Carnet de piste d'Alex - Magny Cours 6 et 7 août 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Magny Cours 6 et 7 août 2016.

11H30, c’est une bonne heure pour terminer sa journée de travail surtout pour se rendre sur le circuit de Magny Cours. Pourtant, la forme n’est pas là et je me sens bien cotonneux ; j’ai même douté ce matin avoir la force de partir, mais l’envie d’assister aux courses du Promosport est la plus forte.

Je démarre donc (encore plus) doucement que d’habitude sur ma Transalp et j’attends (et espère) que mon corps retrouve un semblant de forme car il y a quand même 750 kilomètres à parcourir. Magie de la moto, je sens, au fil des heures, que ça s’améliore et j’arrive, un peu lessivé malgré tout sur le circuit 8H30 plus tard. Cela me conforte dans l’idée que la moto devrait être remboursée par la sécurité sociale tant elle fait du bien au corps et à la tête.




L’équipe est là, Alex, Rémi le frangin, Bruno le papa et Joël le copain polyvalent assistant mécano, panneauteur. Nos voisins habituels, les frères Vaucher, et leur papa, sont là et il y a aussi Matthieu Thibault(qui court en 600) et son père.

Rémi boitille car il a chuté lors des essais libres et souffre d’une entorse au pied droit. Auparavant, le monocylindre autrichien avait eu ses chaleurs et il avait fallu changer un joint de culasse. Alex a aussi tâté du bitume en roulant la veille sous la pluie ; ce n’était vraiment pas nécessaire car le week-end était annoncé ensoleillé. Je ne reconnais pas Alex, d’ordinaire plus raisonnable, qui a pris un risque inutile mais  fort heureusement, il n’y a eu qu’un peu d’habillage  de cassé.Bref, Bruno a été bien occupé et ses mains noires gardent la trace de sa journée chargée. Je monte rapidement ma tente car j’ai hâte d’aller me coucher, mais la soirée se prolonge malgré tout un peu.




 
Réveil de bonne heure le matin après une nuit récupératrice. Les 500 seront les premières à s’élancer pour la séance d’essais qualificative. Le soleil brille mais il règne une agréable douce fraîcheur matinale.

C’est parti pour 20 minutes d’essais.




   
Benjamin est 11ième et Baptiste 14ième lors du premier tour lancé. Puis, ça s’améliore :5ième  (en 2.04.861) et 10ième (en 2.06.260). Cyril Eruam claque un beau 2.02.523 et obtient le 1er temps provisoire.

Benjamin descend ses temps en 2.04.187 et passe 4ième ; Baptiste est en 2.05.892, 9ième temps.

La fin de la séance approche et Benjamin passe sous la barre des 2.03 en 2.02.862 ce qui le place et 2ième position !

Il reste moins d’une minute avant la fin de la séance d’essais et je scrute l’écran sur lequel s’affiche les temps. Benjamin améliore le 1er partiel ….  fait de même au 2ième partiel et décroche le meilleur temps en 2.02.128 ! Baptiste est 10ième. La journée commence bien !




 
De retour sous l’auvent, Benjamin m’explique qu’il ne pensait pas avoir réalisé un tel temps. En début de séance, il s’était mis derrière Desmaris mais avait fini par le dépasser en voyant qu’il le gênait un peu. Ce qui est intéressant, c’est qu’il n’a pas forcé pour décrocher la pole. De bonne augure pour la course. Baptiste est un peu déçu car il est resté dans un petit groupe qui le dépassait en ligne droite et le gênait après.
 
Peu après, je retrouve Pierre Sambardier en pleine séance de concentration devant son box. C’est parfois dur et intense, la vie de pilote….




Pas très loin de l’appartement 31 de Monsieur Sambardier ( !), il y a Thibaut Duchène qui vient de décrocher le meilleur temps de sa séance d’essais. Pourtant, hier, j’avais rencontré son père, inquiet car la moto avait des problèmes de grip à l’arrière. EMC, présent sur le circuit, comme à chaque épreuve du Promosport, a bien travaillé hier au soir et lui a trouvé le ressort adéquat.

La moto est redevenue très équilibrée et Thibaut semble très confiant. Il me dit qu’il perd un petit peu à très haut régime mais que ce moteur tracte très bien. Elle a encore de beaux restes la « vieille » Suzuki et, bien menée par un pilote du calibre de Thibaut, elle parvient à en remontrer aux modernes Yamaha et Kawasaki bardées d’électronique.





La séance des 400 débute. Rémi pointe rapidement en 14ième position en 2.12.566. J’avais discuté avec lui auparavant et il m’avait dit que les Yamaha marchaient très fort cette année. Les KTM ont du mal à suivre le rythme. Après 4 tours, il a amélioré son temps mais il n’est pas le seul et se retrouve 18ième. Au sixième tour, il passe 14ième avec un temps de 2.10.090. C’est bien pour sa quatrième course et avec un pied qui le fait souffrir. Le tableau des résultats confirme la supériorité des Yamaha avec la première KTM classée  9ième à plus de quatre secondes du leader.






 
Je vais en pré-grille et voit arriver les premières 600. Pas de trace d’Alex qui arrive tardivement ; je le sens nerveux, chose inhabituelle chez lui et n’ose l’interroger. Je le laisse retrouver sa concentration.

Au fond de moi, même si j’ai conscience qu’il occupe une place très enviable avec 68 points d’avance, je ne peux m’empêcher de gamberger un peu. C’est parfois dur d’être simple spectateur !






Quant à Ludo, il expérimente différentes futures positions sur sa moto. Pas sûr qu’elles soient très efficaces !





 

 Les essais sont lancés.






 Alex pointe rapidement 8ième, puis 7ième avec un temps de 1.47.886. Cornut est 1er, devant Guillaume Pot.












 
Au troisième tour, Alex s’arrête, fait refaire la pression des pneus.




 Entre-temps, il redescend au 9ième temps. Il repart, je regarde l’horloge, il ne reste plus que 8 minutes d’essais. Enfin, il améliore avec un temps de 1.47.446 à 0.711 de Pot, ce qui la place en 6ième position. Matthieu Thibault est 10ième.
 
 
Plus que 2 minutes, Alex améliore son premier partiel et finit en 1.46.895, 3ième temps des essais, très près de Pot et Cornut, respectivement en 1.46.735 et 1.46.815.
Je suis soulagé, il sera en première ligne.

Pierre Sambardier est 8ième à 0.973, Ludovic Rizza 15ième à 2.187.

Je retrouve Alex qui me dit ne pas avoir eu de tour clair, puis il a pu dépasser un concurrent dans son avant-dernier tour pour décrocher ce 3ième temps. Il tentait d’améliorer dans son dernier tour mais a été gêné à la chicane. Il semble serein.


Pendant le repas de midi, cela discute autour de son avance confortable au championnat. Je me garde bien d’intervenir. J’ai confiance en lui, il a montré depuis le début de la saison une belle maîtrise de son pilotage et de ses nerfs, restant calme en toutes circonstances. Ma seule hantise, c’est la chute, parfois provoquée par un concurrent ; il y a 50 points distribués ce week-end.

Après le repas, je me ballade dans le paddock un peu endormi ; ça discute calmement, beaucoup font une petite sieste. Le calme avant la tempête.







Je ne vois pas Ludo, j’aurais aimé connaitre ses impressions, il est sûrement un peu déçu de son temps, mais c’est un combattant et je sens un premier tour chaud à son guidon.

15 heures : Matthieu me demande si je n’ai pas un radiateur de Kawasaki de rechange dans mon top-case ! Il a décelé une petite fuite avec son père, mais espère que tout ira bien pendant la course. Ce sont les aléas de la course, il faut savoir composer avec, une cheville douloureuse pour Rémi, un radiateur fatigué pour Matthieu.





Je me rends sur le circuit, juste avant la courbe d’Imola d’où je peux suivre une bonne partie de la course. C’est la deuxième demi-finale des 1000, celle de Thibaut Duchène. Allez Thibaut, tu avais l’air si content de ta moto ce matin !

Bon départ en tête au freinage d’Adelaïde, suivi par Nicolas Souchon. Au bout de 5 tours, Thibaut prend une petite avance sur Souchon. Son style est très beau, sans aucune violence, je vois qu’il est bien sur sa moto, qu’il n’a pas besoin de forcer. Effectivement, il accroit peu à peu son avance et termine avec une confortable avance de 6 secondes.







C’est maintenant au tour des 500. De ma place, j’entends au loin les 33 bicylindres donner de la voix dans l’attente du feu vert. Les grondements s’amplifient, le départ  vient d’être donné.

Au freinage d’Adelaïde, c’est déjà l’empoignade mais Benjamin reste en tête. Romain Pape le dépasse juste devant moi avant la courbe d’Imola.




2ième tour : Benjamin reprend son bien au freinage d’Adelaïde. Juste derrière, ils sont quatre à pousser fort, la lutte s’annonce animé !

3ième tour : les motos se tiennent dans un mouchoir et Benjamin passe 3ième derrière Desmaris et Pape.






4ième tour : c’est de la folie, ils arrivent à six de front au freinage d’Adelaïde ! Puis, dans la courte ligne droite avant le Nurburgring, je les vois à trois de front se frôler ; aucun n’est décidé à lâcher prise.  A l’entrée d’Imola, Benjamin est très légèrement devant à l’extérieur.



Stupeur, il décroche violemment et la moto est projetée en l’air ; Benjamin reste prostré dans le bac à sable ; il se tient le bras. Mince, il est blessé. Les commissaires de piste viennent à son secours et le ramènent doucement à l’abri.






5ième tour : Cyril Eruam chute au même endroit, sa moto traverse la piste et ses concurrents parviennent par miracle à l’éviter.

6ième tour : la course en tête est toujours intense. Desmaris,Sanchez, Pape et Meignan sont au coude à coude. Baptiste est 8ième.

7ième tour : Baptiste passe Di Gregorio à la sortie d’Adelaïde. Il est 7ième, mais ça ne dure pas, il se refait passer par le 24 juste avant Imola.

Au tour suivant, il est repassé devant lui mais Di Gregorio est collé dans son pot d’échappement.




La fin de course est là, et Baptiste résiste à son concurrent pour terminer à une belle 7ième place. Devant, trois pilotes ont continué à se battre comme des chiffonniers ; résultat : Sanchez, Pape, Desmaris.

Quelle course ! Comme d’habitude, la catégorie 500 offre un spectacle éblouissant, effrayant parfois tant les pilotes se frôlent, se touchent parfois. Je suis inquiet pour Benjamin, j’espère que sa blessure n’est pas trop grave.
 


Boum ! Boum ! Pas d’inquiétude, c’est le bruit caractéristique de mon cœur avant qu’Alex ne s’élance. A priori, je gère la pression de la course moins bien que lui !

J’entends les moteurs hurler au loin, la course est lancée.

Au freinage d’Adelaïde, Cornut est en tête, Alex 3ième. Doutre, son second au championnat n’a pas l’air au mieux vu qu’il passe 13ième devant moi.

2ième tour : Pot est passé devant Cornut. Alex les suit, menacé par Noël Roussange qui semble confirmer sa forme après sa belle performance du Mans. Matthieu Thibault est 8ième .




3ième tour : Alex passe Pot à Adelaïde, Cornut est en tête.

4ième tour : Alex est en tête !

5ième tour : Alex arrive à conserver la tête au freinage d’Adelaïde mais les quatre poursuivants sont tout près : Cornut, Pot, Roussange et Fitte. Matthieu a fait une belle remontée et pointe en tête du deuxième groupe, à la 6ième place.

6ième tour : je le vois très bien sortir d’Estoril et entamer la ligne droite légèrement détaché. Il passe devant moi avec une avance d’une seconde environ.

7ième tour : son avance sur Cornut augmente. Matthieu est toujours 6ième .

8ième tour : il commence à avoir un peu de marge et je commence à mieux respirer ! Pot est 3ième , il devance Roussage. Je vois Matthieu à la lutte avec Nagorski, qui pilote la seule Suzuki du plateau. Pierre Sambardier est 10ième, Ludovic Rizza 13ième .

9ième tour : Alex est toujours en tête, à l’abri, mais derrière Pot et Roussange sont maintenant tout près de Cornut et vont se battre pour la deuxième marche du podium. Pierre Sambardier n’apparait plus (chute ?).

10ième tour : je repense à ce que m’avait dit Matthieu ce matin : « Alex va gagner sur ce circuit, il est le plus complet ». Au bout de la ligne droite, Roussange fait les freins à Pot. Dans la foulée, il passe Cornut au freinage juste devant moi à Imola. Va-t-il remonter sur Alex ?

11ième tour : Pot tente un freinage un brin suicidaire  à Adelaïde.

12ième tour : Alex a environ 1 seconde d’avance sur Roussange. Je vois Matthieu qui finit par se défaire de Nagorski.

13ième tour : dans la ligne droite, c’est évident, Noël Roussange reprend du temps sur Alex. La fin de course risque d’être serrée ! Le pilote Triumph est très rapide entre Adelaïde et Imola et il se rapproche un peu plus d’Alex.

14ième tour : l’écart est toujours faible entre les deux.

C’est le dernier tour, Alex parvient à conserver l’avantage mais ce fut chaud ! Roussange est 2ième à 7 dixièmes. Suivent Cornut, Pot et Matthieu qui finit à une excellente 5ième place. Doutre, le dauphin d’Alex au championnat, termine loin, 10ième  à près de 30 secondes.

Je me précipite pour assister au podium. Je retrouve Matthieu ; il est heureux de sa remontée et son moteur n’a pas chauffé. Par contre, son sabot est rempli d’eau et il va falloir trouver un radiateur pour la course de demain.


Sous l’auvent, la moto de Benjamin, bien défaite, est tristement seule. Benjamin est entre les mains des médecins du circuit.

 

 


Les 400 rentrent en piste. Allez Rémi, fais nous un bon départ ! Voilà mon vœu alors que j’entends les moteurs se réveiller sur la ligne de départ.

1er tour : 21ième ! Bon, à priori, il y a encore des progrès à faire en matière de départ ! Il n’a plus qu’à se cracher dans les mains pour faire une belle remontée comme à Pau.
 



3ième tour : toujours 21ième , mais il revient sur le groupe de huit pilotes devant lui.

4ième tour : il a recollé au 20ième.


5ième tour : plus de Rémi ! La course est finie.

J’assiste à la fin de la course, mais le cœur n’y est plus. Je rentre au paddock. Sa moto est repeinte couleur terre.
 



 J’apprends qu’il a chuté sur son son pied déjà touché aux essais libres. Aie ! Il semblerait qu’il s’agisse d’une fracture et Joël l’emmène à Nevers pour un examen à l’Hôpital où il retrouvera Benjamin qui s’est luxé l’épaule dans sa chute.

Je m’approche de la moto de Benjamin. Sa chute a été provoquée par une casse du moteur. Il y a un beau trou dans le carter qui atteste de la chose. Benjamin a entendu un grand bruit et boum, s’est retrouvé immédiatement à terre.







La fin de journée a un petit goût de tristesse malgré la victoire d’Alex.

Je rencontre Ludovic qui ne me parait pas trop déçu de sa course, malgré sa douzième place. En fait, il a été gêné par une Honda qui l’a dépassé et l’a gêné en imprimant un faux rythme. On discute un peu de la saison à venir, de sa future monture. La fin de saison approche et, forcément, on commence à penser à l’année 2017.

Près de nous, il y a Thibaut Doutre, assis sous son auvent. A travers ses propos, je le sens un brin désemparé. Après un début de saison très solide, il a décroché rapidement à Pau avec des mauvais essais et une chute en course. Depuis, il ne parvient pas à remonter la pente. La moto, c’est du pilotage et une bonne moto, mais le mental me parait au moins aussi important et, pour l’instant, c’est ce qui semble lui manquer.
 
 Repas du soir à la cantine du paddock. Je suis à côté d’un jeune pilote, Mickael, qui fait ici sa deuxième course en 600. Il est heureux car il est allé pour la première fois jusqu’au bout de l’épreuve, même s’il regrette d’avoir pris un tour. Matthieu le rassure, lui dit que, lui aussi, a pris un tour lors de sa première course, qu’il se demandait alors comment les pilotes faisaient pour aller si vite. Et, trois ans plus tard, il a réalisé son premier podium derrière Alex à Croix en Ternois.

 



Dimanche matin. Les deux « éclopés » racontent leur nuit, un peu difficile pour Rémi qui arbore un beau plâtre. Benjamin a le bras immobilisé. Il semble un peu triste. Il est vrai qu’il était dans une bonne dynamique. Après sa victoire à Pau, une 7ième, puis une 5ième place au Mans, sa pole position ici laissait espérer de beaux résultats ce week-end.





 
C’est l’heure de la course des Promo séniors. On entend les moteurs au loin. Soudain, tout s’arrête, une chute sûrement et un arrêt de la course. L’interruption se prolonge. Je me rends au box de Thibaut Duchène où ses parents, effondrés, m’apprennent le décès de Robert Doron, dans une chute collective pendant le tour de chauffe. Thibaut n’est pas là, mais il doit être très affecté car il le connait bien. Ce concessionnaire de Paris Nord Moto l’avait aidé l’an dernier. Il avait 66 ans.

Après une longue interruption, la direction de course annonce que les épreuves vont reprendre, avec des manches raccourcies. L’ambiance est grave. Les pilotes partent pour un tour de circuit en hommage au pilote disparu.


Puis, la course reprend ses droits avec tout d’abord les 500. Je vois Benjamin souhaiter une bonne course au frangin ; il doit avoir le cœur lourd derrière son bras en écharpe. Il m’accompagne pour assister  à la course réduite à 7 tours. Il va falloir être dans le rythme dès l’entame de la course.

Au 1er tour, Baptiste passe 9ième devant nous.

2ième tour : il réalise un magnifique freinage à Adelaïde et passe deux pilotes. 7ième . Les 6 pilotes devant ont commencé à se détacher.

3ième tour. Baptiste conserve sa 3ième place mais Pernet Coudrier le talonne. Aie ! Il fait un high-side au château d’eau et perd du temps ; il repasse 9ième au tour suivant. Eruam est en tête devant 5 pilotes. C’est toujours aussi intense devant !

Les quatre tours suivants,  Baptiste parvient à résister à Pernet Coudrier Eric, mais n’arrive pas à remonter sur les deux pilotes devant lui, dont Pernet Coudrier Serge(le frère de l’autre, une histoire de famille, comme chez les Vaucher !).


 

 

Les six furieux en tête en terminent avec la victoire pour Desmaris. Ils ont encore une fois livré une belle bataille.










C’est au tour d’Alex. Va-t-il réussir le doublé ?

Départ : il y a du monde au freinage d’Adelaïde et, à la sortie du virage, Alex n’est que 8ième ! Les motos passent devant nous et, un peu plus loin, il y a une chute au château d’eau. Je m’arrête de respirer jusqu’à ce que j’entende le speaker annoncer Alex 6ième sur la ligne d’arrivée. Ouf ! Il n’était pas impliqué dans cet accrochage. Par contre, j’aperçois la couleur verte caractéristique de la Kawasaki de Pierre Sambardier. Décidément ! Il m’avait raconté ce matin sa course de la veille au cours de laquelle il a dû forcer pour remonter après un très mauvais départ. Il avait fini par chuter au 8ième tour.

2ième tour : Alex est 6ième. Pot mène la course devant Mansat, Roussange et Fitte. Matthieu n’apparait plus, il a dû être impliqué dans la chute. C’est aussi le cas de Ludovic Rizza.

3ième tour : Alex retarde son freinage en bout de ligne droite et passe deux concurrents ! Il est 4ième. On annonce qu’il est meilleur temps en course. J’ai l’impression qu’il ne va pas faire une course d’attente malgré sa large avance au championnat !

4ième tour : ça y est, Alex a recollé au groupe Pot, Mansat, Roussange.

5ième tour : Pot sort large à Adelaïde et Alex le passe : 3ième.

6ième tour : il pique Roussange au freinage à Adelaïde ! 2ième. Il se rapproche de Mansat au château d’eau.



7ième tour : Alex passe Mansat au freinage à Adelaïde. Il est devenu un gros freineur cette année ! Il est en tête et il reste 5 tours à parcourir.

8ième tour : Pot chute à Adelaïde mais remonte sur sa moto et reprend la course. J’estime l’avance d’Alex à une seconde sur Mansat. Cela commence à sentir bon la victoire.

9ième tour. Mansat a augmenté le rythme et se rapproche d’Alex.

10ième tour : il est collé à Alex à l’entrée de la ligne droite et tente une attaque à Adelaïde, sans succès. Ouf ! Roussange semble revenir un peu sur les deux.

11ième tour : nouvelle attaque de Mansat à Adelaïde mais il écarte et Alex reste en tête ! Vite, que la course se termine ! Au château d’eau, Alex a repris un peu d’avance et je respire un peu mieux.

Dernier tour : Alex semble maîtriser la situation. Il a une légère avance qui ne permet pas à Mansat de tenter une attaque. Effectivement, il termine en tête avec un peu plus de 6 dixièmes sur Mansat. Roussange est à 1.341. Billy Cornut est 4ième et passe devant Thibaut Doutre au championnat.



Quel week-end ! Deux victoires, 50 points supplémentaires et 101 points d’avance sur le second. Un rêve.

Il n’est pas mathématiquement champion de France car il y a encore 106 points à distribuer lors des deux prochaines épreuves (100 points pour les quatre manches, 2 points pour les pole positions, et 4 points pour les meilleurs tours en course) mais il faudrait pour cela que Billy Cornut  fasse carton plein sur les quatre courses et qu’Alex fasse chou blanc. Peu probable. 



Je vois Alex qui savoure son podium. Mais, il faut vite revenir sur terre car les 5 premières machines font l’objet d’un contrôle des arbres à cames. A peine le cuir enlevé, c’est une séance mécanique qui l’attend en compagnie de Bruno et Joël jusqu’à ce qu’un commissaire technique note que mon appareil photo n’est pas ce qu’on appelle un outil de mécanicien et me demande d’aller faire un tour à l’extérieur… 





Je retourne au paddock. C’est l’heure des préparatifs de départ. Les auvents sont démontés, les remorques et camionnettes chargées. Je vais rendre visite à Thibaut Duchène dans son box, mais il n’est pas là. Il y a juste ses parents. Je leur souhaite une belle course de leur rejeton, en espérant qu’il ne soit pas trop affecté par la mort de Robert Doron.

Bouchons d’oreilles, casque, gants enfilés, graisseur de chaîne branché, je démarre la Transalp et sort lentement du circuit de Magny Cours. Il est 17 heures, le soleil brille, j’ai 757 bornes qui m’attendent. J’ai une pensée pour Thibaut et je me dis qu’il n’y aurait rien de mieux pour rendre hommage au disparu qu’une belle victoire que je sentais possible hier, vu la confiance qu’il affichait.

9 heures plus tard, je gare la moto dans le garage. La pendule indique 2H08. Je n’ai qu’une envie, me glisser sous les draps.

Le lendemain, avant de prendre mon petit déjeuner, je consulte les résultats de la course des 1000 : Thibaut Duchène vainqueur !

La journée commence bien….