martial Bellut le dépasse.

Au tour suivant, il le repasse dans la ligne droite mais Bellut réplique dans le triple gauche.

 

 

 

C’est l’arrivée avec une inespérée 4ième place, à 1.056 du vainqueur. Quant à Baptiste, il a su

augmenter son rythme de course pour terminer à une belle 6ième place. Bravo les Bretons, vous

m’avez fait vibrer !

 

Pendant le repas de midi, le vent frappe violemment la tente sous ses coups de butoir. Je m’inquiète.

Je sais combien il est difficile de rouler en moto dans de telles conditions, et je n’ose imaginer ce que

cela doit être quand on est en course, sur des trajectoires précises, au maximum de ses possibilités.

 

C’est la deuxième course des 500.

Les deux frères sont bien partis et passent très près l’un de l’autre en 7 et 9ième position. Juste

après, je les vois côte à côte dans la ligne droite mais, malheur ! un pilote sort violemment dans le

triple gauche, la moto part en tonneau ; le pilote reste un court instant immobile et se relève. Ouf !

 

Ma crainte se confirme, Baptiste passe seul devant nous. Il doit être un peu perturbé car Benjamin a

chuté juste devant lui. D’ailleurs, il perd quelques places dans les tours suivant pour se retrouver

12ième au cinquième tour. Par la suite, il semble reprendre le dessus et remonte en 9ième position.

Il rejoint le n°97, mais me fait très peur avec une entrée très large dans le fer à cheval, dans le 7ième

tour.

Par la suite, il ne pourra suivre le rythme de Pierre Grimoux et termine à une seconde de ce dernier.

 

 

C’est maintenant au tour des 600, Le vent a forci et cela ma tracasse.

Enfin, le départ. Alex est bien parti. Cyril comme à son habitude part moins bien mais remonte très

vite dès les premiers virages et fait l’intérieur à son copain.

 

 

Au deuxième tour, Alex semble sortir moins bien du triple gauche, là où le vent frappe soudainement

les motos.

Au troisième tour, Stoll double Alex qui se retrouve 5ième.

Puis 6ième au cinquième tour.

Au septième tour, il me fait peur avec un passage sur les vibreurs devant nous.

Je le sens un peu sur la réserve, et je suppose qu’il est gêné par le vent violent. Son pilotage fluide ne

semble pas apprécier de telles conditions.

Au onzième tour, Ganfornina est juste derrière lui.

Drapeau rouge, la course est de nouveau arrêtée.

Une nouvelle procédure de départ est entamée pour 5 petits tours ; il ne va pas falloir se louper au

départ.

Je suis tendu comme un arc.

Alex me semble être bien parti mais, ne passe que 14ième devant nous. Que s’est-il passé ?

Par contre, Cyril fait de nouveau un premier tour très engagé. Alex remonte progressivement mais, 5

tours, c’est trop court.

Cyril remonte jusqu’à une très belle 2ième place et Alex aux alentours de la 10ième place. Je suis un

peu déçu, mais je me console en me disant qu’il n’a pas chuté car il y en a eu un paquet qui est allé

au tas ce week-end.

D’ailleurs, Ganfornina, qui avait fait une superbe 2ième manche en prenant la tête a été éjecté dans

la descente avant le dernier virage, heureusement sans mal pour lui. Par contre, la moto a tapé le

mur et semble détruite.

Je reviens au box. Tout le monde s’agite ; il faut ranger tout la matériel et faire les 500 kilomètres du

retour. Pour ma part, on m’attend en Dordogne et je laisse l’équipe.

Ma déception s’estompe en regardant le classement des deux manches cumulées.

Alex termine 7ième, ce qui n’est pas trop mal, mais la journée d’hier avait fait naître quelques

espérances.

 

Avant de quitter le circuit, j’ai le temps d’entendre brièvement Alex. Lors du second départ, il s’est

fait bousculer une première fois dans le triple gauche et une deuxième tout de suite après au virage

du pont par un pilote très optimiste….

Il y a de l’explication dans l’air lors de la prochaine course.

Je n’ai plus qu’à parcourir 450 kilomètres jusqu’à un petit hameau de Dordogne. Le soleil ne me

quitte pas, j’ai l’esprit léger en pensant à cette première coupe gagnée par Alex lors de sa première

course.

 

J’espère qu’elle en appelle d’autres.

 

 

 Quelques photos trouvées sur le site officiel des coupes de France Promosport:

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je n’ai malheureusement pu  me rendre à Carole, théâtre de la troisième épreuve du Promosport.

C’est donc via le site officiel de la Coupe de France Promosport que j’ai suivi la prestation d’Alex. J’avais le souvenir d’un circuit atypique, petit, avec une moyenne au tour faible.

L’an dernier, cela avait été compliqué pour Alex, avec un climat incertain, peu propice à se lâcher au guidon de sa nouvelle monture, bien plus puissante que sa vieille CB 500, sur un circuit qu’il ne semblait pas affectionner outre mesure.

La lecture de la feuille d’essais chronométrés révèle une 11ième place, avec un temps assez proche des 8,9 et 10ième. Quant à son copain Cyril Guignard, il a fait parler la poudre avec un chrono de 1.03.161, inférieur d’une seconde à celui du deuxième !

Première finale, Alex termine 5ième. C’est bien !
Je vois que la manche a été interrompue au 7ième tour. Alex était alors déjà 5ième, à 9 secondes de Romain Mansat, en tête. Les 13 tours suivants, il les a terminés à un peu plus de deux secondes du vainqueur, le même Mansat, ce qui montre qu’il a eu un bon rythme dans cette deuxième partie de la course, avec des temps au tour proches des quatre concurrents qui le précèdent.

Le deuxième finale, le dimanche, a été courue sous la pluie, je suppose, vu les temps au tour (près de 10 secondes de plus). Là encore, Alex finit 5ième, à moins d’un dixième du  4ième. Je note une belle progression : départ en 11ième position et déjà 7ième au premier tour, puis 5ième au deuxième, 4ième au troisième après avoir dépassé le 191.

Mais, ce dernier reprendra son bien au 14ième tour et gardera sa position jusqu’à l’arrivée. Cyril Guignard, après son abandon lors de la première finale, finit 1er avec une confortable avance de 5 secondes sur le premier, 9 secondes sur Erwan Quellet et 15 secondes sur Alex et Billy Cornut, le 4ième.

Au classement provisoire, Alex est 4ième avec 71 points. Sa régularité depuis le début de saison a payé. Cela change des débuts difficiles de 2014 avec des petits soucis mécaniques ayant conduit à des abandons. Les trois devant (Erwan Quellet, Patrick Mageot, Cyril Guignard) sont détachés.

Pour ma part, alors que j’espérais une place régulière dans les 10, les résultats d’Alex me comblent d’aise !

Il va falloir que je le contacte pour avoir ses impressions de course.

En tout cas, merci à la FFM de permettre de suivre en direct, tour par tour, les courses.

J'ai trouvé une photo d'Alex sur le site  Esprit Racing:

 



http://photo.esprit-racing.com/2015/promosport-carole-2015-2-8-2529/index.php

 


 

 

Mercredi soir, alors que je charge la moto, je me dis que ce n’est pas complètement raisonnable d’aller jusqu’au circuit de Croix en Ternois assister à la quatrième manche du Promosport.

D’ailleurs, quelques semaines auparavant, l’idée de m’y rendre en train m’avait effleuré…. Juste effleuré je dois dire. Car, pour moi, un week-end de course, ce n’est pas seulement les deux jours passés en compagnie d’Alex et de l’équipe, mais c’est aussi l’avant et l’après.

Et ne pas aller sur le circuit en moto m’enlèverait une bonne partie du plaisir, j’en suis certain. J’ai la moto chevillée au corps. D’ailleurs, quelques jours avant le départ, je suis tombé sur le texte d’un journaliste canadien, à moins qu’il soit français vivant au Canada. Il racontait ce besoin de prendre la route.

"Je ne suis jamais aussi heureux que lorsque je bourlingue. Sans itinéraire. Sans horaire. Sans but précis. Même si j’ai besoin de rentrer chez moi régulièrement.

Pourtant, rien ne peut m’empêcher de voyager. C’est un besoin impératif, aussi bien physique que psychologique. J’en ai besoin, comme un toxico a besoin de sa dose, même si celle-ci le rapproche un peu plus de l’échéance, de la déchéance. Si je reste longtemps sans rouler, je m’ankylose, je me sclérose, je me délite".


Je m’étais retrouvé dans son texte. Même si je sais que la route va être longue, que je vais devoir emprunter la morne autoroute, je suis impatient de partir. Je prends plaisir à tout préparer alors que la nuit s’installe. Et, lorsque je rentre la moto dans le garage, je ne peux m’empêcher de lui dire « On s’en va demain », un brin excité.

La sortie du boulot, jeudi soir, a cette saveur du changement. Aujourd’hui, je ne rentre pas chez moi d’un coup de vélo, j’enfourche ma Transalp pour un peu plus de mille kilomètres.

Je m’offre les 50 premiers kilomètres par la route, pour chauffer le bonhomme et profiter de quelques virages. Après Aire sur l’Adour, je me résigne à emprunter l’autoroute. Le soleil m’accompagne. Je n’ai pas envie de rouler vite et je me stabilise à 120-125 km/h. Je me sens bien.

J’arrive à Ecurat, petit village de la Charente Maritime, chez un couple d’amis. Une belle soirée m’attend. Puis une courte nuit avant de reprendre l’autoroute.

Je parviens à ne pas m’ennuyer durant cette longue étape. Il y a d’abord les changements de couleurs au fur et à mesure que le jour s’installe, puis les variations dans le paysage. J’aime ce sentiment de me sentir un élément à part entière des endroits que je traverse, j’aime être en mouvement, à l’écoute de ma moto, attentif à la circulation dans laquelle je parviens à m’intégrer en douceur, j’aime les arrêts brefs mais reconstituants.


 De temps en temps, quelques voitures moins ordinaires que les autres captent mon attention. C’est le cas de cette Morgan jaune d’où émerge un couple d’Anglais, à la station d’essence. Ils me doubleront, un peu plus tard, avec 50 km/h de mieux, juste protégés par leur casque!


 
Après Le Mans, je bifurque vers Rouen. Je suis heureux car je me dirige vers une région que je ne connais pas et j’aime découvrir de nouveaux endroits. Avant Rouen, je quitte enfin l’autoroute et contourne la ville, j’aperçois la cathédrale, à la toiture effilée comme un minaret.

Les panneaux en bord de route me renvoient des images de la dernière guerre, j’imagine les champs de bataille dans la paisible nature actuelle. Les maisons de brique font leur apparition, les friteries en bord de route aussi ; je suis bien dans le Nord !

Je sens que certains sont en train de s’impatienter derrière leur écran d’ordinateur, en se disant qu’ils sont venus lire un carnet de piste, pas un carnet de route !

Pour ceux-là, je vais écrire une version simplifiée : Je suis parti de Pau à 16H30 et j’arrive, 24 heures et 1025 kilomètres plus tard sur le circuit de Croix en Ternois….


 
Je gare la moto. Bruno m’accueille. Pour cette course, l’équipe est réduite, il est seul avec Alex. L’auvent accueille trois motos, celle de Cyril Guignard et celle de Thibaut Duchène.


 
Alex arrive. Il a tourné hier et aujourd’hui sur un circuit qu’il n’avait jamais pratiqué en 600. Il semble assez satisfait des sensations éprouvées.

Par contre, c’est un Cyril un peu « cassé » que je rencontre. Jeudi, il a lourdement chuté. Il craint que le pouce de la main gauche ne soit cassé et il a des contusions sur tout le corps. Malgré cela, très volontaire, il semble prêt à courir pour limiter les dégâts et ne pas perdre trop de points au championnat. Quant à la moto, elle était bien chiffonnée, mais le papa a réussi à la remonter. Manque juste à l’appel le frein arrière mais Cyril ne l’utilise quasiment pas.

L’ambiance est chaleureuse dans le groupe. Il y a également Axelle et Mathieu, un jeune couple nordiste.


 
Elle court en Promo découverte, lui en 600. Juste les trois courses près de chez eux. Carole, Croix en Ternois et Le Mans. Pour le plaisir. C’est ce que j’aime, dans ce championnat, ce côté amateur dans le bon sens du terme ; chez certains, les moyens sont limités, mais l’implication, elle, ne l’est pas.

Autour de moi, je vois des pilotes et leurs parents qui forment une équipe soudée. Thibaut Duchène a ainsi son père qui fait office de mécano pour sa surpuissante Kawasaki 1000 ; loin de certaines équipes plus structurées, cela ne l’a pas empêché de gagner la dernière épreuve à Carole.

Samedi matin, après une nuit écourtée pour cause de matelas percé, je discute avec Axelle. Etonnamment, elle m’indique qu’elle roule presque aussi vite sur le mouillé que sur le sec.

A Carole, qualifiée avant dernière, elle est remontée, sous la pluie, à la sixième place. En deuxième manche, effectuée sur le sec, elle n’a pu gagner que deux positions !

Plus tôt, à 6H30, j’étais allé faire un tour du circuit. Il est petit, d’ailleurs, les temps au tour sont inférieurs à la minute.

Je croise Ludovic Rizza dont je lis les compte-rendus sur le forum de Pitlane. Il est un peu inquiet car il est dans la première série des qualifications et la piste est encore mouillée par endroits. Je le retrouve après sa séance d’essais. Il est deuxième temps, après avoir été gêné dans son dernier tour chrono. Malgré cela, je le trouve un peu nerveux; il est vrai que, quand on se bat aux avant-postes comme lui, il y a forcément une tension supplémentaire qui s’installe.

Je me sens bien sur ce circuit. Il a un côté familial avec ses trois paddocks. On est tout près des pilotes lorsqu’ils sont en pré-grille, dans l’ambiance de la course.

C’est la fin des essais qualificatifs pour les Promosport découverte. Axelle est 28ième sur 37 pilotes, à 3,9 secondes de la pôle.

Peu après, c’est au tour des 1000.


 


Thibaut Duchène est en pré-grille. Il est très calme, ce jeune, et sympa. Et bien entouré par ses parents. Il est le premier arrivé et attend, patiemment le début de la séance d’essais. Peu à peu, les motos arrivent, sont béquillées. Les petits groupes électrogènes démarrent, afin d’alimenter les couvertures chauffantes. Autour des motos, ça bouge pas mal, ça discute, quelques rires fusent pour détendre l’atmosphère. Enfin, les quatre cylindres se réveillent sous les carénages ; les moteur Cross plane des Yamaha se distinguent avec leur bruit rauque si plaisant à mes oreilles. La barrière se lève, les fauves sont lâchés sur la piste pour 20 minutes durant lesquelles les pilotes vont donner le maximum.

Thibaut claque un excellent chrono qui le place en 1ière position, 3 dixièmes devant le second et 6 dixièmes devant le 3ième.


 


Les 600 prennent le relais.


 




 
Dès le début de la séance, Alex est 3ième temps. Puis 6ième, enfin 2ième à 1 millième de la pôle tenue par Erwan Quellet ! D’ailleurs, les deux pilotes s’arrêtent de concert, pour économiser leurs pneus et attendent l’évolution des résultats.


 

Romain Mansat améliore son chrono et passe 1er avec plus de 3 dixièmes d’avance sur Clément Stoll, Erwan Quellet est à 45 millièmes et Alex à 46 millièmes. C’est serré !

Erwan et Alex repartent presque en même temps pour tenter d’améliorer. Peine perdue. En outre, j’apprends qu’Erwan Quellet a chuté assez sévèrement. Le pilote n’a rien mais la moto a bien tapé le mur à la sortie du droit, après la passerelle. Cyril Guignard, malgré son état physique, a réussi un bon 6ième temps, à 6 dixièmes de la pôle. Mathieu d’Helft est 10ième.

Fin de la séance, Alex passe au sonomètre. Mince, le contrôleur lui annonce 104 décibels, refait une mesure, puis encore une. Résultat : 103 puis 105 décibels.


 


Aie ! Il faut réagir très vite, sinon, son temps risque d’être annulé. Heureusement, le père de Thibaut a un DB killer et Bruno parvient à l’installer rapidement. Alex retourne au contrôle et revient rassuré. Ouf !

En début d’après-midi, j’assiste à la course des 500. Ludovic Rizzla fait un bon départ, puis se fait dépasser mais reprend très vite son bien et il s’en va progressivement vers une belle victoire. Je suppose qu’il est alors plus détendu que ce matin !


C’est maintenant le départ de la catégorie Promosport découverte. Maintenant que je connais une pilote, mon intérêt pour la course grandit. La piste est sèche et cela risque d’être dur pour Axelle.


 


Dès les premiers tours, elle est en 12ième position. Je l’encourage. Plus je suis les courses et plus je réalise l’engagement physique que cela nécessite. En outre, sur ce circuit, il n’y quasiment pas de temps de repos avec une très courte ligne droite et une succession de freinages rapprochés. Même avec mon expérience de la conduite, je me sens incapable de parvenir à piloter avec un tel rythme.


 
 


D’ailleurs, je retrouve Axelle à la fin de la course ; elle est marquée par l’effort. Sa moto était instable au freinage et elle a beaucoup serré le réservoir avec ses jambes. Elle a fini par fatiguer et a dû laisser partir le groupe de trois pilotes devant elle. A priori un problème d’amortisseur.


Dans le paddock, je vois Erwan Quellet qui aborde un pilote Kawasaki du coin. Il est à la recherche d’un té inférieur de fourche. Il explique que, en fin de séance, parti pour descendre son chrono, il est violemment sorti dans le virage après la passerelle et que sa moto a tapé fort dans le mur. Lui ne se souvient de rien mais il aurait atterri dans les pneus. Tout le train avant est HS.

J’imagine le stress du pilote qui n’est pas certain de retrouver sa moto en état pour la course du lendemain. Cela me rappelle la première course d’Alex l’an dernier à Nogaro où il avait fallu faire un peu de mécanique après les essais. Heureusement, cette année, il a pris la bonne habitude de ne pas chuter, ce qui simplifie grandement la vie de l’équipe !

La fin de la journée approche. Nous allons nous installer en fin de ligne droite pour assister à la course des 1000. En fait, il y a plein d’endroits d’où l’on peut suivre une très grande partie du circuit et c’est très agréable.


 


Thibaut part mal et il se retrouve 7ième. Les premiers tours sont chauds, tout d’abord avec un pilote Suzuki en mode "boule de bowling" au freinage en bout de ligne droite. Thibaut remonte progressivement. Je le trouve très impressionnant au freinage en bout de ligne droite. Son style est très académique, bien en ligne, comparé au style plus « aérien » de certains avec la moto en travers, mais la tradition a du bon car c’est là qu’il va, petit à petit, manger ses adversaires.

Impressionnant comment il s’infiltre à l’intérieur dans un trou de souris pour passer le concurrent devant lui et cette impression qu’il donne d’arriver trop vite à l’épingle en relâchant son freinage avant de virer. Du grand art, sobre et très efficace.

Sa domination aux essais se confirme et il finit par passer en tête après la chute de Jean Edouard Aubry juste devant lui. Les Yamaha R1 réaccélèrent très fort en sortie de virage ; cette moto est bien née et je pense qu’elle va rapidement faire ses preuves en course.


 


 


L’ambiance est à la fête sous l’auvent après la victoire de Thibaut. Ce dernier reste très calme et modeste mais je sens qu’il est heureux de ce résultat. Face à des équipes aux moyens plus importants, il y a de quoi être satisfait !



Le repas du soir se passe dans la bonne humeur, avec les anecdotes des anciens. On rit beaucoup.




Dimanche matin, 7 heures. Un crachin persistant décide de s’inviter. Du style je mouille un peu la piste, mais pas trop quand même, l’idéal pour fusiller ses pneus pluie rapidement. Il y en a au moins un qui est heureux, c’est Cyril. La pluie, c’est pour lui beaucoup moins d’efforts et la possibilité d’entrevoir un bon résultat malgré ses blessures. Alex est moins enthousiaste.

Je questionne Thibaut. Je ne pensais pas que, avec une 1000, il était possible d’accélérer à fond entre des virages aussi rapprochés. Pourtant, il m’indique qu’il le fait et que c’est indispensable pour grappiller les dixièmes de seconde. D’ailleurs, il m’explique que la plus grosse différence qu’il a trouvée avec la catégorie 600, c’est la gestion des gaz à la sortie des virages. L’an dernier, il n’y parvenait pas, cette année, oui.


8H50, Alex, Cyril et Mathieu vont se placer en pré-grille. Je rencontre brièvement Erwan Quellet ; le té inférieur de fourche a juste été redressé et il espère limiter les dégâts pour cette première manche ; cet après-midi, il pourra récupérer cette pièce chez un concurrent du Promosport découverte et cela devrait aller mieux.

A quelques minutes du départ, je regarde les pilotes. Je les imagine préparant mentalement leur course. Les pneus pluie restent à température, thermostat 40 degrés sous les couvertures chauffantes. Je suis tendu, je n’aime pas ces conditions, je crains la chute sur cette piste glissante.


 

Les pilotes partent enfin pour leurs deux tours de chauffe et viennent se ranger sur la grille. Derrière le muret, j’aperçois juste le casque d’Alex.


 


 


Les feux rouges s’éteignent et les motos s’arrachent dans un hurlement de décibels. Alex semble être bien parti. Je cours jusqu’à la terrasse au-dessus des stands et j’arrive juste au moment du premier passage des motos.

Je n’en crois pas mes yeux, Alex est en tête ! Les premiers tours s’enchaînent rapidement et il garde sa première position.

Quant à Cyril, il a entamé une remontée rapide et passe en 3ième position au quatrième tour. Il effectue des freinages superbes au bout de la ligne droite.

Au sixième tour, Patrick Mageot passe Alex. Un tour plus tard, c’est Cyril qui fait de même. Le rythme est élevé, malgré les conditions de piste. Je suis impressionné par les angles qu’ils arrivent à prendre sur cette piste détrempée.

Alex arrive à contenir Clément Stoll jusqu’au 8ième tour. Il se retrouve 4ième, mais il ne lâche pas prise et reste tout près de son adversaire. Je me dis que le podium est envisageable.

Malheureusement, Stoll chute sous les roues d’Alex au 17ième tour et ce dernier, gêné, est passé par Léo Meunier. Il reste alors sept tours et les positions restent figées. Alex finit son tour d’honneur et rentre la moto au parc fermé. Il trouve que les pneus commencent à être bien entamés. L’idéal serait de les changer car il n’y a pas de limite pour les pneus pluie, mais cela représente 400 euros, ce qui n’est pas rien avec son petit budget. Mathieu termine 12ième, un peu déçu. J’aperçois Clément Stoll, effondré, qu’un pilote tente de consoler.


 



 


Peu après, une discussion s’engage devant l’auvent. Cyril se sentait très à l’aise, notamment en bout de ligne droite où il entamait le freinage au panneau 150 mètres. Il ne se pose pas de questions ; il a confiance dans ses pneus et son train avant et il y va, franchement ! Heureusement qu’il était diminué par ses blessures. On lui propose de lui casser la jambe pour un handicap supplémentaire lors de la deuxième course !

Quant à Alex, après son bon départ, il a hésité à chercher trop loin les limites car, sur un circuit aux virages serrés, une perte d’adhérence se paye cash, comme cela a été le cas pour Stoll. Sa conclusion, pleine de sagesse est : « Je préfère terminer 4ième que dans les graviers ».

C’est donc une deuxième coupe qui arrive sous l’auvent de l’équipe Queshua, comme l’a surnommée Bruno, par rapport à nos tentes installées derrière l’auvent.

Nous sommes juste en bordure du circuit et, soudain, un bruit énorme. Ce sont deux motos qui viennent de s’accrocher à la sortie du droite après la passerelle, décidément un endroit bien piégeux vu le nombre de pilotes qui sont allés à terre ici.

La deuxième manche des Promo Découverte débute ; c’est l’occasion de voir si Axelle aime toujours autant la pluie. C’est le cas. Je la trouve très relâchée, avec un style coulée. Partie 12ième, elle se retrouve en 6ième position dès la fin du premier tour ! Un départ à la Marquez au GP de Mugello ! Deux tours après, elle passe 5ième. Elle nous gratifie d’un superbe freinage en bout de ligne droite suivi d’un extérieur sur le concurrent qui la précède. Au neuvième tour, elle est 4ième ! Je me prends à espérer une arrivée sur le podium et d’une nouvelle coupe à installer sous l’auvent. Hélas, les meilleures choses ont une fin et elle tombe au « virage à chutes » du week-end, j’ai nommé » le droite après la passerelle !


 


Le repas de midi s’achève et nous voilà regroupés telles des mouches autour d’un pot de miel, devant le petit écran d’une tablette avec la retransmission du GP d’Italie. Nous vibrons devant le final de Zarco et il s’avère que je ne suis pas le seul à aimer Rossi. Je m’en doutais un peu ! Dehors, le crachin vire en pluie fine et persistante.

J’assiste à une petite partie de la course des 500, pour voir comment s’en sort Ludovic Rizzla. Je le vois qui se bat pour la première place.


 





Nous y sommes ; la deuxième manche des 600 va commencer.


 




La piste est maintenant franchement mouillée. Comme à son (excellente) habitude depuis le début de la saison, Alex s’arrache bien de la ligne de départ et boucle le premier tour en 3ième position.

Mais, il se fait rapidement dépasser par Romain Mansat puis par son copain Cyril. Il y a ensuite une belle passe d’armes avec Adrien Ganfornina , un coup à toi un coup à moi dans les 9 et 10ième tours. Il se retrouve alors 6ième.
Quant à Cyril, il ne parvient pas, comme en première manche, à poursuivre sa remontée, et reste 3ième derrière Quellet et Mageot qui se livrent une belle bataille.

La pluie s’intensifie et je guette avec appréhension l’état de la piste depuis la terrasse. Tout le monde reste sur ses roues, je ne vois pas de glisses intempestives. En fin de course, Alex est passé par Léo Meunier. Il termine 7ième. Mageot réussit à prendre le meilleur sur Quellet.


 

Alex raconte brièvement sa course. Après un bon départ il a senti une dégradation progressive de ses pneus, mais il s’est bien battu. Quant à Cyril, il me dit avoir été gêné par de la buée sous le casque. Enfin, Mathieu rentre, un peu déçu de sa 15ième place. Pour ma part, je suis rassuré de voir qu’ils sont tous restés sur leurs roues.

Il est temps pour moi de partir car, demain à 13 H30, je dois être au boulot. Pendant que je m’équipe, j’entends le commentaire de début de la course des 1000. Aie ! Thibaut a fait un mauvais départ. Or, ce matin, il m’avait avoué n’être pas très à l’aise sur la mouillé en 1000, alors qu’au contraire, il adorait la pluie en 600. Je me dis que sa course va être délicate.

J’ai droit à 500 kilomètres sous un déluge et j’abdique, complètement trempé à Tours, dans un Formule 1. Nouveau départ de bonne heure sur le sec, rythme soutenu et arrivée directe au travail. La pendule à l’accueil indique 13H30 pile lorsque je rentre dans le bâtiment ; ça c’est de la précision !

Excellent week-end au cours duquel je me suis régalé. Superbe ambiance et beaux résultats. Une quatrième place consolidée pour Alex au championnat avec 16 points d’avance sur Romain Mansat. Parallèlement, j’ai vraiment réalisé qu’il doit composer avec un budget limité. Une chute et une moto trop abîmée et c’est la fin du week-end, voire de la saison. Il n’a pu acheter un train de pneus neufs pour la deuxième course, ce qui l’a handicapé.

Pour conclure, je n’ai qu’une chose à dire : Vivement la prochaine épreuve ! Ce sera à Pau-Arnos.

 


 

 

La cinquième manche du Promosport a un goût particulier. C’est en effet dans mon département qu’il se déroule.

Avantage, c’est tout près de chez moi ; inconvénient, c’est vraiment tout près de chez moi, 25 petits kilomètres, c’est notoirement insuffisant pour permettre de chauffer le V-twin et son pilote. J’ai bien envisagé de faire un détour par le col d’Aubique, mais il aurait fallu se lever un peu plus tôt …..

Pour ce premier week-end de juillet, la météo est enfin favorable. Pas de pluie comme à Nogaro, Carole ou Crois en Ternois, ni de vent violent comme à Lédenon, ce sera du soleil …. et de la chaleur.

Je retrouve d’ailleurs l’équipe installé stratégiquement sous les arbres. Comme lors de la dernière manche, il y a les motos Thibaut Duchène et Cyril Guignard en compagnie de la Yamaha d’Alex, sous l’auvent.







Alex et Cyril ont tourné ensemble, hier, et semblent assez satisfaits des temps réalisés. Comme toujours, il faudra attendre les essais qualificatifs, véritable juge de paix pendant ces si courtes vingt minutes.

Ce sont les 1000 qui ouvrent le bal. Thibaut est toujours aussi calme, ce qui est loin d’être le cas du papa qui le supplie de ne pas mettre son cuir au dernier moment, comme à son habitude ! 

Thibaut décide de partir bien après tous les concurrents pour pouvoir bénéficier de tours clairs. Du bord de la piste, je le trouve assez rapide, avec un beau style. Qu’en sera-t-il au niveau du chrono ?





A la fin de la séance, je vais à sa rencontre alorsqu’il rentre à pied, visiblement déçu. Il n’a réalisé « que » le 3ième temps, à plus de 7 dixièmes de Maxime Gucciardi, détenteur de la pôle. Hier, en pneus usés, il faisait les mêmes chronos. Il n’a pas réussi à trouver un bon rythme. Il n’y a plus qu’à espérer un bon départ, même si c’est loin d’être son point fort !  

C’est au tour des 600. Adrien Ganfornina arrive le premier, très vite rejoint par Erwan Quellet.



 





Le but est d’être parmi les premiers à s’élancer sur la piste et ne pas être gêné. Depuis un peu plus d’un an que je suis le Promosport, je prends conscience de l’importance d’une foule de petits détails qui, mis bout à bout, font la différence. La compétition, c’est un état d’esprit, c’est aussi une organisation la plus rigoureuse possible de toutes les phases précédant l’instant magique où les motos s’élancent de la ligne de départ pour quelques tours de course.

Alex et Cyril appliquent la même méthode que Thibaut et arrivent les derniers.





Malheureusement, alors qu'ils achèvent leur premier tour,un attardé rentre sur la piste. Je suis tendu alors que « mon » pilote entame son premier tour lancé. Je le vois revenir sur ce pilote juste avant le Laguna Seca. Il disparait de ma vue et, malheureusement, je ne le vois pas réapparaitre dans la ligne droite.  Peu après, il arrive au ralenti dans la voie des stands. L’affaire parait très mal engagée. Autour de lui, ça s’agite beaucoup. 

Impuissant, je ne quitte pas la moto des yeux. Soudain, Katou, l’amie d’Alex arrive en courant. Il faut son casque de rechange. Les minutes s’égrènent pendant que les motos des concurrents passent en hurlant dans la ligne droite; ça s'affaire autour de la moto. L’attente est insupportable. Enfin, peu avant la fin de la séance, la Yamaha bleue et rouge s’élance.

Alex a juste le temps d’accomplir deux tours avant le couperet du drapeau à damier, dans un style où l’on sent toute la rage. J’espère qu’il a réussi à limiter les dégâts.






De retour sous l’auvent, j’écoute Alex raconter ses essais. En fait, l’attardé ne l’a pas gêné, c’est lui qui a décroché de l’arrière à la réaccélération après le virage de Laguna Seca. Pneus pas encore à température ? Cyril, qui a réalisé le 5ième temps, a lui aussi été surpris par quelques glissades. La chute a provoqué une fuite au niveau du maître-cylindre ; il n’avait plus de freins. Bruno a réussi à réaliser une purge dans l’urgence. 

Son casque (tout neuf !) ayant tapé, il a fallu en chercher un autre.

Malgré ses deux petits tours, le stress occasionné par la chute et l’incertitude quant à la réparation de fortune de son père, il a décroché le 7ième temps (à 9 dixièmes de la pôle) lui permettant de partir sur la troisième ligne demain matin. Je suis admiratif de cette faculté de gérer l’imprévu, dans l’urgence, aussi bien du côté des mécanos que de celui des pilotes.

Je parcours le paddock, à la recherche de Ludovic Rizza, rencontré à Croix en Ternois. Il a la tête des mauvais jours, après des essais médiocres au cours desquels il ne s’est pas senti en confiance sur la moto.  Résultat, une neuvième position sur la ligne de départ avec un temps supérieur de 1.667 à celui de la pôle.

Il envisage de modifier l’assiette de la moto pour retrouver un comportement plus rassurant. « Il te suffit de prendre un bon départ » ; c’est ce que je lui lance pour l’encourager avant de le quitter.


Thibaut a sa course en fin d’après-midi. Il a vu que les Yamaha marchaient très bien et s’attend à une épreuve difficile. Il règne une lourde chaleur sur le circuit. 

Comme d’habitude, il ne s’affole pas à l’approche de la course. L’équipe est déjà partie en pré-grille. Il monte sur la moto, appuie sur le bouton de démarreur et…. rien ne se passe ! Je sens l’affaire mal engagée. A deux, nous tentons une poussette heureusement fructueuse. Le gros quatre cylindres Kawasaki se réveille, prêt à en découdre avec les Yamaha du team "officiel". Ouf !





C’est enfin le départ. Fidèle à son habitude, il a du mal à s’arracher de la ligne de départ et se retrouve en 6ième position au premier virage. Heureusement, il passe en 5ième position en bas de la descente, juste avant le virage serré. A l’entame du deuxième tour, il est déjà 3ième ! 

Gucciardi semble prendre le large.

Les trois tours suivants, Thibaut se rapproche peu à peu d’Alex Plancassagne.

Cinquième tour. Gucciardi a baissé de rythme et les trois hommes sont très proches.





Sixième tour : le speaker annonce Thibaut meilleur temps en course.

Au septième tour, Plancassagne a doublé Gucciardi. Thibaud se rapproche du 2ième, il est notamment particulièrement impressionnant dans le fer à cheval qu’il passe dans un style superbe…. et très rapide.

Huitième tour, Thibaud est maintenant au contact de Gucciardi en bas de la descente.

Neuvième tour. Hourra ! Il l’a passé. Va-t-il pouvoir maintenir ce rythme et remonter sur Plancassagne ?

Dans les trois tours suivants, il me donne l’impression de reprendre quelques dixièmes au premier, mais il est gêné par un attardé au douzième tour, dans la remontée du circuit, au moment d’aborder le virage à gauche, et de nouveau au treizième tour. 

Thibaut semble encore se battre pendant trois tours puis me donne l’impression de baisser un peu de rythme, d’autant qu’il n’est pas directement menacé par Gucciardi.

Une chute au 20ième tour provoque l’interruption de la course.

Bravo Thibaut ! Face à une équipe autrement mieux lotie financièrement et au niveau structure, il a  accompli une très belle course. Son style coulé est fichtrement efficace, il a d’ailleurs réalisé le meilleur temps en course, en 1.20.834.





Après la course, Thibaut nous parle de ces fameuses Yamaha R1 de la nouvelle génération. Il a été particulièrement impressionné par leur accélération en sortie de virage avec toute l’électronique embarquée qui gérait de la meilleure façon possible la remise des gaz. La moto repartait comme une fusée, terriblement efficace, sans wheeling, ni travers, avec des mini-coupures d’allumage dans le rôle d’ange gardien du moteur explosif de la Yamaha.

Il m’apprend qu’il a deux pistes pour courir son premier Bol d’Or. Chouette, j’y serai, j’ai mon billet acheté il y a déjà trois mois. Je suis très heureux de retrouver ca magnifique circuit que j’ai découvert en 1981 année de la première victoire de Dominique Sarron, au guidon de la célèbre Honda d’endurance pilotée avant lui par le duo Léon-Chemarin. Ce sera pour lui le début d’une belle carrière achevée avec une septième victoire au Bol d’Or avec son frère comme coéquipier en 1994.  



Dimanche matin. Je quitte Pau de bonne heure. Le temps est gris et la lourde chaleur a enfin disparu. Les conditions de course devraient être meilleures aujourd’hui.


Les 500 ouvrent le bal. Ludovic fait un très bon départ et se retrouve 5ième dans le pif-paf au bout de la ligne droite ; je crois même qu’il va faire l’intérieur au 4ième dans le fer à cheval mails il reste raisonnable. 





Au premier passage, il est toujours 5ième. Pas pour longtemps, car il passe en 4ième position en bas de la descente. Je le sens déterminé sous son casque avec un style très volontaire. A priori, les réglages apportés sur sa moto ont porté leurs fruits.

Juste après, il me fait peur à l’entrée de la ligne droite qu’il élargit suffisamment pour  soulever de la terre avec sa roue arrière ! Chaud !

Au troisième tour, il a perdu sa 4ième place.

Il tente de la retrouver au tour suivant au freinage en bas de la descente. Mince, ça ne pas passe pas. Il persiste et signe au même endroit au tour suivant : 4ième.
 


Sixième tour : il passe très bien le délicat fer à cheval et reprend encore un peu plus de terrain sur le groupe de trois devant lui au freinage, en bas de la descente.

Septième tour : Cyril Eruam, le 97, tente un intérieur osé dans le fer à cheval, mais Ludo ne cède rien. Sa détermination transpire dans son comportement en course. Je sens qu’il ne va rien lâcher.  

Au tour suivant, il arrive au contact du 3ième, Patrice Di Grégorio. Les cinq premiers sont détachés et ça bataille dur !





Cyril Eruam finit par passer Ludo et ce dernier fait de même avec Di Grégorio.

Chute de Cyril Eruam au douzième tour ; Ludo se retrouve 3ième mais il est directement menacé par Di Grégorio qui tente de le passer en bas de la descente.

Rebondissement en tête avec un accrochage spectaculaire entre les deux premiers, Laurent Chabal et Martial Bellut. Au début de la ligne droite, alors qu’ils sont quasiment côte à côte, Bellut se décale brutalement et accroche son adversaire qui chute. Sa moto continue toute seule à rouler et va s’encastrer dans le rail. Il s’en est fallu de peu qu’elle pénètre dans la voie des stands. 

C’est la fin de la course. Je vois un Ludovic bien plus rayonnant que hier venir sur le podium pour fêter sa seconde place inespérée.





Compte tenu de la manœuvre dangereuse de Bellut, je m’attends à une réclamation de la part de son adversaire mais elle ne vient pas.



C’est au tour des 600. Je suis inquiet. Je crains qu’Alex ne se fasse enfermer au départ, avec sa place en 3ième ligne. Par chance, la chaleur a quitté le circuit aujourd’hui, cela limitera les contraintes physiques des pilotes.

Extinction des feux : les motos s’arrachent, je vois Alex se déporter et passer en 4ième position dans le pif-paf. Dans la foulée, il fait l’intérieur à un pilote dans le fer à cheval. Super, il va pouvoir être dans le rythme des meilleurs dès le début de course.




 
 
Premier passage, il est toujours 3ième, derrière Clément Stoll. Cyril est 5ième.

Au quatrième tour, je le vois remonter sur les deux pilotes devant lui avec notamment un beau passage au fer à cheval. 





Les trois pilotes de tête ont pris un peu d’avance sur le peloton derrière où se trouve Cyril, en compagnie de Erwan Quellet et Patrick Mageot notamment ; ça bataille dur !

Cinquième tour, Alex fait un magnifique freinage en bas de la descente et passe Stoll à l’extérieur dans le gauche serré ! Je suis au bord de la crise cardiaque !

Sixième tour, il passe en tête devant nous !





Je le sens déterminé comme jamais, l’air du pays sans doute.





Septième tour, il enroule superbement le fer à cheval. Je n’ose y croire.

Au neuvième tour, Lucien Abellan le repasse au freinage en bas de la descente.

Trois tours plus tard, Alex reprend la 1ière position à Laguna Seca.

13ième tour : Alex est toujours en tête mais je vois qu’il remonte sur un attardé. J’appréhende toujours ces moments, surtout sur un circuit sinueux comme Pau-Arnos.





Il arrive à hauteur juste avant Laguna Seca. Stupeur, il ne ressort que 3ième à l’entrée de la ligne droite. Que s’est-il passé ?
Pas le temps de gamberger, il lui reste quelques tours pour se refaire.

Pendant ce temps, on continue à se battre comme des chiffonniers dans le groupe de Cyril. C’est limite parfois !

16ième tour : Cyril perd l’avant au virage serré en bas de la descente ; Patrik Mageot, derrière lui ne peut l’éviter et chute également.
 


Quant à Alex, il parait évident qu’il ne pourra pas remonter sur les deux premiers et il semble rendre la main.  

Il réalise quand même un podium, le deuxième de la saison après celui de Lédenon. Surtout, il a montré un caractère extrêmement combatif pendant toute la durée de la course. Je suis aux anges !





De retour sous l’auvent, Alex est tout sourire. Contrairement à ce que je pensais, il n’a pas perdu la 1ière place à cause de l’attardé mais il a (tout seul comme un grand) effectué un magnifique stoppie à au freinage du Laguna Seca, avec une belle chaleur à la clef. Il commençait à tétaniser au niveau des doigts et a mal dosé le freinage. 


Les petites vieilles si attachantes sont en piste. Je les regarde tourner avec grand plaisir. Parmi les pilotes, il y en a un âgé de …. 80 ans ! En attendant qu’une place se libère en maison de retraite, il vit dans son camping-car et, quand les programmes à la télévision sont mauvais, il en profite pour sortir un peu sa moto sur circuit….





Un peu plus tard, avant la deuxième manche, je vais voir Ludovic Rizza. Il me confirme qu’il avait modifié l’assiette de sa moto et que cela a donné des bons résultats, avec des temps au tour améliorés d’une seconde. En tout cas, il était évident, de l’extérieur, qu’il avait la rage sous son casque et qu’il s’est battu comme un forcené.

Malheureusement, la course suivante sera moins brillante. Il n’arrive pas à accrocher le bon wagon de tête, même après l’interruption de course et termine 6ième. Il est toujours 2ième au classement provisoire mais Martial Bellut a maintenant 25 points d’avance.



C’est le départ des 600.




Alex gagne deux places au départ et se retrouve 5ième avec Cyril Guignard collé à ses basques.

Dès le 1er tour, Cyril le passe. Il semble vouloir se refaire après son abandon. Quant à Alex, je le vois qui élargit dans le fer à cheval jusqu’à tirer tout droit pour ne pas chuter dans les graviers. Il se retrouve dans l’herbe et reprend la piste dans les derniers suivi par Adrien Ganfornina qui a connu la même mésaventure. Au même moment, je vois un pilote à terre dans ce même virage.

C’est la douche froide ! Alex se retrouve 23ième

Au troisième tour, il a repris deux places. Il a l’air remonté comme une pendule. Cyril est 5ième.

20ième au tour suivant.

17ième au cinquième tour. Il n’amuse pas le terrain, je ne l’ai jamais vu aussi agressif sur sa moto. Il avale deux autres pilotes en bas de la descente. Au même moment, Cyril rentre au stand ; un mauvais week-end pour lui.





Il est 12ième au septième tour, mais le groupe de trois pilotes devant lui a un bon rythme et il les suit à environ 6 secondes. Mission impossible. Pourtant, l’écart se réduit peu à peu.
 
 
 
Derrière lui, je vois Ganfornina lancé lui aussi dans une remontée après sa sortie de piste. Il a l’air un peu plus rapide qu’Alex.
 





Alex ne relâche pas son effort et, dans les derniers tours de la course se rapproche très près de deux pilotes. Trop tard, le drapeau à damier s’abaisse.

Malgré son meilleur temps en course dans le dernier tour en 1.22.926, il échoue de 68 centièmes derrière le 11ième. En tout cas, il a livré bataille avec une sacrée détermination ; ses freinages en bas de la descente étaient impressionnants, et il nous a offert de belles dérives de l’arrière, chose inhabituelle chez lui. Il a limité les dégâts en prenant quelques points. Quant à Cyril, une fuite d’huile, résultat de sa chute en première manche, a été à l’origine de son second abandon de la journée.



Il me faut quitter le circuit avant la fin des épreuves ; je ne peux hélas pas assister à la course des 1000 et voir la prestation de Thibaut. 

Pendant que je m’équipe, j’entends Cyril parler d’une enquête en cours des commissaires de course à l’encontre d’Erwan Quellet. Ce dernier aurait tourné les pneus sur la jante, ce qui permet de bénéficier d’un flanc droit beaucoup moins usé. 



Le soir, à la lecture des résultats, je vois qu’effectivement, Erwan Quellet a été déclassé.

Quant à Thibaud, il a  réalisé un nouveau podium, mais sur la troisième marche cette fois-ci.

Au classement général ; Alex est passé de la 4ième à la 5ième place, mais les écarts se sont resserrés. Il n’a plus que 14 points de retard sur le 2ième et 13 sur le 3ième, qui ont eu deux résultats blancs ce week-end.

Bien sûr, on peut regretter sa deuxième manche mais j’ai tendance à y voir le verre à moitié plein, plutôt que celui à moitié vide. Ce fut l’occasion pour lui de montrer une belle détermination, de ne rien lâcher jusqu’à la dernière seconde. J’ai adoré cette rage, ce pilotage osé et spectaculaire que je n’avais encore jamais vu chez lui.

Allez Alex, encore quelques épreuves pour poursuivre sur ta lancée. La victoire fut si proche !
 

 
  
 Le circuit du Mans accueille les concurrents du Promosport ce week-end. Malheureusement, je n’ai pas pu m’y rendre et je me suis contenté de suivre la première manche du samedi via le “live” prévu sur le site officiel.

Vendredi soir, j’avais appelé Alex pour avoir ses premières impressions après les essais libres. Il avait l’air assez content, bien qu’un peu préoccupé par un moteur un peu juste en puissance comparé à ceux de certains de ses concurrents.

Aujourd’hui, j’ai donc suivi le tour par tour sur internet.

Alex avait réalisé le troisième chrono aux essais.

C’est parti.

Au premier tour, il pointe à la 3ième position, qu’il conserve jusqu’au troisième tour. Cyril Guignard est alors 6ième. Mageot, le leader au championnat, n’est que 12ième à 9 secondes.

Quatrième tour, Alex est passé par Mansat. Il est 4ième à 3,184 secondes du 1er.

Cinquième tour. Toujours 4ième mais un beau chrono de 1.44.989, 2ième meilleur temps en course derrière Stoll. Cyril n’apparaît plus dans le classement. Mageot est 7ième à plus de 10 secondes de la tête.

Sixième tour. 4ième à 3.374 du 1er tout près de Mansat. Il tourne dans les temps des 3 premiers.

Septième tour. Stoll est un solide leader, Quellet est 2ième à 2.769, Mansat 3ième à 2.949, Alex 4ième à 3.366 et Ganfornina 5ième à 3.843.

Huitième tour. Ganfornina a perdu du terrain sur Alex, il est à plus de 2 secondes derrière lui. Ouf!

Neuvième tour. 4ième à 2 dixièmes de Mansat et 4 dixièmes de Quellet. Le podium n’est pas loin…. Devant, Stoll est le seul à avoir tourné en moins de 1.45 dans ce tour.

Dixième tour. Il est 3ième! Il a tourné en 1.46.153 au lieu de 1.46.900 pour Erwan Quellet.

Onzième tour. Il est passé 2ième! Mansat est derrière lui à 2 dixièmes. Mageot pointe en 6ième position, belle remontée.

Douzième tour. Aie! Il n’apparaît plus qu’en 6ième position. Que s’est-il passé? Loin de tout, j’imagine un accrochage, un freinage manqué.

Il reste trois tours et j’espère qu’il va réussir à passer le 5ième, qu’il suit de très près. Peine perdue!

Une 6ième place au final, mais un 2ième meilleur temps en course, sous les 1.45.

Une heure après, je l’appelle pour lui demander des nouvelles. Il me confirme qu’il était juste en moteur et qu’il compensait au freinage pour suivre le rythme de pilotes devant.
Cela a fonctionné 11 tours, mais la course en compte 4 de plus… Il a fait un tout droit au virage de la chapelle.

Malgré tout, je ne le sens pas déçu, il s’est bien battu. Il a d’ailleurs descendu ses temps de l’an dernier de 2 secondes, ce qui n’est pas rien!

Il me confirme que Stoll était intouchable. Quant à Cyril Guignard, il a chuté.

Je croise les doigts pour la manche de demain.

J'ai examiné les résultats de Ludovic Rizza: 3ième temps de essais, à 6 dixièmes de Martial Bellut, meilleur temps.

Quant à Thibaut Duchène, il a réalisé la pôle et terminé 2ième de sa demi finale.
 
 
 
Dimanche, 18H30.

La course des 600 vient juste de se terminer. J'ai encore le coeur qui bat un peu fort. Quelle intensité dans cette course! Même vue à travers un tableau des résultats, tour par tour, elle m'a fait vibrer.

1er tour, Alex est 4ième avec Mansat devant suivi de Stoll et Quellet. Cyril Guignard est 9ième et Mageot seulement 18ième!

2ième tour. Quellet est passé 2ième, Alex toujours 4ième, 3 dixièmes derrière Stoll. Mageot est 16ième à déjà 7.4 secondes. Cyril 6ième.

3ième tour. Alex a repris un dixième à Stoll. Les cinq premiers sont en moins de 1.46 au tour. Ganfornina est juste derrière Alex à 2 dixièmes. Mageot 13ième à 8 secondes.

4ième tour. Quellet s'empare de la tête de la course. Ganfornina a dépassé Alex qui est à 1.197 de Quellet.

5ième tour. Mince! Alex pointe à la 8ième position à 1.884 du 1er. Derrière Bachelier, Guignard et Cornut. Que s'est-il passé?

6ième tour. Stoll est 1er devant Quellet à 3 dixièmes. Alex est passé 7ième devant Cyril. Il est à 1.599 du 1er et 1 dixième derrière Ganfornina. Les écarts sont serrés! Mageot est 10ième à 9.10.

7ième tour. Alex est 5ième. Mansat n’apparait plus dans le classement.

8ième tour. Alex est remonté en 4ième position ! Devant Cornut. Il est à 2.174 du 1er. Et surtout à un dixième de Bachelier le 3ième. Je commence à envisager un podium possible. Mais il reste encore 7 très longs tours.  Je ne tiens plus en place sur ma chaise. Cyril est 7ième à 2.8.

9ième tour. Stoll est toujours devant Quellet est 3ième, moins de deux dixièmes devant Alex, qui est à 2 secondes de la tête.

10ième tour. Alex est 4ième à 1.879 du 1er. Il a Cyril juste derrière lui, à moins de 2 dixièmes. Fais gaffe, Cyril, ne va pas sortir ton copain !

11ième tour. Il a pris un peu de champ par rapport à Cyril ; je respire un peu mieux ! Il est collé à Erwan Quellet.

12ième tour. Quellet est passé 2ième. Bachelier, maintenant 3ième, est devant Alex à 5 dixièmes. Cyril Guignard suit 2 dixièmes derrière. C’est chaud !

13ième tour. A deux tours de l’arrivée, Alex claque  son meilleur temps en course en 1.45.242 et n’est plus qu’à 2 dixièmes de Bachelier. Vas-y Alex, la 3ième place t’attend !

14ième tour. Oui ! Il est 3ième à 1.486 de la tête. Bachelier est 7 dixièmes derrière lui.

15ième et dernier tour. Le podium est là ! Bravo Alex. Il est à 1.138 de Clément Stoll et moins de 5 dixièmes derrière Quellet. Il devait être motivé car il a tourné à 2 millièmes de son meilleur temps dans cet ultime tour ! Merci Alex pour cette course palpitante.

Son classement après cette épreuve est 4ième (à 36 points du 1er). Il a passé Cyril pour un malheureux petit point. Patrick Mageot, après un week-end difficile est toujours 1er, mais Stoll et Quellet sont proches, avec respectivement 8 et 12 points de retard.

La suite du championnat promet d’être intense.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 31 juillet 2015. Quoi de mieux qu’une petite balade en moto pour fêter le dernier jour du mois? C’est ce que j’ai décidé de faire. Petit problème pour moi qui aime les départs matinaux, il m’a fallu passer par la case concessionnaire avant de vraiment prendre la route. En effet, le régulateur de ma Transalp présentait des petits signes de faiblesse et je n’avais pas envie de me retrouver en panne. Il y en avait un de disponible et je l’ai changé avant de prendre la route.

Ce n’est donc qu’à onze heures que je lève l’ancre, juste au moment où les gros nuages menaçants qui s’installaient sur Tarbes décident de vider leur trop plein d’eau.

Je rejoins dare-dare l’autoroute pour tenter de les gagner de vitesse. Opération réussie jusqu’à Toulouse. Malheureusement, un deuxième groupe de nuages partis en éclaireurs m’attend et, pour se venger de l’affront porté à leurs copains, ils augmentent très sensiblement le débit d’eau jusqu’à Cahors.

Là, je réussis enfin à m’échapper sans qu’ils parviennent à me prendre l’aspiration. Ouf ! Pas trop tôt. 

Compte tenu de mon départ tardif, je n’ai pas le choix pour effectuer les 720 kilomètres jusqu’à Magny Cours. Autoroute insipide et quatre voies guère plus réjouissante sont au programme de la journée. Heureusement, après Montluçon, j’emprunte les petites routes pour une heure de plaisir à pencher la moto, relancer le moteur, affiner mes trajectoires, bref l’essence même de la moto.

18H15, j’arrive sur le circuit, impressionnant avec ses infrastructures imposantes. D’ailleurs, l’équipe est bien installée. Il y a de l’espace ici. Sous l’auvent, outre Alex et Cyril Guignard, il y a aussi Baptiste et Benjamin, les deux sympathiques Bretons qui participent à l’épreuve au guidon de leur nouvelle machine. Chacun des deux a acheté une CBF 500 pour remplacer leur vieille (et un peu fatiguée !) CB 500. C’est tout récent et les machines sont encore à l’état brut.

 

Tout à l’heure, sur la route, j’étais plein d’espoir pour Alex. J’avais cette impression d’une montée en puissance de sa part depuis Pau-Arnos et Le Mans et je me disais que, peut-être, cette belle dynamique allait se poursuivre sur ce circuit qu’il apprécie beaucoup et où il avait réalisé son meilleur résultat l’an dernier. En même temps, je connais les aléas de la course qui réserve bien des surprises, dans un sens comme dans l’autre.

En face, il y a Thibaut Duchène et son père. Le week-end du Mans a été très mauvais après une mauvaise chute dans le tour de décélération. Un concurrent n’a pas coupé les gaz et a violemment tapé Thibaud à pleine vitesse. Enorme frayeur, beaucoup de réparations à la clef. La période noire semble se poursuivre puisque Thibaut a chuté en essais libres. En plus, la seconde saute régulièrement, ce qui est très handicapant. La moto aurait besoin d’une bonne révision ; mais, il faudrait le budget en rapport. Dur de lutter avec des écuries autrement mieux structurées et financées. Vu les moyens de Thibaut, je trouve qu’il réalise des miracles, mais j’ai le sentiment qu’il est sur le fil du rasoir.

A côté, il y a aussi Pierre Sambardier qui, cette année, fait ses premiers pas en 600. Après sa première course à Lédenon, il vient poursuivre son apprentissage ici. 

Je fais un petit tour de paddock et rencontre Ludovic Rizza. Il a la tête des mauvais jours car il a chuté lors des essais libres. Il souffre de son pied et attend l’ostéopathe pour soulager la douleur. En plus, son recours contre la décision de déclassement prise à Carole a été rejeté ; il ne récupère donc pas ses 25 points.

Je passe une nuit paisible dans ma petite tente. Légère inquiétude avec une pluie fine qui s’invite à 6 heures du matin. Les deux frères bretons ont leurs essais qualificatifs très tôt ce matin et n’ont pas de pneus pluie ! Heureusement, cela se calme vite et la piste est sèche lorsque les essais débutent.

 

 Les résultats sont très mitigés. 23ième et 26ième sur la grille ; ils n’ont manifestement pas encore en main leur nouvelle monture tout juste préparée pour cette course.

C’est au tour des 1000. Thibaut a toujours ce style coulé que j’apprécie. C’est d’autant plus visible à la chicane avant la ligne droite des stands. Pour d’autres, c’est brutal, avec une accélération violente derrière ce droite-gauche délicat à passer. Résultat: 5ième temps. De retour sous l’auvent, il m’indique que la deuxième saute et qu’il lui est impossible de réaccélérer à fond sur ce rapport. Il a néanmoins réussi à limiter les dégâts et envisage de changer la fourchette du second rapport. Problème à priori connu sur les Kawa.

 

Séance mécanique. La boîte est démontée ! Cela m’affolerait, mais Thibaut ne semble pas plus inquiet que ça.

 

 

Je me place ensuite à l’entrée de la pré-grille pour voir passer, une à une, les vieilles de la catégorie Vintage Classic. Un régal pour les yeux, les oreilles …. et les narines avec les effluves des deux temps fumants; c’est autrement plus vivant qu’un musée de motos anciennes.

Sur la piste, les niveaux sont hétéroclites. Certains envoient du gros gaz, d’autres semblent être là essentiellement pour se faire plaisir. Il y a une Ossa riquiqui, si vive à la chicane, une Moto Guzzi placide dont le gros V-twin prend ses tours tranquillement, le feulement incomparable de la Triumph trident, et celui non moins agréable de l’unique Laverda trois cylindres, orange comme il se doit pour une moto de la marque.

Dans le paddock, j’aperçois une magnifique Ducati 750 GT dans le paddock et son propriétaire tout content de parler de sa moto. 24 000 kilomètres d’origine ; vitesses à droite et inversées, ce qui lui occasionne quelques frayeurs quand il quitte sa ST2 pour sa Ducati noire.

 

 

Un peu plus loin, c’est une magnifique Norton qui me fait de l’œil.

 

 

Les essais de la nouvelle catégorie, les 400, débutent. Le plateau est maigre pour l’instant avec 11 motos en lice, 10 Yamaha et une KTM. Le pilote de cette dernière est installé juste à côté de nous. Un gars sympa, cet Adrian, venu avec un copain qui fait la mécanique. Alex m’en avait parlé à Pau-Arnos. Je le regarde en action sur la piste ; je n’ai pas de chrono sur moi mais c’est visuellement le plus rapide dans la dernière partie du circuit au virage du Lycée suivi de la chicane. Il reste en pôle durant toute la séance et se la fait souffler dans les toutes dernières minutes. De retour sous l’auvent, il nous montre le demi-guidon droit qui bouge à cause d’une vis foirée. Pas très confortable pour attaquer l’esprit serein !

 

Les 600 se placent en pré-grille pour leurs essais qualificatifs.

 

 

C’est parti. Très vite, le speaker annonce Alex en 6ième position dans la même seconde que le 1er.

Il s’arrête aux stands un moment, puis repart. Je le vois achever son tour de lancement avec un freinage déterminé. Je me dis qu’il est en train d’essayer de claquer une pendule et prends une photo de lui …. en train de perdre l’avant ! La moto glisse jusqu’au bac à graviers. Alex la récupère rapidement, se penche vers elle et repart. A priori, pas de mal dans ce virage lent. Ouf !

 

 

Résultat final : il est 6ième en 1.47.441, Stoll, l’auteur de la pôle est en 1.46.489. De retour, Alex explique qu’il était dans un groupe et était gêné. Il avait malgré tout réalisé son 6ième temps en faisant deux dépassements ; il savait qu’il pouvait améliorer en ayant un tour clair. Pas de chance, ce n’est pas passé. Malgré tout, il n’a pas l’air trop déçu car il a une marge de progression. Le tout sera de ne pas se louper au départ car ça roule vite devant. Cyril est beaucoup moins satisfait. 13ième temps des essais, à deux secondes du 1er, voilà qui ne lui ressemble pas.

Pierre Sambardier rentre avec le sourire ; son objectif était de descendre sous les 1.50 et il y est parvenu.

 

 

La demi-finale de Thibaut débute.

 

 

Premier passage, il est 4ième ! Il a fait un bon départ, tout arrive !

Il passe en 3ième position au troisième tour avec Luc Bibollet aux fesses. Au cinquième tour, il est toujours 3ième et a pris un peu de champ sur son suivant. Il est à deux secondes du 2ième.

Au septième tour, le speaker annonce qu’il a tourné plus vite que le second ; j’espère une remontée. Mais la BMW le repasse.

Au tour suivant, il est menacé par Anthony Aliern. Heureusement, il parvient à reprendre du terrain et termine 4ième de sa manche.

 

Au retour, il raconte que le second rapport saute toujours et c’est pour cela qu’il n’a pu revenir sur la tête de course. La boîte est de nouveau démontée….

 

 

Les 400 vont se lancer pour 9 tours de course sur ce grand circuit de 4,400 kilomètres. Premier tour, Adrian est 3ième, collé aux deux Yamaha de tête. Tour suivant, ils arrivent à trois de front à pleine vitesse au freinage du lycée. Adrian s’impose, c’est chaud!

Troisième tour, il est au coude à coude avec le 2ième.

Quant au speaker, après avoir commenté avec beaucoup de détails la course des 1000, il devient subitement aphone avec des commentaires ponctuels. Pas assez prestigieuse, cette catégorie ? Pourtant, la bagarre en tête est intense.

 

Au quatrième tour, Adrian se fait passer au freinage et repasse à l’intérieur à l’entrée de la chicane.

Cinquième tour, les deux Yamaha prennent une légère avance mais Adrian est très fort au freinage et au passage de la chicane ce qui lui permet de les recoller.

Les trois tours suivants ne voient pas de changement, les trois pilotes sont très proches et le trou est largement fait avec le reste des concurrents.

 

Dernier tour, la KTM arrive un peu détachée au freinage. Une troisième place au final et un beau wheeling pour fêter ça !

 

 

Les 600 s’installent en pré-grille. Comme toujours quand c’est Alex qui est en course, j’ai le cœur qui prend quelques tours de plus.

Tour de formation. En les voyant passer, je me demande ce qui peut bien se passer dans la tête des pilotes à ce moment-là. C’est le départ. De mon siège, je ne vois rien, j’entends juste les hurlements des moteurs qui s’emballent, j’imagine le passage de la première chicane où chacun veut faire sa place.

Premier passage, Alex est 7ième. Dommage, j’espérais un bon départ comme il a su nous en gratifier régulièrement cette saison.

Deuxième tour. Mageot perd l’avant au virage du Lycée devant nous.

 

Le leader du championnat risque de perdre gros. Alex est toujours 7ième et Cyril 13ième. Devant, ça commence à s’échapper. Contrairement au Mans, Alex n’est pas dans le bon paquet.

Les deux tours suivants, cela bagarre sec en tête avec Stoll, Quellet et Mansat. Alex est à la lutte avec Ganfornina.

 

Au sixième tour, ce dernier élargit un peu au virage du Lycée et Alex lui fait l’intérieur avant la chicane.

 

Huitième tour, Ganfornina est repassé devant.

Au neuvième tour, Alex est 5ième ! Il garde sa position au tour suivant.

Onzième tour. Billy Cornut est devant lui. Il n’est plus que 6ième .

 

Les tours suivants, je le vois revenir sur son adversaire dans cette dernière partie du circuit, mais ce n’est pas suffisant. Il termine 6ième . Cyril finit 15ième .

 

 

 

Je retrouve Alex qui récupère des efforts de la course sous l’auvent. Il a fait un bon départ mais a eu le tort de rester à l’intérieur et s’est laissé enfermer à la première chicane. Ensuite, il a été gêné par Billy Cornut impossible à passer au freinage, car toujours en travers. Au sixième tour, il y a eu une belle passe d’armes avec Ganfornina qui lui a fait un extérieur osé au Nurburgring, Alex lui rendit la pareille avec un intérieur à la dernière chicane.

Quant à Cyril, il ne semble pas dans une bonne dynamique. Lui si déterminé d’habitude semble douter, ce qui n’est pas son genre.

 

 

Pour la course des 500, je vais m’installer au bout de la ligne droite.

 

L’arrivée du paquet de pilotes à l’épingle d’Adélaïde vaut son pesant d’or. On se demande comment ça passe, mais ça passe ! Benjamin passe d’ailleurs de la 23ième position de départ à la 15ième ! Son frère gagne lui aussi 6 places dans ce premier tour, puis 4 places de mieux lors de la course qui sera écourtée par le drapeau rouge. Les deux frangins reviennent les yeux rieurs, racontant leurs faits de course. Heureux d’avoir pu tout donner dans la bagarre, heureux de courir pour le plaisir.

La soirée s’écoule joyeusement. Il y a du monde à la table. Pierre, le papa des Bretons, raconte comment, après avoir vu la Yamaha RDLC 350 dans la devanture d’un concessionnaire, il avait craqué pour cette moto et s’était inscrit illico presto à la coupe de la marque, Momo a plein d’anecdotes succulentes sur la coupe Ducati à laquelle il a participé.

Je discute avec Adrian Parassol qui est stagiaire à la revue Motos et Motards. Il parle un peu de ce métier d’essayeur, de l’équipe du journal soudée, des difficultés à sortir des essais formatés lors des présentations presse. Très calme et posé, on a du mal à imaginer que c’est la même personne qui multiplie les travers et autres roues arrière sur les photos du magazine.

Dimanche matin, le soleil brille de mille feux, la journée va être chaude.

Alex, qui s’était plaint hier d’un gros trou à l’accélération aux alentours des 6000 tours/minute, pose son ordinateur portable qu’il branche sur la moto afin d’ajuster les paramètres de l’injection.

Cela m’épate, cette possibilité d’intervenir en quelques clics sur le comportement du moteur.

J’ai encore le souvenir, dans les années 80 des pilotes qui, en fin de séance d’essai au Castellet coupaient le moteur en pleine charge dans la ligne droite. Les mécanos qui les attendaient sur le bord de la piste démontaient alors une bougie et, en fonction de son apparence, déterminaient le réglage de la carburation le plus approprié. Une autre époque !

Pour Thibaut, la course s’annonce compliquée. La boîte nécessite une solide intervention et il se contentera d’une démultiplication raccourcie de trois dents pour ne pas avoir à passer la première en course. Malgré cela, il reste zen, un modèle de calme face à toutes les contrariétés du week-end. Je n’en dirais pas autant du papa, au bord de l’apoplexie !

 

 

Midi. C’est l’heure de la catégorie 400 pour la deuxième course. Adrian va-t-il réussir à « manger » les Yamaha de tête ? Il effectue un bon départ et arrive  en 3ième position au virage du Lycée. Mais, le drapeau rouge est sorti après la chute de Valentin Grimoux.

Nouveau départ. Adrian fait toute la course en 3ième position. De temps en temps, il arrive décroché mais remonte sur les deux premiers avec de beaux freinages au virage du Lycée.

 

Je m’attends à ce qu’il essaye quelque chose dans le dernier tour et je ne me trompe pas. Adrian tente de faire le freinage à Thuau. C’est limite, il se retrouve embarqué au-delà du vibreur à la sortie du virage ; Thuau tente de reprendre sa trajectoire en se tassant sur Tabaries qui s’est infiltré sur la droite, arrive sur la chicane qu’il coupe allégrement pendant que son adversaire la contourne ce qui permet à Adrian de se glisser sur sa droite car il a une meilleure trajectoire et de le passer sur la ligne d’arrivée avec 1 centième d’avance ! Quel final !

 

Peu après, je rejoins Adrian au banc de puissance car il a été décidé par la direction de course de faire un contrôle de sa moto. Il nous est conseillé de ne pas rester derrière la moto en pleine puissance sur le banc. Le contrôleur nous raconte alors que, dernièrement, une chaîne a sauté et a été violemment projetée en laissant une belle trace de son passage sur le toit d’une Ferrari imprudemment garée derrière !

 

J’ai l’insigne honneur de ramener la KTM au parc de vérification et j’en profite pour prendre une photo d’elle et de ses quatre concurrentes.

Malheureusement, c’est interdit, et je me fais gentiment remonter les bretelles. Je réussis heureusement à éviter la prison ( !) et peut poursuivre mon reportage.

 

Un beau week-end pour Adrian, avec ses deux podiums. Il faut dire qu’il ne laisse rien au hasard dans sa préparation, un vrai professionnel! .

Tout d'abord, pour protéger sa moto, il a troqué son antivol pour un modèle autrement plus performant (mais pas encore agréé par la Mutuelle des Motards).

 

 

Ensuite, il a trouvé un umbrella boy tout aussi efficace qu’une umbrella girl et qui le déconcentre moins avant le départ....

 

 

Enfin, il a compris comment économiser sa roue avant pendant toute la course afin de pouvoir tenter un freinage d’outre-tombe dans le dernier virage avant l’arrivée.

 

 

Et en plus il est très sympa!

 

C’est l’heure du repas de midi. Cyril semble un peu plus détendu. Hier, il se plaignait de vitesses qui sautaient. En soirée, il a vu qu’il lui manquait l’écrou du pignon de sortie de boîte ! Il espère que cela ira mieux aujourd’hui.

Clément Stoll vient nous rendre visite. Un gars tout simple, réservé, mais qui envoie du gros gaz depuis quelques courses. On le félicite pour la belle bagarre à trois dans la course d’hier, mais il semble l’avoir moins appréciée et aurait préféré se faire la belle comme au Mans. Je ressens chez lui une très forte détermination ; cela promet pour la course !

 

 

Les 500 sont maintenant en piste. On n’a pas le temps de s’ennuyer aujourd’hui.

Ludovic Rizza est 4ième dans le premier tour. Ce matin, je suis allé demander des nouvelles, notamment de ses blessures, mais je ne l’ai pas vu. Je ne sais donc pas si son classement moyen de la veille (6ième ) est le résultat de capacités physiques réduites.

Comme à leur habitude, les deux frangins Benjamin et Baptiste vont se débrouiller pour faire la course ensemble, de vrais jumeaux ces deux-là ! Benjamin est parti sur un bon rythme et Baptiste est monté progressivement en puissance et il finit par passer Benjamin à trois tours de la fin. Mais il perd deux places dans le dernier tour. Il nous explique que la moto a déjaugé dans la courbe d’Imola, l’essence commençant à manquer !

 

C’est au tour des 1000. Je suis inquiet pour Thibaut. Deux démontages de la boîte de vitesses dans le week-end, une moto pas au mieux de sa forme, une démultiplication changée qui risque d’être inadaptée au profil du circuit, cela fait beaucoup.

Premier tour, il passe en 7ième position et prend le meilleur sur Dos Santos au troisième tour. Au tour suivant, il recolle aux trois pilotes devant lui. Je me prends à espérer.

Au septième tour, Jonathan Goetschy double Thibaut dans la grande courbe après le virage du château d’eau mais Thibaut réplique aussitôt par un magnifique freinage au virage du Lycée. Et Goetschy a failli tenter l’intérieur avant la chicane qui suit ! Plus tard, il est 7ième derrière Nicolas Souchon. Il reste trois tours et il finit par le passer au 13ième tour, mais reperd une place dans le quatorzième !

A l’arrivée, Thibaut est étonnamment serein. Il me dit que la boîte n’en pouvait plus, que la seconde sautait toujours, et qu’il a essayé de compenser en s’aidant de l’embrayage. Cela ne fut pas suffisant et la fin de course fut délicate.

Compte tenu des circonstances, il s’estime heureux d’avoir réussi à adapter son pilotage et repart avec la satisfaction d’avoir tout donné.

 

 

17 heures. Je rejoins les pilotes 600 en pré-grille. La plupart sont allés se mettre à l’ombre tant la chaleur est intense. Je vois Alex discuter avec Adrien Ganfornina, puis avec Patrick Mageot.

 

Arrive Clément Stoll ; il va voir ses concurrents et  donne une tape dans la main à chacun d'eux, comme pour dire : « bon courage pour la course, que le meilleur gagne ». J’aime ce comportement respectueux.

Tour de chauffe. Clément Stoll arrive comme une fusée au virage du Lycée. J’y vois comme une volonté de s’échapper dès le début de course, pour ne pas revivre la bagarre à trois de la première manche.

Effectivement, il est devant au premier tour, Mageot est 5ième, Alex 7ième .

Au deuxième tour, Stoll est déjà détaché. Alex est 7ième derrière Anthony Paul. Cyril est 10ième .

Au quatrième tour, Romain Mansat fait un tout droit devant nous, Alex passe en 6ième position. Stoll est impressionnant dans le rythme qu’il impose à la course. Il a déjà 4 secondes d’avance sur Quellet au 5ième tour ! 

Drapeau rouge au septième tour.

La course reprend pour 6 petits tours. J’espère une meilleure envolée d’Alex. 6ième au premier tour, 5ième au deuxième, cela semble bien parti.

Au troisième tour, Billy Cornut se loupe au freinage du virage du Lycée et Alex arrive à s’infiltrer devant  lui de justesse.

 

 

Au tour suivant, il est 3ième !

Il maintient sa position au tour suivant.

Déception ! Il passe en 5ième position au dernier tour.

 

Je discute avec lui à son retour. En fait, il a perdu l’avant à Estoril et s’est fait reprendre par ses deux poursuivants.

Je me prépare à reprendre la route. Je suis légèrement déçu ; j’avais espoir qu’il remonte un  peu sur le trio de tête lors de cette épreuve avant les deux dernières manches. Il a repris des points à Patrick Mageot, le leader, qui a perdu gros ce week-end, mais il lui en manque 32 pour être à son niveau, ce qui n’est pas rien. Mais comme le dit si justement Alex : « Tout peut arriver jusqu’à la dernière course ». C’est vrai.

Et quand je vois arriver Florian Pellegrin boitillant, avec des pansements, résultat de sa chute (bousculé par un pilote en bout de ligne droite), je relativise ma déception. Alex est resté sur ses roues, il pointe à la 4ième position au championnat (en consolidant sa place par rapport à Cyril Guignard) avec 160 points (à comparer aux 37 à la même époque l’an dernier !).

Avant le début de la saison, jamais je n’aurais imaginé une telle régularité et trois podiums.

18 H30. Il est temps de rentrer. Une météo idéale, une moto docile et confortable, un Christian motivé, cela donne une arrivée à 2H40 dans la nuit et un réveil un peu douloureux pour aller bosser.

Mais que le week-end fut bon !

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce week-end, a lieu l'avant dernière épreuve du championnat sur le circuit de la Bresse.

Un circuit nouveau pour Alex, qui n'y a jamais couru. En outre, il n'a pas pu participer aux journées de roulage organisées cet été. Un handicap certain.

Dans l'impossibilité de m'y rendre, je l'appelle jeudi soir, après sa première journée en essais libres. Pas évident, avec un temps supérieur de deux secondes comparé aux meilleurs.

Vendredi midi, ça va mieux, même s'il est encore loin des plus rapides.

Ce matin, je regarde la liste des temps qualificatifs. Aie! 10ième temps, à 1.8 seconde du détenteur de la pôle, Clément Stoll et à 1.2 seconde de Patrick Mageot, 5ième temps. Cela s'annonçe difficile.

15H50, je m'installe devant mon écran d'ordinateur.

C'est parti!

1er tour: Alex est 8ième. C'est pas mal, il a fait un bon départ. Cyril Guignard, qui avait cassé son moteur aux essais libres, est 5ième (il partait de la 4ième position). Par contre, Clémént Stoll s'est loupé au départ, il ne pointe qu'à la 6ième position.

2ième tour: Quellet et Mageot s'échappent. Alex est toujours 8ième à 6.3 secondes, Cyril 5ième à 2.929.

3ième tour: Cyril n'apparait plus sur les écrans. Chute, casse?
Alex se retrouve 7ième.
Clémént Stoll est 5ième à 3.8 secondes.

4ième tour: Pas de changement. Alex tourne en 1.30.385, soit une seconde de plus que les leaders.

5ième tour: Il a dépassé Lucien Abellan, le double vainqueur de Pau-Arnos. Il est 6ième. Clément Stoll est 5ième, 6 secondes devant Alex.

6ième tour: Clément Stoll est passé 4ième, à 2.682 de la tête. Mageot est juste derrière Quellet, à 0.438.

7ième tour: Stoll a diminué son retard; plus que 2.335 sur la tête.

Au 9ième tour, Alex pointe à la 5ième position! Stoll est 3ième.

11ième tour: Stoll n'est plus qu'à 1.148 du 1er, puis sous la seconde au tour suivant.

Au 15ième tour, Mageot passe en première position. Alex se maintient en 5ième; il ne peut pas être inquiété par son suivant. Je croise les doigts pour qu'aucune chute ou casse mécanique ne survienne.

16ième tour, les 3 premiers se tiennent en moins d'une seconde.

Les derniers tours ne changent rien.

Dans l'ultime tour, Stoll est décroché: 3.232 du vainqueur Patrick Mageot qui se relance au championnat.


Je viens d'avoir Alex au téléphone. Plutôt satisfait du résultat compte tenu de sa place sur la ligne de départ. Il m'a dit que ce circuit très lent n'était pas évident à apprendre. Il reprend des points à Cyril Guignard qui a chuté et consolide sa quatrième place au championnat. Quant à Clément Stoll, il s'est laissé enfermer au départ et a dû cravacher pour remonter et il a fini très fatigué.

Cela promet entre les 3 premiers pour les 3 manches à venir!

Quant à Pierre Sambardier, il a bien roulé, régulier et finit à une belle 7ième place.

 

Dimanche 30 août 2015: 15 heures.

Je viens juste d'assister (via le tour par tour de Moto GP) à la nouvelle victoire de Valentino Rossi, ce grand pilote qui me fait vibrer depuis cette année 1997 où il se battait comme un lion avec sa 125.

C'est le départ de la deuxième manche 600 et une douche froide quand j'aperçois Alex 18ième à l'entame du 1er tour avec un temps de 1.47, au lieu des 1.31 habituels. Il y a dû y avoir de la bousculade au départ....
Quellet est en tête devant Mageot et Stoll.

Deuxième tour, Alex est 17ième. Cyril Guignard, son plus sérieux adversaire au championnat est 7ième.

Troisième tour: 15ième position. Il peut peut-être aller chercher quelques points. Allez Alex!

Quatrième tour: 14ième avec un tour en 1.31.218. Les trois premiers se tiennent en une seconde. Cyril est toujours 7ième, Pierre Sambardier est un bon 9ième.

Cinquième tour: Alex est passé en 12ième position. Pierre Sambardier est 8ième.

Au sixième tour, Alex est remonté à la 10ième position, 4 secondes derrière le 9ième, Clément Fitte.

Position inchangée au huitième tour mais il a tourné 1 seconde plus vite que Fitte, devant lui. Mageot est 2ième à 0.340, Stoll 3ième à 0.560.

Dixième tour: Stoll est passé en 2ième position. Pierre Sambardier a été doublé par Clément Fitte; à priori, il a fait une petite erreur avec un temps de 1.40.638 dans ce tour. Alex est juste derrière lui, à deux dixièmes!

Onzième tour: Alex est 9ième après avoir dépassé Sambardier. Il a tourné en 1.31.239, soit 1.2 seconde de moins que Clément Fitte. Il peut aller chercher la huitième place.

Au douzième tour, il a réduit l'écart sur Fitte à 2 secondes...

Treizième tour: plus que 7 dixièmes pour recoller son adversaire devant lui!

Quatorzième tour: ça y est, il est 8ième! Il est beaucoup trop loin de Cyril Guignard, il va peut-être pouvoir relâcher son effort.

Au quinzième tour, Mageot a repris la deuxième place devant Clément Stoll. Alex a pris un peu de champ par rapport à Fitte avec deux secondes d'avance.

Seizième tour: Pierre Sambardier est juste derrière Fitte et devrait pouvoir le passer, car il tourne dans des temps inférieurs.

C'est fait au tour suivant.

Rien ne change dans les quatre tours suivants. Quellet remporte la course devant Mageot à 1 seconde et Stoll à 1.752.

Alex limite bien les dégâts après son catastrophique premier tour vu qu'il termine juste derrière Cyril Guignard.

Une bien belle remontée!

Et bravo à Pierre Sambardier qui commence à prendre la mesure de sa monture.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dernier week-end de Promosport. Mon résumé sera très bref pour cause d'absence sur la course et de système de chronométrage out (donc pas de live disponible sur le site du Promosport).

D'ailleurs, il n'y a pas pu y avoir d'essais qualificatifs à cause de ce problème technique, ce matin.

Les pilotes ont eu droit, à la place, à une séance d'essais libres et la grille de départ fut celle du classement provisoire au championnat.

Ce qui signifie un départ en deuxième ligne pour Alex.

Erwan Quellet qui avait été déclassé à Pau pour avoir retourné ses pneus et qui avait fait une recours contre cette décision, a vu sa peine diminuée: 30 secondes de pénalité. Il récupère donc des points.

Malheureusement pour lui, il chute en début de course (courue sous la pluie) avec pour conséquence un drapeau rouge.

Cette course est remportée par Patrick Mageot et son plus sérieux adversaire, Clément Stoll, ne termine que 6ième.

Avant l'ultime manche, ils ne sont plus séparés que par 6 points. Il va falloir des nerfs solides demain!

Quant à Alex, il a réussi à augmenter son rythme de course et il termine très près de Cyril Guignard, 2ième.

C'est donc un nouveau podium pour "mon" pilote.

Bravo, Alex!

 

 

 

 

Dimanche, 17H30. Toujours aucune information disponible sur le site du Promosport.

Un petit coup de fil à Bruno, le père d'Alex pour avoir des nouvelles. Nuit très agitée avec de violentes averses.

Mais la course a bien eu lieu.

Clément Stoll devait impérativement gagner et Mageot ne terminer que 3ième au mieux pour décrochre le titre. Course courue sur piste sèche  (il faut quand même y croire qu'elle est sèche, m'a dit Bruno....).

Billy Cornut a fait un excellent début de course en s'échappant devant. Puis, Clément Stoll a fait une belle remontée jusqu'à la 1ière place. Quant à Patrick Mageot, il est resté longtemps 3ième et a fini par passer Cornut dans les derniers tours. Le voilà champion avec un point d’avance sur Clément Stoll!

Alex a été dans le coup, avec ceux de devant, une belle course, d'après Bruno et il finit de nouveau sur le podium!

Belle conclusion d'une saison régulière.Il totalise 211 points, pour sa deuxième saison en 600, après un apprentissage dans la catégorie en 2014.

 

Une progression significative !

 

Quelques jours plus tard, j'apprends que Clément Stoll a été déclassé après le contrôle de sa moto. Les moteurs ayant été plombés avant l'épreuve de La Bresse, il perd le bénéfice des points marqués au cours des deux derniers week-end et rétrograde à la 4ième place.

Alex se retrouve ainsi 3ième au classement final du championnat, avec 218 points!

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vendredi 1er avril 2016,12H30.

La moto m’attend sagement à la sortie du boulot. 500 kilomètres m’attendent. Demain, aura lieu la

première épreuve du Promosport de l’année 2016 sur le circuit de Lédenon.

 

Je suis impatient. Après la belle et régulière saison d’Alex récompensée par une troisième place

finale, je sais que, cette année, son but est de parvenir à décrocher le titre. C’est ce qu’il a annoncé

lors d’une sympathique soirée cet hiver. Mais des intentions à la réalisation il y a un pas à franchir car

je suppose qu’ils sont plusieurs à avoir les mêmes ambitions !

 

Exceptionnellement, cette année, la saison ne débute pas à Nogaro, ce qui me semble une bonne

chose, vu le temps régulièrement pluvieux sur le circuit de Gers en début de printemps. On peut

espérer un peu plus de soleil dans le département du Gard.

 

Bon, ça commence mal, la pluie s’invite et c’est même un déluge qui m’accueille aux alentours de

Montpellier. J’arrive bien trempé et frigorifié sur le circuit, les poignées chauffantes branchées sur la

Transalp. Pour un peu, je pourrais penser m’être trompé d’itinéraire et arriver à Croix en Ternois !

Je rejoins le box dans lequel trônent quatre motos, celle d’Alex bien sûr, mais aussi la KTM 390 de

Rémi, son petit frère qui va participer à cinq épreuves cette année. Et, enfin, il y a les deux Honda

CBF 500 des deux inséparables frères Vaucher qui font une saison complète en 2016. Leurs deux

motos ont revêtu une tenue plus présentable que l’année passée (en même temps, ce n’était pas

très difficile !) et je ne trouve plus trace de fil de fer ou de chaterton, preuve s’il en est qu’ils ont

décidé de faire les choses sérieusement cette année ! D’ailleurs, la caisse à outils bien rangée

témoigne de ce changement.

 

La moto d’Alex est encore plus belle que l’an dernier, avec une décoration superbe. Quant à la petite

KTM et son joli cadre treillis orange, elle est elle aussi très élégante.

 

 

Je rends visite à Thibaut Duchène dont j’avais suivi la belle saison l’an dernier, malgré des moyens

limités, avec à la clef une deuxième place finale. Cette année, il a intégré l’équipe Suzuki et j’ai le

sentiment qu’il s’y sent bien. Il m’indique qu’il aime particulièrement le train avant de la Suzuki, mais

aussi son moteur bien rempli à bas et moyen régimes, même s'il est moins puissant en haut que celui

de sa Kawasaki. « Il y a moyen de faire quelque chose avec » conclut-il.

 

Le soir, devant les assauts répétés de la pluie, le box est transformé en camping quatre étoiles, pour

cinq d’entre nous. Quoi de mieux que la bonne odeur des motos, du caoutchouc des pneus et des

divers produits pétroliers pour passer une nuit paisible et récupératrice….

 

 

Samedi,6 H30, je file à la douche. Le sol est sec mais il fait encore froid et le temps est incertain.

Je rencontre Pierre Sambardier qui se lance dans une saison complète en 600 après quelques courses

d’apprentissage de la catégorie l’an dernier. Il avait commencé à prendre la mesure de sa moto dans

les deux dernières épreuves et me parait plutôt optimiste.

 

 

9H20. Essais qualificatifs des 500. Benjamin et Baptiste s’élancent sur cette piste froide.

 

 

Résultat final, les 10 ième et 13ième temps. Ils sont déçus, espéraient mieux faire et savent qu’ils

seront contraints à faire un bon départ pour accrocher le bon wagon.

 

 

 

 

10H10. C’est au tour des 600.

 

Installé dans la ligne droite des stands, je regarde passer les motos dans le hurlement des moteurs.

J’avais oublié qu’une 600, même stock, ça va rudement vite. Alex me régale toujours avec son style

coulé, dénué de toute violence. Efficace en tout cas vu qu’il est classé 2ième après quelques minutes

d’essais. Il s’arrête un moment aux stands puis reprend la piste. Hélas, dans les tous derniers

instants, il est relégué à la 4ième position, loupant la première ligne de départ.

 

 

 

De retour dans les stands, je le questionne. « Je n’ai pas eu un tour clair dans la 2ième partie des

essais et je n’ai pas pu me lâcher. J’aurais pu rouler quarante tours à ce rythme ». Bref, je le trouve

plutôt serein, malgré son retard de plus d’une seconde sur le 1er, Guillaume Pot.

 

 

Les 1000 sont en piste. Comme toujours, je suis impressionné par la bestialité qui se dégage de ses

motos en action. Dans la ligne droite, les pilotes ne peuvent contenir des wheelings alors que les

moters hurlent en transperçant les tympans des panneauteurs qui les renseignent en bord de piste.

Thibaut est toujours aussi doux dans sa gestuelle et c’est très beau à voir. Il faut qu’il compose avec

une moto moins bardée d’électronique et de garde-fou mais cela ne se passe pas trop mal vu que,

après être resté longtemps en 7ième position, il décroche le 4ième temps en fin de séance à un peu

plus de deux dixièmes du détenteur de la pole.

 

 

 

 

 

 

Ce sont ensuite les petites 400 qui sont de la partie. Dans la difficile montée de la ligne droite, les

moteurs sont un peu à la peine, mais leur légèreté semble permettre bien des fantaisies en virage.

J’imagine l’émotion de Rémi pour ses tous premiers essais qualificatifs. Cinq ans après son frère,

c’est à lui de se jeter à l’eau et d’affronter les joies et parfois désillusions de la course. 21ième temps.

 

En début d’après-midi, ce sont les 500 qui ouvrent le bal. La pluie qui s’était installée cesse 20

minutes avant le début de la course. Aie ! Le choix des pneus risque de s’avérer difficile. Je suis dans

le virage du fer à cheval, d’où l’on peut suivre une bonne partie de la course.

 

J’imagine les deux frangins scrutant les nuages. Je les ai trouvés plus sages que l’an dernier, tout au

moins dans leurs paroles. Fini les comportements « généreux », surtout du côté de Benjamin, ce qui

pouvait donner une course splendide ici même l’an dernier avec une 4ième place en course, mais

aussi une pole position provisoire dans le premier tour des essais suivie immédiatement après d’une

chute au triple gauche et d’une nouvelle envolée dans ce virage lors de la deuxième course. C’est ce

que j’appellerai le style on-off !

 

Premier passage des motos. Je sens les pilotes sur la réserve. D’habitude, dans cette catégorie, c’est

l’attaque à outrance, les tentatives de dépassements parfois improbables. Sur cette piste séchante

avec les pneus pluie, il ne doit pas être évident de se lâcher. Les deux frangins n’ont pas réussi leur

départ et naviguent aux alentours de la 13ième place. Je crois même que Baptiste a abandonné car

sa moto, avec sa nouvelle décoration, passe totalement inaperçue dans le groupe ! Deux chutes

contraignent la direction de course à sortir le drapeau rouge.

 

Nouvelle procédure de départ profitable pour les deux frangins qui passent devant nous en 10 et

11ième position. Au tour suivant, alors que le crachin s’installe, ils sont 8 et 9ième derrière le 77

David El Bez. Cette deuxième manche va être très courte (5 tours) mais ils réussissent tous les deux à

faire l’intérieur au 77 qui élargit un peu trop à l’entrée du fer à cheval. Résultat : 7 et 8ième, mais

seulement 9 et 10ième au cumul des deux manches. Ils sont un peu déçus.

 

Les side-cars effectuent ensuite leur course et semblent achever de sécher la piste avec leurs

énormes pneus, mais, de ma position, je ne sais pas s’il reste des parties humides sur le circuit. Est-ce

qu’Alex va partir en pneus pluie ? Les nuages aux alentours peuvent annoncer une prochaine averse.

Que le choix doit être dur en pré-grille !

 

 

Les side-cars font leur tour d’honneur et un très léger crachin arrive....

 

 

1er tour. Romain Mansat, le numéro 10 passe en tête déjà détaché. Derrière, il y a Guillaume Pot,

l’auteur de la pole suivi par Alex qui a gagné une place.

 

2ième tour. Alex est passé devant Pot et se retrouve 2ième !

 

3ième tour. Pas de changement, mais le Guillaume Pot est dans son pot d’échappement. Je le vois

d’ailleurs, au loin, le dépasser dans la ligne droite.

 

4ième tour. Alex élargit dans la descente après le triple gauche. Que se passe-t-il ? Stupeur, il passe

devant nous en 5ième position, loin derrière Lucien Abellan et Thibaud Doutre. Plus de trace de

Guillaume Pot qui a dû chuter dans la descente.

 

5ième tour. Toujours 5ième.

 

6ième tour. Mansat a pris une sérieuse avance sur ses poursuivants Anthony Paul et Lucien Abellan.

Quant à Alex, il a entamé une remontée et pointe 4ième.

 

Au 7ième tour, je le situe à environ 2 secondes et demi du 3ième. Il va être dur de revenir sur lui.

 

8ième tour. Le speaker annonce le meilleur tour pour Alex !

 

9ième tour. Il est toujours 4ième mais l’écart s’est réduit. Allez, Alex !

 

10ième tour. L’avance de Mansat a fondu et Alex s’est nettement rapproché du groupe des trois

devant lui. Je commence à y croire tant il me semble « propre » et rapide.

 

11ième tour. Je le vois faire le freinage à Anthony Paul en bas de la descente après le triple gauche. Il

est 3ième !

 

Lucien Abellan passe en tête.

 

Au 12ième tour, il dépasse Mansat. 2ième position, je n’ose y croire !

 

13ième tour. Il passe en tête devant Lucien Abellan.

 

 

Mansat chute devant nous en perdant l’avant.

 

Abellan n’apparait plus dans le tour suivant (chute ?).

 

C’est fait, la première victoire en 600 est presque là, je reste tendu comme un arc dans les deux tours

suivants surtout que je ne vois pas le drapeau à damier annoncer la fin de course. Et, effectivement,

Alex passe devant nous en rythme de course et, juste après, les drapeaux rouges sont sortis. Le

préposé au drapeau à damier va devoir réviser son arithmétique !

 

Pas de tour d’honneur donc, mais une émotion énorme m’étreint. Victoire pour la première course

de la saison. Meilleur tour en course. On est loin de sa première course ici il y a deux ans où il m’avait

dit se sentir un peu perdu sur ce circuit atypique.

 

Retour rapide vers le podium pour assister, in extrémis, à la remise de coupe.

 

Alex résume sa course. Elle lui a rappelé sa première victoire en 500 à Carole où il avait remonté ses

adversaires sans avoir l’impression de forcer. Là, fut pareil. Après avoir évité Pot qui a chuté juste

devant lui et l'a retardé au 4ième tour, il a pu maintenir un rythme régulier et bien gérer les

dépassements des attardés (ils ne sont que 7 à terminer dans le même tour). Quant au choix des

pneus, il s’est décidé au dernier moment, en pré-grille, et a laissé tomber les pneus pluie. Ses

adversaires proches ont suivi. Par endroits, il fallait être vigilant avec une seule trajectoire possible.

 

Au final, il gagne avec près de 9 secondes d’avance sur le 2ième et 18 sur le 3ième. Une belle victoire.

 

Dans un des box voisins, je vois la Kawasaki de Pierre Sambardier bien défaite avec un réservoir

cabossé et des carénages détruits. Pierre a chuté dans le dernier tour en évitant un pilote tombé

devant lui. Grosse gamelle qui l’a bien secoué avec un pied et des doigts atteints.

 

 

 

Plus tard, c’est au tour des 1000 de rentrer en piste. Thibaut Duchène ne pourra malheureusement

pas se battre pour le podium. Il termine 5ième après s’être débarrassé de Marc Pasquinucci dans le

dernier tour. Thibaut me raconte sa course. Par crainte de l’arrivée de la pluie, les pneus ont été

légèrement surgonflés, ce qui fut une erreur. Ils ont d’ailleurs été anormalement usés. Il n’avait pas

pu faire d’essais sur sol sec ici car il était arrivé tard. En effet, il participait aux essais au Mans en vue

des prochaines 24 heures. En outre, il reconnait avoir eu un peu de mal à se mettre dans le rythme

au départ.

 

C’est la fin de la journée avec un ciel toujours menaçant et les 400 s’élancent. Après une première

année laborieuse avec très peu de concurrents, cette nouvelle catégorie a fait le plein cette année

avec 34 pilotes. Je pense qu’elle va remplacer à terme les 500 dont la longévité est assez

remarquable. C’est quand même en 1996 que les premières courses avec la CB 500 ont commencé ;

et cette moto est toujours présente en 2016. Belle longévité.

Rémi doit vivre intensément sa première course et j’imagine que, sous le casque, ça doit chauffer. Il

fait sa course dans les environs de la 20ième position et termine d’ailleurs 20ième. Pas de chute, un

pilotage propre, c’est un bon début. Bruno et Alex le conseillent pour la deuxième épreuve. Il faut

qu’il ose dépasser car il a été gêné par des pilotes moins rapides. Il faut que le métier rentre….

 

La soirée est joyeuse dans le box, malgré le climat incertain.

 

 

Dimanche, 8 heures. Nous sommes réveillés par les concurrents de la course d’endurance de 4

heures qui a lieu ce matin. Il tombe une fine pluie « crasseuse ». D’ailleurs, ma sacoche de réservoir a

des traces de sable mouillé. Et, sur la piste, on assiste à un festival de chutes sur une piste très

glissante.

 

Je fais un petit tour du paddock et rencontre Ludovic Rizza qui a abandonné les 500 pour les 600. Il a

terminé à une belle 9ième place. Je lui annonce qu’Alex avait eu le même résultat il y a deux ans,

pour sa première course en 600, dans des conditions climatiques similaires et lui souhaite de

connaitre la même progression.

 

Midi, la pluie se renforce, avec le vent qui se lève. Après le repas, un nouvel invité arrive, j’ai nommé

Monsieur Brouillard ! La visibilité devient nulle et Alex pense que les épreuves vont être annulées.

Effectivement, à 14 heures, la direction de course annonce la fin des épreuves.

 

Baptiste et Benjamin sont très déçus ; ils étaient motivés comme jamais pour tirer leur épingle du jeu

sur le mouillé. Ils ne sont pas Bretons pour rien !

 

Je quitte mes amis sous le déluge et retrouve un temps sec trente kilomètres plus loin…. A priori, la

pluie avait une nette préférence pour cette partie du département du Gard ce week-end !

 

Les 500 kilomètres sont parcourus sur sol sec, avec même le soleil qui m’accompagne un bout de

route ce qui me change un peu après ces deux jours très humides.

 

J’ai quand même droit à une belle averse sur le plateau de Ger entre Tarbes et Pau, comme

d’habitude devrais-je dire. Je me demande d’ailleurs si un descendant de chef indien ne s’est pas

installé dans le coin et s’il ne rend pas hommage à son ancêtre en invoquant régulièrement le dieu

de la pluie.

 

Ce fut un retour le cœur léger avec la victoire d’Alex dans la tête. La saison a bien commencé, pourvu

que ça dure !

 

 


 

 

 

 

 

Carole 30 avril et 1er mai 2016. La deuxième épreuve se déroule à Carole.

 

Malheureusement, je ne peux y assister C’est donc derrière mon écran d’ordinateur que je suis les résultats d’Alex et de Remi. C’est d’ailleurs le petit frère qui a ouvert les hostilités en catégorie 400 avec une séance d’essais qualificatifs à 8H30.

Il commence avec un temps de 1.32.500 en 23ième position. Puis, il descend régulièrement ses temps pour terminer en 1.26.789 en 15ième position. Par rapport à Lédenon où il avait été classé 21ième, c’est une belle amélioration.

11H30. C’est la première série qualificative des 600. Le circuit Carole n’accepte que 30 pilotes maximum et il y a donc deux séances d’essais avec le risque de conditions de piste différentes entre les deux séries.

Après deux minutes, Alex est 1er en 1.17.775. Puis Nagorski passe devant. 11H51, Alex repasse en tête en 1.15.829, puis en 1.14.832 le tour suivant.

Cela ressemble à une piste séchante. Puis 1.14.506, avec Nagorski 2ième en 1.15.105.

11H57, Pierre Sambardier est 10ième en 1.17.147.Alex est passé 2ième derrière Nagorski, puis 3ième passé par Noël Roussange. 12H02.

A moins de 3 minutes de la fin des essais, Alex améliore en 1.12.444. Il est 1er !

Derrière, tout près, il y a Roussange et Marchand. 12H05, Alex baisse encore ses temps en 1.12.272. Roussange est 2ième à 0.394 et Marchand 3ième à 0.521.

Bravo !

 

La deuxième série suit et, tout de suite, je vois des temps nettement meilleurs. Ludovic Rizza est tout de suite dans le bain avec un 1.11.606. Il est 1er devant Pot et Mansat. Le temps baissent régulièrement et les meilleurs passent sous les 1.09.

C’est Pot qui finit par avoir le dernier mot devant Mansat. Ludo termine 6ième derrière Lucien Abellan qui avait mal commencé sa séance d’essais mais qui a nettement descendu ses temps au final.

J’appelle Alex. Il me confirme que la piste s’asséchait, d’où ces grosses différences de chronos. Il ne sait pas encore si la direction de course va en tenir compte. D’ailleurs, il a fourni un effort en fin de séance car il réalisait que la deuxième séance allait être plus rapide. J’espère qu’il ne sera pas trop pénalisé dans le classement général des essais chronométrés.

Quant à Rémi, il a eu droit à son baptême à Carole avec une séance d’essais sous la pluie. Il n'y a plus qu'à attendre les premières courses du samedi. cela ne va pas tarder.

 

Pas de chance, le site a eu des dysfonctionnements pendant la course des 400. Un coup de téléphone à Alex pour avoir des nouvelles. Rémi, lors des essais sous la pluie, avait réussi à terminer devant ceux qui l'avaient précédé à Lédenon. Mais, ils l'ont dépassé en course et il n'a pu les suivre, d'autant qu'il avait opté pour un pneu pluie en misant sur un changement de temps en course. Pari perdu, il a dû apprendre à rouler en pneus pluie sur le sec, une bonne formation! Il a donc terminé 20ième, comme à Lédenon. La météo est changeante, un peu comme ici où alternent éclaircies et grosses averses. Décidément, le Promosport est souvent sujet à ce climat incertain, depuis trois ans.

 

 

Samedi,19 heures: les deux manches des 600 viennent de s'achever.

Première demi-finale où se trouvait Alex. Course limpide qu'il a menée de bout en bout. Au cinquième tour, il avait 2.844 secondes d'avance sur Nagorski et 4.395 sur Roussange. Pierre Sambardier était 12ième.

Neuvième tour, Alex avait encore un peu plus de deux secondes d'avance sur son poursuivant.

Dixième tour: seuls les quatre premiers tournaient sous les 1.05.

Au cours des deux derniers tours, son avance va légèrement diminuer, mais peut-être qu'il se contentait de gérer sa fin de course.

 

 

Deuxième demi-finale: plus disputée avec Pot et Mansat très proches. Ainsi, au septième tour, ils n'étaient séparés que de 5 dixièmes. Puis, Pot a semblé prendre un petit peu de marge et Cornut est remonté 3ième avec un temps canon sous les 1.04 dans le neuvième tour.

Ludovic Rizza est alors 9ième à un peu plus de 6 secondes. Dans les deux derniers tours, Mansat et Cornut donnent leur maximum et terminent respectivement à 0.179 seconde et 0.703 seconde du vainqueur Guillaume Pot. Ludovic Rizza termine 9ième; il a réalisé un beau chrono de 1.04.491 au 5ième tour. Cela confirme qu'il se sent bien sur la 600.

Je suis très heureux pour Alex. Meilleur temps de ses essais et victoire de sa demi-finale. Demain risque d'être une autre histoire. Mansat, Pot, Cornut semblent rouler très fort. Cela promet une course animée. J'ai eu Alex au téléphone pour avoir ses impressions. Course sans problème pendant laquelle il n'a pas forcé. Il s'attend à un dimanche plus compliqué avec 24 tours qui risquent d'être longs et une concurrence plus fournie. Il partira en 2ième position car Guillaume Pot a fait un meilleur tour en course que lui.

 

 

Dimanche 16 heures.

La finale d'Alex vient de se terminer. J'ai laissé mon coeur retrouver un rythme normal car, même vécu derrière un écran d'ordinateur, j'ai eu mon lot d'émotions!

Alex s'élance en tête, suivi par Mansat et Thibaut et Pot.

Au deuxième tour, il a une toute petite avance de 0,438 seconde sur Mansat.

Jusqu'au sixième tour, l'écart faible reste stable avec des temps au tour pour les deux en dessous des 1.05.

Septième tour: Mansat passe en tête, Alex est derrière à 0,118 seconde et Pot dans son pot d'échappement à 0,313 seconde. Ludovic Rizza apparait à la 9ième position.

Neuvième tour: les quatre premiers ont fait le trou puisque Doutre, 5ième, est à 4,764 secondes. Les chronos des trois premiers sont très proches, les écarts infimes, j'imagine les motos collées les unes aux autres. Je suis tendu comme un arc!

Douzième tour: Alex récupère la tête!

Jusqu'au seizième tour, les positions restent figées mais les trois premiers sont toujours très proches. Je sens que personne ne pourra s'échapper.

Par contre, il y en a un qui fait une superbe remontée, c'est Doutre qui se retrouve 4ième à un peu moins de 3 secondes. Il réalise d'ailleurs un excellent temps de 1.03.737 au dix-septième tour. Cornut remonte lui aussi et pointe à la 7ième position.

Dix-neuvième tour: Alex est toujours en tête mais Mansat ne le lâche pas à 0.370 et Pot est juste derrière à 0.659. Doutre continue sa remontée et il est à moins d'une seconde maintenant. Ludovic Rizza est 11ième, Pierre sambardier 17ième.

Vingtième tour: Doutre est passé 3ième avec le meilleur tour en course. Il n'est plus qu'à 0.597 au tour suivant!

Vingt-et-unième tour: Doutre est en tête! Mansat n'apparaît plus sur les écrans. Pot est à plus de 3 secondes.... il a dû se passer quelque chose! J'imagine un freinage un peu chaud. Alex est 2ième à 0.375 de Doutre.

Les deux derniers tours voient Doutre prendre un peu de marge et je pense qu'Alex n'a pas voulu tenter le diable. Il termine à une très belle 2ième place à 1.869 du vainqueur. Pot est 3ième à 6.124.

Quelle course! J'ai eu l'impression de prendre plus de pulsations/minute derrière mon écran que ce matin dans la montée des coteaux de Jurançon sur mon vélo!

Bravo Alex!

Meilleur temps de tes essais, victoire en demi-finale et 2ième place en finale, voilà un week-end réussi.

 

PS: 20H30. je viens d'avoir Alex au téléphone. En fait, Mansat est tombé derrière lui au 21ième tour et il a entendu la moto glisser; et a redressé et tiré tout droit pour ne pas être fauché par la machine, ce qui a permis à Doutre de passer. Il ne semblait pas déçu pour autant. Je le comprends, après deux épreuves, il est en tête du championnat avec 51 points devant Thibaut Doutre,42 points.

Quant à Remi, pour sa deuxième course, il est parti 21ième, a réussi à passer le pilote qui le précédait au cinquième tour et a réalisé son meilleur chrono au tour suivant en 1.15.643. Il était alors trop loin du pilote devant lui (4 secondes) et il est resté à cette position. Il a été très régulier en tournant en 1.16 quasiment à chaque tour. Ce sont ses premiers pas sur circuit et je les trouve encourageants.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

21 et 22 mai 2016.

Ce week-end, le Promosport se déroule dans le nord, sur le petit circuit de Croix en Ternois. Malheureusement, c'est une nouvelle fois à distance que je vais suivre les courses d'Alex.

Samedi matin, j'appelle Alex. Ses essais de la veille se sont bien passés, je le trouve plutôt tranquille. Le temps est bon pour la région, c'est à dire "qu'il fait gris mais sec" me dit-il... Par contre, demain, il est prévu de la pluie. Cela va lui rappeler l'épreuve de l'an dernier bien humide.

11H15, c'est parti pour les essais chronométrés. Je suis toujours aussi tendu, face à mon écran d'ordinateur à scruter, toutes les 30 secondes les résultats qui s'affichent sur le tableau des résultats.

D'ailleurs, je commence à me faire du souci en ne voyant pas apparaître Alex dans les toutes premières minutes.
Enfin, après 4 minutes d'essais, il est ..... dernier à 21 secondes. J'imagine le pire (chute, problème mécanique).

Enfin, après les 5 premières minutes de la séance, le voilà en 11ième position à 1.035 de Thibaut Doutre, puis 7ième à 0.715.Doutre est toujours devant suivi par Pot et Cornut.

Alex passe en 6ième position à 0.464.

Puis 3ième à 12 minutes de la fin de la séance en 55.659 à 0.181 de Doutre.

2ième en 55.575 à 0.097 de Doutre. C'est serré!

Par la suite, Matthieu Thibault passe 2ième à 0.047 de Doutre.

Il reste 9 minutes d'essais et les positions restent figées.

Alex partira donc sur la première ligne.

Thibaut Doutre semble très à l'aise sur ce circuit puisqu'il n'a bouclé que 5 tours.

1 Thibaut Doutre
2 Matthieu Thibault à 0.047
3 Alex à 0.097
4 Clément Fitte à 0.131
5 Léo Meunier à 0.187
6 Guillaume Pot à 0.312
7 Anthony Paul à 0.387
8 Thibaut Nagorski à 0.430
9 Romain Mansat à 0.435
10 Billy Cornut à 0.468
11 Jennifer Houillier à 0.499
12 Pierre Sambardier à 0.627


Plus que quatre heures à attendre avant la première course qui débutera à 16 heures.

Demain, elle aura lieu à 15 heures.

 

 

Samedi, 16H30.

Je n'aime pas cette légère angoisse qui s'installe en moi juste avant la course; Loin de l'événement, mon imagination déborde parfois et, aujourd'hui, j'ai une appréhension qui m'envahit. Peur de l'accrochage sur ce petit circuit. J'envoie un message de prudence à Alex par la pensée.


Enfin, la liste des concurrents s'affiche sur le tableau, le course va débuter d'ici peu.

1er tour; Alex est deuxième derrière Thibaut. Nagorski est troisième.

2ième tour: il est passé en tête! Thibaut est à 0.239 et Nagorski à 0.571, Doutre à 0.706

3ième tour: toujours 1er, il réalise le meilleur tour en course en 55.945.

4ième tour: Thibaut est à 0.687, Nagorski à 1.812 et Doutre à 2.005.

5ième et 6ième tours: Alex est toujours 1er

7ième tour: Thibaut, jusque-là en deuxième position, se  retrouve quatrième. Doutre est troisième à 1.10 d'Alex et Nagorski deuxième à 0.920.

8ième tour: Alex est toujours en tête mais les écarts se resserrent car Nagorski vient de réaliser son meilleur tour en 55.869; il n'est plus qu'à 0.382 d'Alex et Doutre suit de près à 0.762.

9ième tour: Nagorski a passé Alex qui a fait un tour en seulement 56.624 et Doutre le talonne.

10ième et 11ième tours: il réussit à contenir Doutre à moins de trois dixièmes. C'est chaud! Les trois ont creusé l'écart avec les poursuivants. La victoire va se jouer entre eux.

12ième tour: Alex prend un peu d'air en réalisant son meilleur tour. Doutre est à un peu moins de quatre dixièmes derrière, pas suffisant pour se relâcher! Quant à Nagorski, il n'a que quatre dixièmes d'avance sur Alex.

Jusqu'au 16ième tour, les trois prétendants à la victoire réalisent des temps au tour similaires.

17ième tour: Mince! Alex n'est plus que troisième avec un temps de 57.006. Doutre se retrouve second à 0.295 de la tête.

18ième et 19 ième tours: Alex reste à un peu plus de sept dixièmes de Nagorski et quatre dixièmes de Doutre. Il reprend un peu à ce dernier dans le 20ième tour.

21ième tour: Doutre est 1er. Il refait la course de Carole avec une remontée de fin de course. A priori, il aime les petits circuits.

Au 23ième tour, Alex réalise son meilleur temps mais il est plus d'une seconde maintenant. Je l'imagine mal tenter le diable et je croise les doigts pour qu'il reste sur ses roues.

Les 4  derniers tours me paraissent interminables. Nagorski et Alex ont rendu les armes et terminent à trois secondes de Thibaut Doutre.

Je suis soulagé,même si le début de course d'Alex m'avait laissé entrevoir une victoire possible. Ce matin, j'avais vu qu'il avait réalisé 13 tours pendant la séance d'essais, contre 8 pour Nagorski et surtout 5 pour Doutre. Est-ce que cela a joué avec des pneus moins frais en fin de course? Il faudra que je le questionne sur le sujet.

Le résultat reste excellent, il n'a pas quitté le podium depuis le début de la saison. Et il se confirme que Thibaut Doutre va être un concurrent redoutable cette année.
 

 Dimanche 15 heures. Je viens de regarder les résultats du GP d’Italie. Je suis heureux de voir Quartararo (enfin !) dans le peloton de tête, et Zarco brillant vainqueur. Par contre, grosse déception avec Rossi trahi par la mécanique de sa Yamaha.

J’ai suivi la course du Promosport Sénior. Les meilleurs temps ont été réalisés en fin de course. Est-ce à dire que la piste est en train de sécher? Que c’est difficile d’être si loin, à se poser des questions sans pouvoir y répondre, juste faire des suppositions.

C’est parti.

1er tour : Alex pointe à la deuxième position derrière Thibaut. Ils sont suivis par Pot, Nagorski et Doutre qui n’a pas pu profiter de sa pôle position.

3ième tour : toujours deuxième à 0.320 de la tête. Les deux ont fait le trou puisque Pot est à 3.695, Nagorski à 7.07, Doutre à 7.254, Cornut à 7.716 et meunier à 8.159

4ième et 5ième tours : les positions restent inchangées. Je regarde les temps de Doutre, le principal rival d’Alex ; il tourne une demi-seconde moins vite. Cela me rassure.

6ième tour : Alex est dans le pot d’échappement de Thibault à 0.123 ! Pot est à plus de 5 secondes, Doutre à plus de 10 secondes.

Au 8ième tour, Alex est à 0193 de Thibault. Les deux tournent dans des temps inférieurs d’une seconde comparés aux poursuivants. A priori, la victoire va se jouer à deux.

9ième tour : Alex est 1er !

Au tour suivant, il réalise son meilleur temps en 57.351. Thibault est à 0.444. Pot est à 8.496, Doutre à 13.888, Cornut à 14.968 et Meunier à 15.299.

11ième tour : il améliore encore son meilleur tour en course en 57.339, preuve qu’il est en forme.Thibault est à 0.830.

Au 12ième tour, il augmente son avance. Plus d’une seconde sur Thibault.

13ième tour : de nouveau son meilleur tour ! 57.230. Cornut a doublé Doutre qui se retrouve cinquième.

15ième tour. Cornut a passé Pot et se retrouve troisième.

16ième tour : Pot continue à perdre du terrain, Doutre est devant lui en quatrième position.

17ième tour : Alex à 1.505 d’avance sur Thibault. Je commence à respirer un peu mieux…

18ième tour : Doutre remonte sur Cornut. Il lui a pris près d’une seconde sur un tour.

19ième tour : Alex a plus de deux secondes d’avance sur son poursuivant. Doutre est revenu à moins de 4 dixièmes de Cornut. Je le sens capable d’aller chercher le podium.

21ième tour : Alex en remet une couche avec son meilleur tour et le meilleur tour en course en 57.135 ! Doutre est à un dixième de Cornut. Cela risque d’être chaud entre les deux alors qu’il ne reste que six tours.

Durant les trois tours suivants, Alex augmente sensiblement son avance puisque, au 24ième tour, Thibault a 7 secondes de retard. Doutre est toujours très près de Cornut mais il est lui-même menacé par Meunier.

J’ai le palpitant qui s’affole dans les derniers tours mais quel plaisir quand apparait le résultat final. Alex 1er, Thibault à 11.208, Cornut à 23.735 et Doutre à 23.901.

Bravo ! Il poursuit son très beau début de saison. Il a même repris deux petits points à Thibaut Doutre qui a manqué de peu le podium lors de cette course.

Il totalise 93 points, Thibaut Doutre 82.

 

18 heures: je viens d'avoir Bruno; le père d'Alex, au téléphone. Il a fallu changer les pneus en pré-grille vu que la piste séchait. Il y avait encore des zones humides, d'où des temps au tour moins bons que la veille.

Sinon, Matthieu Thibault et Alex ont fait rapidement le trou avec un rythme supérieur aux poursuivants. Bref, une course limpide.

 

 

 

 

 

 

Un très beau style et un photographe qui a su capter cet instant.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Samedi 18 juin 2016 : J’ai su hier au soir que les essais 600 de la quatrième manche du Promosport sur le circuit de Pau Arnos débutaient à 8 heures. C’est donc un réveil matinal qui m’attend.

Je ressens une certaine  pression avant cette épreuve qui se déroule presque à domicile pour Alex. Bien sûr, il connait le circuit, mais j’ai parfois peur que se vérifie l’adage « Nul n’est prophète en son pays ». Le climat plus qu’incertain depuis plusieurs jours ne fait rien pour me rassurer. Ce sera pluie ou soleil, sec ou mouillé, et il risque surtout d’y avoir des alternances d’éclaircies et d’averses qui risquent de poser des problèmes dans le choix des pneus.

Je suis malgré tout très heureux d’assister aux courses sur ce très beau circuit atypique.

La route ne s’est pas asséchée suite aux averses de la veille.

Je gare la Transalp non loin du camping-car d’Alex.



Le circuit est encore bien endormi et je marche un peu pour m’imprégner de l’atmosphère du paddock. Quelques side-cars attendent sous les auvents que l’on veuille bien s’occuper d’eux, une Voxan, en compagnie d’une rare Aprilia me fait de l’œil.

 













Je retrouve Bruno qui fait les dernières vérifications avant la séance d’essais qualificatifs qui va démarrer sous peu.

Alex arrive. Je le trouve serein, plus que moi en tout cas ! Hier, les roulages se sont bien passés malgré une météo incertaine.

Pendant ce temps, le ciel s’assombrit et les nuages qui arrivent au dessus de nos têtes annoncent la pluie. Au moins sommes nous certains du choix des pneus !

Rémi, le frère d’Alex, qui va participer à sa troisième course au guidon de sa petite KTM 390, amène la Yamaha  en pré-grille. Les autres pilotes arrivent peu à peu. L’atmosphère est calme, comme souvent au petit matin.


 











8 heures : c’est parti. Alex s’élance le premier. J’y vois comme une grande détermination. Et, effectivement, malgré la piste mouillée, il imprime un rythme soutenu. Mais, d’autres roulent fort aussi ; certains semblent moins à l’aise dans de telles conditions avec des prises d’angle plus sur la réserve, des freinages moins appuyés.
 
A la mi-séance, Alex s’arrête. Il détient le 3ième temps. Après quelques minutes, il reprend la piste.





Et je trouve qu’il va fichtrement vite ! Il me fait même peur , notamment dans l’entrée du double droit après la ligne droite des stands. La détermination avec laquelle il y inscrit sa moto est impressionnante et j’ai peur que la Yamaha ne décroche sur cette piste bien mouillée. Mais non, à chaque tour, ça passe. Ses freinages en bas de la descente avec la roue arrière en léger travers sont magnifiques.

Je me régale à le voir enchaîner plusieurs tours avec un tel tempo jusqu’au baisser du drapeau à damier. Je ne suis pas étonné d’entendre le speaker annoncer qu’il a obtenu le meilleur temps. Guillaume Pot est 2ième, à plus de 5 dixièmes, et Ludovic Rizza montre qu’il a très vite compris le mode d’emploi d’une 600 avec le troisième temps, à 1.184. De retour sous l’auvent, Alex m’explique que la moto bouge quand même beaucoup à la réaccélération, mais vu le rythme qu’il lui a imposé lors de cette séance d’essais, je me dis que c’est plutôt normal!







Il y a juste derrière une deuxième séance d’essais qualificatifs 600 dans laquelle se trouve Thibaut Doutre, le concurrent qui s’est montré le plus dangereux pour Alex depuis le début de saison. A priori, il semble un peu moins à l’aise sous la pluie et il se retrouve 12ième au classement général des essais à plus de 3 secondes d’Alex. Par contre, Matthieu Thibault qui avait donné du fil à retordre à Alex dans la deuxième manche de Croix en Ternois est 4ième, à 0.967.

C’est au tour de Rémi. Dès les premiers tours de roues, l’éclaircie fait place à une violente averse. Il semble prendre ses marques avec un style toujours très coulé et me donne l’impression d’augmenter progressivement son rythme tout au long des 20 minutes. Résultat : un 12ième temps, sa meilleure performance depuis le début de l’année.





Les 1000 prennent la suite. Je suis Thibaut Duchène qui a laissé sa Kawasaki jaune pour une Suzuki vieillissante mais avec laquelle il m’avait dit se sentir bien lors de la première épreuve de Lédenon. Il débute tranquillement, avec des temps au tour assez loin des meilleurs puis je le vois hausser la cadence pour terminer sur une belle 3ième position à 0.377 de Jonathan Hugot et 0.247 de Patrick Mageot.

Ce dernier, vainqueur du Promosport 600 l’an dernier, a vite trouvé ses marques dans cette nouvelle catégorie.








Je vais à la rencontre de Thibaut juste après. Il se sent toujours bien dans sa nouvelle équipe même si le début de saison fut assez compliqué, avec notamment des problèmes de freins qui l’ont contraint à l’abandon à Carole. Il aime bien la partie cycle de la Suzuki, même s’il reconnait qu’elle manque un peu de puissance et que les aides électroniques des Yamaha et Kawasaki peuvent manquer dans certaines circonstances.


Ce sont maintenant les 500 qui rentrent en piste. Benjamin Vaucher est seul, son inséparable frère ayant lourdement chuté lors de sa course à Croix en Ternois alors qu’il se revenait sur le groupe des trois premiers. Moto qui décroche et raccroche, pilote qui chute et qui reçoit la moto dessus. Bilan : neuf côtes cassées et un séjour aux urgences de Douai. Les parents ont eu très peur ce jour-là !





Benjamin me semble immédiatement à l’aise sur ce circuit qu’il découvre. Il dépasse les concurrents avec autorité, dans un style très propre et je le sens en confiance sur sa moto. Il n’a plus cette hargne que je ressentais dans son pilotage plus que volontaire lors de ses courses précédentes. Il y a comme une sorte de relâchement dans son pilotage et c’est efficace car il est annoncé meilleur temps à 6 minutes de la fin alors qu’il fait un arrêt aux stands. Il ne repart pas alors que la piste commence à s’assécher et, immanquablement, les temps descendent. Trois pilotes finissent par le précéder.
Il loupe la première ligne pour 2 centièmes. Bravo Benjamin !

Le temps reste incertain. Des averses brutales suivies d’éclaircies, quelques bourrasques de vent.

14H45 : C’est la première demi-finale des 600.

En pré-grille, l’ambiance est bon enfant entre les pilotes. Quelques blagues, des sourires sous la visière, une manière de relâcher la pression peut-être.





Pot réalise un très bon départ avec Alex dans son sillage dans le pif-paf.

 




 



Billy Cornut, plus incisif, lui fait l’intérieur dans l’entrée du double droit. Il se retrouve troisième.

Au 2ième tour, Alex repasse Cornut.



3ième tour : Guillaume Pot poursuit son début de course très offensif et a environ deux secondes d’avance sur Alex. La pluie a nettement baissé d’intensité.

Au 5ième tour, il me semble qu’Alex reprend du terrain ; au même moment, le speaker annonce une avance de Pot réduite à 1.7 seconde.

Tour suivant, Alex s’est nettement rapproché, il n’a plus que 4 dixièmes de retard. Manifestement, il est plus rapide et lui montre sa roue au freinage en bas de la descente. A la sortie de ce gauche serré, Pot semble en difficulté mais je ne vois quasiment rien de mon emplacement.

Il s’est effectivement passé quelque chose puisque Alex franchit la ligne d’arrivée pour la 7ième fois avec près de deux secondes d’avance. Le speaker annonce un chrono de 1.29 ; ça commence à faire vite sous la pluie !

Au 8ième tour, Guillaume Pot réalise un freinage impressionnant en bas de la descente, roue arrière en glisse. Mais, Alex semble impossible à rattraper.

Il termine avec une avance de 7 secondes sur Pot et 10 secondes sur Cornut. Belle performance!

 



Il me raconte brièvement sa course de retour sous l’auvent. Il est parti prudemment le temps de prendre la mesure de l’adhérence de la course puis a progressivement accéléré le rythme. Raconté comme ça,  cela semble si simple…

Il me parle de sa remontée sur Pot. La moto de ce dernier a violemment décroché à la réaccélération, a éjecté le pilote  Ce dernier s’est retrouvé à côté et a miraculeusement pu remonter dessus avec la main qui était restée accrochée au réservoir. Une scène incroyable, d’après Alex.

J’assiste à la deuxième demi-finale des 600. Devant, ça se bagarre à quatre avec Ludovic Rizza dans le paquet. L’entrée dans le double droit vaut son pesant d’or avec des pilotes qui ne lâchent rien ; Ludovic parvient même à prendre la première place mais finit par se retrouver troisième avant, dans un dernier effort en fin de course, de dépasser Matthieu Thibault pour terminer à une superbe 2ième place.

Quant à Thibaut Doutre, il n’a jamais été en mesure de se mêler à la bagarre en tête. Longtemps 5ième, il est rejoint par Florain Dauzats, sur Triumph et termine à 21 secondes du vainqueur. Moto mal réglée ou pilote moins à l’aise sur le mouillé ?

On aura peut-être la réponse demain car, à priori, la finale devrait se dérouler sur sol sec.  






La course des 400 commence. Aïe ! Mauvais départ de Rémi qui pointe à la 18ième place dans le pif-paf. Il reprend aussitôt une place en faisant l’intérieur dans le double droit. Il a 5 pilotes devant lui et semble dans le même rythme qu’eux.
Au 4ième tour, il fait l’intérieur dans la descente au pilote qui le précède.

Dans la deuxième partie de la course, il reste collé à Nathan Leroux mais n’arrive pas à trouver l’espace pour le dépasser. Son concurrent chute dans le dernier tour et Rémi finit 14ième. En regardant la feuille des résultats, je constate qu’il a tourné dans les mêmes temps que les quatre pilotes qui le précèdent. C’est encourageant, il n’y a plus qu’à assurer un bon départ pour la prochaine course.

A son retour, il nous montre son casque auquel il manque la visière! Il a perdu cette dernière dans la descente en début de course; elle s'est violemment arrachée, il a même eu le réflexe de la rattraper avec la main. Heureusement qu'il n'a pas réussi, je ne sais pas ce qu'il aurait pu en faire...



Il est minuit. Cela fait maintenant longtemps que la pluie a cessé de tomber. J’espère que cela annonce des conditions climatiques plus favorables dans quelques heures. C’est Benjamin qui ouvrira le bal avec sa première course à 8H45.

 

Dimanche matin, je quitte le quartier encore endormi. La route est encore mouillée mais le ciel
semble enfin avoir chassé les nuages et laisse espérer une journée moins humide que la veille.

Vingt-cinq petits kilomètres plus tard, j’arrive sur le circuit rempli des bruits de vieux moteurs. C’est
une manche du side-car classic qui se déroule ; le spectacle est superbe avec des pilotes qui
n’hésitent pas à demander le maximum à leur monture. Les flat-twin BMW, V-twin Moto Guzzi et
même un moteur Vincent font entendre leur belle voix.

Et ces machines sont vraiment très belles et superbement préparées.






C’est ensuite le tour des 500. Benjamin , après ses très bons essais, semble déterminé. Il aime
beaucoup ce circuit qu’il découvre.









Il fait un bon départ et reste à sa quatrième place.

Au 1er tour, ils sont quatre en bagarre et dans le bas de la descente, Benjamin se glisse à l’intérieur ; il
est troisième.

2ième tour : il est troisième légèrement décroché par le groupe des trois.

3ième tour : Ils sont 5 devant à se détacher et Benjamin se fait dépasser dans le bas de la descente.

5ième tour : toujours cinquième mais il y a trois pilotes qui remontent derrière lui. Attention ! Romain
Pape est en tête.

6ième tour : le groupe des cinq s’étire un peu. En bas de la descente, Benjamin est menacé par le pilote
derrière lui.

7ième tour : c’est chaud devant avec Eruam qui passe Pape et ce dernier qui le reprend dans le pif-paf.

8ième tour : Mince ! Benjamin passe sixième derrière Eruam, Pape, Descours, Desmaris et Sanchez.

Mais, il se bat comme un lion en lui faisant l’intérieur dans le double droit et il apparaît quatrième en
bas de la descente.

9ième tour : il est troisième ! Trois places gagnées en un tour, il est déchaîné ! Il reste 5 tours à
parcourir.

10ième tour : Desmaris a passé Benjamin ; j’ai vu qu’il rentrait mieux dans le droite avant la ligne droite.
Mais Benjamin ne le lâche pas avec une grande courbe dans la descente passée complètement à
l’extérieur plein angle. Magnifique !

11ième tour : toujours quatrième. Avec Desmaris, ils se rapprochent un peu des deux premiers.

Au 12ième tour, Pape se loupe un peu au freinage en bas de la descente et perd un peu de temps.

13ième tour : un attardé gêne un peu le groupe et Benjamin en profite pour recoller dans le gauche en
montée. La troisième position est à sa portée !

Malheureusement, ce ne sera pas suffisant. Il échoue au pied du podium mais il a montré une
combativité de tous les instants, ses adversaires aussi d’ailleurs ! Quelle course !




La catégorie 400 prend le relais.





Rémi prend un mauvais départ. Il est 19ième . Et 20ième en bas de la descente.

1er tour : il est 18 ième et fait un bel extérieur dans le gauche en montée ! J’ai l’impression qu’il a
compris qu’il allait devoir se cracher dans les mains.

2ième tour : il a recollé le groupe de 7 pilotes devant lui. Je le trouve plus incisif dans ses entrées en
virage.

D’ailleurs, au 3ième tour, il tente une attaque dans le double droit mais ça ne passe pas. Il réussit
la manœuvre quelques virages plus loin en le piquant au freinage en bas de la descente.

4ième tour : il est 17ième .

5ième tour : il passe le pilote devant lui à l’entrée du pif-paf ! 16ième .

6ième tour : toujours 16ième , il est en bagarre avec une autre KTM.

7ième tour : il est 15ième après s’être débarrassé du 99 Loïc Pouvillon. Cela fait plaisir de le voir à la lutte.

Au tour suivant il est 14ième derrière Nathan Leroux qu’il tente même de dépasser à l’intérieur du
gauche en montée.

9ième tour : belle lutte au freinage en bas de la descente ; Rémi ressort mieux à l’accélération et passe
13ième .

Devant, ça se bagarre comme des chiffonniers. Elles roulent fort ces petites 400 avec des vitesses de
passage en courbe très rapides.

11ième tour : il est repris au freinage en bas de la descente mais repasse aussitôt. La bagarre ave
Pouvillon se poursuit pendant les deux derniers tours, un coup à toi, un coup à moi, mais son
adversaire a le dernier mot. Heureusement, l’abandon de Vieillard lui fait gagner une place.

Remi est donc 13 ième.

Il a surtout livré bataille pendant toute la course et je pense qu’il y a pris beaucoup de plaisir. Mais je
n’ai pas le temps de lui demander, les 500 vont rentrer en piste.









Ce matin, Cyril Eruam est venu discuter avec Benjamin pour le féliciter de sa prestation et
l’encourager. Il lui a dit qu’il aurait pu finir sur le podium, lui a parlé tactique de course, notamment
qu’il fallait savoir fermer les portes dans le dernier tour pour se préserver. Son attitude est
révélatrice de l’ambiance qui peut régner dans le Promosport. On ne lâche rien pendant la course,
mais on s’entraide facilement sur le paddock.

C’est parti !

Au départ, il pointe 5ième mais retrouve très vite sa quatrième place au freinage en bas de la descente.

A priori, il veut se battre en tête.

1er tour : il est quatrième tout près des 3 premiers.

2ième tour : il passe le 3ième à l’entrée du double droit mais se fait reprendre à la sortie du virage. Le
ton est donné, ça va être une belle bagarre ! Juste après, il tente un intérieur osé à l’entrée du
gauche en montée mais doit élargir ; il perd une place et se retrouve cinquième. Qu’à cela ne tienne,
il reprend son bien au freinage en bas de la descente.

3ième tour : quatrième à une seconde à peu près du 3ième . Il passe la grande courbe de la descente très
fort et remonte au freinage. Il ne va rien lâcher !

4ième tour : les trois furieux devant se frôlent dans le pif-paf. C’est chaud ! Benjamin les recolle. Les
quatre ont déjà une petite avance sur les poursuivants.

Les trois tours suivants, les positions ne changent pas, mais personne ne s’échappe.

8ième tour : le 74, Serge Pernet Coudrier, 5ième est sur le point de recoller au groupe des 4. Attention
Benjamin surtout que le 6ième n’est pas loin.

9ième tour : la bagarre est sublime devant, je passe, tu me repasses, j’ai le sentiment que cela va durer
jusqu’au drapeau à damiers.

10ième tour. Benjamin passe 3ième dans le pif-paf. Osé ! Il recolle aux deux premiers en bas de la
descente.

11ième tour : il passe en 1ière position sur la ligne d’arrivée !

Je suis en apnée pendant les 3 derniers tours. Benjamin a Eruam qui le colle, mais il résiste
vaillamment. Peut-être lui ferme-il les portes comme il lui a conseillé de le faire quelques heures
auparavant...

C’est fait, il lève le bras, obtient sa première victoire de haute lutte avec une bataille de tous les
instant.

Sur le podium, Cyril Eruam n’a pas l’air de lui en vouloir, il lui claque même la bise avec un grand
sourire, manifestement très heureux de la première victoire de Benjamin. La cerise sur le gâteau après cette course folle.







J’ai des obligations, je dois quitter le circuit. Je ne pourrai pas assister à la finale d’Alex, ni à la
deuxième course de Thibaut Duchène qui a obtenu une belle 3ième place hier ; il avait raison quand il
me disait que, même si le début de saison avait été délicat, rien n’était joué. Calme, mais combatif, le
Thibaut !

20 heures : je rentre à la maison et me précipite sur l’ordinateur. Je regarde les résultats et pousse
un cri de joie. Alex a de nouveau gagné, devant Lucien Abellan et Billy Cornut. Son principal
concurrent au classement général, Thibaud Doutre a chuté au deuxième tour. Il accentue donc son
avance de 32 points sur lui vu qu’il a réalisé la carton plein ce week-end : pôle-position, meilleur tour
en course, victoire en demi-finale et en finale.

Au téléphone, Alex m'explique qu'il est parti en tête, que Lucien Abellan, le double vainqueur en 2015 sur ce circuit, a fini par le rejoindre. Puis, il l'a dépassé au 15ième tour. Pendant trois tours, Alex a pu "se reposer" derrière lui, et il a enfin repris la première place au 18ième tour. Comme pour sa demi-finale, quand Alex raconte ses courses, cela parait si simple!







Bravo Alex !

Pour ma part, j’ai été impressionné tant par son calme que par son pilotage sur le mouillé. Avec le
sentiment qu’il a passé un cap et qu’il maîtrise maintenant pleinement sa Yamaha. J'ai ressenti une harmonie totale entre l'homme et la machine.  Ce fut un réel bonheur à voir du bord de la piste.

Je me souviendrai longtemps de ce week-end de course.

Et pour couronner le tout, Thibaut Duchène a lui aussi gagné.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce week-end, la cinquième épreuve du Promosport se déroule sur le circuit du Mans.

Pour le résumé de la journée de samedi, je vais être très bref vu que je ne suis pas sur le circuit et que le site internet du Promosport est en carafe depuis le début de l'après-midi. Impossible de suivre le tour par tour derrière mon ordinateur et de consulter les résultats des différentes courses. J'ai dû me contenter d'un tout petit résumé d'Alex au téléphone tout à l'heure.

3ième temps des essais, "sans forcer" m'a-t-il dit.

Et il remporte sa demi-finale avec le meilleur temps en course!  Excellent début de week-end , même si une victoire en demi-finale ne rapporte que 5 points ( + 1 point pour le meilleur tour en course).

Demain, en fin d'après-midi, aura lieu la finale. Je croise les doigts pour qu'Alex poursuive dans cette belle dynamique entamée depuis le début de la saison.


21 heures: les tableaux des résultats sont enfin visibles!

Alex a fait le meilleur temps de sa séance d'essais qualificatifs, mais Guillaume Pot et Léo Meunier l'ont battu lors de la deuxième séance, mais avec des écarts minimes: 1.44.211 pour Pot, 1.44.298 pour Meunier et 1.44.307 pour Alex. Quant à nos deux Pit Laners, Ludovic Rizza décroche le 3ième temps de sa séance et le 9ième au classement général à 0.875 du premier et Pierre Sambardier est 16ième à 1.519.

Ludovic a couru dans la demi-finale d'Alex et termine en 8ième position , largement qualifié pour la finale vu que les 16 premiers sont retenus. Dans la deuxième demi-finale, Pierre Sambardier termine lui aussi en 8ième position.

 

 

 

Dimanche 24 juillet 2016, 16H30.

Arrivée au camping de Lau Balagnas. Après l’énorme frustration hier de ne pas avoir pu suivre la demi-finale d’Alex, je m’empresse de demander s’il y a une connexion Wifi . Je croise les doigts pour que le site du Promosport en finisse avec les incessants dysfonctionnements du week-end.

Je suis prêt, l’ordinateur est allumé, la liaison semble enfin bonne, le tableau des concurrents s’affiche et c’est parti !

Au premier tour, Alex pointe en tête devant Mansat à 0.278, Fitte à 0.592, Roussange à 0.861. Son principal concurrent au championnat, Doutre, ne semble pas au mieux vu qu’il est 13ième à près de 4 secondes. Ludovic Rizza est 14ième, Pierre Sambardier 16ième.

Deuxième tour. Alex est toujours devant et c’est maintenant Fitte qui le suit de près à 0.520, puis Roussange à 0.865 et Mansat à 1.499. Doutre est 12ième, Ludo est passé 13ième et Pierre 14ième.

Troisième tour. Roussange est maintenant 2ième tout près d’Alex. Il a tourné 5 dixièmes de mieux que lui. Ludo est 12ième, Pierre 15ième.

Quatrième tour. Roussange a repris un peu de temps à Alex et il doit être dans son pot d’échappement à 0.196. Fitte est à 0.774 et Mansat à 1.728. Je sens le duel se pointer à l’horizon entre les deux premiers.

Cinquième tour. Alex n’a que 0.205 d’avance sur Roussange et Fitte est maintenant à plus d’une seconde. Doutre n’est que 13ième derrière Ludo et je me dis qu’Alex va lui reprendre de gros points si tout se déroule bien jusqu’au drapeau à damiers. Mais, il reste encore 10 longs tours.

Au sixième tour, Roussange est à 0.190 d’Alex. J’ai l’impression qu’ils ne vont pas se quitter jusqu’au terme de la course. J’imagine les deux motos si proches, les moteurs hurlant entre les énormes tribunes du Mans, les freinages dernier carat, je voudrais tant être sur le bord de la piste pour assister à cette belle bataille.

Septième tour. Le duel acharné se poursuit. Fitte n’apparait plus qu’en 6ième position ; Mansat est 3ième . Ludo a passé Abellan et pointe désormais en 11ième position.

Huitième tour. On vient de passer le cap de la mi-course, j’ai le cœur à 200 pulsations/minute. Roussange est toujours à deux dixièmes derrière Alex.

Neuvième tour. Roussange est à 0.169 ! Fais gaffe Alex, tu joues le championnat, pas ton adversaire ! Mansat est à près de 3 secondes, Thibault à 3.657.

Dixième tour. La lutte au couteau entre les deux hommes de tête se poursuit. Ils ont oublié le reste du plateau vu que Mansat est à 3.389, Thibault à 4.151, Cornut à 4383, Meunier à 4.927.

Onzième tour. Roussange est à 0.185 d’Alex. Je n’en peux plus !

Douzième tour. Alex réalise son meilleur temps en course en 1.45.212 ! Il prend (un peu) d’air au passage avec Roussange à 0.295.

Treizième tour. Alex en remet une couche avec le meilleur tour en course en 1.45.058. Je commence à y croire vraiment et Roussange est à 0.323. Mansat est à plus de 5 secondes avec Cornut tout près.

Quatorzième tour. Alex a encore repris un peu de temps à son adversaire qui est à 0.471. Plus qu’un tour !

Quinzième tour. Les secondes du tableau s’égrènent lentement. Oui ! Alex a gagné avec 0.721 d’avance. Week-end de rêve comme à Pau. Ludo termine 8ième. Bravo ! Pierre Sambardier est 15ième. Doutre finit 10ième et perd de gros points.

Je savoure ce moment en regardant à plusieurs reprises l’écran d’ordinateur pour être sûr que c’est bien la réalité que j’ai sous les yeux, une saison magnifique d’Alex qui est constamment aux avant-postes et qui ne lâche rien cette année. Hier, au téléphone, je l’avais trouvé très serein, je crois qu’il sentait alors la victoire possible.

 
J’ai hâte de le retrouver à Magny-Cours, dans deux semaines en espérant que ses très belles performances se poursuivent.

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Magny Cours 6 et 7 août 2016.

11H30, c’est une bonne heure pour terminer sa journée de travail surtout pour se rendre sur le circuit de Magny Cours. Pourtant, la forme n’est pas là et je me sens bien cotonneux ; j’ai même douté ce matin avoir la force de partir, mais l’envie d’assister aux courses du Promosport est la plus forte.

Je démarre donc (encore plus) doucement que d’habitude sur ma Transalp et j’attends (et espère) que mon corps retrouve un semblant de forme car il y a quand même 750 kilomètres à parcourir. Magie de la moto, je sens, au fil des heures, que ça s’améliore et j’arrive, un peu lessivé malgré tout sur le circuit 8H30 plus tard. Cela me conforte dans l’idée que la moto devrait être remboursée par la sécurité sociale tant elle fait du bien au corps et à la tête.




L’équipe est là, Alex, Rémi le frangin, Bruno le papa et Joël le copain polyvalent assistant mécano, panneauteur. Nos voisins habituels, les frères Vaucher, et leur papa, sont là et il y a aussi Matthieu Thibault(qui court en 600) et son père.

Rémi boitille car il a chuté lors des essais libres et souffre d’une entorse au pied droit. Auparavant, le monocylindre autrichien avait eu ses chaleurs et il avait fallu changer un joint de culasse. Alex a aussi tâté du bitume en roulant la veille sous la pluie ; ce n’était vraiment pas nécessaire car le week-end était annoncé ensoleillé. Je ne reconnais pas Alex, d’ordinaire plus raisonnable, qui a pris un risque inutile mais  fort heureusement, il n’y a eu qu’un peu d’habillage  de cassé.Bref, Bruno a été bien occupé et ses mains noires gardent la trace de sa journée chargée. Je monte rapidement ma tente car j’ai hâte d’aller me coucher, mais la soirée se prolonge malgré tout un peu.




 
Réveil de bonne heure le matin après une nuit récupératrice. Les 500 seront les premières à s’élancer pour la séance d’essais qualificative. Le soleil brille mais il règne une agréable douce fraîcheur matinale.

C’est parti pour 20 minutes d’essais.




   
Benjamin est 11ième et Baptiste 14ième lors du premier tour lancé. Puis, ça s’améliore :5ième  (en 2.04.861) et 10ième (en 2.06.260). Cyril Eruam claque un beau 2.02.523 et obtient le 1er temps provisoire.

Benjamin descend ses temps en 2.04.187 et passe 4ième ; Baptiste est en 2.05.892, 9ième temps.

La fin de la séance approche et Benjamin passe sous la barre des 2.03 en 2.02.862 ce qui le place et 2ième position !

Il reste moins d’une minute avant la fin de la séance d’essais et je scrute l’écran sur lequel s’affiche les temps. Benjamin améliore le 1er partiel ….  fait de même au 2ième partiel et décroche le meilleur temps en 2.02.128 ! Baptiste est 10ième. La journée commence bien !




 
De retour sous l’auvent, Benjamin m’explique qu’il ne pensait pas avoir réalisé un tel temps. En début de séance, il s’était mis derrière Desmaris mais avait fini par le dépasser en voyant qu’il le gênait un peu. Ce qui est intéressant, c’est qu’il n’a pas forcé pour décrocher la pole. De bonne augure pour la course. Baptiste est un peu déçu car il est resté dans un petit groupe qui le dépassait en ligne droite et le gênait après.
 
Peu après, je retrouve Pierre Sambardier en pleine séance de concentration devant son box. C’est parfois dur et intense, la vie de pilote….




Pas très loin de l’appartement 31 de Monsieur Sambardier ( !), il y a Thibaut Duchène qui vient de décrocher le meilleur temps de sa séance d’essais. Pourtant, hier, j’avais rencontré son père, inquiet car la moto avait des problèmes de grip à l’arrière. EMC, présent sur le circuit, comme à chaque épreuve du Promosport, a bien travaillé hier au soir et lui a trouvé le ressort adéquat.

La moto est redevenue très équilibrée et Thibaut semble très confiant. Il me dit qu’il perd un petit peu à très haut régime mais que ce moteur tracte très bien. Elle a encore de beaux restes la « vieille » Suzuki et, bien menée par un pilote du calibre de Thibaut, elle parvient à en remontrer aux modernes Yamaha et Kawasaki bardées d’électronique.





La séance des 400 débute. Rémi pointe rapidement en 14ième position en 2.12.566. J’avais discuté avec lui auparavant et il m’avait dit que les Yamaha marchaient très fort cette année. Les KTM ont du mal à suivre le rythme. Après 4 tours, il a amélioré son temps mais il n’est pas le seul et se retrouve 18ième. Au sixième tour, il passe 14ième avec un temps de 2.10.090. C’est bien pour sa quatrième course et avec un pied qui le fait souffrir. Le tableau des résultats confirme la supériorité des Yamaha avec la première KTM classée  9ième à plus de quatre secondes du leader.






 
Je vais en pré-grille et voit arriver les premières 600. Pas de trace d’Alex qui arrive tardivement ; je le sens nerveux, chose inhabituelle chez lui et n’ose l’interroger. Je le laisse retrouver sa concentration.

Au fond de moi, même si j’ai conscience qu’il occupe une place très enviable avec 68 points d’avance, je ne peux m’empêcher de gamberger un peu. C’est parfois dur d’être simple spectateur !






Quant à Ludo, il expérimente différentes futures positions sur sa moto. Pas sûr qu’elles soient très efficaces !





 

 Les essais sont lancés.






 Alex pointe rapidement 8ième, puis 7ième avec un temps de 1.47.886. Cornut est 1er, devant Guillaume Pot.












 
Au troisième tour, Alex s’arrête, fait refaire la pression des pneus.




 Entre-temps, il redescend au 9ième temps. Il repart, je regarde l’horloge, il ne reste plus que 8 minutes d’essais. Enfin, il améliore avec un temps de 1.47.446 à 0.711 de Pot, ce qui la place en 6ième position. Matthieu Thibault est 10ième.
 
 
Plus que 2 minutes, Alex améliore son premier partiel et finit en 1.46.895, 3ième temps des essais, très près de Pot et Cornut, respectivement en 1.46.735 et 1.46.815.
Je suis soulagé, il sera en première ligne.

Pierre Sambardier est 8ième à 0.973, Ludovic Rizza 15ième à 2.187.

Je retrouve Alex qui me dit ne pas avoir eu de tour clair, puis il a pu dépasser un concurrent dans son avant-dernier tour pour décrocher ce 3ième temps. Il tentait d’améliorer dans son dernier tour mais a été gêné à la chicane. Il semble serein.


Pendant le repas de midi, cela discute autour de son avance confortable au championnat. Je me garde bien d’intervenir. J’ai confiance en lui, il a montré depuis le début de la saison une belle maîtrise de son pilotage et de ses nerfs, restant calme en toutes circonstances. Ma seule hantise, c’est la chute, parfois provoquée par un concurrent ; il y a 50 points distribués ce week-end.

Après le repas, je me ballade dans le paddock un peu endormi ; ça discute calmement, beaucoup font une petite sieste. Le calme avant la tempête.







Je ne vois pas Ludo, j’aurais aimé connaitre ses impressions, il est sûrement un peu déçu de son temps, mais c’est un combattant et je sens un premier tour chaud à son guidon.

15 heures : Matthieu me demande si je n’ai pas un radiateur de Kawasaki de rechange dans mon top-case ! Il a décelé une petite fuite avec son père, mais espère que tout ira bien pendant la course. Ce sont les aléas de la course, il faut savoir composer avec, une cheville douloureuse pour Rémi, un radiateur fatigué pour Matthieu.





Je me rends sur le circuit, juste avant la courbe d’Imola d’où je peux suivre une bonne partie de la course. C’est la deuxième demi-finale des 1000, celle de Thibaut Duchène. Allez Thibaut, tu avais l’air si content de ta moto ce matin !

Bon départ en tête au freinage d’Adelaïde, suivi par Nicolas Souchon. Au bout de 5 tours, Thibaut prend une petite avance sur Souchon. Son style est très beau, sans aucune violence, je vois qu’il est bien sur sa moto, qu’il n’a pas besoin de forcer. Effectivement, il accroit peu à peu son avance et termine avec une confortable avance de 6 secondes.







C’est maintenant au tour des 500. De ma place, j’entends au loin les 33 bicylindres donner de la voix dans l’attente du feu vert. Les grondements s’amplifient, le départ  vient d’être donné.

Au freinage d’Adelaïde, c’est déjà l’empoignade mais Benjamin reste en tête. Romain Pape le dépasse juste devant moi avant la courbe d’Imola.




2ième tour : Benjamin reprend son bien au freinage d’Adelaïde. Juste derrière, ils sont quatre à pousser fort, la lutte s’annonce animé !

3ième tour : les motos se tiennent dans un mouchoir et Benjamin passe 3ième derrière Desmaris et Pape.






4ième tour : c’est de la folie, ils arrivent à six de front au freinage d’Adelaïde ! Puis, dans la courte ligne droite avant le Nurburgring, je les vois à trois de front se frôler ; aucun n’est décidé à lâcher prise.  A l’entrée d’Imola, Benjamin est très légèrement devant à l’extérieur.



Stupeur, il décroche violemment et la moto est projetée en l’air ; Benjamin reste prostré dans le bac à sable ; il se tient le bras. Mince, il est blessé. Les commissaires de piste viennent à son secours et le ramènent doucement à l’abri.






5ième tour : Cyril Eruam chute au même endroit, sa moto traverse la piste et ses concurrents parviennent par miracle à l’éviter.

6ième tour : la course en tête est toujours intense. Desmaris,Sanchez, Pape et Meignan sont au coude à coude. Baptiste est 8ième.

7ième tour : Baptiste passe Di Gregorio à la sortie d’Adelaïde. Il est 7ième, mais ça ne dure pas, il se refait passer par le 24 juste avant Imola.

Au tour suivant, il est repassé devant lui mais Di Gregorio est collé dans son pot d’échappement.




La fin de course est là, et Baptiste résiste à son concurrent pour terminer à une belle 7ième place. Devant, trois pilotes ont continué à se battre comme des chiffonniers ; résultat : Sanchez, Pape, Desmaris.

Quelle course ! Comme d’habitude, la catégorie 500 offre un spectacle éblouissant, effrayant parfois tant les pilotes se frôlent, se touchent parfois. Je suis inquiet pour Benjamin, j’espère que sa blessure n’est pas trop grave.
 


Boum ! Boum ! Pas d’inquiétude, c’est le bruit caractéristique de mon cœur avant qu’Alex ne s’élance. A priori, je gère la pression de la course moins bien que lui !

J’entends les moteurs hurler au loin, la course est lancée.

Au freinage d’Adelaïde, Cornut est en tête, Alex 3ième. Doutre, son second au championnat n’a pas l’air au mieux vu qu’il passe 13ième devant moi.

2ième tour : Pot est passé devant Cornut. Alex les suit, menacé par Noël Roussange qui semble confirmer sa forme après sa belle performance du Mans. Matthieu Thibault est 8ième .




3ième tour : Alex passe Pot à Adelaïde, Cornut est en tête.

4ième tour : Alex est en tête !

5ième tour : Alex arrive à conserver la tête au freinage d’Adelaïde mais les quatre poursuivants sont tout près : Cornut, Pot, Roussange et Fitte. Matthieu a fait une belle remontée et pointe en tête du deuxième groupe, à la 6ième place.

6ième tour : je le vois très bien sortir d’Estoril et entamer la ligne droite légèrement détaché. Il passe devant moi avec une avance d’une seconde environ.

7ième tour : son avance sur Cornut augmente. Matthieu est toujours 6ième .

8ième tour : il commence à avoir un peu de marge et je commence à mieux respirer ! Pot est 3ième , il devance Roussage. Je vois Matthieu à la lutte avec Nagorski, qui pilote la seule Suzuki du plateau. Pierre Sambardier est 10ième, Ludovic Rizza 13ième .

9ième tour : Alex est toujours en tête, à l’abri, mais derrière Pot et Roussange sont maintenant tout près de Cornut et vont se battre pour la deuxième marche du podium. Pierre Sambardier n’apparait plus (chute ?).

10ième tour : je repense à ce que m’avait dit Matthieu ce matin : « Alex va gagner sur ce circuit, il est le plus complet ». Au bout de la ligne droite, Roussange fait les freins à Pot. Dans la foulée, il passe Cornut au freinage juste devant moi à Imola. Va-t-il remonter sur Alex ?

11ième tour : Pot tente un freinage un brin suicidaire  à Adelaïde.

12ième tour : Alex a environ 1 seconde d’avance sur Roussange. Je vois Matthieu qui finit par se défaire de Nagorski.

13ième tour : dans la ligne droite, c’est évident, Noël Roussange reprend du temps sur Alex. La fin de course risque d’être serrée ! Le pilote Triumph est très rapide entre Adelaïde et Imola et il se rapproche un peu plus d’Alex.

14ième tour : l’écart est toujours faible entre les deux.

C’est le dernier tour, Alex parvient à conserver l’avantage mais ce fut chaud ! Roussange est 2ième à 7 dixièmes. Suivent Cornut, Pot et Matthieu qui finit à une excellente 5ième place. Doutre, le dauphin d’Alex au championnat, termine loin, 10ième  à près de 30 secondes.

Je me précipite pour assister au podium. Je retrouve Matthieu ; il est heureux de sa remontée et son moteur n’a pas chauffé. Par contre, son sabot est rempli d’eau et il va falloir trouver un radiateur pour la course de demain.


Sous l’auvent, la moto de Benjamin, bien défaite, est tristement seule. Benjamin est entre les mains des médecins du circuit.

 

 


Les 400 rentrent en piste. Allez Rémi, fais nous un bon départ ! Voilà mon vœu alors que j’entends les moteurs se réveiller sur la ligne de départ.

1er tour : 21ième ! Bon, à priori, il y a encore des progrès à faire en matière de départ ! Il n’a plus qu’à se cracher dans les mains pour faire une belle remontée comme à Pau.
 



3ième tour : toujours 21ième , mais il revient sur le groupe de huit pilotes devant lui.

4ième tour : il a recollé au 20ième.


5ième tour : plus de Rémi ! La course est finie.

J’assiste à la fin de la course, mais le cœur n’y est plus. Je rentre au paddock. Sa moto est repeinte couleur terre.
 



 J’apprends qu’il a chuté sur son son pied déjà touché aux essais libres. Aie ! Il semblerait qu’il s’agisse d’une fracture et Joël l’emmène à Nevers pour un examen à l’Hôpital où il retrouvera Benjamin qui s’est luxé l’épaule dans sa chute.

Je m’approche de la moto de Benjamin. Sa chute a été provoquée par une casse du moteur. Il y a un beau trou dans le carter qui atteste de la chose. Benjamin a entendu un grand bruit et boum, s’est retrouvé immédiatement à terre.







La fin de journée a un petit goût de tristesse malgré la victoire d’Alex.

Je rencontre Ludovic qui ne me parait pas trop déçu de sa course, malgré sa douzième place. En fait, il a été gêné par une Honda qui l’a dépassé et l’a gêné en imprimant un faux rythme. On discute un peu de la saison à venir, de sa future monture. La fin de saison approche et, forcément, on commence à penser à l’année 2017.

Près de nous, il y a Thibaut Doutre, assis sous son auvent. A travers ses propos, je le sens un brin désemparé. Après un début de saison très solide, il a décroché rapidement à Pau avec des mauvais essais et une chute en course. Depuis, il ne parvient pas à remonter la pente. La moto, c’est du pilotage et une bonne moto, mais le mental me parait au moins aussi important et, pour l’instant, c’est ce qui semble lui manquer.
 
 Repas du soir à la cantine du paddock. Je suis à côté d’un jeune pilote, Mickael, qui fait ici sa deuxième course en 600. Il est heureux car il est allé pour la première fois jusqu’au bout de l’épreuve, même s’il regrette d’avoir pris un tour. Matthieu le rassure, lui dit que, lui aussi, a pris un tour lors de sa première course, qu’il se demandait alors comment les pilotes faisaient pour aller si vite. Et, trois ans plus tard, il a réalisé son premier podium derrière Alex à Croix en Ternois.

 



Dimanche matin. Les deux « éclopés » racontent leur nuit, un peu difficile pour Rémi qui arbore un beau plâtre. Benjamin a le bras immobilisé. Il semble un peu triste. Il est vrai qu’il était dans une bonne dynamique. Après sa victoire à Pau, une 7ième, puis une 5ième place au Mans, sa pole position ici laissait espérer de beaux résultats ce week-end.





 
C’est l’heure de la course des Promo séniors. On entend les moteurs au loin. Soudain, tout s’arrête, une chute sûrement et un arrêt de la course. L’interruption se prolonge. Je me rends au box de Thibaut Duchène où ses parents, effondrés, m’apprennent le décès de Robert Doron, dans une chute collective pendant le tour de chauffe. Thibaut n’est pas là, mais il doit être très affecté car il le connait bien. Ce concessionnaire de Paris Nord Moto l’avait aidé l’an dernier. Il avait 66 ans.

Après une longue interruption, la direction de course annonce que les épreuves vont reprendre, avec des manches raccourcies. L’ambiance est grave. Les pilotes partent pour un tour de circuit en hommage au pilote disparu.


Puis, la course reprend ses droits avec tout d’abord les 500. Je vois Benjamin souhaiter une bonne course au frangin ; il doit avoir le cœur lourd derrière son bras en écharpe. Il m’accompagne pour assister  à la course réduite à 7 tours. Il va falloir être dans le rythme dès l’entame de la course.

Au 1er tour, Baptiste passe 9ième devant nous.

2ième tour : il réalise un magnifique freinage à Adelaïde et passe deux pilotes. 7ième . Les 6 pilotes devant ont commencé à se détacher.

3ième tour. Baptiste conserve sa 3ième place mais Pernet Coudrier le talonne. Aie ! Il fait un high-side au château d’eau et perd du temps ; il repasse 9ième au tour suivant. Eruam est en tête devant 5 pilotes. C’est toujours aussi intense devant !

Les quatre tours suivants,  Baptiste parvient à résister à Pernet Coudrier Eric, mais n’arrive pas à remonter sur les deux pilotes devant lui, dont Pernet Coudrier Serge(le frère de l’autre, une histoire de famille, comme chez les Vaucher !).


 

 

Les six furieux en tête en terminent avec la victoire pour Desmaris. Ils ont encore une fois livré une belle bataille.










C’est au tour d’Alex. Va-t-il réussir le doublé ?

Départ : il y a du monde au freinage d’Adelaïde et, à la sortie du virage, Alex n’est que 8ième ! Les motos passent devant nous et, un peu plus loin, il y a une chute au château d’eau. Je m’arrête de respirer jusqu’à ce que j’entende le speaker annoncer Alex 6ième sur la ligne d’arrivée. Ouf ! Il n’était pas impliqué dans cet accrochage. Par contre, j’aperçois la couleur verte caractéristique de la Kawasaki de Pierre Sambardier. Décidément ! Il m’avait raconté ce matin sa course de la veille au cours de laquelle il a dû forcer pour remonter après un très mauvais départ. Il avait fini par chuter au 8ième tour.

2ième tour : Alex est 6ième. Pot mène la course devant Mansat, Roussange et Fitte. Matthieu n’apparait plus, il a dû être impliqué dans la chute. C’est aussi le cas de Ludovic Rizza.

3ième tour : Alex retarde son freinage en bout de ligne droite et passe deux concurrents ! Il est 4ième. On annonce qu’il est meilleur temps en course. J’ai l’impression qu’il ne va pas faire une course d’attente malgré sa large avance au championnat !

4ième tour : ça y est, Alex a recollé au groupe Pot, Mansat, Roussange.

5ième tour : Pot sort large à Adelaïde et Alex le passe : 3ième.

6ième tour : il pique Roussange au freinage à Adelaïde ! 2ième. Il se rapproche de Mansat au château d’eau.



7ième tour : Alex passe Mansat au freinage à Adelaïde. Il est devenu un gros freineur cette année ! Il est en tête et il reste 5 tours à parcourir.

8ième tour : Pot chute à Adelaïde mais remonte sur sa moto et reprend la course. J’estime l’avance d’Alex à une seconde sur Mansat. Cela commence à sentir bon la victoire.

9ième tour. Mansat a augmenté le rythme et se rapproche d’Alex.

10ième tour : il est collé à Alex à l’entrée de la ligne droite et tente une attaque à Adelaïde, sans succès. Ouf ! Roussange semble revenir un peu sur les deux.

11ième tour : nouvelle attaque de Mansat à Adelaïde mais il écarte et Alex reste en tête ! Vite, que la course se termine ! Au château d’eau, Alex a repris un peu d’avance et je respire un peu mieux.

Dernier tour : Alex semble maîtriser la situation. Il a une légère avance qui ne permet pas à Mansat de tenter une attaque. Effectivement, il termine en tête avec un peu plus de 6 dixièmes sur Mansat. Roussange est à 1.341. Billy Cornut est 4ième et passe devant Thibaut Doutre au championnat.



Quel week-end ! Deux victoires, 50 points supplémentaires et 101 points d’avance sur le second. Un rêve.

Il n’est pas mathématiquement champion de France car il y a encore 106 points à distribuer lors des deux prochaines épreuves (100 points pour les quatre manches, 2 points pour les pole positions, et 4 points pour les meilleurs tours en course) mais il faudrait pour cela que Billy Cornut  fasse carton plein sur les quatre courses et qu’Alex fasse chou blanc. Peu probable. 



Je vois Alex qui savoure son podium. Mais, il faut vite revenir sur terre car les 5 premières machines font l’objet d’un contrôle des arbres à cames. A peine le cuir enlevé, c’est une séance mécanique qui l’attend en compagnie de Bruno et Joël jusqu’à ce qu’un commissaire technique note que mon appareil photo n’est pas ce qu’on appelle un outil de mécanicien et me demande d’aller faire un tour à l’extérieur… 





Je retourne au paddock. C’est l’heure des préparatifs de départ. Les auvents sont démontés, les remorques et camionnettes chargées. Je vais rendre visite à Thibaut Duchène dans son box, mais il n’est pas là. Il y a juste ses parents. Je leur souhaite une belle course de leur rejeton, en espérant qu’il ne soit pas trop affecté par la mort de Robert Doron.

Bouchons d’oreilles, casque, gants enfilés, graisseur de chaîne branché, je démarre la Transalp et sort lentement du circuit de Magny Cours. Il est 17 heures, le soleil brille, j’ai 757 bornes qui m’attendent. J’ai une pensée pour Thibaut et je me dis qu’il n’y aurait rien de mieux pour rendre hommage au disparu qu’une belle victoire que je sentais possible hier, vu la confiance qu’il affichait.

9 heures plus tard, je gare la moto dans le garage. La pendule indique 2H08. Je n’ai qu’une envie, me glisser sous les draps.

Le lendemain, avant de prendre mon petit déjeuner, je consulte les résultats de la course des 1000 : Thibaut Duchène vainqueur !

La journée commence bien….

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le circuit de la Bresse accueille ce week-end l'avant-dernière épreuve du championnat Promosport.

Alex m'a envoyé un SMS hier. Essais qualificatifs à 8H30, course du samedi à 14H10.

A 8H15, l'ordinateur est ouvert et j'attends le départ de ces essais. Je sais qu'Alex n'aime pas ce circuit lent. Il le connait peu vu qu'il l'avait découvert l'an dernier.

En 2015, il avait réalisé le 10ième temps des essais, mais une belle remontée en course lui avait permis de terminer 5ième. Il s'était retrouvé 18ième lors du 1er tour de la seconde course mais, là-aussi, il avait réussi une belle remontée pour terminer 8ième.

Je regarde la météo. A priori, il pleut autant sur le circuit qu'ici, à Pau.

Le nom des pilotes s'affiche, la séance va débuter.

Dès l'entame, Pot se positionne en tête, Alex est 5ième.

8H36: Alex est 5ième en 1.45.415. , mais très loin de Pot (2.807). Billy Cornut, qui est 2ième au championnat, est juste derrière Alex en 1.46.193.

8H37: Cornut passe devant Alex en 1.43.851 (il est 2ième). Alex améliore immédiatement en 1.44.406 et se positionne en 3ième position, mais à 2.248 de Pot.

8H39: Pot, décidément en forme descend son temps au tour: 1.40.737. Alex fait de même, il est en 1.43.172, tout près de Billy Cornut (à 0.199).

8H41: Alex améliore nettement et passe en 2ième position en 1.41.679. Il n'est plus qu'à 0.942 de Pot. Les temps descendent, les pilotes ont peut-être pris la mesure de la piste mouillée.

8H42: Pot continue sur sa lancée, il est en 1.39.527. Sibille passe devant Alex qui est à 1.823 de Pot. Doutre améliore il est 7ième à 4.558. Matthieu Thibault est 5ième.

8H47: voilà la situation à 3 minutes de la fin des essais:

1er Pot en 1.39.527
2ième Sibille en 1.41.287
3ième Alex en 1.41.350
4ième Cornut en 1.41.477
5ième Pellegrin en 1.42.689
Matthieu Thibault est 9ième en 1.43.052
Pierre Sambardier est 17ième en 1.46.858.

Pot a fait le trou sur ses poursuivants, mais Alex partira en 1ière ligne. Mon pilote favori est toujours aux avant-postes cette année, même sur ce circuit qu'il n'aime pas.

Je croise les doigts pour la course de cet après-midi.

 

 

 

14H10: je me lève de table avant la fin du repas. Je sais, ce n'est pas correct, mais j'ai une excuse; assister (peut-être) au titre de champion de France 600.

La course est lancée!

1er tour: Alex a perdu une place. Il pointe 4ième. Pot a gardé sa place et il a Pellegrin sur ses talons, puis Delorenzo. Alex est déjà à 2.123.

2ième tour: toujours 4ième, mais a réduit l'écart sur le 1er(1.875), car il a réalisé le meilleur temps. Cornut, le dauphin d'Alex au championnat, n' est que 7ième à près de 8 secondes.

3ième tour: Alex a effectué un tour moyen en 1.46.215 et a maintenant 3.551 de retard sur Pot. Pierre Sambardier est 17ième.

4ième tour: Pellegrin n'apparait plus sur le tableau (chute?) et Alex récupère la 3ième place, mais à 5.339 de la 1ière place. Derrière lui, il y a Grimoux, tout près, à 5.785. Cornut est 6ième, mais loin du groupe de tête vu qu'il a plus de 13 secondes de retard; il est suivi par Doutre à 13.589.


5ième tour: Alex est toujours 3ième et il a repris beaucoup de temps en réalisant le meilleur tour en course en 1.44.019 alors que Guillaume Pot a fait 1.46.547. Il a réduit l'écart à 2.871 et a moins d'une seconde de retard sur le 2ième Delorenzo. Alex a toujours Grimoux collé derrière lui.

6ième tour: Alex réalise de nouveau le meilleur temps en 1.43.576 et n'est plus qu'à 1.552 de Pot qui a tourné en 1.44.895.

7ième tour: l'écart avec le 1er s'est stabilisé. Alex n'est qu'à 0.700 de Delorenzo, 2ième. Les écarts sont faibles. Derrière, ça décroche. Grimoux est à 2.326 et Salvi, le 5ième est à plus de 12 secondes devant Cornut à 14.270 et Doutre à 14.693.

8ième tour: Alex est à moins d'une seconde de Pot (0.852) après un excellent tour en 1.43.463!Il n'est plus qu'à 0.4 de Delorenzo. Les temps sont supérieurs à ceux des essais, la pluie doit être bien présente sur le circuit.

9ième tour: Pot a réagi avec un tour en 1.43.079. Delorenzo a tourné en 1.43.083; Alex en 1.43.326 et Grimoux en 1.43.303. Derrière, c'est au moins une seconde de plus au tour.

10ième tour. Pot a perdu sa 1ière place au profit de Delorenzo, Alex est toujours 3ième à 0.770! Cornut apparaît en 5ième position, mais à 16 secondes.

11ième tour: Pot est à 0.058 de Delorenzo! Et Alex est à 0.371 derrière! C'est très serré! Cornut a disparu.

12ième tour: Pot a repris son bien avec le meilleur tour en 1.43.007. Alex a pris un peu de retard, avec 1.577. Grimoux est à une seconde d'Alex.

13ième tour: Alex réalise le meilleur tour en course en 1.41.955! Il est à une petite seconde de Pot. Grimoux commence à être distancé avec 3.550 de retard. Doutre est 5ième à 28.921.

14ième tour: plus que 4 tours à parcourir. Les 3 premiers sont les seuls sous les 1.43.

15ième tour: Delorenzo se rapproche de Pot, il n'a plus que 0.356 de retard sur le 1er. Alex suit de près à 1371. Gaffe, Alex! Le titre est au bout, plus que 3 tours.

16ième tour: Alex est ..... 1er! Je crois rêver en regardant le tableau. Delorenzo n'est plus que 3ième avec un temps de 1.49.317. Y-a-t-il eu un accrochage entre lui et Pot qui est annoncé 10ième?

17ième tour: toujours 1er avec 1.697 sur Grimoux et 3.783 sur Delorenzo.

18ième tour: interminable dernier tour à l'issue duquel Alex est 1er! Génial! Il conquiert le titre de champion de France sur une victoire!

Quelle magnifique saison! C'est sa 6ième victoire d'affilée. Dire qu'il m'avait dit ne pas aimer ce circuit il y a quinze jours à Magny Cours. Vainqueur sur tous les types de circuits et par tous les temps, chapeau bas, Alex!

En fin de journée, je l'appelle. Il est heureux, on le serait à moins. Il m'indique que la course a eu lieu sous un véritable déluge. Au 16ième tour, Pot est tombé ce qui a gêné Delorenzo qui le collait et Alex a pu dépasser ce dernier.

Il est aux anges au point qu'il est incapable de me dire à quelle heure il court le lendemain!

Alors qu'il reste trois manches, il totalise 231 points, Cornut et Doutre sont à égalité avec 109 points. La lutte va être chaude entre les deux demain.

A priori, la pluie aura quitté les lieux.
 

 

 

 

 

 

 

Dimanche: 15H15. Loris Baz vient de terminer à une très belle 4ième place après une superbe remontée; je suis heureux pour ce sympathique pilote qui revient d'une grave blessure.

Le départ de la deuxième course des 600 Promosport est donné.

1er tour: Alex a gagné une place. Il est à 0.392 de Pot, Cornut à 1.421.

2ième tour: Pot toujours devant mais Alex n'est plus qu'à .073 après avoir réalisé le meilleur tour en course en 1.28.885. C'est nettement plus vite que hier; piste sèche à priori.

3ième tour: Pot et Alex se tienne en tournant dans quasiment le même temps (un millième d'écart!). Cornut semble aussi en forme puisqu'il vient de réaliser le meilleur tour. Derrière, les autres sont déjà lâchés. Delorenzo est à plus de 4 secondes, suivi par Doutre. Matthieu Thibault est 7ième.

4ième tour: Alex a passé Pot, il est en tête après le meilleur tour en course en 1.28.269. Pierre Samabardier pointe en 9ième position.

5ième tour: Alex toujours 1er mais je sens que, derrière les deux autres pilotes ne vont rien lâcher. Pot est à 0.443 et Cornut à 0.786. Nagorski est passé 4ième.

6ième tour: Pot s'est encore rapproché d'Alex à 0.279. Cornut est à 0.619. Le 4ième est déjà à plus de 9 secondes! D'ailleurs, seuls les 3 premiers tournent sous les 1.29, les autres sont au delà des 1.30.

Les trois tours suivants, les trois continuent sur leur lancée et les écarts restent stables. Au 9ième tour, Pot est à 0.328 d'Alex et Cornut à 0.523. C'est vraiment serré.

10ième tour: Cornut est passé en tête, devant alex à 0.139 et Pot à 0.436. Thibault est maintenant 4ième à plus de 11 secondes.

11ième tour: Aie! Alex n'est plus que 3ième à plus de 2 secondes de Cornut avec un mauvais tour en 1.30.567 au lieu de 1.28.600 pout Cornut. Que s'est-il passé? Une perte de temps lors du dépassement de Pot?

12ième tour: Alex a encore perdu avec 2.663 de Cornut. La victoire s'éloigne, je crois.

13ième tour: ça se confirme, il est à 3.082 du 1er même s'il reprend un petit peu au tour suivant.

15ième tour: Pot est revenu sur Cornut, il n'est plus qu'à 0.280. Alex lâche prise à 3.442. Thibault a Doutre juste derrière lui à moins de 3 dixièmes.

Les 6 tours suivants, l'écart grandit avec un dernier tour en 1.33.679 à comparer avec le meilleur tour en course dont il est l'auteur en 1.28.269. Je soupçonne un petit problème, peut-être au niveau de l'usure des pneus. Cornut a fini par lâcher Pot et termine avec près de 5 secondes d'avance. Doutre a passé Matthieu Thibault dans le dernier tour et le prive de la 4ième place.

Malgré une deuxième partie de course difficile Alex termine sur le podium, qu'il n'a pas quitté depuis le début de la saison, performance remarquable.

J'espère en savoir un peu plus sur les raisons de cette baisse de rythme quand je l'aurai au téléphone.

Au classement général, Alex a 248 points devant Cornut 134 points et Doutre 122 points.

 

 

J'ai  pu avoir Alex au téléphone alors qu'il était sur la route du retour.

Il m'a expliqué s'être fait une belle virgule. Il a tenu compte de cette alerte et a décidé de ne pas risquer la chute après un si beau week-end débuté par une victoire et un titre. Il a préféré assurer d'autant qu'avec Pot et Cornut, ils avaient pris une belle avance sur les poursuivants et qu'il savait pouvoir terminer sur le podium.

Comme d'habitude, je constate qu'il court avec sa tête et, comme l'an dernier, il termine toutes ses courses, en évitant les erreurs et la chute.

Bravo Alex, superbe saison, bien au delà de mes espérances ! Tu m'as impressionné de bout en bout.

Vivement la dernière épreuve à Nogaro, au "pays", pour fêter ce beau titre.

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai le cœur léger en arrivant sur le circuit de Nogaro, ce vendredi, en fin d’après-midi.

Alex a été titré lors de la première course de la Bresse et ce week-end de course à domicile aura une saveur particulière, avec les nombreux amis et membres de la famille qui passeront.

Je retrouve des têtes connues. Il y a Matthieu Thibault, juste à côté, Baptiste et Benjamin Vaucher aussi, même si le petit frère, pas encore remis de sa blessure sur le circuit de Magny-Cours, n’est là qu’en qualité de spectateur.

L’ambiance est détendue et ce n’est pas la pluie qui s’invite sans prévenir qui va réussir à nous gâcher l’ambiance.

Pierre Vaucher, le papa, nous fait bien rire lors de ses descriptions très imagées de son tour du circuit de l’île de Man, lors du  Mad Sunday, avec sa Ducati 600 SS. J’ai vraiment eu l’impression de vivre en direct son freinage dernier (vraiment dernier !) carat qui faillit ressembler à un tout droit dans le pub situé à la sortie de la zone de montagne. Figure effectuée en duo et avec la sacoche de réservoir et le sac à dos pour pimenter la chose!


Plus tard, j’entame la discussion avec Noël Roussange, sympathique (et bon !) pilote de la Triumph Daytona.

La nuit est tombée, la pluie s’en est allée, mais est-ce que la piste aura le temps de sécher pour les premiers essais matinaux ?

Avant d’aller me coucher, j’ai vu Thibaut Doutre changer le moteur qu’il avait cassé aux essais libres. A 1 heure du matin, j’entends les 4 cylindres se réveiller pour un tour au ralenti dans le paddock.
 
Ce sont les 500 qui ouvrent le bal à 8 heures.


 


 Dès son 2ième tour, Baptiste est 9ième. Devant, ce sont toujours les mêmes qui se battent pour la pole position. Au 6ième tour, il n’apparait plus dans les 9 premiers.  Au tour suivant, j’ai ce sentiment diffus qu’il est dans un bon tour, avec une attitude déterminée. Effectivement,  il passe 6ième temps. Malheureusement, il n’améliore pas et se fait passer par deux pilotes. Bilan satisfaisant malgré tout avec un 8ième temps.



 
C’est au tour des 600. L’enjeu est important pour les Billy Cornut, Thibaut Doutre et Guillaume Pot. Tous les trois peuvent espérer une place de vice-champion à l’issue du week-end. Pour ma part, j’ai mon favori, c’est Billy qui a montré une belle régularité et a réalisé de belles courses.

 
 
 
Alex me parait fermement décidé à terminer en beauté cette saison. Il part le premier avec Cornut juste derrière lui.
Au premier passage, il est 1er, au deuxième, c’est Billy qui lui ravit la 1ière place. Matthieu semble en forme également et pointe à la 3ième place.

Dans les minutes qui suivent, Alex reprend la pole provisoire et il s’arrête.


 


Noël Roussange claque le meilleur temps, devant Cornut. Alex n’est plus que 3ième.

Il, reste 5 minutes d’essais, Alex s’élance de nouveau sur la piste. Premier tour lancé, il passe 2ième devant Cornut.
 
Plus que deux minutes. C’est le moment choisi par Guillaume Pot pour claquer le meilleur temps.

Résultat final :
1er Pot en 1.33.258
2ième Roussange en 1.33.418
3ième Alex en 1.33.535
Matthieu est 7ième en 1.34.469.


Le rythme a été élevé puisque les cinq premiers sont sous la barre des 1.34.


Je suis étonné de voir Pierre Sambardier à une lointaine 18ième place. Plus tard, je vais le voir à son box. Son père remet la moto en état après une chute provoquée par un pilote qui s’est loupé au freinage en bout de ligne droite. Il a fauché Pierre. Ce dernier est bandé et m’annonce qu’il est déclaré inapte. Une très profonde entaille a touché le tendon et le muscle. Décidément, il joue de malchance cette année.



   

Je rends visite à Thibaut Duchène qui vient d’achever sa séance d’essais qualificative à une belle 3ième place. Luc Bibollet a claqué une pendule et a relégué les deux suivants à 7 dixièmes mais Thibaut semble assez confiant pour suivre le rythme pendant toute la durée de la course.
 
Les petites 400 rentrent en piste.

 

 Rémi soufre encore un peu de son pied cassé à Magny-Cours, mais c’est supportable. Il est 14ième dans les premières minutes. Puis 16ième. Il n’améliore pas. A 8 minutes de la fin des essais, il est 18ième. Bruno analyse son pilotage : « Tant qu’il n’arrivera pas à prendre les roues, il ne progressera pas ». C’est vrai qu’il est un peu esseulé dans ses tours chrono. Le métier rentre doucement….

 



 


 
 
C’est le début d’après-midi et les 500 entament leur première course du week-end.



1er tour : Baptiste est 10ième dans la ligne droite mais fait un freinage incisif et passe son concurrent direct : 9ième. C’est bon, il semble être dans le rythme immédiatement ; c’est indispensable dans cette catégorie où un mauvais départ est difficile à remonter.




2ième tour : quatre pilotes sont partis devant (Desmaris, Pape, Sanchez et Eruam) et Baptiste est dans le groupe des 6 juste derrière. Le freinage est très chaud au bout de la ligne droite, mais c’est une habitude en 500 ! Ils passent devant nous, Baptiste est collé derrière les 4 devant lui. C’est bon, je le sens prêt à sa battre pour la 5ième place.




3ième tour : stupeur ! Je le vois lever la main dans la ligne droite. C’est l’abandon. Il passe devant nous au ralenti et rentre. Il s’arrête, se penche sur le côté gauche de la moto.


 


4ième tour : les 4 ont fait le trou et la bagarre risque d’être âpre jusqu’au dernier tour.
5ième tour : Desmaris passe Sanchez à l’aspiration dans la ligne droite.
6ième tour : dans le S du lac, juste devant nous, Sanchez fait un magnifique intérieur à Desmaris.
7ième tour : c’est net, Sanchez se fait remonter dans la ligne droite (moteur moins puissant ?), mais il parvient à conserver l’avantage au freinage. Baptiste arrive à mes côtés ; il a la rage, la biellette de son sélecteur a cassé….
8ième tour : Pape passe Eruam à l’aspi mais ce dernier lui fait les freins au virage de l’école. C’est chaud !
9ième tour : Desmaris réalise un magnifique freinage en bout de ligne droite et passe Sanchez. Les quatre pilotes sont regroupés devant nous et Sanchez réussit à doubler Eruam à la sortie des S du lac. Quelle bagarre !
10ième tour : Sanchez fait les freins à Desmaris en fin de ligne droite. Il n’y a aucun répit, la bataille est incessante. Un beau spectacle que nous réservent très souvent les 500. Eruam recolle Desmaris dans la ligne droite des stands ; il ne reste plus que deux tours !
11ième tour : Sanchez,Desmaris et Eruam sont au coude à coude au freinage du virage de l’école. Aucun n’est décidé à céder. Pape, 4ième, réussit à prendre le meilleur sur Desmaris dans l’enchainement qui suit. Ce dernier reprend son bien devant nous, dans le S du lac.
12ième tour : les quatre pilotes sont regroupés dans la ligne droite . Au freinage, Pape sort un peu large. C’est la fin d’une course haletante avec Sanchez vainqueur devant Desmaris, Eruam et Pape.
 

Les 600 entrent en piste.




 
C’est le départ, dans le hurlement des moteurs et, aussitôt, une chute …. du rédacteur du présent article ! Pris dans l’ambiance, j’ai oublié que j’étais sur une hauteur pour prendre une photo du départ et je me retourne précipitamment pour rejoindre les gradins et me retrouve à balayer le vide avec mes jambes et m’étale sur le goudron. Mon pauvre petit appareil photo fait office d’airbag et mes bras dénudés l’aident dans cette tâche. J’en suis quitte à écrire mon tour par tour avec un mélange d’encre noire et de sang sur mon carnet….


 



 
1er tour : Pot est devant et semble très rapide. Alex est 3ième avec Matthieu juste derrière lui.
2ième tour : c’est net, dans la ligne droite, Pot s’échappe. Roussange est 2ième . Matthieu passe Alex  au freinage du virage de l’école.
3ième tour : je situe l’avance de Pot à deux secondes. Il a décidé d’imprimer un rythme très rapide. Alex, 4ième, précède Mansat et Cornut.
4ième tour : Pot semble intouchable. Mansat est collé à Alex. Cornut est un peu décroché.
5ième tour : Pas de changement, mais Cornut remonte sur les cinq pilotes devant lui dans la ligne droite. C’est confirmé, devant nous, il a passé Mansat.
6ième tour : Mansat décroche dans la ligne droite. Pot a environ 3 secondes d’avance sur Noël Roussange.
Au 7ième tour, Roussange a légèrement réduit son retard sur Pot. Il a lui-même un peu plus d’une seconde d’avance sur Matthieu et Alex.
8ième tour : Cornut pique Alex ET Matthieu au freinage en bout de ligne droite !
9ième : Je trouve Alex à la peine dans la ligne droite, avec le sentiment d’un moteur poussif. Il se fait d’ailleurs passer par Matthieu au 11ième tour de manière imparable. Matthieu, déchainé fait en plus les freins à Cornut ! Alex n’est plus que 5ième et ne me semble pas pouvoir lutter.
12ième tour : Matthieu s’est rapproché de Roussange et tente, sans succès, de le passer dans la ligne droite.
13ième tour : c’est fait, Matthieu a passé Noël au freinage et se retrouve 2ième . Il se rapproche (un peu ) de Pot qui a été légèrement gêné par un attardé au S du lac.
14ième tour : Pot voit son avance fondre et j’imagine déjà la première victoire de Matthieu. Il ne reste que 2 tours avant l’arrivée.
15ième tour : les 5 pilotes de tête sont maintenant groupés. Alex est 4ième devant Roussange qui a semblé faiblir. Pot est toujours devant mais c’est maintenant un fragile leader tant cela semble pousser derrière lui. La bataille est intense, on se croirait en catégorie 500.

Dernier tour : Billy Cornut tente le freinage en bout de ligne droite mais Pot résiste. Qu’à cela ne tienne, il lui fait un magnifique intérieur dans le gauche qui suit. Les pilotes disparaissent quelques instants de notre vue et, à l’entrée du S du lac, Alex  passe Matthieu!  Il monte une nouvelle fois sur le podium qu’il n’a pas quitté depuis la première course de Lédenon. 



 








De retour, les pilotes ont tous l’air heureux. Il faut dire qu’ils ont livré une superbe bataille. Alex explique que son moteur était poussif, qu’il a dû se servir de l’embrayage pour se sortir de certains virages.  Noël a été effectivement étonné de le passer aussi facilement en ligne droite. Le moteur de la Yamaha a d’ailleurs calé à plusieurs reprises dans le tour d’honneur ; Alex a le sentiment qu’il ne tourne que sur trois cylindres. Ce n’est pas bon signe.
 
Pas le temps de gamberger, c’est maintenant le tour des 1000 et j’ai envie de voir courir Thibaut. Il m’a dit qu’il allait faire une pause l’an prochain. C’est donc son dernier week-end de course et je pense qu’il veut terminer sur une note positive.






1er tour : il est 4ième derrière Hugot, Bibollet et Goetschy
Anzelini le passe au tour suivant. Mageot suit un peu plus loin, 6ième .
3ième tour : Thibaut est toujours 5ième mais il sort très bien du S du lac et se met dans l’aspiration d’Anzelini.
4ième tour : Goetschy passe Hugot en bout de ligne droite.
5ième tour : Thibaut est un peu largué dans la ligne droite. Sa « vieille » Suzuki ne peut pas rivaliser en puissance avec les motos de dernière génération. Heureusement, Thibaut est un gros freineur et surtout, ce que j’aime dans son pilotage, c’est cet enchainement freinage-entrée en courbe toujours très propre et très efficace. Il le confirme une nouvelle fois. Mageot semble avoir trouvé son rythme et se rapproche de Thibaut.
6ième tour : la BMW surpuissante de Bibollet passe en tête dans la ligne droite mais se refait passer au freinage ! Encore une course animée ! Thibaut est 4ième !
7ième tour : Thibaut est 3ième dans la ligne droite, derrière Bibollet et Anzelini. Plus de trace de Goetschy.




8ième tour : Thibaut se rapproche d’Anzelini.
9ième tour : Mageot, très rapide dans la ligne droite, fait le freinage à Thibaut. Mais ce dernier reprend son bien dans la partie sinueuse du circuit et retrouve sa 3ième place avant le S du lac.
10ième tour : Thibaut pique Anzelini au freinage en bout de ligne droite. Il est allé le chercher loin, ce freinage. C’était superbe à voir.
11ième tour : Thibaut s’est rapproché de Bibollet, mais il n’est pas à l’abri de ses deux poursuivants derrière lui.
12ième tour : Thibaut effectue de nouveau un magnifique freinage au virage de l’école et se rapproche un peu plus de Bibollet. Devant nous, Thibaut sort très bien du S du lac et se retrouve dans le pot d’échappement de Bibollet. Le speaker annonce qu’il l’a passé dans le virage de la ferme ! Effectivement, je le vois en première position dans la ligne droite.
Plus que 3 tours !
13ième tour : Mageot, qui a dépassé Bibollet, remonte très fort sur Thibaut dans la ligne droite.
14ième tour : Mageot montre sa roue avant à Thibaut au virage de l’école ! Le dernier tour va être terrible ! Il est évident que la Suzuki ne peut lutter en puissance pure.




Dernier tour : dans la ligne droite, je vois que Thibaut a gardé une marge de sécurité sur Mageot qui ne peut revenir sur lui.
C’est la victoire pour Thibaut ! Quelle course !

Je rejoins la pit-lane où les 3 premiers viennent laisser les motos. L’émotion est palpable dans l’entourage de Thibaut. Tout le monde réalise la performance qu’il a réalisée. Terminer 1err sur un tel circuit avec la Suzuki, c’est superbe.

Alain Cottard félicite chaleureusement Thibaut en lui disant qu’il était extraordinaire dans la partie sinueuse après les stands, Dominique, le mécano, lui dit qu’il a fait La course de la saison, le papa a les yeux bien mouillés. Superbe leçon de pilotage, Thibaut. Chapeau bas !




La journée tire à sa fin et ce sont les petites 400 qui vont conclure cette journée riche en émotions. J’espère que tout va bien se passer pour Rémi. J’ai conscience qu’il ne doit pas être facile, pour lui, de reprendre confiance après sa chute et sa blessure de Magny-Cours.


C’est le départ.



 
Pour une fois, il est bien parti et se retrouve en 19ième place dans la ligne droite. Le problème, c’est qu’il  est loin de 18ième  et qu’il risque de lui manquer un lièvre pour l’aider à avoir un bon rythme de course.
2ième tour : il fait un bon freinage en bout de ligne droite et se rapproche du 18ième . Devant, la bagarre a débuté entre Grimoux, De La Vega et Da Re.
4ième tour. Les trois premiers passent devant nous nez dans la bulle à l’aspi !
5ième tour : Rémi s’était  fait passer par le 20ième mais le reprend dans la ligne droite. Mais, il reperd sa place devant nous et la reprend au tour suivant.
7ième tour : de nouveau derrière…
8ième tour : les 4 premiers s’arsouillent, comme toujours en 400.





9ième tour : c’est la poisse, un attardé se retrouve à l’entrée du S du lac, les deux premiers se passent, le 3ième fait de même à la sortie et le 4ième hésite puis décide de le doubler sur la gauche ; les motos se frôlent …. et s’accrochent. Le pilote attardé est projeté hors de sa moto et glisse longuement dans la ligne droite des stands. Drapeau rouge, la course est arrêtée alors qu’il ne reste que 2 tours à parcourir. Rémi est classé 19ième .
 
De retour sous l’auvent, je viens aux nouvelles de la moto blessée. Bruno me parle d’une bobine d’allumage mal fixée. La séance de mécanique a commencé alors que les invités commencent à arriver car Alex a voulu organiser un apéritif pour fêter son titre.

 La soirée sera animée, et cela dans beaucoup d’endroits ; ça sent la fin de saison, certains sont déjà titrés et peuvent se relâcher un peu….



 

Dimanche matin, je me réveille tranquillement. Il n’y pas de courses ce matin, en dehors d’une endurance.
La Yamaha est auscultée, les bobines, le faisceau puis les bougies changés. Peine perdue, le moteur ne semble tourner sur ses quatre cylindres qu’à haut régime. L’heure tourne et les symptômes sont toujours là. Je commence à sentir l’abandon proche pour la dernière course de la saison.

 Je suis désolé pour Alex qui devait être si heureux de terminer sa saison 600 ici, à Nogaro. D’ailleurs, je suis impressionné par sa performance d’hier. Réussir à rester au contact des premiers malgré un moteur anémique, se battre dans le sinueux pour compenser le déficit en puissance, gérer le dysfonctionnement du moteur en jouant avec l’embrayage et arriver dans, les derniers virages à lancer une attaque décisive pour monter sur le podium,c'est fort! Bravo Alex. Nul doute qu’avec ta moto en forme, il aurait été difficile de venir te chercher. Tu as confirmé une saison exemplaire.
 
Après un repas avalé rapidement, Bruno repart sur la moto. Alex a pu se faire prêter une rampe d’injection et cette dernière est installée.



 Bouton de démarreur enclenché, le moteur se réveille ; Alex donne quelques coups de gaz. Le résultat lui semble meilleur que la veille même si ce n’est pas la réactivité habituelle. C’est décidé, il va participer à cette dernière manche. Je croise les doigts pour que tout se passe bien.

Pour changer, je vais m’installer dans la partie ouest du circuit qui a été rendue accessible. Cela permet de voir le départ, l’entrée impressionnante dans le virage de la ferme, et toute la partie sinueuse qui suit, ainsi que la ligne droite et l’entrée dans le virage de l’école.

Les 500 vont partir. J’espère que Baptiste va connaitre un meilleur sort que la veille.
Départ. Aie ! Il est mal parti et passe 17ième devant nous.


 



Au 2ième tour, Il fait un bel intérieur à la sortie de l’escargot mais c’est mal engagé.
3ième tour :  Desmaris, titré la veille, a pris de l’avance en tête. Pourtant, me dit Pierre, hier, il a bien arrosé son titre et il doit avoir un peu la gueule de bois. Peut-être n’a-t-il pas décuvé et qu’il se sent euphorique ! Baptiste est 14ième .
4ième tour : Desmaris est toujours loin devant, suivi par Pape, Meillan et Sanchez. Baptiste est 13ième .
5ième tour : il est toujours 13ième avec 2 secondes de retard sur le 12ième .
7ième tour : en tête de la course, Sanchez remonte sur Desmaris et Baptiste s’est bien rapproché du pilote qui le précède.




Il le passe d’ailleurs dans le 8ième tour avec un bel intérieur dans le virage de la ferme. Il est 12ième …. et même 11ième car un pilote chute devant lui.  
11ième tour : Desmaris caracole toujours en tête, Sanchez est 2ième un peu détaché. Pour Baptiste, cela risque d’être un peu compliqué de revenir et dépasser son concurrent direct ; il reste deux tours.
12ième tour : c’est fait ! Il le passe dans le virage de la ferme dans une manœuvre audacieuse.
Il termine 10ième, sûrement déçu d’avoir réalisé un si mauvais départ, car il avait vraiment un bon rythme.



 
A la suite, les 400 se présentent sur la ligne de départ.
Au premier passage, Rémi est 20ième mais réussit un extérieur à l’entrée de l’escargot.
2ième tour : il est 20ième derrière un groupe de 4 pilotes. Allez Rémi, garde le contact ! Il passe 19ième au bout de la ligne droite.
Devant, Grimoux et De La Vega se battent, détachés.
6ième tour : Rémi est 18ième mais se fait faire l’intérieur à l’entrée de l’escargot où il manque d’agressivité.
7ième tour : quatre pilotes s’échappent devant. Ils attaquent fort et les motos bougent pas mal. Rémi est 19ième, avec 3 pilotes devant lui et un derrière. Au moins se bagarre-t-il. Idéal pour apprendre tout en prenant du plaisir.
8ième tour : Rémi a passé le 14, il me semble plus incisif.
9ième tour : trois pilotes se font la belle devant, les petits bicylindres donnent de la voix à plein régime.
Les derniers tours, c’est un coup à toi, un coup à moi entre Rémi et son concurrent direct. Je me dis qu’à tous les niveaux de la course, cela doit être une belle partie du plaisir pour tous les pilotes, chacun en fonction de ses possibilités.
Pour les premiers, ce fut chaud jusqu’au bout puisqu’ils terminent tous les trois dans un mouchoir de poche. C’est Valentin Grimoux qui a eu le dernier mot.






Tout en écrivant ces quelques lignes, je réalise que j’ai plus de mal à m’intéresser à cette catégorie alors que la 500 me passionne. Je me demande si cela ne vient d’une uniformité. Les motos sont identiques. Il y a les Yamaha (en force), puis les KTM et une Kawasaki mais elles sont dans leur livrée d’origine, aucun pilote n’a eu l’idée d’y mettre une peinture et une décoration qui lui serait propre. Cela peut sembler un détail, mais j’aime bien la diversité des Honda 500. C’est dommage car les bagarres y sont acharnées et ces petites motos légères permettent bien des fantaisies aux pilotes qui s’en donnent à cœur joie. 
 
 
Voilà l’heure des 600. J’ai une profonde appréhension tout au fond de moi. J’ai encore le souvenir du bruit de la Yamaha, tout à l’heure, sous l’auvent. Il ne sonnait pas très bien, c’était un peu boiteux pour un quatre cylindres….

C’est le départ.
Alex est bien parti puisqu’il conserve sa 3ième place. Mais, dans la ligne droite, il semble se faire passer.
2ième tour : il n’est plus que 5ième . En tête, de nouveau Pot, suivi de Roussange et de Mansat.
3ième tour : Alex est 8ième … c’est plié. Il lève le bras pour signaler son abandon et s’éloigne lentement dans la ligne droite.




4ième tour : devant, ça roule fort avec Pot, Roussange, Mansat et Cornut.




6ième tour : Noël Roussange ne repasse plus. Pot est toujours en tête devant Cornut. Matthieu semble en forme, il pointe à la 3ième place, mais Abellan est dans sa roue. Lui aussi parait très en verve pour cette deuxième finale du week-end.
D’ailleurs, il fait un magnifique intérieur à Matthieu dans le virage ô combien délicat de la ferme
Au 8ième tour, Matthieu est repassé devant Abellan qui tente un nouveau passage au même endroit que le tour précédent, mais ça ne passe pas !
9ième tour : Pot a environ une seconde et demie d’avance sur Cornut. Matthieu et Abellan suivent de près et Granzotto n’est pas très loin.





10ième tour : Pot a encore augmenté son avance mais Cornut est maintenant directement menacé par Lucien Abellan très incisif. Doutre est en train de remonter et il est à environ 2 secondes du groupe des 4.
11ième tour : Abellan, décidément très à l’aise dans cette partie du circuit, passe Cornut à la sortie du virage de la ferme. Matthieu est dans le pot d’échappement de Cornut. Quelle bagarre, on se croirait en 500 !
12ième tour : Matthieu est passé par Granzotto et Doutre se rapproche encore un peu plus. Pot a baissé de rythme et a perdu une bonne  partie de son avance, comme lors de la première finale.






13ième tour : Doutre est maintenant juste derrière Matthieu. Il semble vouloir défendre sa 3ième place au championnat que convoite Pot. Ce dernier n’a en effet que 9 points de retard après son beau résultat de la veille.
14ième tour : Doutre passe Matthieu à la sortie de l’escargot.




15ième tour : Lucien Abellan remet ça ; il dépasse Pot juste à la sortie du virage de la ferme. Il est vraiment impressionnant dans cet enchainement. Doutre est 4ième, Matthieu 5ième.

A l’entame du dernier tour, les 4 pilotes, roue dans roue, passent devant nous. Abellan est en tête, suivi par Cornut, Doutre et Matthieu. Ils attaquent la ligne droite à plein régime, les derniers hectomètres vont être chauds. Pot n’est plus là (chute ?)

Enorme surprise, je vois un seul pilote franchir la ligne d’arrivée. C’est Billy Cornut qui réalise le doublé mais pas de trace de Matthieu, Abellan et Doutre. Il y a eu sûrement un accrochage entre les 3. Granzotto et Nagorski sont donc sur le podium.

Le père de Matthieu s’en va, inquiet. Je rejoins le paddock. Mauvaise nouvelle, Matthieu est blessé et il a été transporté à l’hôpital.

 Je croise Lucien Abellan. Il me raconte que Cornut était devant, qu’il a freiné très tôt avant le S du lac. Lucien a été surpris, a perdu l’avant sur blocage de la roue en voulant l’éviter, Doutre lui-même surpris a tapé sa moto et Matthieu a également été entrainé dans la chute. Peu après, le père de Matthieu m’apprend que son fils a une clavicule et un poignet cassés. Dure fin de saison !
 
 
 La course des 1000 va commencer.















Je m’installe près du S du lac.
Thibaut fait un bon départ. Dans la ligne droite, Bibollet passe en mode missile avec déjà une petite avance. Thibaut est 2ième .
2ième tour : Bibollet a fait le trou. Cette BMW a une puissance incroyable ! Mageot est déjà dans la roue de Thibaut. Sa Yamaha ressort très fort du S du lac et j’ai le sentiment qu’il va le passer.
Effectivement, dans la ligne droite, il est devant Thibaut qui se fait dépasser par Hugot mais il arrive à le reprendre au freinage.
4ième tour : Bibollet et Mageot ont pris une belle avance et Thibaut résiste à Hugot dont le moteur est nettement supérieur. Mageot remonte sur le pilote de la BMW et il a moins d’une seconde de retard en passant devant nous.
5ième tour : la BMW et la Yamaha sont roue dans roue dans la ligne droite.Mageot passe en tête.
6ième tour : Thibaut et Hugot sont côte à côte dans la ligne droite mais Thibaut gagne au freinage. Je sens qu’il ne va rien lâcher.
7ième tour : Bibollet semble baisser légèrement de rythme et il se fait passer par Thibaut au freinage en bout de ligne droite. Magnifique ! Quel battant, ce Thibaut !




8ième tour : je situe l’avance de Mageot à 2 secondes environ. Il ne va pas être évident d’aller le chercher mais Thibaut a montré toutes ses ressources hier. Il faut quand même qu’il fasse attention à la BMW surpuissante derrière lui.
9ième tour : Bibollet passe Thibaut dans la ligne droite mais ce dernier retarde encore son freinage et reprend son bien. Quand il passe devant nous, il a repris un peu de champ par rapport à son adversaire ; il est vraiment très fort dans le sinueux, c’est là qu’il arrive à faire la différence.
10ième tour : L’avance de Mageot est de 2 secondes et demie environ. Encore 6 tours pour le remonter !
11ième tour : à l’œil nu, il est évident qu’il a repris de gros dixièmes sur Mageot .
12ième  tour : il s’est vraiment défait de Bibollet et s’est encore rapproché de Mageot.
13ième tour : encore un superbe freinage en bout de ligne droite qui le rapproche de Mageot.
14ième tour : plus qu’une demi-seconde de retard. Allez Thibaut !
15ième tour : il est tout près mais Mageot résiste très bien.




Dernier tour : non, il n’a pas réussi, mais il termine sur les talons de Mageot. Ce fut une course de toute beauté. Les trois motos de tête arrivent au parc concurrents. Thibaut est tout sourire, avec la certitude qu’il ne pouvait pas faire plus. Il me dit que la Yamaha de Mageot avait une motricité extraordinaire en sorte de virage et qu’il lui était impossible de lutter. Mageot confirme d’ailleurs qu’ Eric Delcamp avait beaucoup travaillé sur les suspensions de la moto. Je vois arriver Dominique, le mécano de Thibaut. Il lui dit : « Tu as fait une course extraordinaire, du niveau de Romain Maitre ». Un très  beau compliment, amplement mérité pour moi.



 
C’est l’heure du retour.
 
Je passe voir Alex et Bruno qui sont en plein démontage de la moto, comme le prévoit le règlement pour les trois premiers pilotes au championnat. Cela tombe bien, c’est l’occasion de comprendre ce qui s’est passé dans le moteur. Bruno m’explique brièvement : un piston en surchauffe, sûrement dû à un dysfonctionnement d’un injecteur et un joint  de culasse HS.



Même si je suis un peu déçu d’un tel dénouement, je n’oublie pas cette saison exemplaire que nous a offert  Alex. 7 victoires, une 2ième place , 3 3ième places et un seul abandon. 264 points marqués, 80 points d’avance sur le second. Difficile de faire mieux !

Cerise sur le gâteau, l'avenir d'Alex semble prendre forme pour l'année 2017. je n'aime pas trop m'avancer avant d'avoir une certitude totale, mais je crois bien qu'il sera présent pour les courses du Promosport, l'an prochain, en catégorie 1000.

Après le titre en 500 en 2013 et celui en 600 cette année, je me verrais bien continuer à suivre les aventures sportives d'Alex!

 

 

 

 

 

Mercredi 19 octobre 2016:

Dans le Moto Journal d'aujourd'hui, il y a une publicité sympa de Yamaha qui félicite les 12 champions de France au guidon d'une moto de la marque.

C'est la première fois qu'Alex n'a plus son numéro 96 fétiche, mais je trouve que ça lui va très bien!

 


 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vendredi 10 février 2017, 10 heures.

 

A la sortie de Saint Lary Soulan, la route s’assombrit. Je n’ai pas de thermomètre sur ma Transalp, mais le froid qui frappe mes gants malgré le rempart efficace de mes poignées chauffantes semble me dire que je roule peut-être avec une température négative. J’attaque donc la montée en mode « apaisé », en serrant les fesses sur ce revêtement mouillé ; de temps en temps, je fais frotter ma botte pour ressentir le degré de  (non) adhérence. L’entrée dans le tunnel d’Aragnouet-Bielsa s’accompagne d’un petit soupir de soulagement. Le verglas en moto, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé !

 

 

Me voilà en Espagne. Je poursuis ma route en direction de la mer méditerranée. Je dois être à Calafat cet après-midi, non pas pour un week-end de farniente les pieds dans l’eau, mais pour assister aux premiers tours de roues d’Alex sur sa nouvelle monture, la Suzuki GSXR 1000. Une signalétique défaillante occasionne un petit détour de 100 kilomètres, mais je suis heureux de ce week-end à rouler.

Samedi matin, Alex, en compagnie de Matthieu Thibaut, qui sera de nouveau présent en Promosport 600 cette année, fait l’instructeur pour MPS Organisation qui propose des week-end de roulage sur circuits. J’écoute ses explications, tout en sachant que la mise en œuvre de l’opération freinage-phase neutre-accélération et point de corde ne me sera peut-être pas d’une grande utilité sur route ouverte !

 

 

Après avoir encadré les stagiaires, Alex peut  aller rouler à son rythme l'après-midi et c’est l’occasion de voir qu’une 1000 sur un tel petit circuit, c’est impressionnant.

 

 

Au retour de son premier relais, Alex dit qu’il va devoir apprendre à vraiment utiliser le frein arrière …. à l’accélération, tant la moto ne demande qu’à lever. Il faut dire qu’il a pour l’instant l’ancien modèle dépourvu de toute aide électronique. C’est le pilote  avec son poignet droit et donc son pied droit qui doit gérer la puissance assez considérable de la machine.

 

 

 

Sur le circuit, il y a aussi Alain Cottard, son team-manager, qui a décroché le titre des 600 Séniors en 2016 et Quentin Levrier, son co-équipier cette année.

 Au fil des séances, le rythme augmente, je vois Alex qui semble tester différentes positions, bref il est en train d’apprivoiser sa moto. Il a d’ailleurs indiqué qu’il ne fallait pas se battre avec elle mais l’accompagner.

 

Sur le circuit, il y a un pilote qui m’impressionne, c’est David Checa. Il a une façon de dominer sa moto, tout en puissance, avec des remises de gaz volontaires, mais pas brutales pour autant, c’est vraiment magnifique à voir.

Tiens, voilà Quentin et Alex qui commencent à gentiment se tirer la bourre, sous l'oeil (inquiet?) d'Alain Cottard.! Je pense qu’ils vont former une bonne équipe tous les deux.

 

 

 

Par chance, la pluie annoncée n’arrive pas et il faut juste composer avec une température un peu fraîche renforcé par le vent. Le circuit au dessin atypique est physique aux dires des pilotes.

 

Le soir, je fais un peu plus connaissance avec Alain Cottard et Quentin Levrier. L'ambiance est chaleureuse, ce qui me fait dire qu’Alex va se sentir bien dans cette équipe. J’ai hâte d’assister à la première épreuve qui se déroulera à Lédenon le 1er avril.

Mais, en attendant, il va falloir poursuivre l’entraînement pour commencer à assimiler le pilotage des 1000.

Je quitte Calafat le dimanche matin. J’ai quatre motos qui m’accompagnent pendant 90 kilomètres. Cela parait peu, mais quand les routes empruntées sont celles parcourus par les pilotes du Rallye de Catalogne, je vous assure que la moyenne y est faible vu que les lignes droites n’ont, semble-t-il, pas droit de cité dans cet endroit paradisiaque pour les motos.  On quitte un virage pour en attaquer un autre, ça monte, ça descend, c’est bosselé ou au revêtement impeccable, c’est divin ! Après une petite halte dans un café, je laisse mes ami(e)s qui retournent sur le circuit.

 

Quant à moi, je poursuis ma route en pensant déjà aux courses de 2017. J’ai vraiment envie de continuer à rédiger mes carnets de piste et  vivre les émotions fortes de la course. 

 

    

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le début de saison approche.

Alex a récupéré "sa" moto, arrivée directement du Japon par avion.

Avec Alain Cottard, il est allé sur le circuit de Carole pour la sortir de caisse.









https://www.facebook.com/alain.cottard.9/videos/755430087957367/

Ensuite, 500 kilomètres à son guidon jusqu'à l'usine EMC pour la fabrication de l'amortisseur et le réglage de la fourche.

Encore quelques centaines de kilomètres jusqu'à chez Thorn Bikes, avec un passage au banc en prime.



https://www.facebook.com/motoetmotards/videos/10154969595774705/


Puis retour à la maison.

Au total, 1300 kilomètres de rodage de la moto.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10 mars 2017. Nogaro est si près de Pau qu'une simple demi-journée de repos ce vendredi matin me permet d'assister brièvement aux premiers pas d'Alex sur sa nouvelle monture. De plus, le soleil est annoncé. Alors, pas d'hésitation, j'enfourche ma brave Transalp pour 80 petits kilomètres.

8H30: les deux Suzuki, celle d'Alain Cottard et celle d'Alex m'attendent dans le box. Compactes, on pourrait les prendre pour des 600. Et le bleu leur va très bien.





Elles sont à l'état brut. Celle d'Alex vient tout juste d'être équipée d'un pot Arrow en remplacement de la "marmite" d'origine d'une rare laideur. Sa silhouette s'en trouve avantageusement affinée.




Hier, la journée a malheureusement été endeuillée par la mort d'Anthony Delhalle, multiple champion du monde d'endurance, suite à une chute au virage de la ferme.

Je n'assiste qu'à deux séances d'essais d'Alex, mais cela me suffit pour me rendre compte que cette Suzuki semble bien née. Son moteur respire vraiment bien, malgré une démultiplication d'origine inadaptée au circuit.

Par contre, elle remue pas mal à la sortie du virage précédant la ligne droite. Suspensions? Amortisseur de direction? J'écoute Alex qui analyse le phénomène à son retour.

Je le questionne sur la puissance de la moto. Il ne semble pas plus impressionné que cela, le passage de la CB 500 à la 600 lui avait semblé être une marche ô combien plus importante. En tout cas, il a conservé son style coulé que j'aime tant; j'ai ce sentiment qu'il ne force jamais sa moto.

Je trouve le  bruit de la Suzuki très discret.

La moto bleue n'est pas la seule a faire ses premiers pas. Il y a aussi la nouvelle Honda dans sa livrée rouge.





Sur la piste, il  y a aussi les Yamaha du GMT reconnaissables au bruit caractéristique du moteur (j'adore!) .... et au rythme que lui imposent les pilotes, les seuls sous les 1.30; ça commence à aller très vite!




Midi, il est temps pour moi de retourner travailler. Dans trois semaines, c'est la première course de la saison. J'ai l'impression qu'Alex (et son père) ne vont pas s'ennuyer pour préparer au mieux cette Suzuki.

Vivement Lédenon!


















 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vendredi 31 mars 2017.          En quittant Pau pour Lédenon, j’ai le cœur léger. Demain, c’est l’ouverture de la saison Promosport et j’ai hâte d’assister aux premiers pas d’Alex dans la « grande » catégorie, les 1000, après sa brillante saison récompensée par un titre l’an dernier.

De plus, j’ai encore en mémoire les six tours d’anthologie offerts par Johann Zarco au GP de Losail dimanche dernier. Ma seule inquiétude concerne la météo qui, comme très souvent depuis que je suis le Promosport, est incertaine pour le week-end.






J’arrive en début d’après-midi sur ce circuit atypique perché sur une colline. Dans le box 3, je retrouve la famille Vaucher mais il n’y aura qu’un représentant de la fratrie car Baptiste s’est blessé au ski ; seul Benjamin sera sur la piste. Il y a aussi Rémi, le frère d’Alex, qui poursuit son apprentissage de la compétition avec sa petite KTM 390. Il est un peu désappointé car ses essais libres ont été mauvais. Il n’arrive pas à se lâcher et ses temps sont supérieurs à ceux de l’an dernier. Mathieu Thibaut est là, avec sa fidèle Kawasaki et une nouvelle décoration qu’il a déjà modifiée en chutant ! Heureusement, la moto n’a pas trop souffert.  

Mais, pour voir Alex, il faut aller un peu plus loin. Cette année, il est pilote chez Cottard et je m’en vais rejoindre le box 20. Il y a pas mal de pièces de carénage qui traînent, certaines motos n’ont pas encore leur décoration, on sent un début de saison un peu tendu suite à l’arrivée tardive de la nouvelle Suzuki 1000.





Quentin Lévrier et Alex la piloteront en catégorie 1000 Promosport, Margaux Wanham aura à sa disposition l’ancien modèle et Alain Cottard, le team manager, réattaque une saison en Sénior à 63 ans après son titre acquis l’an dernier. Quelle santé ! Il m’indique malgré tout qu’il a un peu de mal à se faire à cette nouvelle génération de machine. « Ce n’est pas facile de perdre ses habitudes à mon âge » conclut-il.


C’est l’heure pour une séance d’essais libres. Alex enfile sa toute nouvelle combinaison bleue ; j’ai l’impression de ne pas voir le même pilote ! Je me place dans la ligne droite des stands. J’aime cet endroit car on voit passer les motos tout près en pleine accélération … et avec la roue avant baladeuse pour la catégorie 1000. Alex passe de plus en plus vite et je le vois s’appliquer à garder le plus possible la roue avant au sol. C’est moins impressionnant que le pilotage de certains mais j’aime cette fluidité.


















Samedi matin : il pleut, il fait froid, bref ce n’est pas la joie. Les « anciens » ouvrent le bal avec les essais qualificatifs. Alain Cottard réalise le 2ième temps. Pas mal pour quelqu’un qui me disait ne pas arriver à se faire à l’électronique sophistiquée de la nouvelle génération !  





C’est ensuite le tour des 500. Benjamin Vaucher semble déterminé.





L’an dernier, il a montré de très belles dispositions avec une  splendide victoire à Pau Arnos et un début de course tonitruant à Magny Cours avant la rupture de son moteur et une blessure qui l’a tenu éloigné des circuits. Malheureusement, pendant les 20 minutes, il navigue entre le 9ième et le 15ième temps qui sera son chrono final. Il a la tête des mauvais jours au retour.





Les 1000 rentrent en piste.





Tout à l’heure, Alex m’a demandé si je ne voulais pas faire la séance à sa place. 200 chevaux à gérer sur un circuit pas vraiment réputé pour son grip sur le mouillé, je comprends que cela ne soulève pas l’enthousiasme…. Je suis tendu, je n’aime pas ces conditions et j’ai la crainte de la chute.

Je le trouve très propre dans ses deux premiers tours et je me retourne vers l’écran qui affiche les temps : 1ière position ! Décidément, Alex, tu m’étonneras toujours ! Et, au fil des tours, il se maintient en tête devant un client sérieux, j’ai nommé Nicolas Souchon. Lors du passage de la Suzuki, je suis étonné par la discrétion du moteur comparé aux rugissements de la Yamaha. En outre, le moteur de la Suzuki semble moins explosif, il me donne l’impression de tracter sans discontinuer . Au final, je trouve que cette douceur (relative la douceur avec 200 chevaux sous la poignée de gaz…) est en harmonie avec le pilotage fin d’Alex.   Et cela semble diablement efficace ! Dans les derniers instants de la séance, Johan Nigon claque une pendule et se retrouve en pole.  




Alex rentre au stand. « C’est du verglas » annonce-t-il.


La deuxième série s’élance. En effet, il y a beaucoup de pilotes, ce qui contraint la direction de course à organiser deux demi-finales pour se qualifier en finale. Dans cette série, c’est Jérémy Cramer qui obtient le meilleur temps en 1.49.036. Alex a tourné en 1.48.723 devant  Nicolas Souchon en 1.48.839. Quant à Nigon, qui a une solide expérience, il a réalisé un temps de 1.46.463.

Les 600 rentrent en piste. J’ai envie de voir quels sont les successeurs potentiels d’Alex cette année. Je pense à Ludovic Rizza, qui a abandonné sa Kawa pour une Yamaha que je pense plus homogène,  Thibaut Doutre qui avait réalisé un très bon début de saison avant de s’écrouler, Matthieu Thibault semble aussi pouvoir se mêler aux hommes de tête. Il y a enfin Guillaume Pot qui avait montré sa très grande rapidité l’an dernier. S’il arrive à se contenir, je pense qu’il va être difficile à  battre.

Mais, glorieuse incertitude du sport, sous cette pluie persistante, les compteurs sont remis à zéro et je suis sûr, que, sous chaque casque il y a un pilote avec une énorme envie de faire mieux que l’année passée, de montrer aux adversaires qu’ils devront compter sur lui. Tous les espoirs sont permis avant les premières minutes des essais. Malheureusement, les conditions se révèlent piégeuses et elles sont à l’origine de nombreuses chutes avec deux drapeaux rouges pour interrompre la séance. Au final, Ludovic Rizza signe la pole position devant Marc Bachelier et Léo Bauta. Guillaume pot est 4ième, puis vient Matthieu. Thibaud Doutre n’ est que 13ième.

























Rémi monte sur sa 400. Je croise les doigts pour qu’il arrive à trouver le rythme. Malheureusement, il chute en bas de la descente avant la ligne droite dès le début de la séance. Il parvient malgré tout à revenir au stand où, dans l’urgence, on redresse sa poignée afin qu’il puisse valider un tour chrono. C’est fait, il est 22ième temps.







Première course du week-end, honneur aux séniors.















Gérald Muteau  semble vouloir s’échapper avec sa BMW en ce début de course mais Bernard Cuzin et Alain Cottard réagissent vite. Les trois premiers tours sont rapides et les trois hommes font le trou. Alain me donne l’impression de suivre sans forcer et je commence à espérer un dépassement sur Cuzin qu’il talonne de près quand il chute. Peu après, la nouvelle tombe, Alain est en observation un peu sonné. Plus tard, il est emmené à l’hôpital pour quelques examens.






La première demi-finale des 1000 va commencer. J’emprunte un vélo pour m’installer au fer à cheval. Là-haut, règne un vent glacial et la piste est séchante car la pluie a cessé depuis une demi-heure. Les pilotes semblent sur la réserve. Course un peu monotone sans véritable bagarre. Victoire de Nigon avec plus de 13 secondes d’avance sur Nicolas Souchon.


La deuxième demi-finale va avoir lieu et c’est le moment que choisit mon cœur pour prendre quelques pulsations/minute. J’ai hâte de voir Alex en conditions de course. Il m’a dit se sentir à l’aise sur sa nouvelle monture et le surcroit de puissance de 70 chevaux ( !) par rapport à sa Yamaha ne semble pas trop le gêner mais, maintenant, il va lui falloir se battre au coude à coude avec des pilotes habitués à cette cylindrée. J’ai une pensée pour Billy Cornut, sympathique pilote lui aussi en 600 l’an dernier. Quand nous l’avons croisé tout à l’heure, il paraissait désemparé, n’arrivant pas à trouver le mode d’emploi de sa machine sur le mouillé ; je me dis que cette piste quasiment sèche va peut-être lui redonner de la confiance.  

La piste est annoncée mouillée par la direction de course, ce qui veut dire que les pilotes ont droit à deux tours de chauffe.
De mon poste d’observation, je tremble de froid …. et d’appréhension.

Départ ! Alex sort 2ième du triple gauche mais se fait passer dans la descente qui suit. De Laville Montbazon et Cramer sont devant lui mais Alex ne se fait pas décrocher. Je suis rassuré, il a le rythme.

Au troisième tour, les trois pilotes sont d’ailleurs regroupés mais le drapeau rouge est sorti. Interruption de la course.

Quelques minutes après, c’est un nouveau tour de chauffe pour les pilotes et un deuxième départ. Super, Alex a fait un bon départ et se présente en tête avec la Kawa derrière lui. Cramer semble très rapide, il double De Laville Montbazon et se rapproche d’Alex . Noël Roussange au guidon de la nouvelle Honda n’est pas loin derrière les trois hommes.

Dès le deuxième tour, les quatre pilotes font le trou. Cramer est incisif, il passe Alex à l’entrée du fer à cheval, devant moi.
La Kawa se fait insistante mais il résiste au bout de la ligne droite et juste après dans la descente. Le rythme est beaucoup plus soutenu que lors de la première demi-finale avec une piste quasiment sèche maintenant.

Au quatrième tour, De Laville Montbazon sort du triple gauche collé à Alex et tente le freinage dans la descente qui suit, sans succès.

Cinquième tour, Alex n’a pu résister au forcing de la Kawa. Il doit se méfier de Noël Roussange, tout près derrière lui.
Sixième tour : De Laville Montbazon est en tête.

Septième tour : Noël Roussage tente un extérieur sur Alex dans le triple gauche ! Mais ça ne passe pas. C’est fait, il est  3ième devant Alex au fer à cheval. Noël semble particulièrement rapide et lâche Alex .

Huitième tour. Alex est gêné par des attardés au fer à cheval. Pendant ce temps, Roussange a pris la tête. La nouvelle Honda me semble bien née et Noël sait s’en servir !  

Les positions restent figées dans les deux derniers tours.

Belle performance d’Alex pour sa première course en catégorie 1000. De retour au box, il explique qu’il a été gêné par le traction control trop intrusif. Il manquait de puissance en sortie de virage. Réglé pour le mouillé, il lui aurait fallu le paramétrer différemment avec la piste qui séchait, mais l’opération est impossible à réaliser en course. Trop compliqué. Voilà un nouveau paramètre à prendre en compte cette année.



























La course de Rémi en 400 est difficile. Parti dernier du fait de ses essais compliqués, il ne peut remonter sur les pilotes qui le précèdent. Il devra passer par la consolante pour espérer participer à la finale.














Je rejoins Benjamin avant sa première course du week-end. La tension est extrême dans le box. Quels pneus choisir ? La piste semble quasiment sèche, mais il reste une incertitude pour certaines portions du circuit. Opter pour les secs et ne pas dévier de la fine trajectoire sèche ? Mais quid des dépassements ? Pas facile de se décider. Partant de la quinzième position, il a un coup à jouer. Alex lui conseille cette option. C’est décidé, il laisse les pneus pluie au box.

Du fer à cheval, je reçois quelques timides rayons de soleil au moment du tour de chauffe. Je pense que c’était le bon choix, mais il va falloir ne pas s’enflammer et éviter les éventuelles zones encore humides. Soit prudent dans tes trajectoires, Benji !

1er tour : Benjamin sort très bien du triple gauche et quand il passe devant moi, il est déjà 9ième !

2ième tour : 7ième. Il emmène avec lui le groupe de chasse derrière les échappés.

Devant, on trouve Sanchez, Descours, Estadieu, Delorme, Eruam, Patron.

3ième tour : Benjamin a son style coulé des bons jours. C’est très beau à voir, l’impression que je pourrais tracer d’un coup de crayon sa trajectoire de l’entrée à la sortie du fer à cheval.

4ième tour : il recolle au 38. Devant, les trois premiers sont au coude à coude, c’est chaud !

5ième tour : Cyril Eruam se rapproche des quatre premiers et Benjamin passe en 6ième position ! Le speaker annonce qu’il vient de réaliser le meilleur tour en course.

6ième tour : Benjamin se rapproche peu à peu du groupe devant lui. Il a la piste dégagée et semble mener un rythme infernal.

7ième tour : de nouveau annoncé meilleur tour ! Le speaker parle même de « prestation exceptionnelle ». Il est maintenant au contact de Delorme à qui il fait un magnifique intérieur à l’entrée du fer à cheval. Il a bouffé du lion, notre Benji.

8ième : il descend son temps : 1.40.852 et passe devant moi en 4ième position.  Il est maintenant tout près de Descours.
Dans la ligne droite, à l’entame du 9ième tour, il est annoncé à 2.3 secondes du leader.  Il est 3ième !

Au 10ième  tour, il est dans le pot d’échappement de Sanchez et le double dans la ligne droite de stands. De nouveau meilleur tour en course !

Je le sens déterminé à aller chercher son copain Eruam mais ce dernier est un dur à cuire.

Dernier tour, je le vois sortir superbement du triple gauche collé à la roue d’Eruam. Dans le virage du camion, ils sont côte à côte et Benjamin lui fait le freinage en bas de la descente. Il est 1er !

C’est la victoire après une remontée d’anthologie. Un rythme d’enfer du début à la fin. Chapeau bas, Benjamin ! Tu m’as fait vibrer.

















La nuit vient de tomber. Ce fut une journée riche en émotions. Alain Cottard est toujours en observation à l’hôpital. Je suis inquiet pour ce sympathique concessionnaire que j’ai commencé à côtoyer depuis qu’Alex est dans son équipe. Et j’ai encore en tête ces 11 tours de course fabuleux de Benjamin qui m’a ébloui. Pilotage au cordeau avec des trajectoires superbes, sans aucune violence. Je mesure le chemin parcouru depuis ses premières courses, ici, en 2014 où il était déjà très rapide mais également un peu trop sujet aux chutes. Il s’est bonifié, gardant ses qualités de pilotage, les améliorant même avec un relâchement et une intelligence de course lui permettant de ne pas s’enflammer comme auparavant. Il m’a indiqué avoir attendu les meilleurs moments pour dépasser lors de sa remontée.

Pour demain, il y a une bonne dose d’incertitude sur la météo. Le soleil précédemment annoncé ne sera peut-être pas de la partie ; ce sera sûrement plus mitigé avec alternance d’averses et de temps gris, bref l’idéal pour mettre à mal les nerfs des pilotes dans le choix des pneus.



Dimanche matin. Je rencontre Noël Roussange au petit déjeuner. Il me dit qu’il est à l’aise avec sa nouvelle Honda. En fait, il a déjà trois années en catégorie 1000 derrière lui et il avait voulu faire un break l’an dernier car il se sentait un peu dépassé par la puissance de sa Kawa qu’il n’arrivait pas à bien piloter. Sa saison en 600 avec sa Triumph lui a fait du bien et il se sent armé pour affronter de nouveau la catégorie des 1000.

J’aborde avec lui le sujet du traction control qui a perturbé Alex hier. Lui aussi s’est rendu compte de l’amélioration des conditions de piste et la suspension de la course sous drapeau rouge l’a bien aidé. Il a profité de l’interruption pour paramétrer son traction control et a pu réaliser une belle course.





La première course des 600 va bientôt débuter. Matthieu ne veut pas s’emballer car le crachin matinal va donner une piste piégeuse. Dans le box 3, il y a aussi Mickael Speck, un jeune que j’avais vu l’an dernier lors de sa première course à Magny Cours. Avec sa Triumph, il fait partie de ces pilotes passionnés par la course qui naviguent loin de la tête mais dont l’investissement personnel est entier. Après sa chute d’hier, il a remis en état sa moto blanche. Dans le box, il y a aussi Julien Rota Scorlasetti qui roule en 1000 avec sa Kawasaki.

Les 600 entrent en piste. Il pleut et je tente de m’abriter sous mon poncho.

C’est parti ! Ludovic Rizza, parti en pole, est 2ième dans le premier tour. Pot a pris la tête.
Catastrophe, je vois Ludovic éjecté de sa moto à la sortie du triple gauche dans le 2ième tour . Il a l’air sonné, recroquevillé dans l’herbe pendant que sa moto poursuit son chemin dans la descente contraignant les suivants à ralentir et à l’éviter.

Matthieu est alors 4ième et je me prends à espérer une belle course. Mais, il ne passe pas au tour suivant. C’est l’hécatombe et les rangs sont clairsemés. Guillaume Pot a déjà une confortable avance.

3ième tour : Anthonin Vandamme  pointe à la 8ième place ! J’avais fait sa connaissance lors de mes débuts en tant que « journaliste » d’Alex en 2014. Un personnage attachant qui faisait quelques épreuves en catégorie découverte au guidon de sa Kawasaki ; et également un cuisinier hors pair qui nous avait fait déguster des frites maison double cuisson divines préparées sur son petit réchaud. Cette année il a décidé de changer de catégorie,  « d’être dans cour des grands » comme il dit.  Deux tours plus tard, il est 6ième !

Devant, Pot a été passé par Léo Bauta, très rapide. Mais, au 8ième tour, il est 5ième , suite à une erreur de pilotage sûrement. Pot n’a plus qu’à dérouler et termine avec une confortable avance de sept secondes sur Marc Bachelier et dix-sept sur Bauta qui a réussi à remonter.  Une course difficile qui a vu l’abandon de pas mal de candidats au titre, Thibaut Doutre ayant également chuté dans le deuxième tour.

En cette fin de matinée, c’est au tour des concurrents de la consolante 400. Rémi doit impérativement terminer dans les 10 premiers pour être retenu. La course est interrompue au 4ième tour par le drapeau rouge et la direction de course décide qu’il n’y aura pas de nouveau départ. Il est classé 10ième…. Ouf !


14 heures. Les 500 vont de nouveau courir. Le vent forcit mais cela a le mérite d’assécher la piste car le crachin persistant a enfin cessé. Que va faire Benjamin ? Il part encore de la 15ième place et il va lui falloir jouer des coudes pour une nouvelle remontée. Je l’ai senti serein, prêt à ne pas tenter l’impossible. On nous l’a changé, notre Benjamin, il devient raisonnable !

Départ : du fer à cheval, je vois un pilote faire un magnifique extérieur dans le triple gauche. C’est Benjamin qui se trouve propulsé à la 6ième place ! Dans la ligne droite des stands, il passe 5ième.

Devant, Descours et Estadieu font le forcing pour s’échapper en tête.

3ième tour : Benjamin est vraiment excellent dans le triple gauche. Je situe son retard sur les deux premiers à environ 5 secondes. Ils vont être durs à aller chercher.

4ième tour : Cyril Eruam, jusqu’alors 3ième, se fait passer par Sanchez dans la descente après le triple gauche. Benjamin est menacé par Meignan au fer à cheval.

5ième tour : Benjamin sort encore une fois très bien du  triple gauche et recolle à Eruam. Il finit par le passer dans la ligne droite des stands ; il est 4ième. Je sens le podium possible mais les deux pilotes en tête ont trop d’avance.

Benjamin poursuit son effort dans le 6ième tour et parvient à dépasser Sanchez dans la ligne droite. Aussitôt, il  creuse l’écart ; ça commence à sentir bon !

8ième tour. Sanchez revient un peu sur lui. Attention, Benji !

9ième tour : il a repris un peu de champ, je commence à respirer, il ne reste plus que deux tours.
Mon cœur s’emballe quand il fait un travers devant moi à la sortie du fer à cheval. Tout doux, Benjamin, l’écurie est proche !

11ième tour : c’est fait, il termine à une belle 3ième place et se retrouve en tête du championnat après cette première épreuve. Bravo Benjamin, tu as assuré comme un chef !



















C’est au tour des 400. Malheureusement, Rémi n’y participe pas. Il m’a expliqué que ses pneus de l’an dernier n’étaient plus homologués et qu’il ne voulait pas payer un  train de pneus neufs. Je pense aussi que le moral était un peu en berne ce week-end.


Les courses des 600 et 1000 se déroulent en fin d’après-midi. Je déambule dans le paddock et je croise Patrick Mageot, vainqueur du Promosport 600 en 2015 et qui a réalisé une saison solide en 1000 l’an passé, avec même une victoire lors de la toute dernière course.

Hier, il a été victime d’une grosse chute avec perte de connaissance. Ce matin, il a pu participer à la consolante mais il n’a pu se qualifier. Je réalise, à travers les petits malheurs des pilotes, que la course moto présente des risques. Même en Promosport, ça roule très vite et je suis étonné du niveau de pilotage. Depuis hier, on annonce une centaine de chutes ; heureusement, dans la grande majorité des cas, il n’y a que le matériel qui souffre.

Brève rencontre avec Ludovic Rizza qui a la tête des mauvais jours. Il me raconte sa chute. Tassé par un concurrent dans le triple gauche, il n’a pas réussi à bien gérer ce moment et il est parti à la faute. Je tente de le rassurer en lui disant que la saison va être longue mais je vois bien qu’il n’a pas encore digéré cette première manche tronquée. Il s’en veut manifestement d’avoir déjà utilisé un joker.

Dans le box 3, Matthieu et son père ont patiemment remonté la moto ; elle parait moins fringante mais est déclarée bonne pour le service. La pluie semble avoir abandonné l’idée de rester jusqu’au terme du week-end et les courses devraient voir lieu sur une piste sèche.






C’est l’heure de la pré-grille. Je vais y faire un tour. J’aime y observer l’atmosphère à quelques minutes de la course. Certains ont besoin de parler, de rire, pour évacuer le stress, d’autres sont enfermés dans leur bulle. Alerte, je vois le jeune Mickael affolé avec sa moto qui refuse de démarrer.  Une poussette ne donne rien. Martial, un jeune qui aide Martin Naussac , examine dans l’urgence les fusibles. Tout est OK. Il conseille de tenter une nouvelle poussette énergique alors que la procédure de départ des motos est lancée. Ô joie, le trois cylindres se réveille enfin !














Les pilotes en terminent avec le tour de chauffe. C’est parti dans un déchaînement de décibels. Ludovic Rizza sort en tête du triple gauche suivi comme son ombre par Guillaume Pot. Matthieu est 4ième.

2ième tour : Ludo et Pot s’échappent devant, Matthieu est 3ième !

3ième tour : Pot, qui semble très à l’aise est 1er. Matthieu se fait faire le freinage en bas de la descente après le triple gauche.

Au 4ième tour, il est talonné par Romain Pape.

Dans les deux tours qui suivent, les cinq premiers se suivent avec un écart entre eux ; il n’y a pas de bagarre directe.

7ième tour : Kevin Trueb recolle à Ludovic et finit par le passer. Dans la foulée, il imprime un rythme rapide et semble revenir sur Pot.

Au 10ième tour, Matthieu est talonné par Bauta et Chevallier, mais il remet un coup de collier pour éloigner le danger.

Au 12ième tour, les jeux semblent faits. Pot, Trueb, Rizza. Matthieu se rapproche du n°35, il a encore la possibilité d’aller chercher la 4ième place.  

13ième tour : grâce à un freinage appuyé au virage du camion, il passe Romain Pape ; il est 4ième !

Au 15ième tour, Trueb ne repasse plus. Ludovic est donc 2ième et Matthieu 3ième ! Mais, Romain Pape le prive du podium à un tour de la fin ; Ils finissent tous les eux au finish jusqu’au drapeau à damier qu’ils franchissent côte à côte. Belle performance de Matthieu qui fait oublier les déboires de la première manche.    















Sitôt cette course terminée, je me rends en pré-grille. Alex est assis sur la moto. Je le sens très concentré. Dans sa tête, cela doit quand même bouillonner ; c’est sa première finale en catégorie 1000. C’est l’heure de vérité, il va pouvoir se situer par rapport aux concurrents.

Quelques gouttes s’invitent alors et une légère humidité s’installe. J’espère que la pluie ne va pas venir compliquer les choses. Compte tenu du retard pris tout au long de la journée, la dernière course du week-end est réduite à 14 tours.






Les motos viennent se placer sur la grille de départ.

Alex est en 8ième position. Pourvu qu’il fasse un bon départ ! Il a dû m’entendre car il sort 3ième du triple gauche. Nigon est en tête.

Au 2ième tour, Nicolas Souchon dépasse Alex.

Au tour suivant, je vois Alex talonné par Cramer. Il résiste mais finit par se faire passer au 5ième tour.

6ième tour : il reste au contact du groupe des quatre devant lui.

Au 8ième tour, je le vois reprendre un peu de temps au groupe. La bagarre est intense devant avec  De Laville Monbazon qui a pris le commandement, suivi par Souchon.

Au 10ième tour, Alex commence à décrocher du groupe. Nigon reprend la 2ième place.

12ième tour : Alex est gêné par deux retardataires au fer à cheval. Devant, la bagarre est vive et Nigon prend la tête au 13ième tour. Nicolas Souchon, 3ième, fait le forcing mais se loupe. Il parvient à repartir mais Alex l’a passé.

Dernier tour : c’est la libération, je vois Alex franchir la ligne d’arrivée en 4ième position. Quel bonheur !

Il rejoint le box manifestement très heureux. C’est la joie dans l’équipe, d’autant qu’Alain Cottard est rentré de l’hôpital et semble en forme.




































Il est 19H30 et il temps pour moi de rentrer. J’ai 500 kilomètres qui m’attendent et le boulot reprend demain. Après un tel week-end, je trouve les ressources pour affronter la nuit et les bourrasques de vent. Mais quel plaisir de me glisser sous la couette à deux heures du matin !


PS : je n’ai pas eu le temps de recueillir les impressions d’Alex. Je viens d’avoir son père au téléphone. Alex a vu qu’il ne pouvait pas se mêler à la bataille avec le groupe des quatre. Par contre, il a pu analyser son pilotage en constatant qu’il rentrait beaucoup plus fort qu’eux en virage mais se faisait reprendre en sortie. Il va donc devoir adapter son pilotage à cette nouvelle catégorie. Je lui fais confiance, il est du genre à comprendre assez vite….  



 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis trente-six ans que je roule à moto, je sais ce que j’aime par-dessus tout dans le voyage. Bien au-delà des paysages, des sites à découvrir, ce sont les rencontres qui m’apportent le plus de bonheur.

Ce vendredi 14 avril 2017, j’en ai encore une fois la preuve. Cela fait 300 kilomètres que je parcours, sur la route du circuit du Mans, et je m’accorde une petite halte.

Alors que je suis en train de mastiquer mon sandwich assis sur un muret, je perçois une silhouette devant moi et j’entends une voix me dire : « Vous allez aux 24 heures du Mans ? ».

Je relève la tête et vois le visage devant moi.

« Mais, c’est Hubert, c’est toi Hubert ! ».

« Et toi, comment t’appelles-tu ? ».

Hubert, c’est Hubert Kriegel. Cet homme a décidé, il y a douze ans, au moment de sa retraite, de parcourir le monde au guidon de son side-car, d’abord avec sa BMW et plus tard avec une Oural. Il a ouvert un magnifique site que je parcours régulièrement avec grand plaisir. http://www.thetimelessride.com/FR/WhereisHubert.html

Et, depuis des années, je visite par son intermédiaire des régions extraordinaires.
Et voilà que, alors que j’ai une chance sur un million de le rencontrer, je me retrouve face à ce voyageur aux lunettes rouges caractéristiques.

« J’ai cru à une apparition » lui dis-je.

Nous passons un petit moment ensemble puis je reprends ma route, complètement requinqué par cette rencontre improbable, inattendue.




Je suis particulièrement impatient d’arriver car Alex va participer à sa première course d’endurance. Et, pour débuter, il a choisi une des plus célèbres avec le Bol d’Or, les 24 heures du Mans. Belle entrée en matière !

16 heures : j’arrive sur le circuit, mais je dois d’abord franchir un parcours du combattant pour enfin être autorisé à pénétrer dans l’enceinte afin d’y monter ma petite tente.

Puis, je m’en vais retrouver Alex et Bruno. Je leur demande des nouvelles. Les essais furent difficiles jusqu’à hier au soir avec deux chutes (Luc et Alex) à cause d’un  dysfonctionnement au niveau du frein moteur qui devenait très brutal en dessous de 5000 tours/minute. Le verdict était sans appel avec la moto qui partait en travers et le pilote qui s’envolait. Résultat, beaucoup   de mécanique pour remettre en état la moto et la mise à mal du stock de pièces déjà très réduit du fait de la jeunesse de la nouvelle GSX R.

Heureusement, aujourd’hui, tout est rentré dans l’ordre et les essais qualificatifs se sont bien déroulés. Les trois pilotes viennent du Promosport.

Il y a Luc Bibollet qui a terminé second en catégorie 1000 l’an dernier, Thibaut Duchène, lui aussi en 1000 a fini 3ième au guidon de la vieille Suzuki. Enfin, Alex fait ses débuts en 1000 cette année. Seul Thibaut a déjà couru en endurance, le Bol d’Or en 2015 et Le Mans en 2016. L’équipage est homogène, avec des temps au tour similaires. Thibaut, plus expérimenté, est un peu plus rapide.

J’ai le droit de rentrer dans le box de la moto 27. C’st aussi une première pour moi une grande course d’endurance que j’espère pouvoir vivre de l’intérieur. Tout est bien agencé dans cet espace réduit, chacun a son rôle, deux personnes affectées aux pneus, une à l’essence etc…

Le bonheur d’Alex est visible. Luc Bibollet me dit que cette épreuve est un rêve d’enfant qu’il va enfin réaliser.

18 heures. Les spectateurs peuvent déambuler le long des stands. C’est l’occasion de voir les pilotes qui sont mis à contribution en signant les posters de l’équipe. C’est une ambiance de fête, sympathique. Je suis heureux de voir que l’endurance, même au plus haut niveau, n’a pas suivi la tendance du Moto GP inaccessible.

Bruno me fait faire un tour des box. Les machines sont magnifiques, on sent le souci du moindre détail. J’imagine aisément la somme de travail pour arriver à présenter des motos prêtes à s’affronter 24 heures durant.

22 heures. Je suis crevé et me glisse sous la tente pour dormir.

Pas très loin de là, commence un concours de rupteur. Je ne sais combien de motards irresponsables participent à ce « jeu » stupide, mais ils paraissent très nombreux …. et persévérants. En effet, le manège dure une longue partie de la nuit et mes bouchons d’oreilles ne suffisent pas pour arriver à m’isoler.

Je pense qu’une étude sociologique sur ceux qui éprouvent de besoin de massacrer le moteur des heures durant serait intéressante. Pour ma part, j’aimerais savoir ce qui se passe dans leur cerveau à ce moment-là. Peut-être est-il alors au stade ultime, celui qui rejoint le néant, le vide absolu….

Vers cinq heures du matin, le silence s’installe enfin …. jusqu’à ce que deux irréductibles décident de poursuivre cette quête de l’absurdité, en enchaînant les moteurs en surrégime avec les coupures brutales, qui résonnent tel le marteau piqueur dans ma tête.

Ce matin, il y a le warm-up à 10 heures. Le temps est gris, il fait frisquet, mais les nuages ne semblent pas vouloir déverser d’eau sur nos têtes.

Alex me fait part de ses sensations lors des essais : « Tu roules avec les meilleurs, ils te prennent un petit peu à chaque virage, ils sont là, juste devant toi et, à la fin du tour, il te manque 3-4 secondes ».

Luc me dit qu’il a adoré rouler de nuit, avec le sentiment privilégié de se sentir seul sur la piste. D’ailleurs, ses temps étaient similaires à ceux réalisés de jour.

Pendant le warm-up, les trois copains vont roder les plaquettes pour la course.

J’ai réussi à obtenir un passe de Christelle, une commissaire de piste mais il ne me permet pas d’aller dans le paddock du côté des box. Je suis un peu déçu.

Le départ va bientôt être donné. Je m’installe dans la tribune après la courbe Dunlop. C’est Thibaut qui a l’honneur de débuter la course. Les motos font leur tour de chauffe et vont se ranger en épi. J’appréhende ce départ. Soixante motos vont arriver  au gauche-droite serré.

Thibaut a effectué un départ moyen et deux pilotes s’accrochent et chutent devant lui. Il n’est alors que 44ième. Moins de 30 minutes plus tard, le pace-car est de sortie, il est 38ième.

Puis, je le trouve dans un très bon rythme dans son paquet où il s’impose peu à peu. Je le vois qui dépasse la Metiss dont l’un des pilotes est Billy Cornut, sympathique pilote concurrent d’Alex l’an dernier en 600 Promosport.

Dans les hommes de tête, le rythme est plus course de superbike qu’endurance. Randy de Puniet est particulièrement impressionnant au freinage après la courbe Dunlop.

Devant moi, il y a un écran géant et je sursaute à chaque fois qu’une chute est filmée. Heureusement, Thibaut n’est pas concerné. Il poursuit sa remontée et pointe 25ième après 45 minutes ! Puis 23ième après 52 minutes.

15H55 : je vois Luc prendre son relais. Il a un style propre et volontaire. D’ailleurs, alors que je me place à différents endroits du circuit, je trouve que le rythme est élevé à tous les niveaux. Cela occasionne quelques erreurs, des freinages trop optimistes qui fleurent le tout-droit.

A 16H45, c’est au tour d’Alex. Je suis ému, ce sont ses premières 24 heures ! Juste avant, j’ai vu passer Billy avec la Metiss ; je lui ai trouvé un style caractéristique que j’ai mis sur le compte de la spécificité de son train avant.

Alex a toujours cette fluidité dans le pilotage et je le trouve très efficace dans la sortie du virage de la chapelle, bien en ligne avec une moto qui ne bouge pas d’un iota alors que beaucoup gigotent énormément au même endroit.

Une chute survient devant moi au virage du musée. Ne pas chuter, les copains, surtout ne pas chuter !

17H30. L’équipage est 24ième alors qu’Alex va en finir avec son relais. Devant moi, il y a la Suzuki du Sert qui hésite à faire le freinage à Alex et s’abstient. Cela me fait un drôle d’effet de le voir côtoyer les plus grands ! Le temps est toujours gris avec un léger fond d’humidité. Je croise les doigts pour que la pluie nous épargne. Tiens, c’est maintenant la Honda d’usine qui colle Alex au freinage.

17H78. Je ne vois plus passer Alex, j’espère qu’il s’est arrêté pour le prochain relais. C’est le cas, je vois Thibaut sortir des stands. Ouf ! Alex a fini son premier relias ; il lui en reste sept à faire … s’ils vont jusqu’au bout !

Je me place à l’entrée de la courbe qui suit la ligne droite des stands. Gros cœur exigé ! Je repense à la peur qui avait saisi Alex lors de sa première course en 600 ici en 2014. Vu de l’extérieur, je confirme que ça rentre très vite et Thibaut en piste y est impressionnant. Il est dans la roue de la Suzuki du Junior Team et ne lâche rien pendant plusieurs tours.

18H25 : la Suzuki 27 est classée 26ième.

J’ai réussi à trouver des voies détournées pour arriver dans le box. Quand je suis motivé, il est difficile de m’arrêter ! Dans le box 38, tout se passe bien après les quatre premières heures de course.

19H25. Ils sont 20ième et 150 tours ont été parcourus.

19H50. Alex est dans le box, équipé. Luc va terminer son relais.

Stupeur, sur l’écran de télévision, on voit Luc s’arrêter, puis repartir aussitôt. Il rentre aux stands ; c’était un déjaugeage, limite panne sèche ! Les pneus sont changés, puis le plein effectué. Ce n’est pas la rapidité extrême des écuries d’usine, mais ça va quand même très vite !

Je réalise à quel point chaque personne de l’équipe est importante, je ressens fortement cette unité du groupe tourné vers un seul but, arriver au bout de cette aventure et le mieux classé possible.

20H10. Double chute sous nos yeux à la télé. Pendant un quart de seconde, j’ai cru reconnaître la moto 27. Mon cœur ne va jamais tenir 24 heures avec toutes ces émotions !

Eric, le concessionnaire à la tête de l’équipe explique calmement que la quasi panne d’essence est venue d’une incompréhension dans le panneautage. « On a eu chaud » conclut-il.

La nuit tombe. Je quitte le box et vais voir Alex au chemin aux bœufs. Il a toujours cette gestuelle fluide sur sa moto, pourtant, quand j’ai quitté le stand, il tournait en 1.41.500. Les nuages ne nous ont pas quittés. Je croise les doigts pour que la pluie ne s’invite pas à la fête. La pluie de nuit en moto, ce n’est déjà pas terrible, en conditions de course, cela doit être l’enfer.

20H50. Je vois Alex tirer tout droit aux S du garage bleu ! Il repart aussitôt et repasse au tour suivant au même rythme. Simple chaleur ; pourtant, je commence à me geler sur le bord du circuit.

22H50. Je suis de nouveau au box. Alex prend son relais. L’explication de son tout droit est simple ; la botte qui s’est accrochée au sélecteur…

23H15. Une moto s’arrête sur le bord de la piste, sous une épaisse fumée. Le safety-car sort.

Minuit. Fin du relais d’Alex. Je sens la fatigue s’insinuer en moi. J’imagine que c’est la même chose chez les pilotes qui enchaînent des relais de plus de 30 tours dans la nuit froide. J’ai pu voir tout à l’heure les difficultés pour dépasser, je pense aux changements d’adhérence avec la piste qui se refroidit.

Alex laisse la place à Thibaut, son visage est un peu plus marqué. Mais, il semble serein, il a roulé une bonne partie de son relais avec Julien Enjolras, ce qui semble le rassurer sur son rythme de course. La moto marche bien, Dom, le mécano dit que c’est la première fois qu’il ne refait pas un rajout d’huile à minuit. Ils sont en 17ième position.

Je pars faire un petit somme sous la tente.

4H00. Je rejoins l’équipe. Ils ne sont plus que 21ième. Ils ont dû s’arrêter deux fois à cause d’une panne …. du feu arrière. Si j’ai bien compris, il y a eu aussi un problème de roulement de roue.

4H45. Thibaut rentre de son relais. La moto est devenue physique à piloter, avec un amortisseur dont le comportement s’est dégradé.

Dans le box, une douce torpeur s’installe ; certains dorment assis sur leur chaise. Devant moi, les quatre écrans continuent à distiller les informations. Deux avec les temps au tour des concurrents et les partiels, un sur lequel on voit des petites pastilles et le numéro de chaque moto parcourant le tour du circuit. Cela permet de savoir où se situe la moto. Enfin, il y a les images diffusées sur les programmes de télévision. De fait, on peut rester dans le box et tout connaitre de l’évolution de la course.

5H45. A quelques minutes du changement de pilotes, le box se remet en mouvement. Chacun s’équipe : cagoules, lunettes de protection, gants ignifugés, casque. Les préposés au plein d’essence, au changement de pneus ou de plaquettes de freins vont se positionner à la sortie du box.

Un peu plus loin, au-dessus de la cabine de chronométrage, les informations sont envoyées chaque tour au pilote : « Box 3T, Box 2T, Box 1T, Box ». Luc arrive, arrête la moto. Un bref échange avec Alex pendant que les mécanos procèdent au changement des pneus. Un geste pour dire que c’est terminé, c’est au tour de la procédure du plein d’essence. Les gestes sont brefs, précis. Alex enfourche la Suzuki et quitte le stand, absorbé par la nuit.

En tête, c’est une lutte acharnée qui se poursuit entre les deux Yamaha, la 7 et la 94 ; 21 petites secondes les séparent après 14 heures de course !

6H10. C’est magique, on voit Alex sur l’écran de télévision derrière la 96 pendant un tour.

Pendant tout son relais, Alex tourne en 1.43 régulièrement. A son retour, il explique que le comportement de la moto s’est dégradé et qu’elle devient difficile à piloter, avec des vibrations dans le pneu avant.

7H45. Thibaut vient de terminer son relais. « ça va ? ». « Non, j’ai très mal au dos, je suis assis trop bas sur la moto, je ne me vois pas terminer avec cette douleur".

Pendant ce temps, Luc tourne en 143. 600. Le jour se lève enfin ; ils ont passé la nuit et parcouru les 2/3 de la course. Il va falloir tenir bon maintenant !

Devant, entre la 7 et la 94, c’est toujours aussi serré, 24 secondes pour être précis.

8H10. Je vois Eric avec des « rehausseurs » de selle à la main qui viennent d’être fabriqués pour tenir compte des observations de Thibaut.

Un nouvel abandon? La 333 tire tout droit avec une fumée importante qui se dégage du moteur. La moto peut renter aux stands par ses propres moyens.

9H15. Je m’installe au virage du musée. Le soleil daigne enfin poindre par intermittence entre les nuages et m’aide à oublier le froid qui me saisit. Alex est étonnamment doux dans cet enchaînement. Il ne maltraite vraiment pas la moto et passe, à chaque tour, tel un métronome, sur sa trajectoire avant de remettre les gaz sans aucune brutalité.

Du côté de la Yamaha 94, à la poursuite de la 7, c’est l’attaque à outrance avec un côté « pousse-toi de là que je passe » vis-à-vis des attardés. C’est un pilotage sur le fil du rasoir. Quel baston entre les deux motos !

La Suzuki 72 du Junior Team fait un violent décrochage à la sortie du virage. La chute est évitée de peu.

9H40. Alex ne passe plus, pas le temps de m’inquiéter, c’est Thibaut qui surgit peu après, dans un style plus incisif ; lui aussi enchaîne les tours avec régularité, sans « se mettre dans le rouge ».  Les trois équipiers semblent avoir très bien assimilé l’endurance, ce juste milieu entre la performance et la sécurité, qui permet de rouler dans un bon rythme sans risque inutile et sans solliciter à outrance la moto.

Car, cette dernière souffre, c’est évident. Il n’y a qu’à entendre les montées en régime du moteur dont les 200 chevaux vont être exploités 24 heures durant.

11H15. Mike Di Meglio, après une remontée digne d’un sprint de GP, passe en tête.

Luc Bibollet est au guidon, la moto est alors 18ième mais les quatre motos derrière ne sont qu’à un petit tour. Ce sera serré jusqu’au bout.

11H47. Le préposé à la sécurité a fini par repérer mon petit manège et m’interdit de redescendre dans le paddock. Je suis contraint d’assister à la fin de la course du haut de la tribune au-dessus des stands. Je vois d’ailleurs Alex qui rentre déjà. Problème ? Heureusement, il repart moins d’une minute après. Fausse alerte.

Midi. Ils sont 22ième, dans le même tour que la 212, la 15 et la 44 et à un tour de la 2, la 37 et la 18.

Sur la voie des stands, deux hommes démontent la cabine de chronométrage de leur équipe. Elle n’aura pas pu aller au bout de cette épreuve. Ce matin, j’avais compté 37 motos encore en piste, preuve de la dureté de cette course d’endurance.

12H13. Une double chute survient. Je scrute avec angoisse l’écran géant en bord de circuit. Ouf ! Alex n’est pas impliqué, il passe devant moi. Les trois heures à suivre vont être interminables….

13 heures. Je mange rapidement. Je commence à entrevoir qu’ils iront jusqu’au bout de cette course mythique. Mais je sais que tout peut arriver jusqu’au dernier moment. Dom se souvient d’un Bol d’Or où leur pilote avait chuté dans le dernier tour !Je pense qu’ils ne vont pas aller chercher les trois motos qui les précèdent malgré le faible écart.  

La fatigue est en train de me tomber dessus. Le peu de sommeil, le bruit permanent quel que soit l’endroit où l’on se trouve, les kilomètres parcourus d’un bout à l’autre du circuit, la tension souvent présente, cela fait un sacré cocktail dont je commence à ressentir les effets.

Mais quelle joie d’assister au parcours exemplaire des trois pilotes. Je pense qu’ils vont s’en souvenir longtemps de cette semaine de préparation, d’essais, de chutes et enfin de course. L’équipe de bénévoles aussi que j’ai pu voir à l’œuvre, professionnelle, qui s’est investie sans compter durant cette épreuve.

Encore 45 minutes de course. Luc en finit avec son relais et Alex lui succède. Il doit être ému d’être au guidon pour la fin de course. Je compte les tours, regarde l’heure à tout bout de champ, je sens l’émotion monter en moi. Enfin, le drapeau à damiers est agité, Alex passe une dernière fois dans la ligne droite.

La voie des stands est envahie par toutes les équipes, c’est la libération après ces 24 heures de tension. Les pilotes se frayent un chemin  au ralenti, félicités, acclamés par toutes ces personnes qui ont participé à cette grande course.

J’ai les yeux humides sous mes lunettes de soleil. Alex arrive et s’arrête près de son équipe ; chose inhabituelle chez lui, il fait un burn pour laisser éclater sa joie. Je me précipite vers le box. On se serre dans les  bras, on s’embrasse, c’est la liesse tout autour de nous.

Peu après, on se réunit sous la tente de l’équipe. Eric fait le bilan positif de la course, même si l’arrivée tardive de la Suzuki a obligé à travailler dans l’urgence et a pu avoir des répercussions sur une préparation trop hâtive.

C’est le moment de se quitter. Je ne suis pas triste pour autant car je sais toutes les merveilleuses sensations vécues au cours de ces 24 heures vont continuer à se diffuser en moi sur le chemin du retour. A 21 H30, je finis par trouver un hôtel de libre dans un petit village entre Poitiers et Limoges.

Le lendemain, je m’enquille 550 kilomètres de  routes départementales en rythme d’endurance, à savoir quelques brefs arrêts et un pilotage soutenu. Huit heures intensives, mais avec un seul relais pour moi !


PS: la lecture de la feuille des résultats est intéressante car les temps d'arrêt au stand sont comptabilisés. L'équipage 27 est resté 2H22 au stand, c'est beaucoup plus que les concurrents devant elle (souvent plus d'une heure, ce qui représente un paquet de tours!). C'est même 20 minutes de plus que la Metiss qui a eu son lot de problèmes, d'après ce qu'a pu m'en dire très brièvement Billy Cornut alors que je quittais le circuit.

Bref, et c'est quelque chose dont je me rends compte quand je double régulièrement les mêmes poids-lourds sur l'autoroute, en endurance, rouler à un bon rythme c'est bien, mais s'arrêter peu et brièvement c'est encore mieux!  

 

   

   


   

   


   


     

   


     


   


     


   


   


     


     


     

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Ce week-end, c'est la deuxième épreuve du Promosport.

Impossible de m'y rendre, mais j'ai la solution du live sur le site du Promosport. Pas de chance, le réseau ne passe pas ce matin à la maison. Grrr!

Je me rabat sur le portable de Marie pour suivre les essais d'Alex prévus pour 8 heures. Mais, d'incessantes coupures font montre ma tension. Au final, Alex décroche le 9ième temps, juste derrière Noël Roussange avec la nouvelle Honda, à 0.705 du poleman, Billy Cornut qui a superbement redressé la barre après son coup de mou à Lédenon. Les 24 heures du Mans au guidon de la Métiss lui ont fait du bien. Je suis étonné du 28ième temps de Nigon, le vainqueur de Lédenon et du 23ième temps de Patrick Mageot, qui a effectué une très belle saison l'an dernier en 1000.

Que de difficultés pour suivre la demi-finale d'Alex! Le classement s'affiche un première fois seulement à partir du 4ième tour! Alex est alors 4ième, à 4 dixièmes de Laurent Brison, 3ième temps des essais. Souchon est parti devant, Billy Cornut est un solide 2ième à 4.666.

Puis....plus rien sur l'écran.... jusqu'au 10ième tour. Alex est toujours 4ième, mais il a deux pilotes qui le collent, Christophe Brard et Camille Lageon. Mageot est 7ième, une seconde derrière le petit groupe.

12ième tour, Alex est passé 3ième!Lageon est derrière lui à 4 dixièmes.
13ième tour, Alex réalise son meilleur tour en course
Il termine la course à cette belle 3ième place, avec Lageon à moins de 2 dixièmes. Ce fut chaud!
Souchon est vainqueur devant Billy Cornut. Mageot est 8ième.

Je viens d'avoir Bruno, le père d'Alex au téléphone. Alex est resté un long moment bloqué à la 4ième place, puis il a pu passer Laurent Brison, mais la fin de course fut animée jusqu'au bout avec un Camille Lageon qui a tout tenté pour passer 3ième. Cela a même un peu frotté et le pot d'échappement de la Suzuki en garde une trace.....

Demain, finale des 1000 à 18 heures.

J'ai eu l'explication de la mauvaise performance de Johan Nigon. Il s'est blessé aux 24 heures du Mans (clavicule cassée) et il doit être diminué physiquement.

 

 

8H15: le départ des 1000 a enfin lieu. J'ai jeté un oeil sur la météo parisienne et la pluie était annoncée juste avant cette manche.

Donc, à priori, ce sera une manche sur piste mouillée.

Le tableau de départ s'affiche, Alex est en 6ième position.

1er tour: il est 2ième derrière Noël Roussange. Superbe entame de course. Camille Lageon est 3ième.

2ième tour: je crois rêver, il est en tête pour sa deuxième course en 1000! Noël est tout près à 0.390, Lageon à 0.862.

3ième tour: toujours 1er et Noël derrière à .275, Lageon à 1.068. Les trois ont fait le trou le 4ième est déjà à 5.140.

4ième tour: 1er mais Noël est à 0.182 derrière.

5ième tour: ça y est, Roussange est passé 1er, Alex est à 0.874.

6ième et 7ième tour: Noël semble vouloir s'échapper, il a maintenant plus de 3 secondes d'avance sur Alex.

8ième tour: Le 3ième Axel Aynie, reprend 3 secondes à Alex sur un tour! Il n'est plus qu'à 2 secondes d'Alex. Eddy Ferre est 4ième.

9ième tour: Aïe! Alex n'a plus que 3 dixièmes d'avance sur Aynie.

10ième tour: il a été passé, et se retrouve 3ième.

11ième tour: les temps au tour confirment que la piste est mouillée. 1.16 pour Roussange, 1.14 pour Aynie, 1.16 pour Alex qui se retrouve sous la menace de Ferre qui a tourné 2 secondes plus vite.

12ième tour: Alex a tourné en 1.15, Ferré en 1.14 et ce dernier a réduit son écart à 3 secondes.

13ième tour: Ouf! Alex et Ferré ont tourné dans le même temps (1.14).

14ième tour: Alex est toujours en 1.14 mais Ferré est en 1.13. La menace se précise, plus que 2 secondes d'avance!

15ième tour: l'écart se stabilise

16ième tour: il n'est plus que 4ième.

17ième et dernier tour: Alex termine 4ième. Le 5ième, Herbillon est 22 secondes derrière, le 8ième Camille Lageon est à 1.14.226 du 1er, Noël Roussange. Quels écarts! A priori, il y a beaucoup de pilotes qui n'apprécient pas la pluie. Tous les autres sont à un tour.

Ce qui est étonnant, c'est la déroute des favoris au championnat, Nigon 15ième (mais blessé), Souchon 13ième, Cramer 14ième, Ganfornina 18ième, Mageot 26ième.

De Pau, je ne connais pas les circonstances exactes de la course et je ne peux en tirer aucune conclusion.

Mais, une chose est sûre, j'ai vibré en voyant Alex en tête pour sa 2ième course Promosport en 1000, pendant quelques tours.

Au final une 4ième place, après une autre 4ième place à Lédenon, et une 3ième place hier dans sa demi-finale, je trouve qu'il débute très bien son apprentissage dans la catégorie des 1000.

La situation au championnat:



Agrandir cette image

 

 Lundi. Ce matin, j'ai lu le compte-rendu sur le site du CDF Promosport pour avoir des explications sur ces écarts si importants. Peine perdue....

Heureusement, j'ai vu Bruno qui m'a expliqué les circonstances de la course. Les premières gouttes sont arrivées au moment de l'entrée en scène des pilotes et le départ a été retardé. Il a fallu faire un choix, pneus pluie ou pas. Alex a opté pour les pneus pluie, Noël Roussange aussi.

Chez les "gros bras" du 1000, le choix fut autre et malheureusement pour eux, la pluie s'est installée pendant la course. Noël Roussange avait en plus réglé la moto pour le mouillé, Alex n'avait pas osé, ce qui ne lui a pas permis d'avoir une moto au top dans ces conditions. Le podium était à sa portée mais il a été vraiment gêné par un attardé sur un tour, et cela a permis à Ferré de le remonter et le dépasser.

Souchon a réalisé toute la course en pneus pour piste sèche et réussit à terminer 13ième dans ces conditions (bravo à lui!), Nigon s'est arrêté et son équipe lui a changé les roues et il sauve le point de la 15ième place. beaucoup ont préféré abandonner pour éviter la chute.

Bref, une course difficile pour les nerfs des pilotes.

 

















 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Ce week-end, c'est Croix en Ternois, tout là-haut sur la carte, qui accueille les concurrents du Promosport. Je ne pense pas que c'est le circuit favori d'Alex. J'y suis allé en 2015 lors de la deuxième saison d'Alex en 600. 
Le circuit est tout petit et, pour les spectateurs, cela permet de voir passer souvent les pilotes, mais je ne suis pas sûr qu'il est vraiment adapté aux 1000 cm3 et leurs 200 chevaux.

Samedi: 8H30. Décidément, le site du Promosport me fait des siennes et je ne peux accéder au live qu'à 8H34. Les essais qualificatifs de la première session des 1000 se déroulent.
Ferré est 1er, devant Souchon et Alex à 0.884.

8H35 Souchon passe 1er en 58.918, Alex 3ième en 59.961. Mageot est 5ième, Noël Roussange (la vainqueur de Carole) 9ième.

8H38: ça bouge! Ferre 1er en 58.466, Roussange passe 3ième à 0.515. Alex est 6ième.

8H39 Alex améliore son temps, il est 5ième en 59.502. Mageot est 6ième . La séance est finie

1er Ferré en 58.466
2ième Souchon à 0.450
3ième Roussange à 0.515
4ième Lageon à 0.675
5ième Alex à 1.036
6ième Mageot à 1.242
7ième Le Bail à 1.250


La deuxième session débute.

8H50. Briard 1er en 100.152 devant Montessuit en 1.00.164 et Cramer en 1.00.364.

8H51 Montessuit passe en tête, le seul sous la minute. Nigon, le vainqueur de Lédenon, n'est que 8ième en 1.03.566. Il améliore en 1.02.819 (7ième).

8H54 Au tour de Cramer de passer en tête en 59.895 devant Montessuit en 59.942 et Herbillon en 1.00.102.

8H55 Cramer améliore en 59.426. Billy Cornut est 7ième en 1.01.839.

Les temps continuent à descendre
1er Montessuit en 58.369
2ième Aynie en 58.718
3ième Cramer en 59.233
4ième Herbillon en 59.423
5ième Cornut en 59.727

9H04 Nigon améliore, il est 6ième en 59.469.

9H06. Fin de la séance

1er Montessuit en 58.281
2ième Cramer en 58.618
3ième Herbillon en 58.636
4ième Aynie en 58.718
5ième Cornut en 59.365
6ième Nigon en 59.469.

Les demi-finales se dérouleront cet après-midi. je viens de regarder la météo, elle annonce "rares averses" ..... et promet encore un choix de pneus délicat.

 

Je n'ai pas pu suivre la demi-finale d'Alex. J'ai eu Bruno, son père, au téléphone.

Cette nuit, Alex a été malade (vomissements). Départ de la demi-finale en 6ième position. Au premier virage, il était 2ième derrière Cramer! Il y est resté un moment mais a eu un coup de fatigue après cette mauvaise nuit et n'a pu résister au retour de Cornut et Montessuit. Il a cependant pu assurer sa 4ième place devant Aynie, Mageot et Roussange.

La deuxième demi-finale a été interrompue à deux reprises par le drapeau rouge et les pilotes n'ont parcouru que 7 tours au lieu des 20 tours de la première demi-finale. Cela pourrait avoir des conséquences demain en finale avec des pneus plus usés pour ceux de la première demi-finale. Souchon a gagné devant Ferré et Lageon.

 

 

La course des 500 avec une très belle 2ième place du petit (qui devient grand!) Benjamin. Après sa victoire de ce matin, voilà un excellent début de saison!

Cela va être au tour d'Alex. Je le sais car ça tambourine pas mal dans mon corps! Je sais qu'il n'aime pas particulièrement ce circuit et, pour ma part, cela m'effraye un peu de lancer des 1000 surpuissantes sur ce tourniquet. Je pense aussi qu'il ne veut pas se laisser décrocher après son beau début de saison avec une 3ième place au général inespérée pour moi.

Et quid de l'usure des pneus en fin de course pour ceux qui ont accompli une demi-finale complète alors que les autres concurrents n'ont parcouru que 7 tours. Treize tours en moins, cela pourrait faire la différence.

Bref, ça cogite pas mal dans ma tête en attendant de voir le tableau des concurrents s'afficher sur l'ordinateur.
C’est fait, je vois qu’Alex partira de la 7ième position, j’espère une bonne envolée.

1er tour : il est 5ième, c’est bien. Cramer est en tête suivi de Billy cornut et de Souchon.

2ième tour : Alex est toujours 5ième, à 1.535 du 1er, talonné par Herbillon.

3ième tour : Alex est derrière Lageon, à 4 dixièmes et Herbillon le suit à 5 dixièmes. Nigon n’est que 7ième, et Noël Roussange 11ième.

4ième tour : il a repris un peu de temps à Lageon, Cornut est 3ième à 0.878.

5ième tour : il est passé 4ième ! A 1.482 de la tête. Il est à 9 dixièmes de Cornut. Va-t-il parvenir à revenir sur lui ?

6ième tour : il a tourné en 54.469, Billy en 55.001. Il n’ a plus que 3 dixièmes de retard. Allez Alex !

7ième tour : Billy est à 1.002 de la tête, Alex à 1.149. Cela va être chaud pour le podium !

8ième tour : il est passé 3ième ! En faisant son meilleur temps en course en 54.299. Il est à 0.604 du 1er, Souchon.

10ième tour : Souchon en tête, Cramer dans sa roue à 0.174 et Alex juste derrière à 0.447. Cornut est 4ième à 1.746, Herbillon 5ième à 3.127.

12ième tour Alex n’est plus qu’à 0.329 de la tête et à moins d’un dixième de Cramer !

14ième tour : il est passé 2ième ! A 0.135 du 1er. Quelle course !

16ième tour : il est toujours dans la roue de Souchon à 0.143, Cramer suit à 0.544 et Cornut à une seconde.

18ième tour : Les écarts sont toujours infimes. Je m’imagine sur le bord du circuit regardant passer ces quatre motos collées les unes aux autres. 0.966 entre le 1er et le 4ième, c’est digne d’une course de 500 Promosport !

19ième tour : il est à 0.151 de Souchon ! Derrière Cramer est à 0.896 et Cornut dans son pot d’échappement à 0.975.

20ième tour : 0.119 d’écart. Cramer à 0.500. Aïe, Billy Cornut n’apparait plus qu’en 6ième position.

21ième tour : Alex à 0.235, Cramer à 0.505.

22ième tour : mince, Cramer l’a passé et il double Souchon dans la foulée puissqu’il apparait en 1ière position au 23ième tour.

Le classement ne change pas dans les deux derniers tours. Alex est donc sur le podium pour sa 3ième course en 1000 et il s’est battu aux avant-postes pendant toute l’épreuve. Bravo !

Classement final :
1er Cramer
2ième Souchon à 1.007
3ième Alex à 1.796
4ième Montessuit à 6.407
5ième Herbillon à 6.475
6ième Nigon à 14.314
7ième Aynie à 15.119
8ième Cornut à 16.486
9ième Lageon à 17.311
10ième Ferré à 17.495
11ième Henriques à 19.382
12ième Roussange à 20.689
13ième Mageot à 24.528

Avec la contre-performance de Roussange et la 6ièmeposition de Nigon, on devrait assister à un resserrement au classement général. Roussange, Cramer, Souchon, Nigon, mais aussi Alex qui a décidé de s’inviter à la fête, semble-t-il.

 

 

Une photo qui fait plaisir!

 


 

 

 

 

 

 

 

10 juin 2017. Le Promosport joue à domicile ce week-end, à vingt cinq petits kilomètres de la maison. Je pars de bonne heure de la maison et, alors que de très fortes chaleurs sont annoncées, voilà que le brouillard s’invite jusqu’au circuit ! La séance d’essais qualificatifs des 500 est repoussée de quarante cinq minutes.





Je retrouve avec plaisir les frères Vaucher, Baptiste qui se remet progressivement de sa blessure cet hiver au ski et Benjamin qui a fait une très belle entame de saison.

C’est parti. Le circuit sinueux est bien adapté aux 500 qui s’en donnent à cœur joie. Résultat, 6ième temps pour Benjamin et 9ième pour Baptiste.

 

 




C’est au tour des 600. Guillaume Pot est impressionnant d’aisance. Il me donne l’impression de pouvoir faire ce qu’il veut avec sa Yamaha. Il a assommé la concurrence lors des trois premières courses et je pense que ce n’est pas fini. Clément Fitte est très près et notre Pitlaneur Ludovic Rizza est aussi très proche, 3ième à moins de trois dixièmes.


C’est au tour des 125 avec des gamins hauts comme trois pommes qui font des courses quand, à leur âge, je m’éclatais sur mon vélo rouge !

Les 1000 rentrent en scène, en deux séances, vu le nombre de concurrents.

Alex est 3ième après neuf minutes. Il s’arrête quelques minutes puis parvient à gagner deux dixièmes mais toujours 3ième en 1.20.719. Noël Roussange est devant lui en 1.20.585 et Camille Lageon 1er en 1.20.433.

De retour au box, Alex trouve que la moto glisse beaucoup. Un petit réglage de suspension est décidé.

 

 

 





Deuxième séance d’essai dominée par Nicolas Souchon en 1.19.264 devant Billy Cornut qui semble très à ‘aise ici en 1.19.939. Montessuit est 3ième, Nigon 4ième et Mageot 5ième.

 

 

 Au cumul des temps Alex est 6ième.

Pendant le repas de midi, à la « cantine » du circuit, je vois une tête qui ne m’est pas inconnue. Je ne l’ai vu qu’en photo et il y a longtemps, mais je reconnais aisément Guy Bertin qui m’a fait vibrer il y a bien longtemps au guidon de la 125 Motobécane avec une victoire au GP de France devant le « roi » des petites cylindrées Angel Niéto. Il vient discuter avec Dom qui fait la mécanique d’Alex et reconnait qu’il doit réapprendre à piloter car il utilise des trajectoires pas vraiment adaptées aux 1000.

14 heures, la chaleur est intense, ce sont les essais des  400. Rémi, le frère d’Alex qui continue à apprendre les courses fait le 32ième temps.

 

15 heures, c’est la première finale pour les 500. Les pilotes se rafraîchissent le plus possible car la chaleur est intense. Il va falloir tenir 15 tours à fond sous le cuir et le casque.

Bon départ de Benjamin qui passe le pif-paf en 4ième position.

1er tour : il est 3ième , Sanchez a pris la tête devant Eruam. Baptiste est 9ième.

2ième tour : les deux premiers semblent partir devant et Benjamin est menacé par Trueb et Descours.

5ième tour : Trueb est dans le pot d’échappement de Benjamin dans la descente. Il lui fait l’intérieur dans le gauche après le double-droit mais Benjamin reprend son bien avec un intérieur osé dans la descente !

7ième tour : Sanchez s’échappe en tête. Trueb a de nouveau passé Benjamin. Baptiste est 9ième.

8ième tour : Benjamin est maintenant à une seconde environ de Trueb et sous la menace directe de Descours.

9ième tour : Descours de fait pressant et finit par le passer au 10ième tour.

12ième tour : Benjamin est dans la roue de Descours dans la ligne droite et lui fait un superbe intérieur à l’entrée du pif-paf ! Dans la descente, je le vois qui se rapproche de Trueb. Il va aller chercher le podium !  

13ième tour : il est 3ième mais passé en bas de la descente. Plus que 2 tours !

14ième tour : il arrive à dépasser Descours à l’aspiration dans le ligne droite devant nous !

C’est fait, il termine sur le podium. De nouveau une belle course. Bravo Benji ! Baptiste finit 9ième dans l’aspi de Maincent.
 
 
 
 



Les 600 entrent en piste.

Superbe départ de Nagorski sur la Suzuki. Pot est 2ième, Ludovic Rizza 3ième. Pot, intraitable passe Nagorski dès le double droit avec un bel intérieur.

2ième tour :Pot, Nagorski, Hertzberg, Cigana, Ludovic.

3ième tour : Pot commence à se détacher.

4ième tour : Ludo est passé 4ième.

5ième tour : Ludo recolle aux deux pilotes devant lui.

8ième tour : il repasse 5ième et Nagorski est sous la menace de Hertzberg.

10ième tour : Pot est seul en tête, Nagorski le suit à petite distance .

11ième tour. Ludo est menacé par Anthony Paul et cède au 13ième tour à l’entrée du double-droit.

16ième tour : Aïe ! Il n’est plus que 6ième.

17ième tour : Pot est impressionnant d’aisance et continue sur un très beau rythme. Nagorski est un beau 2ième. Les positions ont figées jusqu’à la fin de la course.

Ludo est 6ième, mais Cigana est déclassé (motif ?) ; il est donc 5ième.
 
 






17H30 Première demi-finale des 1000. Chaleur, chaleur, chaleur ! En regardant les pilotes en prè-grille, j’ai une pensée émue pour eux. Il va falloir être résistant.

Bon départ de Noël Roussange derrière Souchon.

1er tour. Cramer est passé 2ième.

2ième tour. Montessuit a doublé Diard dans la descente et se retrouve 4ième.

3ième tour. Montessuit a repris un peu sur Noël. C’est confirmé dans la descente au 4ième tour, il est dans le pot d’échappement de Noël.

5ième tour : Souchon est très fort ce week-end et il a déjà environ deux secondes d’avance sur Cramer.Noël résiste à la pression de Montessuit mais ça va être dur pour lui de conserver sa 3ième place.

La pression se maintient jusqu’au 12ième tour. Noël passe 4ième devant moi légèrement détaché de Montessuit.  
Attention, Noël plus que 3 tours et Aynié produit son effort derrière à 2 secondes environ.

Les positions ne changent pas jusqu’au drapeau à damiers.
 
 
 
 
 
 



C’est au tour de la deuxième demi-finale 1000.

Départ. Alex s’arrache bien mais ils sont nombreux à arriver ensemble au pif-paf. Alex est 3ième. Billy Cornut est parti en tête.

1er tour. Alex est 4ième derrière Lageon.

2ième tour : Billy est devant Nigon, puis suivent Lageon et Alex. Mageot est 5ième. J’adore le style d’Alex dans le gauche qui remonte dans la forêt. C’est superbe.

3ième tour : il a passé Lageon mais Cornut et Nigon ont pris un peu d’avance. Va-t-il pouvoir remonter ?

4ième tour : il semble avoir repris un peu sur les premiers. Dans la descente, c’est évident, il est rapide !

5ième tour : il fait un magnifique intérieur à Nigon dans le double-droit où je le trouve particulièrement à l’aise.

6ième tour : il a recollé à Billy et pris un peu de champ sur Nigon. La course semble vouloir se jouer entre les deux rookies du 1000 Promosport.

8ième tour : c’est net, ils ont fait le trou, Nigon est esseulé en 3ième position, puis suivent Lageon et Mageot.

9ième tour. Billy Cornut semble très à l’aise. Je trouve d’ailleurs que la 1000 lui va bien, c’est peut-être dû à son gabarit. Alex ne lâche rien, collé à Billy dans la descente.

10ième tour : il est vraiment très près maintenant, quant à doubler…

11ième tour : Mince ! Un attardé en bout de ligne droite. Billy le passe juste avant le pif-paf, Alex ne peut le faire qu’à la sortie. Il est légèrement décroché.

12ième tour : il remonte dans le double-droit qu’il affectionne tout particulièrement.

Ce ne sera pas suffisant, ils passent la ligne d’arrivée ensemble. Alex est 2ième.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 



Il rentre au box, le visage éprouvé par la chaleur et l’intensité de la bataille. D'ailleurs, Billy lui a dit qu'il était lui aussi épuisé. Il indique qu’il aurait essayé de passer en tête si cela avait été une finale, mais que le risque était trop grand pour une demi-finale. Toujours lucide.

Il a été gêné à la sortie du Laguna Seca face à la Yamaha qui motrice beaucoup mieux. Cela vient du traction control très au point sur la Yamaha avec le boitier YEK ; sur la Suzuki toute nouvelle, ce n’est pas encore ça.

Il a quand même l’air satisfait ; on le serait à moins ! Mageot a fini par passer Nigon et finit à 7 secondes derrière. Enfin, cerise sur le gâteau, Alex a réalisé le meilleur tour en course en 1.21.093 et ce dans le dernier tour, ce qui montre sa motivation !

Margaux Wanham, qui est également aux couleurs de Cottard fintit 13ième, visiblement satisfaite. Elle est qualifiée pour la finale de demain. Bravo, Margaux!
 




Belle première journée, j’espère que la finale dimanche se passera bien, mais il va y avoir des sacrés clients, Souchon en tête, mais aussi Cramer,Roussange, Montessuit…
 
 
 
 
 
Dimanche matin, le circuit est encore dans le brouillard, mais moins intense que la veille.

J’apprends que Billy Cornut a été pénalisé de 10 secondes pour avoir à plusieurs reprises mordu la bande blanche de l’entrée des stands au cours de la course. Alex est donc classé 1er de sa demi-finale.


11 heures. La course des 500 débute.

Benjamin réussit un bon départ et gagne deux places. Il  est 4ième.

1er tour : il a rétrogradé en 5ième position.  En tête Sanchez, devant Eruam, Descours et Trueb. Baptiste est dans le groupe de chasse en 8ième position.

2ième tour : Benjamin est 4ième. Il fait partie d’un groupe de sept pilotes qui s’échappent devant.

3ième tour : le jeune Lucas Meunier, qui est dans le box d’Alex, tente de remonter sur le groupe de tête et amène Baptiste dans sa roue.

5ième tour : c’est chaud devant et Benjamin passe Descours à l’entrée du pif-paf. Il est 2ième. Dans la descente, je le vois faire l’intérieur au 1er !

6ième tour : il est 2ième sur la ligne d’arrivée mais passe en tête à l’entrée du pif-paf. Manœuvre osée ! Baptiste est 8ième esseulé, à l’abri des suivants, à plus de deux secondes.

7ième tour : Benjamin est toujours 1er mais c’est très serré entre les 5.

Pendant 3 tours, il se maintient en tête, mais la pression est énorme derrière. Quel baston, aucun ne veut céder , avec une entrée à deux de front au pif-paf ! Quel spectacle !

11ième tour : Descours est repassé devant mais Benjamin lui fait un magnifique intérieur à l’entrée du gauche de la forêt. Ils sont côte à côte dans le grand droit de la descente. Ils sont fous !

12ième tour : Benjamin est de nouveau passé dans la ligne droite.

13ième tour : Mince ! Sanchez a pris un peu de champ et Benjamin est menacé par Descours juste derrière lui.

14ième tour : Descours veut s’imposer dans le pif-paf et Benjamin ne cède pas. Il passe sur le vibreur et la moto gigote à qui mieux mieux mais il ne coupe pas , et il reprend son bien par un magnifique intérieur dans le gauche de la forêt.

Dernier tour : ils sont trois au coude à coude.Tout se décide au Laguna Seca invisible de ma place …. Et c’est Benjamin qui sort vainqueur de cette course haletante ! Bravo !

Baptiste a quant à lui un peu faibli en fin de course et a perdu deux places. Il finit 10ième.
 
 
 
 
 
 
 
 
 




J'assiste à la course des 125. Avec la faible puissance, c'est un pilotage tout en finesse qui s'impose et les bagarres sont nombreuses. Et, vu la taille de certains pilotes, il y en a de très jeunes!
 
 
 



Pendant la pause de midi, je fais un petit tour du paddock et me régale devant les vieux side-cars. Ils sont vraiment superbes.
 
 
 
 
 






Nos voisins de box ont la bonne  idée d’avoir une tablette branchée sur Eurosport ce qui nous permet d’assister à un Gp de Catalogne passionnant avec des bagarres à tous les niveaux et à une superbe remontée de Zarco de la 14ième à le 5ième place.  Un grand champion.


Juste après, je vais assister à la deuxième course des 600. Ce matin, j’ai croisé Ludovic Rizza. Il m’a raconté qu’il a eu un problème moteur pendant la première course avec un moteur qui tournait sur trois cylindres. Mais, après une séance de mécanique hier au soir, il est confiant, sur un circuit où il se sent bien.

Excellent départ de Ludo devant Nagorski et Pot, mais ce dernier très incisif d’entrée fait l’intérieur à la Suzuki dans le double droit et fait de même avec Ludo dans le gauche de la forêt.

2ième tour : Pot s’échappe en tête avec déjà deux secondes d’avance sur Nagorski suivi de Fitte et de Ludovic.

3ième tour : Ludo semble revenir sur Nagorski et Fitte.

7ième tour : Pot semble maîtriser son avance et derrière il y a un petit groupe de quatre : Nagorski, Fitte, Ludovic et Paul.

9ième tour : Pot semble avoir baissé de rythme. Veut-il  éviter de prendre trop de risques ?

10ième tour : son avance a encore diminué, mais il a à peu près deux secondes d’avance.

11ième tour : Grosse frayeur de Ludo devant nous au pif-paf dont la moto part en guidonnage. Je la vois se diriger vers l’herbe. Il parvient dans un sursaut à la basculer et évite la chute.

12ième tour : Ludo est 5ième.

13ième tour : J’estime l’avance de Pot sur Nagorski à une seconde. Une arrivée au finish entre les deux se profile.

16ième tour : Nagorski s’est encore rapproché et il est très près de Pot dans la descente.

17ième tour : ça y est, la jonction est faite. Plus que 3 tours pour les départager.

19ième tour : Nagorski tente un intérieur dans le gauche de la forêt mais Pot résiste.

20ième tour : Nagorski passe Pot dans la ligne droite mais Pot, décidé à vendre chèrement sa peau, lui fait l’intérieur à l’entrée du double droit ; mais Nagorski le repasse à la sortie ! C’est fait, première victoire de la Suzuki devant Pot solidement installé en tête du championnat. Quelle course !

Je vais à la rencontre de Ludo.  Il m’explique qu’il a perdu l’avant, et la moto est partie en guidonnage. Il semble heureux d’avoir pu éviter le pire. Après ça, un demi- guidon s’est décalé et l’a un peu gêné.  Il termine 4ième après le déclassement de Fitte.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 




Les 1000 rentrent en piste. Avec ce qu’a montré Nicolas  Souchon depuis le début du week-end, je le vois vainqueur. J’espère qu’Alex fera un bon départ pour s’accrocher au bon wagon de tête. Ils ont installés sur la grille. La tension monte. Le préposé au drapeau rouge se retire, j’entends les moteurs hurler et c’est le départ.

Alex est devant ! Derrière lui, Cramer et Nigon.

1er tour : toujours en tête devant Mageot, Nigon et Roussange.

3ième tour : Alex est 1er devant Cramer, Mageot, Cornut et Roussange.

4ième tour : Souchon qui a fait un départ moyen remonte, il est 5ième. Je vois Alex, très « élégant » dans le gauche de la forêt. Il a gardé ce style coulé qu’il avait en 600.

5ième tour : Alex a environ une seconde d’avance sur Cramer et une seconde de plus sur Mageot.

6ième tour : Souchon est 4ième. Attention à lui !

9ième tour : je n’en crois pas mes yeux, Alex arrive à maintenir son avance tour après tour. Mageot 3ième  est sous la menace de Souchon.

Il le passe d’ailleurs au 12ième tour dans l’entrée du double droit.

13ème : Alex continue à imprimer son rythme et Cramer ne lui reprend rien. Toujours une bonne  seconde d’avance. C’est peu mais ça le met à l’abri de toute tentative d’attaque.

Les trois tours suivants ne changent rien. Je suis tendu car il commence à y avoir des dépassements d’attardés mais tout se passe bien.

17ième tour : son avance a augmenté, je la situe à deux secondes environ. Je commence à respirer, il ne reste plus que trois tours.

18ième tour : il a encore repris du temps à Cramer. Ce dernier est maintenant menacé par Souchon qui le passe dans le double droit au 19ième tour.
 
 
 
 


Dernier tour libérateur, Alex franchit la ligne d’arrivée.

Il signe sa première victoire en 1000 après seulement 4 courses dans la catégorie. Superbe performance. La joie est à son comble dans l’équipe. Dom, le sympathique mécano, est aux anges.

Au classement provisoire il se retrouve 1er à égalité de points avec Nicolas Souchon. Cramer est 3ième à un point. Jamais je n’aurais imaginé un tel début de saison dans une catégorie qu’il découvrait.

Un mot pour résumer mes sentiments après ce week-end ?

Impressionné !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vendredi 30 juin 2017 ; En route pour le circuit d’Alés.

J’ai de la chance, j’ai une nouvelle moto, une Transalp avec 3400 kilomètres au compteur dont je vais pouvoir terminer le rodage. Chouette ! Mais quel est ce bout de scotch américain qui « renforce » le carénage ? Mince! C’est ma Transalp habituelle ! C’est cela la magie des compteurs à cinq chiffres, subitement, on se retrouve avec une moto neuve …. en apparence.


Qu’à cela en tienne, ma vieille Transalp est en pleine forme bien aidé, il fait le dire, par un vent qui va
nous pousser jusqu’au circuit.

Après un départ un peu frisquet qui m’a poussé à brancher les poignées chauffantes (un 30 juin !), je
retrouve heureusement une température plus clémente après Carcassonne.

Arrivé à Alés, je fais signe à un motard pour qu’il m’indique la route du circuit, et il m’y emmène au
guidon de sa BMW 1100 GS plus vieille que ma Transalp. Il s’arrête devant l’entrée du Pôle
mécanique en me demandant si je viens pour le Promosport.

« Oui, je viens voir un pilote en 1000 »

« Moi aussi » me répond-il, « mais le mien est devant, c’est Souchon, un gars du coin qui vient
souvent tourner avec notre moto club ici » »

Je rigole sous mon casque en lui disant « le mien aussi est devant, ex-aequo avec Souchon ».

Cette sympathique rencontre m’a mis de bonne humeur et je rejoins le paddock. C’est la crise du
logement, ici ! Tout est rentré au chausse-pieds !




Je retrouve Alex  sous la tente. Il y a Rémi, le frangin et sa KTM, les deux frères Vaucher et leur CB
500, Mathieu Thibaut qui revient à la charge avec sa Kawasaki 600 après un grand coup de mou à Pau
Arnos ( distribution à refaire). Chez Cottard, il y a Margaux Wanham, son ami Arnaud, Léo Meunier
sur sa 600 et le tout jeune Lucas avec sa CB 500.

En fin de journée, je fais un tour de circuit à pied avec Alex. Margaux est attentive à ses explications
sur les trajectoires, car elle a un peu de mal, m’a-t- elle dit sur ce circuit. C’est très instructif comme
balade. On voit tous les détails de la piste, la moindre inégalité de terrain. Je suis étonné par la
précision d’Alex dans ses descriptions, avec notamment les repères pour les freinages, pour les prises d’angle.



Samedi matin, Pour une fois, les essais sont tardifs, ce qui me permet de prendre mon temps au
lever. En outre, le soleil est de la partie, mais la chaleur est modérée, des conditions idéales.

Je vois Dom qui vérifie minutieusement la Suzuki. Cela doit être rassurant pour Alex d’avoir un
mécano aussi professionnel. François Etterlé arrive ; il a passé dix-neuf années chez Suzuki. Aujourd'hui à la retraite, il est toujours aussi passionné par la course moto et c'est un plaisir de l'écouter.

C’est l’heure des qualifs pour la 1ière série des 1000. 

 

 





C’est Camille Lageon qui fait le meilleur temps,
devant Johan Nigon et Jeremy Cramer. Alex est 4ième à plus de 9 dixièmes. Arnaud Curtolo est 8ième
temps, Margaux Wanham 15ième. Elle rentre très contente ; elle a pris la roue d’Alex et a gagné
deux secondes sur ses temps d’hier !

Quant à Alex,je le trouve serein. Il a été gêné par Margaux dans
son tour lancé. Il indique qu’il n’a pas forcé. Je rencontre Noël Roussange qui a failli s’en mettre une
belle ; sa Honda est partie violemment de la roue arrière et il tapé sur le réservoir. Il se plaint du
manque de grip et Alex aussi. Malgré ça , Noël a réalisé le 3ième temps de sa série devant Billy Cornut
et derrière Guillaume Montessuit.

Souchon a le meilleur temps en 1.17.165 réalisé dans son premier
tour lancé et il n’a effectué que quatre tours. Impressionnant ! On voit qu’il connait bien le circuit et
je le pointe comme favori ici.

 

 

  


Essais des 400. Rémi qui veut retrouver le plaisir de rouler m’a dit qu’il aimait bien ce circuit. C’est
vrai qu’il est très sinueux et plus adaptée aux petites cylindrées qu’aux 1000 qui ne passent que la
4 ième dans la courte ligne droite ! Il fait le 35ième temps ( 42 pilotes dans cette catégorie).

 



C’est au tour des 500. Est-ce que Benjamin va confirmer son excellent début de saison ? A priori oui
puisqu’il rentre crédité du 2ième temps derrière …. son frère Baptiste. C’est la joie chez les Vaucher !

Cyril Eruam est 3ième et Sanchez qui est au coude à coude avec Benjamin au championnat 4ième .
Baptiste a du mal à  croire à cette pole position.

 

En 600, Guillaume Pot continue à assommer la concurrence avec un chrono de 1.17.860 reléguant Clément Fitte à plus de 8 dixièmes et Thibaut Nagorski à une seconde. Ludovic Rizza est 4ième à 1.119.

 


Fin de la journée. C’est l’heure de la première demi-finale où Margaux et Arnaud courent.
Souchon part en tête.

Au deuxième tour. Souchon est devant Montessuit. Billy Cornut est 3ième , Nigon 4ième , Margaux est
15 ième . Arnaud est parti de la dernière position car son pneu avant était déformé. Il a donc eu
l’autorisation de le changer (je rappelle que chaque pilote a un seul train de pneus pour tout le
week-end), mais en partant de la dernière position dans un tel cas. Il remonte fort.

Au 4ième tour, Montessuit a recollé à Souchon et un peu plus loin, on trouve le duo Billy Cornut-Nigon

5ième tout. Mince ! Il se met à pleuvoir doucement.

Au tour suivant, il y a un regroupement des quatre échappés, et Billy a perdu sa 3ième position. Mageot
est remonté 5ième mais détaché.

7ième tour. Billy récupère sa 3ième place, puis passe 2ième au 8ième tour. Arnaud est remonté 11ième .

9ième tour. La piste est vraiment mouillée et les pilotes sont sur des œufs.

Jusqu’au dernier tour,c’est un numéro d’équilibriste pour les pilotes. Il y en a un qui fait une
remontée fantastique, c’est Cédric Desmaris qui finit par passer Souchon en fin de course et termine
en tête. Souchon est 2ième , Nigon 3ième devant Mageot qui me paraissait très à l’aise dans ces
conditions. Billy Cornut a lâché prise vers la fin et termine 6 ième .

Arnaud finit à une belle 9ième place vu
son rang de départ et Margaux est contente de sa 12ième position. Elle me dit qu’elle ne déteste pas de
telles conditions. Quant à Billy, il n’a pas voulu prendre trop de risques avant la finale de demain.

En effet, seuls les 16 premiers de la demi-finale sont qualifiés pour la finale du lendemain. Les autres
doivent passer par la consolante pour tenter de se qualifier pour la finale. Cela veut dire de la fatigue
en plus et des pneus qui seront forcément plus usés lors de cette finale. En outre, en demi-finale,
seuls les trois premiers marquent des points (5,3,1) et il est parfois préférable de ne pas prendre trop
de risques. L’avantage malgré tout de terminer dans les premiers, c’est que le classement va servir
pour la place de grille le lendemain.

C’était ma minute pédagogique pour ceux qui ne connaissent pas
trop le Promosport et qui peuvent s’y perdre un peu (c’était mon cas au début !) . Enfin, pour ceux
qui se demandent pourquoi il n’y a pas de demi-finales dans certaines catégories, c’est tout
simplement parce qu’il y a moins de concurrents. En effet, les circuits ne peuvent pas accueillir plus
de X pilotes en même temps. Si on est en dessous de ce chiffre, il y a alors deux finales avec la
totalité des concurrents. Avec 46 pilotes en 1000, il y a forcément ce système de demi-finales.


C’est maintenant la deuxième demi-finale où se trouve Alex. Les concurrents ont chaussé les pneus
pluie et voilà que cette dernière cesse à la fin du tour de chauffe et le soleil se manifeste ! Avec une
température clémente, j’ai peur que la piste sèche rapidement et provoque un dégradation des
pneus.

Départ, Noël Roussange part en tête avec Cramer derrière lui et Alex 3ième . A la fin du premier tour,
Alex a passé Noël.

2ième tour. Eddy Ferré remonte, il est 3ième juste derrière Alex.

3ième tour. Cramer a fait un petit trou, deux secondes environ et Alex est collé par Ferré.

4ième tour. Alex est gêné par un retardataire et Ferré en profite.

5ième tour : il est revenu sur Ferré mais est de nouveau gêné par un attardé. Sur ce circuit très sinueux,
le passage d’attardés est compliqué.

6ième tour Aïe ! la roue arrière de la Suzuki décroche sur la bosse dans l’avant dernier virage à droite, il
sort la jambe, arrive à éviter le mur, frotte les pneus de protection à basse vitesse et la moto tombe.
Les secondes sont interminables. Ouf ! Il repart ; passe devant nous dans la ligne droite en remettant
en place la protection de levier.

Son rythme est normal les tours suivants, la moto n’a pas dû subir de dommages. Je suis rassuré,
d’autant qu’il n’a pas perdu beaucoup de places, car il avait beaucoup d’avance sur les poursuivants.

Devant, Ferré remonte petit à petit sur Cramer qu’il passe au 10ième tour dans le dernier droite . Alex
parvient à remonter jusqu’à la 5ième place dans cette course bizarre avec des écarts considérables. En
effet, derrière les deux premiers, Noël Roussange termine à 39 secondes et Andanson, 4ième est à
44 secondes.


De retour sous l’auvent, Alex explique que la moto est rapidement devenue inconduisible sur ce
revêtement mouillé en train de sécher et qu’il devait se battre avec elle. L’arrière est parti
brutalement et son expérience en motocross l’a aidé pour limiter les dégâts et pouvoir repartir. Il est
frustré car il se sentait capable d’aller vite mais la moto ne le permettait pas.

Il a été impressionné (et un peu envieux peut-être ….) par la qualité du traction control sur les deux Yamaha. Il discute avec
Dom sur les réglages à apporter à l’amortisseur sur le mouillé. J’avoue que je décroche un peu ; moi
qui me contente de durcir le ressort ou, sur mes Fournales de mettre un coup d’air !

Le Jeune Lucas Meunier termine de remonter sa moto qui a un peu souffert de sa chute lors du
premier tour des essais qualificatifs. Il partira donc dernier de la course. Bruno tente de lui apprendre
la définition du mot « modération » pour demain. Il serait dommage qu’il s’enflamme lors des
premiers tours . Le grand frère cumule les ennuis après ceux de Pau Arnos. La fourche ne fonctionne
pas et il va être sagement décidé de ne pas prendre de risques inutiles.

Les deux frères Vaucher ont analysé leurs essais et sont arrivés à la conclusion qu’il y avait eu une
erreur de chronométrage pour Baptiste. Ils s’en vont à la direction de course pour une réclamation
« à l’envers ». "Retirez-moi ma pole position, s’il vous plait", voilà ce que Baptiste quémande ! Au début, on lui
annonce que l’on ne peut revenir sur des résultats définitifs mais il insiste. C’est OK, il partira 6ième .
Belle sportivité de sa part !

 



Dimanche matin. Les 600 ouvrent le bal. Qui pourra battre Guillaume Pot ? Il a l’air souverain, ici,
comme il l’a été depuis le début de la saison.

Il part très bien, suivi par Anthony Paul.

Au quatrième tour, il compte deux secondes d’avance sur Paul à la lutte avec Clément Fitte. Les deux
reprennent du temps à Pot au 5ième tour.

6ième tour. Fitte est tout près de Pot et Paul lâche un peu prise. Nagorski est 4ième sur la Suzuki.Ludovic Rizza n'apparait plus.

7 ième tour. Les trois premiers ont fait le trou. Matthieu Thibault est 7ième collé au train de Trueb. Il le
passe deux tours plus tard.

Pot maîtrise la situation et s’envole. Il a plus de trois secondes d’avance au 11ième tour. Nagorski
revient tour par tour sur Paul. Dans les derniers tours, Matthieu est toujours en lutte pour la 6ième
place. Stupeur, il franchit la ligne d’arrivée 10ième . Que s’est-il passé dans le dernier tour ? Sous
l’auvent, il m’explique que son moteur a coupé dans un virage (manque d’essence) il a redressé e
Florian Pellegrin n’a pu l’éviter. Matt n’est pas tombé mais Pellegrin a chuté.

Nouvelle victoire de Guillaume Pot qui a vraiment donné l’impression qu’il dominait son sujet.


Les 500 entrent en piste. Tout à l’heure, le jeune Samuel Trueb est passé sous l’auvent. Sa moto est
caractéristique, elle a un grand guidon avec des protections, ce qui lui donne une allure atypique et
un style que l’on reconnait entre mille du bord de la piste. Bruno lui conseille d’essayer un guidon
plus étroit pour diminuer l’effet de levier mais Samuel s’est habitué à ce guidon et lui trouve un
avantage indéniable, celui de permettre de repartir après une chute. Lors d’une course, il a chuté
trois fois et a pu terminer !

Départ. Benji part devant, suivi par Sanchez, Trueb et Eruam.

2ième tour. Sanchez semble très rapide et il a pris la tête. Lucas Meunier a déjà remonté 18 pilotes !

3ième tour. Dans les enfilades de la fin du circuit, Benji est 3ième . Lucas est 18ième  !

4ième tour. Au tour de Benji de passer en tête. Comme d’habitude, c’est serré et chaud entre les

pilotes !

5ième tour. Cyril Eruam fait un bel intérieur dans le dernier gauche en descente et Sanchez le passe
dans la ligne droite.

Au 6ième tour, Benji n’est plus que 4ième passé par Trueb au même endroit qu'au tour précédent.
Attention Benji, tu élargis trop à cet endroit et ils s’y engouffrent allègrement !

7ième tour. Il a repris sa 3ième place. Les quatre ont fait le trou. Lucas est 15ième .

9ième tour. Il est 4ième mais fait un magnifique intérieur dans le virage après la ligne droite.

11ième tour. Benji est 2ième derrière Sanchez et les attardés sont passés « illico presto ». C’est chaud !
Lucas a trois motos en ligne de mire.

13ième tour. Cyril Eruam repasse Benji dans le dernier gauche mais Benji reprend son bien en bout de
ligne droite avec un intérieur superbe. L’arrivée est proche !

Dans la ligne droite, avant d’aborder le dernier tour, Cyril Eruam se retourne et regarde Benji collé
derrière. Grossière erreur, il se fait passer à l’intérieur dans la courbe. Benji donne le maximum pour
recoller à Sanchez. Il en manquera un tout petit peu. Quant à Baptiste, il a fait toute la course en 7ième
position en remontant progressivement sur Baptiste Estadieu puis il le passera mais, dans le dernier
tour, son concurrent reprend son bien. En fait, il a toujours son problème au bras droit qui tétanise,
en gonflant et l’empêche de donner son maximum pendant toute la course.

Résultat

1er Sanchez

2ième Benjamin à 0.178

3ième Eruam à 1.192.

Quelle course haletante, comme toujours en 500 !

 

 


Pendant la pause de midi, je rends visite à Ludovic Rizza qui a chuté, a pu repartir, puis s’est accroché
avec un retardataire. Il a l’air déterminé à tout donner dans la deuxième course tout à l’heure.


Puis, sur la tablette d’Alex, nous sommes un petit groupe à regarder le GP d’Allemagne. Une course
Moto 3 palpitante, dans le style des 500 Promosport ! Et une épreuve du Moto2 avec un beau final
entre Oliveira et Morbidelli. Malheureusement, la FFM n’a pas retardé la course des 600 pour me
permettre d’aller jusqu’au bout de la course Moto GP. Je vois juste un Folger éblouissant d’aisance
qui fait la pige à Pedrosa et titille Marquez. Après Zarco, on peut dire que Poncharal a tiré les bons
numéros !

Course 600.

Ludovic part comme une balle dans le tour de chauffe ; il doit être remonté comme une pendule et
j’espère qu’il ne va pas trop en faire.

Comme d’habitude, devrais-je dire, bon départ de Pot. Dans le dernier gauche en descente, il a déjà
une seconde d’avance !

2ième tour. Il a deux secondes d’avance sur romain Pape, puis suivent Nagorski, Fitte et Ludovic Rizza.

3ième tour. J’estime son avance à 4 secondes. Il a assommé la concurrence !

4ième tour. Matthieu Thibault passe 9 ième .

7ième tour. Je vois un gros nuage de poussière en haut du circuit. Mince, Ludovic ne passe plus. Le
drapeau rouge est sorti. Aïe ! J’espère qu’il ne s’est pas fait trop mal.

Nouvelle procédure de départ. Ils repartent pour 8 tours. Avec ses 6 secondes d’avance ( !), Pot n’a
même pas besoin d’attaquer outre mesure. Il reprend un bon départ. Il ne s’échappe pas, Pape et
Fitte le suivent de près mais je sens qu’il peut, à tout moment, hausser le rythme tant il semble facile
dans son pilotage. Effectivement, il met un petit coup de collier dans les deux derniers tours et
s’impose facilement.


Pour la course des 400, je vais m’installer sur la terrasse la plus haute d’où l’on a une vue sur une
grande partie du circuit. Elle est même ombragée. Quel luxe ! Je ne m’intéresse plus au classement
tour par tour, je range mon calepin et profite juste de la course. Et c’est beau. Quel baston devant
avec trois Yamaha et une KTM (celle de Vincent Gauthereau) qui en lâchera rien pendant toute
l’épreuve et parviendra à recoller au trio de tête à l’énergie, tour après tour et fera un intérieur osé
dans le dernier gauche du dernier tour pour une place sur le podium. Bravo !

 
La deuxième course des 500 va commencer.

Benji fait un bon départ mais Sanchez est dans sa roue. Baptiste est 7ième .

Au 2ième tour, Sanchez est devant suivi par Benji, Eruam, et Trueb. On prend les mêmes et on
recommence…. Un peu décrochés, il y a Estadieu, Descours et Baptiste.

4ième tour. Benji remonte sur Sanchez dans le virage après la ligne droite, en endroit où il est très fort.

5ième tour. Eruam lui fait l’intérieur dans le dernier gauche. Attention, Benji, de ne pas trop élargir à
cet endroit ! Il arrive à le repasser immédiatement malgré tout.

6ième tour. Bis repetita d’Eruam au même endroit !

7ième tour. Trueb lui fait l’intérieur à l’épingle. Il n’est plus que 4ième .Eruam fait l’intérieur à Sanchez
dans le dernier gauche. Ils se battent comme des chiffonniers !

8ième tour. Sanchez double Eruam en bout de ligne droite et Benji fait de même avec Trueb.

10ième tour. Benji a tenté de passer Eruam en bout de ligne droite ; il s’en est fallu de peu. Mais, il a
réussi au fond du circuit puisqu’il réapparait 2ième et passe Sanchez à l’épingle. Il est en tête !

11ième tour. Il passe en tête devant nous et semble en mettre un petit coup pour se mettre à l’abri
d’une attaque.

C’est fait, nouvelle victoire pour Benji devant Eruam, Trueb et Sanchez. Il a repris 10 points à ce
dernier car il a en outre fait les deux meilleurs temps en course et réalisé la pole. Il a maintenant 15
points d’avance sur Sanchez. La lutte entre les deux va être passionnante.

 

C’est la fin de journée. Les 1000 arrivent. Tour de chauffe. Chute du 75. Les pilotes regagnent la pit-
lane pendant que l’ambulance rejoint le concurrent. La tension monte d’un cran, chez moi en tout
cas !

Ils sont en place. Alex est en quatrième ligne. Cela risque d’être difficile sur un circuit où les
dépassements sont loin d’être évidents.

Tour de chauffe, je le vois qui prend l’extérieur et se retrouve 3ième au deuxième virage en montée.

S’il pouvait renouveler ça au départ, ce serait parfait!.

Le drapeau rouge est retiré, les moteurs hurlent et c’est parti. Alex a pris un bon envol et refait la
même chose. Il reste sur l’extérieur dans le virage à droite et ressort 3ième et fait les freins au 2ième dans
le gauche qui suit ! Incroyable départ !  

A l’épingle, Noël Roussange sort de la piste et perd beaucoup de temps.

De la 10ième à la 1ière place en moins d'un tour pour Alex, je n’en crois pas mes yeux!

Il est talonné par Nigon, et Cramer suit un peu plus loin.

4ième tour. Souchon remonte en 4ième position. Mageot est 5ième , Billy Cornut 6ième .

5ième tour. Chute de Cramer à l’épingle.

6ième tour. Je vois Alex sortir un peu large du virage après la ligne droite.Il a sorti la grosse attaque ! A
l’épingle, Souchon remonte sur Nigon qui est collé à Alex ; Billy est 4ième un peu détaché, mais il
revient un peu sur eux au 7ième tour.

8ième tour. Nigon met une pression énorme sur Alex au freinage de l’épingle.

9ième tour. Alex sort de nouveau un peu large au même endroit mais parvient à conserver la tête
devant Nigon.

10ième tour. Chute de Nigon !

11ième tour. Alex a Souchon collé à ses basques et Billy suit à quelques encablures. Alex est gêné à
l’épingle par un retardataire et Souchon en profite, il est dans son pot d’échappement.

12ième tour. Alex résiste mais Souchon est encore très pressant à l’épingle.

13ième tour. Les deux pilotes ont un peu lâché Billy Cornut. Je me dis que Souchon va tenter quelque
chose tellement il est insistant mais Alex ne commet aucune erreur. J’ai le cœur à 200
pulsations/minute ! Il se rapproche à l’épingle mais ça ne suffit pas pour passer. Dernier gauche, la
moto de Souchon part en glisse et il la récupère ! Mais il a perdu une grosse seconde.

Dernier tour. Alex conserve son avance et il termine 1er devant Souchon à 1.192 et Billy Cornut à
2.615 et Mageot à 6.560. J’étais tellement absorbé par cette bataille que je ne sais pas où en sont
Margaux et Arnaud. Quelle course ! Et quel départ !

Je me précipite vers le podium. Inutile de dire que la joie y est immense car cette victoire paraissait improbable pour les membres de l’équipe, à part peut-être pour le principal intéressé…

Il explique qu’il a tout donné, qu’il s’est retrouvé plein angle coude par terre avec la moto en glisse des deux roues et qu’il a
réussi à la récupérer, qu’il n’a rien lâché face à Nicolas Souchon. Je ne l’ai jamais vu avec une telle rage de vaincre.

Les 500 kilomètres du retour vont être une formalité. J'ai encore en tête cette course magnifique au cours de laquelle j'ai eu le sentiment qu'Alex avait passé un cap.

Ma conclusion à Pau-Arnos était: "Impressionné".

Ici, ce sera "Epoustouflé".

 

 

 

 

 

Une belle photo de Philippe Saccaro:

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

22 juillet 2017: Impossible pour moi d'être au Mans et même de suivre le live aujourd'hui. Je viens de me contenter de regarder les résultats.

Essais qualificatifs: 

1ière série:
1er Billy Cornut en 140.143
2ième Johan Nigon à 0.228
3ième Alex à 0.441
4ième Cramer à 0.704


2ième série:
1er Guillaume Montessuit en 1.40.260
2ième Nicolas Souchon à 0.264
3ième Marco Boue à 0.819
4ième Noël Roussage à 0.900

Demi-finale 1:

1er Billy Cornut
2ième Alex à seulement 0.263 . Ce sont les deux seuls à avoir tourné en moins de 1.41 ( 1.40.686 pour Alex et 1.40.731 pour Billy Cornut)
3ième Johan Nigon à 6.40
4ième Julien Diguet à 12.339

Demi-finale 2:

1er Nicolas Souchon (meilleur tour en 1.41.033)
2ième Guillaume Montessuit à 3.226 (le seul sous les 1.41 avec 1.40.795)
3ième Patrick Mageot à 4.859
4ième Axel Aynie à 7.308

Cramer, actuellement 3ième au championnat n'a pas parcouru un seul tour (chute au 1er tour ou problème mécanique?).

 

 

23 juillet 2017:  15H10 Départ de la finale. alex s'élance de la 3ième position derrière Billy Cornut et Nicolas Souchon.

1er tour: il est en tête! Devant Cornut et Souchon. Nigon est 4ième.

2ième tour: Toujours 1er, a tourné en 1.42.400
Cornut est 2ième à 0.230, Souchon 3ième à 0.461, Nigon 4ième à 0.622.

3ième tour Alex toujours en tête mais Souchon est passé 2ième à 0187, Cornut à 0.865. Etrange, les temps au tour sont de 1.45 seulement (piste séchante?).

4ième tour:
Souchon est passé 1er (a tourné en 1.44.091)
Alex 2ième à 0.168
Cornut 3ième à 0.485
4ième Diguet à 1.288


5ième tour:

Alex 1er devant Cornut et Diguet ( les tempss au tour s'améliorent 1.42.190 pour Alex). Où est Souchon?

7ième tour:

Billy Cornut est devant, Alex suit à 0.282, Diguet à 0.978 et Souchon apparaît à la 8ième place seulement. Les temps baissent, 1.41.193 pour Alex

8ième tour:
Billy en tête (a tourné en 1.40.778), Alex tout près à 0.270. Diguet décroche des deux il est à 1644 et Nigon à 1.863. Souchon est toujours 8ième mais il tourne nettement plus vite que les 3 pilotes devant lui et il devrait pouvoir les remonter avant la fin de la course. 

10ième tour.
Alex est à 0.143 de Billy. C'est très serré entre les deux!
Nigon est 3ième à 2.362.

11ième tour:
Alex a repris la tête pour 0.298!

12ième tour:
Toujours 1er en améliorant son temps au tour en 1.40.767; Billy est à 0.333, Nigon à plus de 3 secondes. Souchon est passé 6ième.

13ième tour.
Alex devant mais avec Billy qui pousse derrière à 0.242

14ième tour: Billy toujours très près à 0.263. Le dernier tour va être chaud! 

15ième tour. Billy Cornut l'emporte avec 0.0867 d'avance sur Alex! 

Quelle finale entre les deux anciens de la 600! Billy a réalisé son meilleur temps dans ce dernier tour en 1.40.693. Souchon sauve les meubles avec une 5ième place derrière Nigon et Montessuit.


Au classement provisoire, Alex a repris quelques points à Souchon. 121 points et 114 points. Cramer qui a dû passer par la consolante apparaissait à la 19ième place en début de course puis il a abandonné au 10ième tour. il reste donc à 75 points.

 

24 juillet 2017: 

J'ai eu quelques précisions d'Alex au téléphone. Souchon a volé le départ et a été pénalisé de 10 secondes. C'est pour cela qu'il apparaissait en 8ième position sur le live. Et sa remontée fut virtuelle car il était en 3ième position physiquement.

Alex n'a pas voulu prendre de risques inutiles avec Billy dans le dernier tour. Sage précaution quand on joue le championnat face à un pilote qui joue sa première victoire en 1000!
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En vacances, je n'ai pas pu assister à cette avant dernière manche de Magny Cours ô combien importante.

Hier au soir, j'ai juste pu voir les résultats de la demi-finale avec une 1ière place pour Alex (soit 5 points) et une 3ième place pour Nicolas Souchon dans l'autre demi-finale (soit 1 point) remportée par Billy Cornut.


Aujourd'hui, 6 août, j'ai pu suivre le direct sur le site du CDF Promosport.

1er tour: Alex en tête. Décidément, il devient un spécialiste des bons départs. Nigon est 2ième, Souchon 3ième.

2ième tour. Alex toujours devant mais Nigon est juste derrière à 0.095 et Aliern qui a passé Souchon à 0.714.

3ième tour. Alex fait le meilleur tour en course. Il a 0.203 d'avance sur Nigon et 0.663 sur Aliern. Souchon est à 1.060 devant Montessuit à 1.308 et Cornut à 1.758.

4ième tour. Souchon a repris sa 3ième place.

5ième tour. Alex réalise de nouveau le meilleur tour en 1.44.520. Nigon est 2ième à 0.685, Souchon à 1.163, Montessuit à 1.927.

6ième tour. Meilleur tour de Nigon qui n'est plus qu'à 0.315 d'Alex. Les écarts sont infimes! Souchon est un peu plus loin à 1.474.

7ième tour. Nigon est passé en tête. Nigon a tourné en 1.44.797 contre 1.45.610 pour Alex.

8ième tour. Alex toujours 2ième à 0.288 de Nigon, Souchon à 0.869. Attention Alex, il remonte sur toi! Montessuit est 4ième à 1.239 et Cornut a lâché prise à 3.501.

9ième tour. Alex à 0.222 de Nigon, Souchon à 0.582, Montessuit à 0.920. Les quatre premiers dans la même seconde, c'est serré!

Les trois tours suivants, c'est toujours aussi serré entre les quatre. Alex est à 0.310 de Nigon.

13ième tour. Il l'a passé! Nigon est derrière à 0.262 et Souchon à 0.579, Montessuit à 0.959.

14ième tour. Alex garde la tête avec moins de 3 dixièmes sur Nigon. La fin risque d'être chaude.

Dernier tour. Oui! Il est 1er. Nigon 2ième à 0.350, Souchon 3ième à 0.600, Montessuit 4ième à 1099. 

Quelle course!

Plus tard, je vois que Nigon a été déclassé (après passage au sonomètre pour moto trop bruyante). Souchon prend donc la 2ième place.

Bravo Alex, tu as assuré comme un chef.


Dernier rendez-vous à Nogaro pour l'attribution du titre. Il faudra garder la tête froide. 

Alex a 152 points et Nicolas Souchon 135 points.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

Vendredi 25 août 2017. J’arrive sur le circuit de Nogaro pour assister à la dernière manche du Promosport.

Ce ne sera pas un week-end de course ordinaire. En effet, Alex, joue le titre. Jamais je n’aurais cru ça possible en début d’année. Je me doutais qu’il parviendrait rapidement à comprendre le fonctionnement d’une 1000, mais sa vitesse d’apprentissage a largement dépassé mes espoirs les plus fous. 

Sa première position avec 17 points d’avance est inespérée mais, maintenant qu’il est en tête, mon souhait le plus cher est qu’il arrive à contenir les assauts de son redoutable concurrent, Nicolas Souchon. 

Il va falloir se battre d’autant que le nombre moins important de concurrents permet d’organiser deux finales, donc un nombre de points à distribuer plus élevé (53 au lieu de 32 avec le système des demi-finales).

Cerise sur le gâteau, Benjamin Vaucher est également aux portes du titre. Benji, je l’ai rencontré en 2014, lors de la première saison d’Alex en 600. Il débutait en 500 avec son frère ainé, Baptiste. Pour le décrire, je dirais qu’il était « explosif », un tempérament de feu qui donnait des sueurs froides à son entourage.

Des moments inoubliables avec des belles performances mais aussi des chutes un peu trop souvent répétées. Or, cette année, il a réussi à canaliser toute son énergie et a réalisé une saison remarquable débutée en fanfare avec un départ en 15ième position à Lédenon et une remontée fantastique  jusqu’à taxer le pilote en tête dans le dernier tour. Depuis, il a montré une régularité impressionnante ce qui lui permet d’arriver ici avec 28 points d’avance sur Sanchez.

J’arrive en fin de journée et l’ambiance est détendue malgré l’enjeu.

Une petite séance photos pour commencer. La moto d'Alex a eu droit à une décoration spéciale de Hot Cover pour cette dernière épreuve  %C2%A0:]https://www.facebook.com/HotCover64/photos/pcb.1817383508275288/1817376858275953/?type=3&theater  :[/url]

 

 

 

Après une soirée sympathique autour d’une succulente paella concoctée par le copain Michel, je passe une nuit paisible en rêvant d’un dénouement heureux. 


Je me lève de bonne heure pour assister à la séance d’essais qualificatifs des 600. Je veux voir ce que va faire Ludovic Rizza qui a eu une saison chaotique et qui désire certainement terminer sur une note positive. Il termine 3ième derrière Fitte et Pot déjà titré.

 

 

 

 

A 9H30, je rejoins Alex dans son box. Il se prépare calmement. Dom démarre la moto. Je le vois faire les toutes dernières vérifications, habitudes de ces longues années dans la compétition moto. Rigoureux jusqu’au bout des ongles, l’ami Dom. Alex a de la chance de l’avoir dans son équipe, d’autant que côté chaleur humaine, il ne lui manque rien. 

Je ressens un peu plus de solennité dans les préparatifs. L’enjeu est de taille.

Sur la pré-grille, j’observe Nicolas Souchon ; la tension se lit sur son visage et, en même temps une profonde détermination. Il sait qu’il n’a pas le choix ; il doit réaliser carton plein aujourd’hui pour pouvoir être titré et espérer un faux pas d’Alex.

Ce dernier m’étonne par son calme. Il ne semble pas subir la pression. 

Très vite, Nicolas Souchon se trouve en haut de la feuille des temps avec un superbe chrono de 130.432. Il relègue le second, Billy Cornut à plus de 8 dixièmes. Alex est 4ième à un peu plus d’une seconde. Montessuit est devant lui. 

Les quatre s’arrêtent très vite. Ils n’ont parcouru que deux ou trois tours. Inutile d’user les pneus. Seul Mageot qui avait obtenu une belle victoire ici l’an dernier insiste mais en vain. Cette année, il est moins performant (9ième temps). Quentin Levrier, qui court dans l’équipe d’Alex réalise un très beau 7ième temps compte tenu du peu de courses auxquelles il participe.

 

 

 

Dans le box Cottard, il y a Olivier Ulmann qui court en Séniors. Cela me rappelle quelques souvenirs quand je suivais les courses chaque semaine dans Moto Journal. Il termine sa séance d’essais tout joyeux après avoir réalisé le 2ième temps à 19 centièmes du 1er.

 

 

 

C’est au tour des 500. Benji est très propre lors de ses tours chrono. Cela me rassure, cela démontre qu’il reste calme sans chercher à tout donner.

Et il finit à une excellente 3ième place, ce qui lui permet de partir devant. Baptiste est content, avec une belle 7ième place. Je retrouve Benji aux box. Il a peu tourné, a failli reprendre la piste mais a su se retenir. C’était pour moi la meilleure option, laisser les concurrents se battre pour la pole position et leur montrer qu’il était là, tout près, sans forcer outre mesure. Je le trouve serein et cela me rassure pour la course.

 

 

Je vois Alain Cottard faire les comptes en cas de victoire de Souchon aux deux courses. Dom qui commence à bien connaitre son poulain lui dit qu’Alex ne se polarise jamais sur les essais mais qu’il peut exploser en course. Et que la victoire de Souchon n’est peut-être pas aussi sure que son chrono voudrait le signifier. Puisse-t-il dire vrai !

 

 

 

 

Première course de l’après-midi, tout au moins première des courses auxquelles j’arrive à m’intéresser ce week-end, les 600.

Je vais m’installer en bout de circuit d’où je peux suivre une bonne partie de la course.

Ludovic fait un bon départ en tête mais est passé par Pot au freinage en bout de ligne droite.

2ième tour. Il est passé par Fitte dans le gauche qui suit la ligne droite des stands. 

3ième tour. Pot et Fitte semblent vouloir partir seuls devant. Nagorski se rapproche de Ludovic Rizza.

4ième tour. Fitte est en tête. Mince ! Ludo fait un high-side à la sorte du droite de l’escargot, la moto s’envole, le réservoir est arraché et Ludo est malmené. Je suis inquiet car je le vois se relever en se tenant le bras. Je crains une blessure mais il relève lui-même sa moto.

5ième tour. Pot et Fitte sont détachés devant, mais ils ne passent plus au 6ième tour.  Ce sont donc Pape et Nagorski qui se retrouvent aux avant-postes après l’abandon des trois premiers.

Jusqu’au 9ième tour, Pape arrive à contenir Nagorski .

10ième tour. Nagorski passe à l’entrée du gauche après la ligne droite de stands.

11ième tour. Pape n’est plus que 3ième derrière Trueb et Nagorski a une confortable avance qu’il conserve au tour suivant (2 secondes environ).

13ième tour. Pape est tout près de Trueb.

Les positions restent inchangées lors des trois derniers tours et Nagorski marque les 25 points de la victoire qui signifient une deuxième place au championnat car il avait sept points d’avance sur Fitte avant cette épreuve. Il ne peut plus être rejoint par son concurrent direct.

 

 

 

 

Après la course, il y a une discussion avec Alain Cottard, toujours aussi passionné qui se projette en 2018. Après Nogaro, le moteur sera démonté et on pourra faire la métrologie. Cette année, la moto est arrivée telle quelle du Japon et elle est entièrement d’origine.

L’année prochaine, elle devrait progresser en performance, même si Alex a montré jusqu’à aujourd’hui qu’elle ne marchait pas trop mal quand même ! 

Alain prévoit de participer aux 24 heures du Mans et au Bol d’Or. Bref, un vrai accroc à la compétition moto.

C’est le tour des Séniors d’entrer en piste. Je vais suivre la course d’Olivier Ulmann. Il m’a indiqué qu’il avait piloté au Bol d’Or pour mon concessionnaire Philippe Puyo de Tarbes, il y a ….. un certain nombre d’années. Le monde est petit ! C’était au guidon de la mythique  Honda RC 45. 

Il réalise un bon départ et est 2ième dans le premier tour derrière Neff. Il se maintient dans cette position durant 6 tours.

7ième tour. James Guyon qui me parait très rapide le passe au virage de la ferme.

8ième tour. Bis repetita, c’est le 77, Nacimiento, qui le double au même endroit.

9ième tour. Neff est talonné par Guyon. Fin de course haletante entre les deux. Je vois Guy Bertin, en milieu de peloton. Après avoir écumé les grands prix dans les années 80, il faut qu’il soit sacrément passionné pour venir jouer en catégorie Promosport et devoir tout réapprendre avec des grosses cylindrées, lui le spécialiste des petites 125 deux temps. D’ailleurs, il a un très beau style mais qui ne semble pas adapté au caractère de ces gros quatre cylindres.

11ième tour. Guyon est passé mais Neff n’a pas baissé les bras et reste collé derrière son concurrent. Il le repasse d’ailleurs au 14 ième tour.

Mais dans le dernier tour, Guyon reprend son bien et s’impose pour 16 centièmes de seconde ! Ils n’ont plus vingt ans mais, dans leur tête, c’est tout comme ! Olivier termine 4ième. 

 

 

17H50, l'heure des 1000.. L’air est surchauffé. Tout à l’heure, il a été décidé de descendre encore un peu la pression du pneu à 1,150.

Tour de chauffe. Je suis tétanisé !

C’est le départ. Comme d’habitude, Alex part devant. C’est devenu sa spécialité cette année. Je comprends qu’il ne se polarise pas sur les essais. Il est suivi par Montessuit et Souchon.

2ième tour. Souchon a pris la tête, suivi par Alex et Montessuit. Puis viennent Cornut, Cramer et Quentin Levrier
.
3ième tour. Souchon s’en va. Il tient un rythme très rapide.

4ième tour. Souchon a déjà environ deux secondes d’avance !

5ième tour. Montessuit fait un bel intérieur à Alex dans le virage de la ferme. 

6ième tour. Montessuit semble revenir sur Souchon et Alex est suivi par Cramer.

7ième tour. C’est confirmé, l’avance de Souchon diminue et je sens que Montessuit va revenir sur lui.

8ième tour. Montessuit est maintenant tout près de Souchon et Alex garde à distance Cramer tout en reprenant un peu de temps sur la tête.

9ième tour. Oui, c’est net, Alex revient sur les deux hommes de tête. Allez Alex ! Billy Cornut décroche.

10ième tour. Alex n’est plus très loin de Montessuit.Je le vois se rapprocher de lui dans la ligne droite. Mieux, il tente de lui faire le freinage …. et réussit sa manœuvre. Il est 2ième !

11ième tour. Il remet le couvert et fait les freins à Souchon au bout de la ligne droite. Quel freineur ! 

Il est en tête. Je m’attendais à une course d’attente, mais c’est un Alex survolté qui parcourt les 5 derniers tours.
Il me fait peur à chaque tour tant il sort fort du virage de la ferme. Il distance Souchon qui se fait remonter par Montessuit au 14ième tour.

15ième tour. Alex a environ 3 secondes d’avance. Tout doux Alex, la victoire est au bout.

Dernier tour. Cramer a passé Souchon et Montessuit se fait pressant. Je le vois d’ailleurs tenter un freinage en bout de ligne droite mais en vain.

Bravo Alex, 4ième victoire ô combien importante.

Pour le championnat, ce n’est pas encore gagné. Il lui, manque un petit point ! Il faudra donc attendre demain en espérant qu’aucun grain de sable ne vienne enrayer cette belle mécanique (casse ou chute ET victoire de Souchon). Je croise les doigts !

En tout cas, Alex a montré qu’il supportait très bien la pression ; en fait, c’est lui qui l’a mise sur son adversaire en augmentant son avance à l’issue d’une course limpide gérée avec beaucoup de maîtrise. Il a pris son rythme et est revenu sur la tête pendant que ses adversaires commençaient à s’essouffler. Bravo !

 

 

 

A peine le temps de me remettre de mes émotions, c’est au tour de Benji de montrer ce qu’il sait faire.

Sanchez part en tête, Benji est 4ième et Baptiste 7ième.

2ième tour. Sanchez semble vouloir s’échapper mais Eruam et Trueb résistent. Benji est bien installé en 4ième position suivi par Aynié et Descours.

3ième tour. Eruam s’est rapproché de Sanchez. Trueb est à une seconde derrière, puis Benji deux secondes plus loin.

5ième tour. Benji est 4ième et n’est pas menacé. C’est bien, il ne prend pas de risques et laisse les trois devant s’expliquer. J’approuve d’autant qu’il y a Eruam dans le groupe et qu’il est parfois très chaud !

7ième tour. Les trois premiers se suivent de près mais sans possibilité d’attaque. C’est rare de voir une course en 500 aussi calme. Baptiste est 8ième derrière Estadieu et devant El Bez.

8ième tour. Trueb baisse un peu de rythme. Benji remonte sur lui. Je me prends à espérer un podium.

9ième tour. Oui ! Il le passe dans la ligne droite.

10ième tour. On annonce le meilleur tour en course pour Benji ! Mais Trueb n’a pas dit son dernier mot et le talonne dans la ligne droite des stands. Baptiste est un solide 8ième.

11ième tour. C’est net, Sanchez s’envole vers la victoire. Eruam a rendu les armes. Attention Benji, Trueb est collé à tes basques dans la ligne droite. Il tente un intérieur mais Benji résiste. Mieux, il remonte sur Eruam dans toute la partie sinueuse du circuit et le passe dans la ligne droite des stands à l’abord du dernier tour. Il garde sa position jusqu’à l’arrivée. Superbe 2ième place! 

Comme pour Alex, il va falloir attendre demain pour le résultat final. Il a maintenant 23 points d’avance sur Sanchez.

 

 

De retour dans le paddock, je croise Billy Cornut qui m’a semblé moins à l’aise que l’an dernier où il avait gagné par deux fois en 600. Il m’indique qu’il n’arrivait pas à bien passer le dernier virage de l’escargot qui conditionne une bonne  vitesse dans la ligne droite, et il a vu s’éloigner ses concurrents devant. Dont Cramer qui s’est rassuré avec cette belle 2ième place après sa lourde chute au Mans.

Quant à Alex, il me dit qu’il a juste gardé un rythme constant du début à la fin. Quelqu’un qui le chronométrait m’indique qu’il était effectivement très régulier, en 1.33.Souchon s’est peut-être fatigué avec un départ tonitruant et un tour sous les 1.31.Seize tours, c’est long, et les pneus peuvent souffrir, les pilotes aussi sous cette chaleur suffocante.

Je vais à la rencontre de Ludo. Il reconnait une petite erreur à la ré-accélération. En discutant avec lui, j’ai réalisé une fois de plus que c’est l’accumulation de détails qui font qu’une course va être réussie ou pas. Là, c’est pour Ludo un panneautage illisible qui ne lui permettait pas de connaitre la position de ses poursuivants. Craignant de se faire doubler à l’intérieur, il a resserré sa trajectoire et a été un peu trop violent sur la remise des gaz. La moto est bien abîmée mais le papa s’attelle à la tâche. Heureusement, Ludo est moins cassé que sa moto ! Il devrait pouvoir repartir demain pour terminer sur une note plus positive.

Proximité de Nogaro oblige, c’est avec un groupe bien plus important que d’habitude que la soirée se déroule autour de délicieux tajines, après la paella de la veille. Merci Philippe !

Quant à Alex, je l’ai vu sortir de sa petite caravane Eriba sapé comme un milord. Il s’en va à une quarantaine de kilomètres de là pour le mariage d’un ami. Je confirme donc qu’il supporte très bien la pression ! 

Lors de la soirée, Olivier Ulmann fait part de sa colère devant l'absence de filière. Il se souvient qu'il avait été intégré comme remplaçant de l'équipe officielle Kawasaki d'endurance l'année où il se battait pour le titre en 1000 Promosport. Il est vrai qu'Alex n'a aucune idée de son avenir et il n'a pas les moyens financiers de passer en superbike.

J'en profite pour égratigner la presse moto qui se désintéresse totalement du Promosport. Les articles, quand il y en a, ne font que reproduire le compte rendu officiel du site CDF Promosport! A ma connaissance, seul Moto Journal rédige lui-même ses articles, même si c'est succinct:  http://www.moto-journal.fr/sport/promosport-1000-a-nogaro-sarrabayrouse-sacre/ .

C'est vraiment dommage, d'autant que j'ai pu constater un très bon niveau des pilotes dans toutes les catégories.


Dimanche, 11H20.
Les 600 entrent en piste.

Pot part en tête suivi par Ludo. Les deux s’échappent dans les premiers tours. Je suis rassuré, la moto de Ludo semble bien fonctionner. Nagorski est 3ième. Je regarde la course de Martin Naussac. Depuis que je suis le Promosport, je fais des rencontres et le pilote et son numéro devient alors une personne bien précise avec qui j’ai pu parler, échanger des idées et, forcément, je regarde sa course de plus près. Il est 12ième. Hier, il avait perdu l’avant dans le double-droit avant l’ancienne ligne droite des stands, là où Fitte et Pot sont tombés, un tour plus tard.

4ième tour. Pot a environ une seconde d’avance sur Ludo qui tient à distance Romain Pape.

Les tours suivants, les positions sont stables. Course un peu monotone avec les 5 premiers qui se suivent.

Mais, Hertzberg reprend peu à peu du temps sur Pape, le 3ième et il finit par le passer au 11ième tour. Martin Naussac effectue aussi une belle remontée et il est 9ième.Puis, il s’attaque à Vincent Ferré devant lui. Il lui fait les freins au 15ième tour.

Dernier tour. Grosse bagarre entre Pape et Hertzberg. Ce dernier double Pape dans la ligne droite mais ce dernier tente de le passer au freinage dans la foulée. Un peu trop optimiste, il élargit. Et je ne le vois pas passer la ligne d’arrivée. Cela profite à Martin Naussac qui termine 7ième à deux doigts de passer Anthony Paul sur la ligne d’arrivée.

Ludo ne revient pas avec sa moto. Elle l’a lâché dans le tour d’honneur ! Sur le podium, il a une expression qui montre à quel point il savoure cette deuxième place. Plus tard, il me raconte sa course. En fait, au démarrage, il a vu que la batterie était faible. Cela ne l’a guère rassuré. Et son inquiétude a augmenté d’un cran quand son tableau de bord a déclaré forfait à 3 tours de l’arrivée. La fin de course lui a paru interminable….

 

 

13 heures. C’est la fin du repas. Je sens la pression monter. Je sais qu’Alex et Benji sont aux portes du titre. Je connais aussi les impondérables de la course pour savoir que rien n’est joué d’avance. 

Dom fait un sacré compliment à Alex ; venant d’un ancien ayant bourlingué sur les circuits, il n’en a que plus de valeur et il me confirme mon ressenti. Alex a vraiment franchi un palier cette année. 

Pour ma part, je n’ai qu’une hâte, c’est que le drapeau à damiers s’abatte. La chaleur est de nouveau là, lourde, peut-être plus que la  veille. C’est une donnée à prendre en compte. Ce matin, je me suis rassuré en voyant le bon état des pneus de la moto d’Alex, usés régulièrement. 

J’ai écouté Alex discuter avec Patrick Mageot.
Ce qu’il lui a dit est intéressant. Pendant les essais libres, Alex utilise systématiquement des pneus usés. Souchon passe des pneus neufs, ce qui lui permet d’être plus rapide et d’arriver fin prêt aux essais qualificatifs avec une moto dont il connait le comportement à la limite. Et c’est vrai qu’il est très fort dans cet exercice avec un chrono au top dès son premier tour lancé. J’ai pu voir ça à Pau, Alès et ici à Nogaro. Alex reconnait qu’il s’est retrouvé à un mètre du vibreur avec un pneu neuf qu’il découvrait. Mais, pendant les deux courses, il n’est pas surpris par l’usure des pneus dont il connait déjà le comportement et cela lui permet d’être rapide jusqu’au bout. 


Je pars m’installer à l’escargot où je retrouve Ben, un copain. Comme je lui dis, il pourra me soutenir au cas où je me trouverais mal ! Il faut dire que suis beaucoup plus stressé qu’Alex, mais c’est une habitude chez moi. Aujourd’hui, c’est juste beaucoup plus intense !

Cela commence avec les 500.
Benjamin est 3ième au premier passage devant nous.

2ième tour. Il est 5ième derrière Eruam, Descours, Trueb et Sanchez.

3ième tour. Les quatre s’en vont devant et je sens que Benji ne va  pas forcer. Baptiste est 8ième.

4ième tour. Baptiste s’est dégagé de son groupe et il est 6ième.

6ième  tour. Descours a décroché du groupe des 3. Aynié a doublé Baptiste et remonte sur Benji.

7ième tour. Aynié passe Benji au freinage en bout de ligne droite. C’est net, Benji a décidé de ne pas prendre de risques inutiles. Je regarde derrière lui. Il faudrait que les huit pilotes le rattrapent et le doublent. Mission impossible vu les écarts énormes. 

8ième tour. C’est au tour d’El Bez de prendre le meilleur sur Baptiste et de remonter sur Benji.

9ième tour. Sanchez s’échappe seul devant. Benji n’est plus que 7ième.

Plus que trois tours. Baptiste dépasse le petit frère. Il parvient à reprendre El Bez et Aynié pour terminer à une belle 5ième place. Benji finit 9ième …. et surtout champion de France. 

Je le vois qui s’arrête à la sortie de virage de la ferme. On lui remet un tee-shirt pour fêter son titre. Les deux frères savourent sûrement ce moment et terminent à vitesse réduite le tour d’honneur.

 

 

Pas le temps de profiter de ce grand moment. Les 1000 entrent en piste.

Départ. Devinez qui passe en tête devant nous ? Gagné, c’est une nouvelle fois Alex ! 

2ième tour. Comme lors de la première course, Souchon a pris l’initiative. Il est 1er . Derrière Alex, il y a Cramer, Montessuit et Cornut.

3ième tour. Cramer fait un très bel extérieur à Alex dans le virage de la ferme. Montessuit est derrière talonné par un Billy Cornut chaud bouillant dans l’escargot. Je n’aime pas ça, j’ai vraiment peur de l’accrochage. Heureusement, je vois les deux passer Alex dans le droite en bout de la ligne droite. 

4ième tour. Alex est donc 5ième mais il n’y a plus ce risque de contact que je craignais. Laurent Brison est 6ième mais n’est pas menaçant.

5ième tour. Souchon a environ 2 secondes d’avance sur Cramer.

6ième et 7ième tours. Brison remonte doucement sur Alex.

8ième tour. Cramer s’est rapproché de Souchon. Ce dernier résiste à l’assaut dans les deux tours suivants. Billy et Montessuit se tiennent dans un mouchoir.

11ième tour. C’est fait, Cramer est presque au contact. J’ai l’impression qu’il veut jouer la victoire.

Les deux tours suivants, Alex lâche Brison qui a maintenant 3 secondes de retard.

Plus que trois tours, cela commence à sentir bon le titre. Je vois bien qu’Alex ne prend aucun risque.

14ième tour. Première tentative de Cramer sur Souchon en bout de ligne droite mais cela ne passe pas.

15ième tour. Cramer est 1er.

16ième tour. Souchon ne rend pas les armes et repasse son adversaire dans le gauche après la ligne droite des stands. Magnifique attaque ! Cramer ne s’avoue pas vaincu et il reprend son bien au freinage en bout de ligne droite. 

Alex finit « tranquillement » 5ième à 11 secondes. Quant à Cornut et Montessuit, ils terminent roue dans roue. C’est Billy qui prend le meilleur pour 90 centièmes mais, pris par l’intensité de la bataille, il se sort à l’entrée du virage de la ferme juste après la ligne d'arrivée !

C’est fait. Alex a remporté le titre. Je saute sur mon vélo pour assister à son retour. Il arrive. L’émotion est immense. Les rires fusent, les yeux sont humides. Beau geste sportif, Nicolas Souchon vient féliciter Alex et lui donner l’accolade. Et mince, je me mets à pleurer ! Les larmes du bonheur. 

Alex rejoint le box. Il y a du monde, des cris de joie, des rires. Il ouvre la bouteille de champagne et arrose l’assistance. Benji le rejoint. Les deux champions sont acclamés. 

Je vais m’asseoir. Je n’ai plus d’énergie. Je suis sur mon nuage, je regarde tout le monde autour de moi.  Je suis heureux. 

Quatre années à suivre Alex, ses débuts en 600, les premiers pas parfois difficiles, puis une deuxième année prometteuse avec une 3ième place à la clef, une saison de rêve l’an dernier avec le titre en 600 ; enfin 2017 qui devait être une année d’apprentissage. 

En fait, Alex a décidé qu’il ne lui fallait que deux courses pour comprendre le fonctionnement de sa Suzuki. Et il n’a plus quitté le haut du tableau jusqu’à aujourd’hui. 

Une année exceptionnelle au cours de laquelle il m’aura fait vibrer comme jamais. Avec en plus l’équipe Cottard où la passion se mêle au professionnalisme sans oublier la chaleur humaine. 

Oui, vraiment, je suis aux anges.

Le paddock se vide doucement. Les camions sont chargés. Dom et Bruno reviennent avec les caisses dans lesquelles se trouve le moteur en pièces détachées après un démontage en règle et un contrôle par les techniciens de la FFM.

Près de l’auvent, la famille Vaucher a aligné les coupes remportées par Benji cette année, onze si j’ai bien compté. Clic.Une photo souvenir.

J’ai partagé avec cette sympathique famille de grands moments. Comme dit très justement Pierre, le papa de Baptiste et Benjamin, la course, c’est une succession de moments extraordinaires où l’on tutoie le bonheur et d’autres où l’on a envie de tout laisser tomber quand tout va mal. Cette année, ce ne fut que la première option qui  fut retenue par la famille Vaucher. Je suis heureux de partager ce moment de bonheur avec eux.

Enfin, comme dans tout bon film, le scénariste avait ajouté une scène pour capter l’attention du spectateur. 
Comment pourrais-je la décrire ? Vous mettez deux chaises au milieu du paddock vidé de ses occupants du week-end. Vous faites asseoir les deux pères des champions.

Vous leur rappelez leur pari lancé un soir, sur le circuit de Pau après un apéritif très bien arrosé. « Si nos deux gamins sont titrés en fin de saison, on se tond les cheveux ». 

Je vous rassure, le spectacle fut à la hauteur avec, aux manettes, Benji et Alex. Un grand moment pour conclure une année exceptionnelle.